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17/05/2010

Jacques Chirac : l'aveu

" On oublie seulement une chose. C’est qu’une grande partie de l’argent qui est dans notre porte-monnaie vient précisément de l’exploitation, depuis des siècles, de l’Afrique, pas uniquement, mais beaucoup vient de l’exploitation de l’Afrique. Alors, il faut avoir un petit bon de bon sens, je ne dis pas de générosité, de bon sens, de justice, pour rendre aux Africains ce qu’on leur a pris… "

Le blogueur Nino n'est pas convaincu par l'argumentaire de l'ancien président français.

"Voilà le type, qui quand il était président, n'a évidemment pas pu faire tout ce qu'il propose dans cette interview (vidéo ci-dessous). Maintenant qu'il n'a plus de pouvoir, il lui vient subitement des envies de combats pour un monde plus juste. Il se souvient que quand il était président, il a participé à piller l'Afrique (après tout, c'était son travail de président français, j'en conviens). Mais, sa pseudo-repentance de merde, qu'il se la carre où je pense (et c'est un euphémisme)." Pour lire son post en intégralité, cliquez ici.

12/04/2010

Cette maladie obscure qui tue l'Afrique

Joseph-Antoine Bell est une grande gueule. On peut ne pas l'apprécier, estimer qu'il n'est jamais content, qu'il "parle trop", mais il a souvent le mot juste. J'ai bien aimé l'analyse de la fameuse "mentalité africaine" qu'il a développée dans la dernière livraison du magazine "Ici les gens du Cameroun". Il évoque notamment la haine des "têtes qui dépassent" et le recours permanent aux "sorciers blancs" (mais on peut aussi dire coopérants/assistants techniques). Je la partage avec vous.

bell.jpg"Je crois que les Africains souffrent tous d'une même maladie, d'une certaine aversion pour [ceux qui ont de] la personnalité, puisque la colonisation recherchait à nous dénier de la personnalité. Donc, elle nous a légué ce management qui tend à dépouiller les gens de leur personnalité et de faire en sorte qu'on ait toujours affaire à des gens incolores.

(...)

Ce qui me désespère, c'est l'Afrique en elle-même. C'est-à-dire que si on a peur de son ombre, on n'avancera pas. On ne peut avancer qu'avec des gens qui ont des idées et qui ont de la personnalité pour les développer. Tout le monde reproche toujours à ceux qui auraient eu une idée de ne pas insister. Si on n'a pas de personnalité, on ne peut pas appuyer et essayer ses idées, les soutenir contre vents et marées (...). Nous voyons les "sorciers blancs" débarquer chez nous et partir avec tout le fric. Et souvent ils nous narguent. Il y en a qui démissionnent en insultant nos ministres et la République. Si la conscience collective africaine n'en est pas au point où un citoyen s'offusque de voir un étranger insulter un ministre de la République, je ne vais pas le faire tout seul. Accepter que de petits voyous parisiens arrivent chez nous, se comportent en voyous parce qu'ils auraient la peau blanche."

 

Je ne suis pas sûr de l'origine de ce "complexe de la tête qui dépasse" (on attribue souvent à la colonisation des tares pré-existantes qui l'ont tout juste facilité), mais je sais qu'il est réel et puissant pour l'avoir souvent subi.

09/07/2008

Kagamade

Au moment où Simone Ehivet Gbagbo et Paul-Antoine Bohoun Bouabré apprennent par voie de presse qu'ils sont convoqués à Paris par le juge français Ramaël, cette saillie du président rwandais, lue dans Jeune Afrique :

"Si les pays européens peuvent étendre leur pouvoir judiciaire à l'Afrique, les pays africains devraient avoir la possibilité d'en faire autant en Europe. Heureusement, nos juges prendront aussi du plaisir à inculper quelques Français".

12/06/2008

Gbagbo veut étendre "la Banque du Sud" latino-américaine aux pays africains

L'homme qui a émis cette idée est-il le Françafricain caricatural, le clone d'Omar Bongo que certains dépeignent avec force cris depuis la signature des Accords de Ouaga ?

Le président ivoirien, Laurent Gbagbo, a proposé de créer une taxe spécifique sur les exportations de matières premières des pays en développement afin de financer une "Banque du Sud" pour lutter contre la pauvreté. "Il faut que nous taxions les matières premières (...) par baril de pétrole ou par tonne de cacao (...) et créer une Banque du Sud", a-t-il déclaré sur Radio France Internationale. "C'est l'idée que Chavez a déjà eue, mais il l'a fait pour l'Amérique latine. Il faut qu'on l'étende à l'ensemble du Sud, une en Amérique latine, une en Afrique, et une en Asie du sud-est. Voilà l'idée", a-t-il expliqué, proposant que le siège soit installé en Côte d'Ivoire. La banque latino-américaine sera lancée cette année et dotée de sept milliards de dollars essentiellement apportés par le Brésil et le Venezuela.

