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21/04/2008

Chefs d'Etat africains : qui est franc-maçon ?

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Il est vrai que les dossiers sur les francs-maçons et leurs mystérieuses connexions sont devenues une sorte de "marronnier" pour la presse française. Il n'empêche que les "Unes" évoquant ceux qui se font appeler "les fils de la veuve" attirent toujours. Comme beaucoup d'autres lecteurs, je me suis plongé avec beaucoup d'intérêt dans la lecture de l'enquête de Vincent Hugeux et de François Koch publiée dans L'Express de la semaine dernière et intitulée "Francs-maçons : l'Afrique aux premières loges".

Je m'y suis plongé d'autant plus facilement qu'une sorte de "trombinoscope" aguicheur capte forcément l'attention. On y trouve, sur fond de carte d'Afrique, les photos des chefs d'Etat considérés comme des "frères au grand jour" - Omar Bongo Ondimba (Gabon), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville), Idriss Déby Itno (Tchad) et François Bozizé (République centrafricaine). Le dernier cité, indique L'Express, par ailleurs révérend supérieur d’une Eglise du christianisme céleste-Nouvelle Jérusalem, a sollicité à l’automne 2007 la bénédiction du pape Benoît XVI. On y signale aussi les "frères de l'ombre", qui s'abstiennent de commenter, voire démentent :
Abdoulaye Wade (Sénégal), qui a, "semble-t-il, pris ses distances avec sa loge, d'autant qu’il doit tenir compte de l’hostilité de l’islam confrérique envers la franc-maçonnerie" ; Blaise Compaoré (Burkina Faso), parrainé par son ministre des Affaires étrangères, Djibril Bassolé ; Amadou Toumani Touré (Mali) ; Mamadou Tandja (Niger) ; Thomas Yayi Boni (Bénin) et Paul Biya (Cameroun), qui aurait été initié avant de se rapprocher de la mouvance rosicrucienne. Les "demi-frères" sont ceux qui ont été approchés et envisagent de rallier la « tribu » : Faure Gnassingbé (Togo), et Joseph Kabila (République démocratique du Congo).

Au-delà du trombino, le dossier de L'Express nous en apprend de bien belles sur les moeurs politiques en Afrique noire. Par exemple, Denis Sassou N'Guesso a "converti", en 1996, Idriss Déby et ses "frères ennemis" aujourd'hui rebelles, Tom et Timane Erdimi. L'article de L'Express confirme que les "frères de lumière" ont été les maîtres d'oeuvre de la conférence de Kléber, après Linas-Marcoussis, où il était question de "déshabiller" Laurent Gbagbo pour "habiller" Seydou Diarra et tout le lobby qu'il représente, que le général Robert Gueï a été "initié en présence d’une brochette d’anciens officiers français et catapulté en un clin d’œil au 33e degré, dignité suprême" et que la bataille de Brazzaville entre Lissouba et Sassou était aussi une bagarre entre le Grand Orient et la Grande loge nationale de France (GLNF). On peut lire cette vérité affolante, qui montre que certains de nos Etats ont été "privatisés" au profit de mouvements ésotériques tirant leur substance de l'étranger : "Au Gabon, au Congo-Brazza ou au Cameroun, décrocher un maroquin demeure, pour le non-initié, un authentique exploit".
A la fin de la lecture de cet article, on est persuadé d'une chose : franc-maçonnerie en Afrique = Françafrique. On se dit aussi que s'im est vrai qu'on reconnaît l'arbre à ses fruits, alors la franc-maçonnerie en Afrique est assurément une plante vénéneuse produisant des "tyrans éternels".

L'article en entier ici.