02.05.2008
Yaoundé 2008 = Abidjan 1998 ?

L'opération Epervier, qui consiste a priori à enquêter sur les "voleurs de la République" et à les arrêter, crée des vagues au sein de l'ancien parti unique. Le RDPC n'en finit pas d'étaler ses divisions, qui sont surtout ethniques. Pourquoi n'arrête-t-on que les Béti ? Pourquoi pas les Nordistes ? Pourquoi tant d'humiliations ? Certains affirment que Biya, en arrêtant des voleurs présumés en dehors de toute règle de droit, cherche à neutraliser ceux qui, à l'intérieur, pourraient avoir des ambitions trop dangereuses. Pourquoi arrêter des gens qui ont financé le parti ? Biya lui-même ne vole-t-il pas ? La grogne est profonde au sein du parti, et les invectives volent bas, par journalistes affidés interposés. Le RDPC ne se ressoudera pas. Et des bruits sourdent de partout : ceux qui ont amassé des trésors de guerre pourront un jour financer "le grand désordre". Quand ? Comment ? Mystère.
Tel est le Cameroun aujourd'hui : une "pluie de milliards" théorique pour beaucoup, un ex-parti unique divisé à l'intérieur duquel fermentent des haines féroces, une armée plus si homogène que cela, une jeunesse affamée prête à toutes les aventures, une opposition classique atone qui pourrait accoucher de mouvements plus radicaux, notamment dans la diaspora...
Alors, Yaoundé 2008 = Abidjan 1998 ? Bien évidemment, ce serait caricatural de poser une telle équation. Déjà parce que le RDPC ne s'est pas encore formellement divisé : il n'a pas encore "son RDR". En outre, Paul Biya n'est pas Henri Konan Bédié : il a certes hérité son fauteuil du "père de la Nation", mais il totalise plus d'années au pouvoir que son "illustre prédécesseur". Il contrôle bien mieux l'administration et l'armée.
Il reste que cette équation a ses vertus. Elle permet de relativiser certaines certitudes mal fondées. Elle donne de se rendre compte qu'un pays où se déverse une "pluie de milliards" théorique pour beaucoup et qui s'est longtemps vanté de sa "stabilité" peut sombrer dans le chaos dès lors que des anciens membres de l'élite, marginalisés mais fortunés, se mettent au service d'une contestation initialement portée par une opposition impuissante parce que démunie.
15:30 Publié dans Analyse | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : cameroun, constitution, paul biya, succession, rdpc
02.04.2008
Vie chère : mes propositions à nos gouvernements

19:25 Publié dans Analyse | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : vie chère, afrique, protestations, côte d'ivoire, abidjan, cameroun, sénégal
13.03.2008
Cameroun : après l'assassinat de Jacques Tiwa...
... la colère légitime de ses camarades de combat.
00:45 Publié dans Crise au Cameroun | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : émeutes, cameroun, meurtre, jacques tiwa, cnrmun
17.02.2008
Célestin Monga : de la prison de New-Bell à la Banque mondiale
Il y a des attentes qui vous semblent insupportables. Après avoir appris par le net la publication du dernier livre de Célestin Monga, "Un Bantou à Washington", et l'avoir commandé dans une grande librairie de la place d'Abidjan, il a fallu plus de deux mois pour qu'il arrive - je ne sais pas pourquoi. Mais je l'ai finalement eu, et je l'ai dévoré en moins de deux jours. Un régal ! Un régal esthétique d'abord, parce que Célestin Monga écrit très bien.
00:35 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : célestin monga, un bantou à washington, cameroun, littérature, afrique
07.02.2008
Même quand le Lion dort, il fait peur
A la surprise générale, les Lions indomptables du Cameroun sont en finale de la CAN 2008.

20:44 Publié dans Can à sucre ! | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : can 20008, cameroun, ghana, lions

