13/11/2012
Où va l'opposition ivoirienne [édito paru dans Le Nouveau Courrier]

Les chanteurs de zouglou qui ont décidé de mettre un terme à leur exil parisien pour rejoindre «la caravane de la réconciliation» financée à grands frais par le régime Ouattara sont-ils des «traîtres» à la cause patriotique ivoirienne ? Faut-il les «punir» en boycottant leurs concerts et leurs oeuvres discographiques ? Ces questions ont agité les réseaux sociaux ces derniers jours et suscité de nombreux commentaires avec leur corollaire d’excès. Au-delà de l’écume de la polémique, ces échanges vifs devraient susciter des interrogations de fond. En réalité, cette foire d’empoigne soulève plusieurs problématiques. Premièrement, celle du rapport entre les artistes engagés et l’univers de la politique. Dès lors qu’ils ont pris des positions politiques, les chanteurs et autres vedettes doivent-ils être considérés comme des activistes, voire des militants soumis à la discipline du parti ? Doit-on donner plus de sens qu’ils n’en méritent à leurs choix de carrière qui répondent, après tout, à des considérations qui relèvent aussi et surtout de leur désir de survivre et de continuer à créer dans un environnement réceptif ? Quel message faiton passer aux artistes qui voudraient, le temps d’une ou de deux mélodies, faire des petites incursions en politique pour exprimer leurs indignations légitimes, leurs sentiments de citoyens, leur adhésion à des causes spécifiques ? Voudrait-on leur dire qu’en le faisant, ils s’engagent dans la sphère partisane et seront surveillés, lâchés voire lynchés à l’avenir s’ils s’écartent du droit chemin ? L’art, et plus particulièrement le zouglou, est une affaire d’hommes et de femmes libres. On peut être frustré ou déçu que Pat Sacko ou Petit Yodé aient choisi d’offrir une (petite) fleur à un régime Ouattara qui fait de l’événementiel pour mieux masquer son incapacité à réaliser la réconciliation. Mais il faut en toute chose savoir raison garder, respecter leur liberté, qui est également la liberté de nous surprendre voire de nous irriter par moments. En réalité, l’opposition ivoirienne, dans ses différentes composantes, doit gérer intelligemment le passage à vide, la traversée du désert. Elle fait face à la difficulté de s’organiser en alternative face à un pouvoir qui n’a d’autre rempart qu’une dictature épouvantable rendue possible par le silence des censeurs moraux occidentaux –les seuls qui intéressent plus ou moins le régime. Elle expérimente l’angoisse du temps qui passe et n’apporte pas de fenêtre d’opportunité immédiate, dans un contexte où elle sa structuration même – une «section » en prison, une «section» en exil, une «section» sur le terrain à Abidjan
– est porteuse de divisions, d’incompréhensions et de scissiparités. Jusqu’ici, elle a réussi ce qui relève quasiment du miracle. Elle a maintenu le lien avec une base politique qui n’a pas été atteinte et des relais au sein de la société civile qui n’ont pas tous basculé dans la flagornerie vis-à-vis des nouveaux maîtres d’Abidjan. Elle a préservé son unité derrière le symbole vivant qu’est devenu pour elle Laurent Gbagbo. C’est là sa principale force. C’est là la principale angoisse du clan Ouattara qui ne cesse de repousser le retour à la vie démocratique normale parce qu’il s’agirait aussi d’un retour aux vrais équilibres du pays. Cette force est aussi patrimoine. C’est elle qui, mise en branle dès l’apparition d’une vraie fenêtre d’opportunité politique, changera la donne. Mais l’opposition perdrait cet atout considérable si elle cédait à la tentation de la radicalité improductive et d’une quête de pureté se résumant à la posture, voire à la pose. Quand on est lancé dans une course de fond, il faut économiser son énergie D’autant plus que, dans le cas d’espèce, il n’y a aucune forme d’enjeu politique. Le retour à Abidjan de Petit Yodé et de Pat Sacko ne constitue pas un signal exploitable de manière judicieuse à l’international. Il n’apportera pas