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04.09.2008

Choco Miss Noël : futilité malsaine

Je rebondis sur un post récent de Yoro pour dire tout le mal que je pense du concours Choco Miss organisé à Abidjan par Patricia Kalou, pour initier les fillettes très rapidement à la facticité du monde d'artifices, d'esbroufe et de "boucan" qui veut se transformer en référentiel en Côte d'Ivoire. Je suis d'accord avec Yoro parce que je pense que la culture populaire n'est pas innocente, elle renvoie à des corpus de valeurs. Nous n'avons pas envie que nos fillettes mettent toute leur espérance dans un culte d'une beauté instrumentalisée aux fins que l'on sait par les adultes qui font la promotion des valeurs négatives dont nous parlons ici. Je déplore que la société Chocodi fasse de ces histoires de "choco-miss" un point central de sa communication comme en témoignait, il y a plus d'un an, un post du blog Babiwatch.

25.08.2008

Blogcamps à Abidjan : l'idée diffusée sur la Toile et à la radio

Une chose est sûre, c'est que notre idée d'organiser un "blogcamp" à Abidjan, à peine exprimée sur ce blog, a eu un retentissement assez fort au point de vue international, qui est encourageant. Le très influent portail de l'ONG GlobalVoices, qui a pour objectif de briser les barrières de langues afin de permettre à tous ceux qui le souhaitent de participer à la "grande conversation mondiale", a relayé le projet. Nous avons eu des contacts poussés avec des membres de Rising Voices, le "département" de Global Voices s'occupant d'aider les "voix montantes" des pays en développement à se faire entendre. Philippe Couve, présentateur de la web-émission L'Atelier des médias sur RFI, nous a également donné la parole pour nous entendre expliquer notre démarche. Vous pouvez écouter notre conversation ici.

08.08.2008

La maladie d'Aviso

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Abonné Aviso-Côte d'Ivoire Télécom, je vis le calvaire avec ma connexion Internet depuis un certain temps. Lundi, déjà, alors que j'avais une importante e-conférence, il était IMPOSSIBLE de surfer. J'ai appelé le centre d'appels d'Aviso, ils m'ont promis que les choses iraient mieux dans l'après-midi. Cela n'a pas vraiment été le cas. Dans la nuit, la connexion a fonctionné pour redevenir extrêmement capricieuse le lendemain mardi. Mardi, j'ai appelé de nouveau. Ils ont promis que tout irait pour le mieux mercredi et ont parlé de travaux sur leur réseau. Pourtant, jusqu'à présent, les choses ne s'améliorent pas. On est un peu à l'aise la nuit mais durant la journée, c'est la galère. J'arrive à consulter mes mails une fois sur deux. Il y a de nombreux sites que je n'arrive pas à ouvrir. Si vous aussi vous êtes abonné Aviso, j'aimerais que vous me racontiez votre expérience - peut-être que dans ma zone c'est pire qu'ailleurs. Comment faites-vous pour travailler dans ces conditions ? Que faire pour qu'Aviso, qui ne tolère aucun retard dans les paiements de ses factures, respecte ses clients et nous informe avec exactitude de ce qui se passe, nous présente ses excuses et nous dédommage si nécessaire ?

02.04.2008

Vie chère : mes propositions à nos gouvernements

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Le district d'Abidjan a été secoué pendant deux jours par des manifestations contre la vie chère. La Côte d'Ivoire rejoint le Sénégal, le Burkina Faso et le Cameroun qui ont été ébranlés par la colère des consommateurs. Dans une intervention télévisée hier dans la nuit, le président Gbagbo a annoncé des mesures fiscales et douanières et a déploré la "spéculation inacceptable" de certains opérateurs économiques. Pour ma part, j'ai quelques suggestions que j'aimerais verser dans la "boîte à idées" du président et du gouvernement. - Premièrement, je pense qu'il faut faire quelque chose au plan mondial pour des denrées comme le riz et le blé. Les économistes nous expliquent que la tendance haussière des prix est une tendance au long cours. Ces denrées deviennent donc des denrées stratégiques. Les Etats doivent s'impliquer dans leur importation. Je songe à des négociations avec les gouvernements des pays producteurs sur la base du troc. Le troc revient en force sur les marchés internationaux. Pourquoi ne pas proposer des formules "cacao contre riz" voire "pétrole contre blé" ? Les pays africains bénéficient aussi de la tendance haussière des prix. Il y a des compensations possibles. Les denrées alimentaires sont désormais des enjeux diplomatiques. - Deuxièmement, il faut lancer des campagnes pour encourager les populations dans les zones périurbaines à s'investir dans l'agriculture vivrière. On peut travailler en ville pendant la semaine et aller au champ le samedi. L'agriculture doit devenir une activité secondaire plus courante. En Côte d'Ivoire par exemple, la réinsertion des ex-combattants voire le retour des "déplacés de guerre économiques" doit comporter un volet "création de fronts agricoles", notamment dans les zones dépeuplées de l'Ouest. - Troisièmement, les gouvernements devraient financer des "comparateur de prix" consultables sur Internet et grâce aux téléphones mobiles. L'information économique rend le consommateur plus puissant et encourage les "attitudes citoyennes" parmi les industriels et les commerçants. Puisqu'il faut être constructif, voici quelques idées. Je suis sûr que "le village" en a d'autres...

