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06.09.2008

L'argent des "casses" de la BCEAO refait du bruit

ArmeeFr-BCEAO-Bouake.jpgLe coordonnateur du Comité d’initiatives des intellectuels a plaidé la mise en place d’une commission d’enquête indépendance et d’un ‘’jury d’honneur’’ pour ‘’tirer au clair’’ l’affaire ‘’récurrente’’ du blanchiment, au Sénégal, de l’argent de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO). ‘’Ce que nous voulons, c’est être édifié sur cette question pendante de dimension ouest-africaine’’, indique Malick Ndiaye dans une déclaration lue vendredi devant la presse en marge de l’ouverture du procès du journaliste El Malick Seck, jugement finalement renvoyé au 10 septembre, sur demande du Procureur de la République, maitre des poursuites. El Malick Seck, directeur de publication du quotidien privé 24Heures Chrono, est poursuivi pour ‘’diffusion de fausses nouvelles’’, ‘’offense au chef de l’Etat’’, recel de documents administratifs’’, entre autres, suite à un article publié dans son journal, impliquant le chef de l’Etat, Abdoulaye Wade et son fils, Karim, dans une affaire de blanchiment d’argent. Selon 24Heures Chrono, cet argent aurait atterri au Sénégal après la casse des agences de Korhogo, Bouaké et Abidjan en Côte-d’Ivoire. ‘’N’est-il pas temps de mettre en place une commission d’enquête indépendante ouest-africaine et un jury d’honneur pour tirer cette affaire récurrente du blanchiment de l’argent de la BCEAO au clair, dans un sens ou l’autre ?’’, s’est il interrogé, soulignant dans la foulée que ‘’poser la question, c’est y répondre’’. ‘’Le fait d’entamer une procédure d’urgence contre un journaliste qui rapporte des propos d’un tiers, en lieu et place d’éclairer l’objet même du litige, pose problème’’, a estimé M. Ndiaye qui s’est indigné du mutisme de la classe politique et de la société civile sur cette affaire. ‘’Ni les hommes politiques ni la société civile ne disent plus un mot sur cette affaire. Ce n’est ni juste ni loyal d’entretenir dans ce pays, un champ de confidentialité et d’opacité qui frise le déni de justice’’, a-t-il regretté. Pour Malick Ndiaye, sociologue à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, ‘’l’urgence n’est ni d’empêcher +24Heures Chrono+ de paraitre encore moins de briser la plume de El Malick Seck". Le journal ‘’24Heures Chrono’’, qui a été fermé pendant une semaine, est paru vendredi dans les kiosques, jour du procès de son directeur de publication, El Malick Seck.

Source APS

05.09.2008

"Sans nos 5 millions, pas d'élection !"

Un podcast saisissant publié par Yoro sur son blog. Où l'on entend la base de la rébellion affirmer qu'il n'y aura pas d'élection si chaque combattant n'a pas 5 millions de FCFA cash en main, dire pis que pendre des projets de réinsertion de l'ONUCI, insulter Guillaume Soro - qui ne peut pas tenir de kalach et qui a "trahi" - et Sidiki Konaté - ancien militant du FPI à la "vilaine bouche", ménager un Chérif Ousmane appelé "papa" et qui semble jouer un jeu assez dangereux. Aujourd'hui, c'est lui qui a, en effet, la légitimité du terrain. A écouter ici.

Simone Gbagbo, mère-courage

commemoration_030.jpgDepuis le début de cette semaine, la presse ivoirienne suit avec beaucoup d'intérêt la tournée de Simone Ehivet Gbagbo, Première Dame et présidente du groupe parlementaire FPI, dans le centre-nord du pays, tenu par les Forces nouvelles. Et pour cause : c'est la première fois qu'elle, considérée - à tort ou à raison - comme une "dure" de la coalition présidentielle, foule le sol des zones pudiquement appelées "CNO" depuis le début de la guerre qui a commencé le 19 septembre 2002. Les regards sont d'autant plus tournés vers les villes et villages traversés par Simone Gbagbo qu'elle a choisi, envers et contre tout, de parler dans "l'antre du loup" comme elle le ferait à Abidjan. Partout où elle est passée, elle a tenu à dire sa désapprobation face au maintien en l'état de l'infrastructure militaire des Forces nouvelles. Elle n'a pas manqué d'interpeller directement Hervé Vétcho, comzone de Katiola, en ces termes :