le moindre électeur à un régime qui prend l’eau de toutes parts et dont le caractère profondément sectaire apparaît quotidiennement, comme on l’a encore vu avec les agressions injustifiées subies par l’église des Assemblées de Dieu de Cocody, sur laquelle le ministre Cissé Bacongo s’est incroyablement acharné la semaine dernière. Ce n’est donc pas un enjeu. L’opposition ivoirienne, naturellement menée par le Front populaire ivoirien (FPI), est engagée dans un combat dont elle ne maîtrise absolument pas les échéances les plus importantes. Le vrai enjeu pour elle est de maintenir et de renforcer ses outils idéologiques structurants. Ce n’est pas pour rien que le régime travaille au corps à corps le FPI, flattant certains hiérarques, jetant d’autres en prison pour faire place nette et obtenir une entrée au gouvernement qui serait, pour le coup, une véritable trahison. Dans quelle mesure ce travail patient porte-t-il ses fruits, crée-t-il de mortelles suspicions et des ambitions inavouables, entrave-t-il les nécessaires pressions destinées à contraindre le pouvoir à laisser libre cours à une activité politique normale et contradictoire ? Qu’est-ce qui relève, dans la diaspora, de l’activisme de positionnement ou de «défoulement», et qu’est-ce qui participeà éclairer les consciences sur la nature réelle de la dictature ivoirienne, à rallier les alliés objectifs, à faire bouger les lignes chez les autres ? Ces questions sont incontournables. Quand on est lancé dans une course de fond, la question des économies d’énergie est centrale. Question angoissante : si le destin impose à la Côte d’Ivoire une échéance présidentielle anticipée, l’actuelle opposition déploiera-t-elle immédiatement une stratégie de reconquête du pouvoir pensée à l’avance ? En effet, tout se passe comme si un homme manœuvrait par tous les moyens pour neutraliser le FPI certes, mais aussi le PDCI, dans une stratégie globale de la terreur, tout en poussant ses pions et en préparant son avenir. Comme s’il voulait prendre tout le monde de court. Cet homme ne s’appelle pas Alassane Ouattara.
Il s’appelle Guillaume Soro.
Théophile Kouamouo
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04/11/2012
A Abidjan, les femmes des militaires incarcérés par le régime ont manifesté à la cathédrale
Le témoignage de l'une d'entre elles : "Nous sommes venues voir l’évêque. Pour lui exprimer un cri du coeur. Celui de femmes dont les époux sont injustement incarcérés depuis des mois. Mais il n’est pas là. Il est à l'extérieur du pays. Il est à Rome. Nous avons fait notre sit-in à l'intérieur de la cathédrale de 10 heures à 14 heures. Le secrétaire chargé de communication de l’évêque nous a reçues. Nous n’avons pas été prises à partie par les FRCI. Les gendarmes sont venus, ils nous ont écouté et ils sont partis. Nous n'avons pas pris de photo, parce que nous avons peur d'être tuées."
Propos recueillis par Benjamin Silué [Le Nouveau Courrier]
15:29 Publié dans Nouveau Courrier | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30/10/2012
Gbagbo et Bensouda étaient absents, clash entre Altit et l'accusation
L'audience publique sur le réexamen de la situation de détention du président Laurent Gbagbo vient de s'achever en ce milieu d'après-midi à la Cour pénale internationale. L'accusé, pour lequel des centaines de manifestants étaient venus, était absent - comme certaines informations de couloir l'avaient affirmé précédemment. L'on peut retenir, globalement, que cette audience publique a vu le bureau du procureur, représenté par un adjoint de Fatou Bensouda, absente, réitérer son argumentaire et demander le maintien en détention du président Gbagbo. De concert avec la représentante des victimes supposées, qui s'exprimait surtout comme la représentante du pouvoir Ouattara, et n'a eu de cesse de demander à avoir accès à des documents confidentiels sur la santé de Laurent Gbagbo et sur l'Etat qui a accepté de le recevoir dans le cadre de sa mise en liberté provisoire.
