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24/10/2012

Katinan relaxé ou en liberté sous caution ? - Son avocate conseil fait une mise au point

"Le porte-parole du President Laurent GBAGBO a été simplement et purement relaxé par le juge au sujet des allégations de M. Alassane OUATTARA de crime de meurtre à l'encontre de Koné Katinan. En effet le juge a estime que Alassane Ouattara n'a, en trois semaines, pu apporter la moindre preuve au soutien de ses allégations. Concernant la procédure pour crimes économiques en cours devant laquelle le ministre Koné Katinan bénéficie depuis le 25 septembre dernier d'une liberté sous caution, celle-ci a été renvoyée le 7 novembre".

Lucie Bourthoumieux

Le sénateur de Paris demande la publication des archives coloniales et néocoloniales de la France

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Discours de Pierre LAURENT, Sénateur Communiste de Paris sur la PROPOSITION DE RESOLUTION présentée en application de l'article 34-1 de la Constitution, tendant à la reconnaissance de la répression d'une manifestation à Paris le 17 octobre 1961.

Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,
Mes chers Collègues,

Je me réjouis de la discussion de cette proposition de résolution que Nicole BORVO COHEN-SEAT, au nom de notre groupe, a déposé le 30 janvier 2012. Cette résolution fait droit à une demande portée depuis de longues années pour que la France officielle reconnaisse les faits sanglants qui se sont déroulés le 17 octobre 1961. Elle propose en outre la réalisation d’un lieu du souvenir à la mémoire des victimes.

Permettez-moi de rendre hommage au combat de Nicole BORVO COHEN-SEAT qui, aux côtés de mon ami Guy FISCHER intervenant tout à l’heure, et en tant que présidente de groupe et élue parisienne, s’était grandement impliquée dans la reconnaissance des crimes coloniaux dont justement le 17 octobre 1961 mais aussi la « disparition » du mathématicien Maurice Audin.

En défendant cette proposition je veux d’abord dire ma satisfaction de la très récente expression du président de la République qui vient de déclarer le 17 octobre dernier, je cite : « La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes. »

C’est un acte important, tant attendu, auquel il nous revient aujourd’hui de donner toute sa portée par un vote solennel de notre assemblée. Je me réjouis que notre proposition de résolution le permette. Elle doit être un engagement à ce que ce premier pas soit suivi des actes nécessaires à l’établissement définitif de la vérité et à la reconnaissance des crimes coloniaux, dont le 17 octobre 1961 constitue, avec d’autres, un épisode tragique.

Nous pensons notamment que la reconnaissance des faits par le président de la République doit conduire à l’ouverture des archives sur le 17 octobre 1961 et au-delà à toutes les archives concernant les guerres coloniales et leur cortège de répression et de massacres.

 Ne serait-il pas souhaitable à ce sujet que les archives de l’Etat soient soumises à des règles communes en matière d’archives conformes au fonctionnement d’un Etat démocratique ?

Cela impliquerait que soient versées aux Archives nationales celles de la préfecture de police de Paris, des ministères de la Défense et des Affaires Etrangères, quitte à ce que leurs fonds relèvent de dispositions particulières, précises et justifiées et que les archives des anciens ministres, Premiers Ministres et Présidents de la République relatives à leur fonction ne soient pas privatisées par les intéressés mais versés dans leur ensemble aux Archives Nationales.

Cela aurait aussi le mérite de contribuer à faire la lumière sur les agissements de la France et de son armée dans les pays africains notamment, où elle a participé, à de nombreux renversements de pouvoir plus ou moins sanglants. La fin de rapports coloniaux ou néo –coloniaux avec ces pays, souhaitée récemment par le président de la République à Dakar, passe par là. Le développement de nouvelles relations de coopération aussi.

Dans la même logique il faudrait que la notion d’archives « incommunicables » telle qu’elle apparaît dans la loi 2008 soit abrogée.

Pour être fidèles à leur mission scientifique, les historiens ont besoin de pouvoir accéder librement aux archives, échapper aux contrôles des pouvoirs ou des groupes de pression et travailler ensemble, avec leurs homologues des deux rives de la Méditerranée.

La vérité doit aussi être dite sur l’organisation criminelle de l’OAS que certains, au sein même de l’UMP notamment, sans parler de l’extrême-droite, cherchent à réhabiliter.