09/06/2008

Côte d'Ivoire : Chérif Ousmane votera contre Gbagbo

281a129e62692f5f378dbd179f5e8621.jpgLe patron de la compagnie "Guépard" au sein de la rébellion l'a dit dans une interview à Jeune Afrique :

"Laurent Gbagbo traîne trop de casseroles. Il a l'affaire André Kieffer sur les bras, la mort de Jean Hélène, le bombardement du lycée français, le charnier de Yopougon, etc. C'est Charles Taylor ! Il n'est certainement pas prêt à lâcher le pouvoir et à prendre le risque de redevenir un citoyen comme un autre. Or je suis convaincu que, même s'il l'emporte au premier tour, Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié uniront leurs voix pour que ce soit l'un d'eux qui gagne le second tour. Et si les appareils militants n'en décident pas ainsi, les militants le feront pour eux. Moi, jusqu'ici, je n'ai jamais voté : cette fois, j'irai. J'irai voter pour le changement. Et d'ici là, je marche pas à pas vers la paix".

Deux remarques :

- Chérif Ousmane, surnommé "l'ange exterminateur de la rébellion" pour ses nombreux massacres, a quand même le courage de parler des "casseroles" de Gbagbo.

- Comme de nombreux militants de l'opposition, Chérif Ousmane a intégré l'idée que le "minoritaire" Gbagbo est bien parti pour gagner le premier tour de l'opposition. Il est tout aussi persuadé que l'alliance Bédié-ADO est un jeu de dupes.

21/05/2008

Aveu de taille

b4285ba2dc48828bd5bbe3b3608cb402.jpgPiochée au coeur de l'interview qu'Issiaka Ouattara alias Wattao, le chef d'état-major adjoint des Forces armées des Forces nouvelles, a accordée à Fraternité-Matin, cette phrase vaut son pesant de cacahuètes, pour ceux qui se souviennent que les idéologues français de la "ligne officielle" n'ont pas cessé de nous dire, pendant tout le conflit ivoirien, qu'on avait, en Côte d'Ivoire, deux armées qui se valaient se faisant face.

"Même le Président Gbagbo qui avait les moyens de nous écraser a accepté de négocier, il nous a tendu la main. Cela doit servir de leçon à tout le monde."

L'interview en intégralité ici.

31/01/2008

A propos du moteur de l'Histoire

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"Le moteur de l'Histoire n'est plus l'argent ni l'exploitation par l'argent, c'est l'humiliation. Il nous amène à considérer que notre monde, celui de Ben Laden et de bien d'autres, est l'héritier de millénaires d'humiliations, dont trois siècles par la faute de l'Occident."

Jacques Attali, Gândhî ou l'éveil des humiliés.

17/01/2008

Le pasteur de Gbagbo dénonce la corruption

cef1c9952e6ba98402cbddad568f2feb.jpg"Ecoutez, je suis pasteur. J’ai à ma charge des brebis. Mais je suis aussi citoyen ivoirien. Je vis dans ce pays et j’y ai travaillé en tant que cadre, avant d’être appelé par Dieu pour le servir. Je suis en contact avec le peuple et je sais ce que les uns et les autres disent et ressentent. C’est ce que j’ai reçu de la part de l’Eternel que j’ai dit. Notre Dieu est un Dieu de justice. Il hait la corruption, le vol, la méchanceté, l’ingratitude, le manque de solidarité…Autant de choses que Dieu n’aime pas. A partir du moment où Dieu me demande de parler afin de dire ce qu’Il pense, pourquoi voulez-vous que je me gêne. Moi, je n’ai aucun problème. Je n’ai pas peur des hommes, mais de Dieu. L’Eternel m’a dit : “Parle !”, alors j’ai parlé. Au départ, j’ai dit à Dieu : “Mon Dieu, n’ai-je pas assez d’ennemis comme cela ?”, il m’a dit : “Parle ! Personne ne pourra mettre la main sur toi, car je suis avec toi. La vérité doit être au fond des cœurs et cette nation doit être bâtie sur de nouveaux fondements”. On ne peut pas décrier ce qui avait cours par le passé et revenir sur les anciennes pratiques. Il faut les bannir. La Côte d’Ivoire a payé le prix d’une rédemption complète. Cette rédemption doit être visible dans tous les compartiments de la société (...) Je n’indexe personne en particulier parce que la Côte d’Ivoire est gérée par de nombreux partis politiques. Les Refondateurs sont aussi coupables que le PDCI, le RDR, le PIT, l’UDPCI, le MFA…" (in Notre Voie du 16 janvier 2008).

Moïse Koré, expliquant la virulence de son prêche de fin d'année, vilipendant les travers de la classe dirigeante ivoirienne.