L'on retient aussi que cette audience a permis de comprendre le "rôle" du rapport étrange des experts (?) de l'ONU sur les violations de l'embargo, qui s'est évertué à criminaliser en vrac le président Gbagbo et des cadres du FPI nommément cités comme les commanditaires des violences qui déstabilisent le régime Ouattara et comme des alliés du terrorisme international. Le bureau du procureur s'est largement appuyé sur ce rapport pour rallier la Cour à sa thèse selon laquelle il faut maintenir le président Gbagbo dans les fers.
On retiendra aussi que l'atmosphère entre le représentant de Bensouda et l'avocat du président Gbagbo, Maître Emmanuel Altit, qui a brillamment réfuté les arguments du procureur - jusqu'à lui conseiller littéralement d'apprendre à "réfléchir" - était à couper au couteau. A la fin de l'audience publique, ils se sont livrés à une sorte de jeu de ping-pong. Le représentant du procureur a repris la parole après la plaidoirie d'Altit suivant son intervention. Et Altit, ne voulant pas lui laisser le dernier mot, a commenté son commentaire.
Des faits nouveaux ont été soumis par Altit. Notamment les rapports d'experts accrédités auprès de la Cour qui affirment que Gbagbo n'a pas l'intention de fuir et brûle de s'expliquer, et les conditions détaillées qu'apporte l'Etat qui veut accueillir sur son sol le fondateur du FPI pendant la procédure judiciaire.
Nous reviendrons largement sur cette audience dans l'édition du Nouveau Courrier de demain.
16:17 Publié dans Crise ivoirienne, Nouveau Courrier | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
27/10/2012
Coup de théâtre - Alphonse Douati ramené à la Maca

Le ministre Alphonse Douati, secrétaire général adjoint du FPI, enlevé à la Maison d'arrêt et de Correction d'Abidjan (Maca) jeudi nuit avec plus de 50 détenus politiques pour la Maison d'arrêt militaire d'Abidjan (Mama), vient d'être ramené à son lieu de détention initial (Maca). Cette opération vient d'être menée ce samedi après-midi (13h GMT) par le Commandant Doumbia Daouda (chef de corps du bataillon de commandement et de soutien), le Cdt Chérif Ousmane, commandant adjoint de la GSPR et le commissaire divisionnaire Bouadi de la DST. Les tractations sont en cours avec l'ONUCI pour déterminer la destination que pourraient prendre les autres prisonniers politiques enlevés à la Maca au même moment que le ministre Alphonse Douati.
Quelle est la raison de ce revirement ? Le régime Ouattara, qui avait craint l'accord d'une liberté provisoire au président Laurent Gbagbo, a-t-il été pris de panique à l'idée d'une situation incontrôlable à Abidjan dans cette hypothèse ? Le Nouveau Courrier y reviendra longuement dans sa prochaine édition.
Info Saint-Claver Oula
16:52 Publié dans Crise ivoirienne, Nouveau Courrier | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
10/10/2012
Avenir Médias recrute un webmaster/intégrateur web
Dans le cadre de son développement, l'entreprise Avenir Médias, qui édite le quotidien Le Nouveau Courrier, recrute un webmaster/intégrateur web.
- Il doit avoir une première expérience dans le domaine, qui confirme une formation acquise sur le tas ou dans une école.
- Il doit maîtriser l'environnement Wordpress et pouvoir s'adapter à d'autres plateformes de publication.
- Il doit être à l'aise avec les logiciels de montage audio et vidéo et d'infographie et avec l'univers des réseaux sociaux.
- Il doit pouvoir diriger une petite équipe de juniors et avoir des talents de formateur.
- Il doit être disponible. Le travail durera huit heures pleines et demandera un vrai engagement.
Salaire : 100 000 FCFA dans le cadre des trois mois d'essai, augmentation en cas de confirmation.
Envoyez vos CV et lettres de motivation à l'adresse nouveaucourrierdabidjan@gmail.com.
N'hésitez pas à recommander l'annonce à des proches dont vous estimez qu'ils ont le bon profil.
04:01 Publié dans Nouveau Courrier, Promo, autopromo et atalakus | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28/09/2012
Le Nouveau Courrier recrute...
Dans le cadre de son développement, le quotidien Le Nouveau Courrier recrute :
- des correspondants régionaux dans les principales villes de l'intérieur du pays.
- un correcteur.