Ce qui s’est passé ce jour du 17 octobre 1961 n’était pas un évènement isolé survenu en un lieu et en un moment unique mais le paroxysme d’une politique de guerre coloniale symbolisée par la mise en place du Préfet de Police Maurice Papon et couverte voire encouragée par les plus hautes instances de l’Etat.

On a vu s’effectuer, dans les rues de la capitale une chasse à l’homme aboutissant à des assassinats et c’est pour cela que je pense comme beaucoup d’historiens que l’on peut parler en l’espèce d’un crime d’Etat emblématique.

En effet, certaines autres dates nous rappellent à quel point la violence et le crime d’Etat sont indissociables du colonialisme : la sauvage répression du 8 mai 1945 à Sétif, les massacres de Madagascar en 1947, la terrible guerre d’Indochine, et la totalité de la guerre d’Algérie, dont la bataille d’Alger, la « disparition » du mathématicien Maurice Audin en juin 1957 et le massacre du 8 février au métro Charonne furent des épisodes particulièrement violents.

Mais revenons à la nomination de Maurice Papon qui est à mon avis un moment clé pour comprendre ce qui s’est passé le 17 octobre 1961 et symptomatique de la mise en œuvre de cette politique coloniale.

En effet, Maurice Papon au passé de collaborateur bien connu et qui jusqu’en mars 1958 était un préfet régional de l’Est algérien réputé pour ses méthodes brutales devient le 16 mars 1958 préfet de police de Paris. Il le restera après le changement de régime de mai 1958.

Papon n’hésite pas à ordonner des rafles massives et de réquisitionner y compris le Vel’ d’Hiv’ !

Sous son autorité les assassinats de Nord-Africains par les forces de répression s’accélèrent au cours de l’été 1961. La pratique de jeter des hommes assommés, parfois ligotés, dans la Seine est attestée dès septembre de cette année. Le 2 octobre 1961 Maurice Papon n’avait-il pas déclaré « Pour un coup reçu, nous en porterons dix ».

En ce même début de mois, il veut imposer aux Algériens vivant en région parisienne un couvre-feu.

C’est dans ce contexte que le 17 octobre 1961 des dizaines de milliers d’Algériens, majoritairement des ouvriers, manifestaient pacifiquement contre cette mesure,  discriminatoire, scandaleuse et illégale. Pour certains, c'était la première fois qu'ils quittaient leurs bidonvilles.

Et c’est dans ce contexte aussi que se déroulera quelques mois plus tard le massacre de Charonne.

L’ampleur et la gravité de la répression ont peut-être masqué, aux yeux de beaucoup, la signification politique majeure de cette journée : qu’au cœur de la capitale, qui se prétendait encore officiellement également celle de l’Algérie, la quasi-totalité des Algériens valides soient descendus dans la rue, malgré les violences qui, inévitablement, les attendaient, est le signe que plus personne, au sein de cette communauté, ne voulait de l’Algérie française, même transformée, même réformée. 

Lorsque les Algériens purent, même quelques instants seulement, crier leurs mots d’ordre, ce furent des Algérie algérienne. « Le FLN au pouvoir » et « Libérez Ben Bella » notamment. Même les plus hostiles des observateurs convenaient de la détermination de la foule.

Alors, c’est le déchaînement : les forces de police se précipitent sur les manifestants avec une sauvagerie inouïe. De partout sortent les « bidules », ces longues matraques meurtrières. Les policiers frappent à tour de bras. Ceux qui sont à terre sont impitoyablement matraqués, piétinés, roués de coups. Mâchoires brisées, yeux exorbités, fractures ouvertes, rien n’arrête la furia.

Des coups de feu sont tirés. Dans divers lieux, à Bezons, au pont Saint-Michel, des hommes ensanglantés, souvent à demi inconscients, parfois ligotés, sont basculés dans la Seine. D’autres sont jetés pêle-mêle, sans ménagements, dans des cars de police, où les attendent de nouveaux matraqueurs. Une véritable noria de cars se rend vers les dépôts, les commissariats, vite saturés. Des bus de la RATP sont réquisitionnés. Le Palais des Sports est réquisitionné.  

Selon les recherches actuelles il y aurait eu le 17 octobre 1961 au moins 200 morts, ce qui donne, pour le moins, une résonnance particulière aux propos de Maurice Papon cités plus haut, sans parler des plus de 11 000 arrestations qui officiellement s’en suivirent et des nombreux blessés.