14.03.2008

Le nouveau combat de Blé Goudé

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Cet après-midi, j'ai assisté au lancement de la Foire d'information et d'orientation pour l'insertion de la jeunesse. La cérémonie avait pour objectif d'annoncer la tenue prochaine d'un événementiel au cours duquel les jeunes diplômés ou déscolarisés rencontreront les institutions publiques chargées de leur insertion (Agence pour la Formation professionnelle, Fonds national de solidarité, etc...) mais aussi les banques et organismes de financement privés. Ils trouveront ainsi un espace unique où ils pourront s'informer sur toutes les possibilités en vue de la création de leur propre entreprise ou micro-entreprise. A cette Foire, ils pourront aussi rencontrer des spécialistes du montage de projets qui pourront, explique-t-on, transformer leur idée en dossier "bancable". La particularité de cette Foire, c'est que son initiateur est... Charles Blé Goudé, leader des jeunes patriotes dont l'image d'activiste nationaliste, voire "anti-Français", a fait le tour du monde. Charles Blé Goudé, c'est celui qui a appelé la jeunesse ivoirienne à se mobiliser contre la rébellion, contre les accords de Linas-Marcoussis, contre la France aussi (en novembre 2004, quand l'ex-colonisateur avait détruit la quasi-totalité de la flotte aérienne militaire ivoirienne et avait choisi d'occuper Abidjan). Aujourd'hui, Blé Goudé, qui s'est entouré pour sa cérémonie d'anciens de la FESCI comme Martial Ahipeaud et de dirigeants des jeunesses de l'opposition et de la rébellion, veut se positionner comme "le grand frère qui aide ses petits à trouver une voie dans le monde économique". Il parle lui-même de "rupture" (le mot de Nicolas Sarkozy) avec un sourire en coin. Cet après-midi, devant un parterre composé de jeunes mais aussi de banquiers (Banque régionale de solidarité, Banque nationale d'investissement, Banque pour le financement de l'Agriculture...), de directeurs généraux d'entreprises publiques et privées, il a explicité sa démarche. Il faut, a-t-il expliqué, "sortir de la politique de la main tendue", parce que "la main qui donne est la main qui ordonne". "Si les chars français ne vous ont pas effrayés, ce n'est pas la réussite qui va vous effrayer, ce n'est pas le travail qui va vous effrayer", a-t-il scandé, en ajoutant : "Votre succès se trouve en vous." Au passage, Blé Goudé a abondamment fait la publicité de son entreprise de communication, Leader's Team Associated, stipulant avec humour qu'il est, comme les jeunes qu'il veut mettre en relation avec les institutions de financement, "en réinsertion". Blé Goudé réussira-t-il à ouvrir des voies d'avenir aux jeunes qu'il a mobilisés dans le cadre du combat patriotique ? L'enjeu est politique, car il s'agit de fidéliser, de transformer des "marcheurs" en électeurs demain - pour Gbagbo - mais aussi après-demain - pour qui ? L'enjeu est aussi économique. On a souvent parlé de la "génération qui veut le pouvoir", et qui a émergé dans les années 90 au travers de l'agitation étudiante. Elle s'est profondément incrustée dans l'univers politique (mouvement patriotique, opposition légale, rébellion, etc...) et dans les médias. Demain, trustera-t-elle des positions dans les secteurs économique ? Va-t-elle, dans un contexte différent, imiter la "génération 68" française, qui a utilisé opportunément sa révolte de jeunesse pour la transformer en instrument de pouvoir pérenne ? En tout cas, les institutions de l'Etat chargées de l'insertion des jeunes, qui ne brillent pas toujours par leur efficacité, rouspètent déjà contre les initiatives de Blé Goudé. Par ailleurs, une question de fond se pose : la jeunesse ivoirienne, que l'on dit plus prompte à brûler la chandelle par les deux bouts et à chercher à s'intégrer dans la fonction publique, saura-t-elle relever le pari de l'entrepreneuriat ? Les leaders de la jeunesse politisée auront-ils la capacité de faire triompher en Côte d'Ivoire, la "révolution culturelle" de l'initiative privée nationale, annoncée depuis longtemps mais jamais réalisée ? Le débat est ouvert.