- des stagiaires devant valider leur BTS en "Communication d'entreprise" ou domaines assimilés.
Pour postuler, bien vouloir envoyer un CV et une lettre de motivation succinte à l'adresse nouveaucourrierdabidjan@gmail.com.
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25/09/2012
Lucie Bourthoumieux, avocate de Koné Katinan : "Alassane Ouattara a peut-être raté une carrière de gardien de prison"

Ce 25 septembre au matin, avant l'audience qui a eu lieu au tribunal d'Osu et au cours de laquelle Justin Koné Katinan, le porte-parole du président Laurent Gbagbo a bénéficié d'une mise en liberté sous caution, face à l'incapacité de l'accusation à fournir des documents pertinents - et traduits en anglais - venant d'Abidjan, le quotidien Le Nouveau Courrier publiait une interview de Lucie Bourthoumieux, avocate de Koné Katinan. Extraits.
Ce que Koné Katinan est allé faire en Afrique du Sud
"Nous y étions dans le cadre des missions traditionnelles du porte-parole, dont la feuille de route est de trouver par tous les moyens le chemin d’une vraie réconciliation en Côte d’Ivoire. Pour qu’enfin les Ivoiriens connaissent, dix ans après le début de la guerre, la paix que le président Gbagbo lui-même n’a eu de cesse de rechercher. C’est dans le cadre de cette mission que nous étions en Afrique du Sud, invités par les plus hautes autorités de cet Etat, pour faire le point, un an et demi après la chute du président Gbagbo, sur la situation politique et sociale en Côte d’Ivoire. Et à partir de là, voir ce que le grand pays qu’est l’Afrique du Sud peut faire pour encourager la paix et la réconciliation en Côte d’Ivoire. (...) L’Afrique du Sud est le seul pays d’Afrique qui fait partie du groupe des BRICS (pays émergents au sein duquel on trouve le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, ndlr). A ce titre, il a un rôle géopolitique certain à jouer en Afrique. L’Afrique du Sud ne peut pas ne pas s’intéresser à ce qui se passe en Côte d’Ivoire. C’est pour cette raison que nous avons eu droit à un accueil attentif et à une grande écoute lors de nos entretiens. (...) Je pense que tous les pays du monde, l’Afrique du Sud, la France, les Etats-Unis, les pays d’Afrique… pour peu qu’ils veuillent être objectifs, ont conscience que la Côte d’Ivoire est un pays sans Etat. Pensez qu’en 2002, ce pays est attaqué par des déserteurs de l’armée ivoirienne qui se retrouvent dans une partie du pays dont ils font, dit-on, leur fief. On les appelle alors les «comzones». Pensez que ce sont ces mêmes personnes qui, pendant dix ans, ont vécu hors-la-loi, dans une région de non-droit, qui aujourd’hui s’occupent de la sécurité de la Côte d’Ivoire, l’Etat le plus important en termes économiques et financiers de l’Afrique de l’Ouest francophone. Des gens qui ne connaissent ni la notion de l’Etat ni le concept d’Etat de droit ! Je vous laisse faire des déductions sur tout ce que ces pays peuvent penser aujourd’hui. On espérait que malgré cette formidable promotion qu’ils ont eu de Ouattara, ce dernier ferait de la politique, prendrait en compte l’intérêt du peuple ivoirien. Il n’en est rien. Gbagbo représente au moins la moitié de la population ivoirienne. Et manifestement, cette moitié dérange Alassane Ouattara. Dans ces conditions, je ne connais pas un pays sérieux qui peut regarder la Côte d’Ivoire comme un Etat solide et tourné vers son avenir. La Côte d’Ivoire est un pays sans Etat, fragile, livré aux seigneurs de guerre, qui font leur loi, qui piétinent les lois internationales et la Constitution ivoirienne."