«Quand j’entends Com zone, (…) moi ça me dérange. On ne doit plus avoir de zones, on ne doit avoir que des départements de la République (…) Je voudrais lui faire appel pour qu’il cesse d’être com-zone et qu’il devienne un citoyen de la République (…). Où il est Vetcho? Je voudrais vous demander d’accepter, (dans le même temps, Vetcho qui a voulu s’asseoir, se voit fermement invité par la Première dame de rester debout). Non, non, non, il faut rester débout, je n’ai pas encore fini de parler. Il faut accepter de ne plus être Com-zone, mais d’être un citoyen respectable et respecté par tous. Je suis sûr que les qualités que vous avez démontrées, vous saurez les mettre à la disposition de Katiola, pour que nous puissions venir à Katiola sans préoccupation, sans souci parce que nous savons que vous et vos hommes faites le travail de sécurité, mais cette fois, sous le drapeau ivoirien».
Bien entendu, ni l'intéressé ni ses congénères des Forces nouvelles n'ont apprécié. Ils n'ont pas manqué de le dire, dans des formules où les menaces voilées affleuraient. Simone Gbagbo ne s'est pas laissée faire. Elle a accepté d'avoir une rencontre avec les FN mais à une condition : "Discuter, oui ! Changer de discours, non !" Dans le petit village de Kapélé Sokoro, elle a dit : "Vous avez expérimenté en direct la gestion par une rébellion, avec toutes les souffrances qu'il y a eu." La Première Dame de Côte d'Ivoire a-t-elle tort ? Fait-elle dans la provocation gratuite ? Certains journaux le pensent. Parmi eux, "Le Nouveau Réveil", quotidien proche de Henri Konan Bédié, qui vient de faire un meeting à Bouaké où il a chargé Gbagbo et ménagé Soro, quand bien même il disait à Yopougon que la Côte d'Ivoire ne devait pas être l'otage des chefs de guerre... Pour ma part, je pense que Simone Gbagbo a fait preuve de courage - malgré sa garde personnelle, assez nombreuse, elle est tout de même en zone FN. Par ailleurs, son attitude politique a l'avantage d'être plutôt saine. La paix advient plus facilement entre des interlocuteurs au langage clair qu'entre des individus qui cachent dans leur gibecière un "plan B", un "plan C", voire une "tactique Z". L'attitude politique de Simone Gbagbo est aux antipodes des faux-semblants et du clair-obscur pratiqués ces dernières années par une classe politique disant une chose le matin et son contraire le soir. Elle a le mérite de faire avancer le débat autour d'une question que tout le monde se pose : quand est-ce que l'autorité pleine et entière de l'Etat central s'exercera-t-elle enfin ? Tirer les membres des Forces nouvelles de leur confort, leur rappeler leurs engagements à Ouaga n'est peut-être pas "ouagadougoument correct", mais peut être salutaire pour l'avancée du processus de paix. Personne ne se sépare des"passe-droits" et rentes de situation créées par l'administration de territoires plus grands que de nombreux pays, s'il est en permanence caressé dans le sens du poil.

04.09.2008

Choco Miss Noël : futilité malsaine

Je rebondis sur un post récent de Yoro pour dire tout le mal que je pense du concours Choco Miss organisé à Abidjan par Patricia Kalou, pour initier les fillettes très rapidement à la facticité du monde d'artifices, d'esbroufe et de "boucan" qui veut se transformer en référentiel en Côte d'Ivoire. Je suis d'accord avec Yoro parce que je pense que la culture populaire n'est pas innocente, elle renvoie à des corpus de valeurs. Nous n'avons pas envie que nos fillettes mettent toute leur espérance dans un culte d'une beauté instrumentalisée aux fins que l'on sait par les adultes qui font la promotion des valeurs négatives dont nous parlons ici. Je déplore que la société Chocodi fasse de ces histoires de "choco-miss" un point central de sa communication comme en témoignait, il y a plus d'un an, un post du blog Babiwatch.