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14/09/2010

Le commissaire Brice Oré, bourreau de la presse, ami des "barons" du cacao

Il était une fois un officier de police dont la passion était de brutaliser et d'insulter des journalistes... coupables de "sortir" des affaires qui amènent d'honnêtes citoyens en prison. Lire la suite sur le blog des amis du Nouveau Courrier, ici.

19/11/2009

Une nouvelle thématique pour ce blog

Depuis environ trois ans, je donne des cours de journalisme à l'Institut des sciences et techniques de la communication (ISTC) d'Abidjan. C'est une école professionnelle publique - elle dépend du ministère de la Communication - dans laquelle cohabitent des filières qui vont du journalisme et de la production audiovisuelle aux télécommunications en passant par le marketing et le graphisme.

Signe du temps qui passe ? De l'âge qui vient ? Je sens en moi un désir de plus en plus grand de m'impliquer dans l'enseignement, de donner aux jeunes ivoiriens un peu de ce que j'ai appris durant mes études de journalisme et mes dix années de pratique du métier - oui, oui, je suis vieux !

J'ai toujours aimé enseigner. En dehors de mes cours à l'ISTC - que je n'avais pas toujours le temps de faire, alors que je dirigeais de manière très active une rédaction -, j'avais créé une petite "école privée et gratuite" au sein du journal ; et j'y enseignais avec beaucoup de bonheur des étudiants que j'avais sélectionnés au regard de leur potentiel... parmi lesquels des blogueurs comme Yoro et Roger Kassé.

Je suis heureux que l'ISTC ait accédé à une vieille demande. Dès cette année, je donnerai des cours aux étudiants de première année, sortant tout juste du lycée. J'espère pouvoir les influencer positivement. Et leur transmettre un certain nombre de choses.

Premièrement, je voudrais qu'ils apprennent à exercer leur REGARD. Savoir regarder est une aptitude qui se cultive. C'est parce qu'on a développé un regard particulier, attentif et critique, sur la société dans laquelle on vit qu'on peut décrire la vie comme elle va ou comme elle ne va pas. Tout simplement.

Deuxièmement, je voudrais qu'ils s'éduquent à lire, qu'ils finissent par aimer lire. Je suis toujours frappé par la faible connaissance des plumes et des professionnels déjà en fonction qui se dévoile lorsqu'on interroge les étudiants qui aspirent à devenir journalistes. C'est en forgeant qu'on devient forgeron, c'est en lisant de belles plumes qu'on apprend à écrire. C'est en admirant des aînés qu'on se dépasse. Au-delà de la culture audiovisuelle dominante et quelque peu facile, les futurs journalistes d'aujourd'hui et de demain doivent aimer lire, c'est-à-dire se concentrer pendant un certain temps sur un sujet unique, approfondir, creuser.

Troisièmement, je voudrais qu'ils sachent dès qu'ils entrent à l'école que notre métier est en train de changer radicalement, ce que leurs aînés ignorent totalement, coincés dans leurs certitudes. Internet, le mobile, le numérique... ne sont pas des défis de la presse occidentale uniquement. Au contraire, nous avons dans les pays d'Afrique subsaharienne une culture de l'achat de journaux et de l'abonnement tellement faible que la fidélité au format papier payant est forcément moins ancrée. Dès lors qu'on a les journaux en ligne au bureau ou à la maison, pourquoi en acheter, d'autant plus que les articles sont souvent légers et... rapides à lire ? La presse ivoirienne devra s'adapter aux TIC avec intelligence ou périr.

Bien entendu, j'aurai besoin du soutien de tous dans mon travail de prof. Je suis à la recherche de manuels de journalisme, même un peu "âgés". J'aimerais faire lire à mes étudiants des romans et des livres de reportage ou des essais écrits par des journalistes. Et je compte sur toutes les âmes charitables qui pourraient se signaler.