L'affaire Tsikata et les "mensonges" de Ouattara
"l y a une affaire pendante aujourd’hui devant les juridictions ghanéennes. L’affaire Tsikata [du nom de l’homme d’affaires véreux associé à Hamed Bakayoko qui devait servir d’appât pour impliquer les exilés dans un faux complot destiné à les compromettre, ndlr]. Le grand quotidien ghanéen, qui s’appelle Daily Graphic, a parlé de cette affaire en utilisant l’expression «faux coup d’Etat» en Côte d’Ivoire. Si ses journalistes ont pris le risque d’utiliser ce terme, c’est qu’ils ont certainement des éléments concordants qui le leur permettent. Je ne vais pas rentrer dans les détails de l’affaire, mais elle est très troublante et elle montre la façon de faire de M. Alassane Ouattara. Je ne suis pas sûr que les Ivoiriens méritent cela. Mentir de cette manière à son peuple devrait être considéré comme un crime. Figurez-vous que M. Alassane Ouattara se promène avec cette cassette [des enregistrements du Colonel Katé Gnatoa, «l’appât» de Tsikata, ndlr] dont il est le commanditaire comme preuve que le Ghana est une plateforme de déstabilisation de son pays ! Je rappelle que le Ghana est à l’est de la Côte d’Ivoire et tous les troubles que connaît la Côte d’Ivoire sont à l’ouest ! [L’interview a été réalisée avant la troublante attaque de Noé, ndlr]. Au-delà de ce que Koné Katinan et moi avons pu vivre, se pose le problème du type de société qu’Alassane Ouattara propose aux Ivoiriens."
L'enjeu du procès de Katinan
"Koné Katinan a une feuille de route donnée par le président Gbagbo. Un des points de cette feuille de route, c’est de considérer qu’à chaque fois qu’il arrive quelque chose à un responsable de la galaxie pro-Gbagbo, il est essentiel de penser aux autres. Il s’agit de mettre fin, à travers cette affaire, à la terreur psychologique à laquelle Alassane Ouattara soumet les exilés au Ghana. Il s’agit d’amener la justice ghanéenne à statuer, une fois pour toutes, sur cette question d’extradition des réfugiés politiques qui n’est pas possible au regard de la loi. Or la justice a ses propres lois, ses propres lenteurs, ses procédures auxquelles nous nous soumettons. On ne peut pas préjuger d’une décision judiciaire, mais en tant qu’auxiliaire de justice et au regard des textes, je peux vous affirmer que ni la loi ghanéenne ni les conventions qui lient le Ghana ne permettent d’extrader Koné Katinan vers la Côte d’Ivoire. Que Koné Katinan ait un statut de réfugié ou pas. Mais il se trouve qu’il a en plus un statut de réfugié. Koné Katinan ne peut être extradé. Et les autorités ghanéennes en sont conscientes. Il s’agit d’appliquer la loi et rien que la loi."
L'état d'esprit de Koné Katinan, ce qu'il faisait de ses journées à la DST ghanéenne
"Vous savez, Koné Katinan, c’est l’enfant de Gbagbo. Il est serein, déterminé et combatif. Comme le président Gbagbo. Il fait comme son mentor. Il lit beaucoup. Il ne reçoit pas beaucoup pour des raisons de sécurité. Bien entendu, en tant qu’avocate, j’ai la latitude d’entrer en contact avec lui très régulièrement. C’est le droit dans son expression la plus basique."
Les manoeuvres du régime Ouattara
"Je ne travaille pas avec l’équipe de M. Alassane Ouattara. Mais ce que je peux vous dire, c’est que les documents qui m’ont été transmis par l’Etat du Ghana provenant de l’Etat de Côte d’Ivoire étaient des documents en français traduits en anglais. Ce qui s’est passé le 13 septembre, c’est que le gouvernement ghanéen a reçu à la dernière minute – à l’audience, d’ailleurs – des documents venant d’Abidjan. Et au regard de cela, le juge, qui fait bien son travail, a demandé un ajournement pour en prendre connaissance. (...) Ce que je sais, c’est que la procédure inquisitoire a ceci de formidable qu’elle ne permet pas à un tribunal de prendre une décision sur des déclarations. Il faut qu’elles soient documentées avec des éléments de preuves et des éléments physiques, c’est-à-dire des témoins. Nous n’avons pas vu de témoins le 13 septembre. En l’état actuel de la procédure, je n’ai pas encore vu les documents qui ont été versés le 13 septembre à l’audience. Je ne sais pas s’ils étaient en français ou en anglais. C’est quand je les verrai que je pourrai dire si des éléments de preuve ont été constitués. Mais je peux vous dire que nous restons très curieux des éléments de preuves dont M. Alassane Ouattara peut bien se prévaloir. Je rappelle tout de même que l’on parle, en ce qui concerne la BCEAO, de 300 milliards de FCFA qui auraient été dérobés ! Il faut, bien entendu, mettre cela en parallèle avec le fait que de décembre à mars, l’Etat de Côte d’Ivoire a fait face à ses engagements… Les fonctionnaires ont été payés. Je n’ai pas souvenir qu’une fois au pouvoir, Ouattara ait payé les salaires de ces mois aux fonctionnaires…"
Propos recueillis par Grégory Protche (Le Gri-Gri International) et Théophile Kouamouo (Le Nouveau Courrier)
22:34 Publié dans Crise ivoirienne, Nouveau Courrier | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Liberté sous caution accordée à Koné Katinan : un témoin oculaire raconte
Leader de la galaxie patriotique ivoirienne en exil, Idriss Ouattara se fait un devoir d'assister à toutes les audiences dans le cadre du procès de Justin Koné Katinan, porte-parole du président Laurent Gbagbo dont le régime d'Alassane Ouattara n'a de cesse de demander l'extradition. Il raconte l'audience d'aujourd'hui, et explique dans quelles conditions le ministre du Budget du gouvernement Aké N'Gbo a obtenu la mise en liberté sous cautiondu juge ghanéen Aboagye Tandoh.
15:10 Publié dans Crise ivoirienne, Nouveau Courrier | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08/05/2012
Michel Galy : "Voici ce qui doit changer entre Paris et Abidjan"
Le politologue français Michel Galy analyse, dans une tribune publiée en exclusivité par Le Nouveau Courrier, l’alternance en France et les perspectives qui se dessinent. Il évoque également les craintes qu’il faut légitimement avoir.
16:21 Publié dans Nouveau Courrier | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Violation de la liberté de la presse en Côte d'Ivoire : comment le CNP veut imposer les mensonges officiels
Le Nouveau Courrier bientôt suspendu dans sa version papier en Côte d'Ivoire ? Peut-être. Le Conseil national de la presse, organe de répression du régime Ouattara, vient de nous coller un blâme. Et il l'explique dans un courrier.
"Vous publiez à la page 02 de votre parution numéro 502 du jeudi 26 avril 2012, une contribution de Monsieur Roger Gballou, intitulée : «FPI : La convention de toutes les espérances». A la lecture, le Conseil National de la Presse (CNP) relève ceci : «Le 29 avril 2012, le parti politique de Laurent Gbagbo tient une convention, un an après le coup d’Etat qui emporta son régime».
Le CNP condamne ces écrits qui violent son communiqué n°014/CNP/DP/SG en date du 21 septembre 2011, dans lequel il vous est interdit de publier des écrits relevant de la manipulation des faits et de la réalité. Le CNP vous rappelle que Monsieur Alassane Dramane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire, exerce son mandat actuel des suites d’élections démocratiques reconnues par la communauté nationale et internationale et, pour lequel, il a été officiellement investi. Vous écopez ainsi d’un blâme pour le manquement susmentionné."
Dont acte. Il est toutefois loisible de constater que le CNP s'empêtre dans ses théories. Ouattara n'a pas fait de coup d'Etat puisqu'il a été "officiellement investi". Le souci avec ce pan de l'histoire officielle est qu'il a pris le pouvoir par les armes le 11 avril 2011, et a été investi le 21 mai 2011. Il a pris le pouvoir sans être reconnu par "la communauté nationale", incarnée par le Conseil constitutionnel. Qui l'a par la suite investi en endossant les résolutions de l'Union africaine, sans revenir sur sa décision donnant Laurent Gbagbo vainqueur des élections.
Si ce n'est pas d'un coup d'Etat qu'il s'agit - le coup d'Etat étant une rupture de l'ordre constitutionnel -, de quoi s'agit-il donc ?
15:48 Publié dans Nouveau Courrier | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note