Les crimes commis le 17 octobre 1961 ont suscité à l’époque un débat public et une indignation dans les milieux progressistes mais dès ce moment-là, le pouvoir s’est acharné à étouffer la réalité du crime et les responsabilités. Il aura donc fallu 51 ans pour que le président de la République reconnaisse les faits.

L’Humanité, le PCF, ses élus nationaux et parisiens dénonceront dès cette époque avec d’autres comme Simone de Beauvoir, André Breton, Michel Butor, Aimé Césaire, Marguerite Duras, Claude Roy, Laurent Schwartz et Hervé Bourges notamment, l’abomination qui vient de se produire.

Ils interpellent les autorités. Le préfet de police de Paris est le 27 octobre 1961 directement interpellé par Raymond Bossus au Conseil de Paris. Je me permets de citer ses propos : « « Combien y’a-t-il eu de morts parmi les Algériens, combien de noyés, combien de décès à la suite de coups ? Jour après jour, heure après heure, affluent des témoignages d’Algériens jetés à la Seine. D’autres informations nous sont parvenues : des Algériens ont été tués par balles, frappés à la matraque, à coups de pieds, arrosés à la lance, étranglés. C’est une honte pour le gouvernement gaulliste qui jusqu’à preuve du contraire, est bien l’ordonnateur des actes racistes et criminels de la police. » et il conclut : « la vérité qui éclate aux yeux de tous est que le peuple algérien, ce peuple qui s’est donné un gouvernement - le GPRA - ce peuple, dans son ensemble, veut sa liberté dans l’indépendance ».

Le préfet de police reste de marbre devant cette interpellation.

Quant  au dirigeant du PCF et sénateur communiste Jacques Duclos dans une question orale du 19 octobre 1961 dénonce « cette politique de répression brutale, rappelant par ses méthodes une des périodes les plus tragiques de notre histoire nationale » et « les complaisances scandaleuses dont bénéficient de la part du Gouvernement les factieux, plastiqueurs et criminels de l’OAS. »

Pire encore, dès les premières contestations, le ministre de l’intérieur de l’époque, Roger Frey s’oppose à toute tentative d’enquête, notamment parlementaire.

Les témoignages recueillis par les éditions Maspéro sont saisis chez les brocheurs et des revues comme Vérité-Liberté ou les Temps Modernes sont également saisies. En 1962, les projections du film « Octobre à Paris » de Jacques Panijel sont interdites. Le pouvoir en place puis les pouvoirs qui y succéderont organiseront, autant que ce soit possible, l’oubli.

Il faudra attendre la venue de la gauche au pouvoir pour que le 17 octobre 1981 le journaliste Marcel Trillat diffuse au cours du journal télévisé du soir un reportage à ce sujet et fasse rejaillir dans la mémoire collective ces évènements.

En 1984 c’est le roman de Didier Daeninckx intitulé « Meurtres pour Mémoire » dont l’intrigue entrecroise histoire de la Résistance et histoire du 17 octobre.

Le 17 octobre 1991 il y eut une première manifestation d’ampleur dans le cadre de la commémoration des évènements.

Le 23 septembre 2001 le Conseil de Paris vote la pose d’une plaque commémorative qui deviendra effective le 17 octobre de la même année. La ville de Gennevilliers a inauguré une place 17 octobre 1961 le 19 février 2007.

Le cinquantième anniversaire de ce drame fut une étape plus importante encore dans ce parcours mémoriel. La mobilisation grandit et s’élargit. Seuls les plus réactionnaires donneront de la voix pour déclarer que ces commémorations constituent une « provocation » et qu’il n’était pas question que la France présente ses excuses.

Dans la même veine le maire de Neuilly,  Jean-Christophe Fromantin avait refusé de s'associer aux maires de Nanterre, Argenteuil, Asnières, Gennevilliers, Colombes et d'autres villes pour rendre un hommage aux victimes du massacre du 17 octobre sur le pont de Neuilly. Pour la simple raison qu'il "s'en tient au calendrier des commémorations de l'Etat " et que Neuilly « n'a jamais été associé à ce terrible évènement par le passé ».

Même si à l’instar de « la fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie » - dotée de moyens publics importants et sous la coupe d’associations nostalgiques - nombreux sont encore ceux qui à droite et à l’extrême droite vantent les « aspects positifs de la colonisation » l’idée d’une liberté d’accès aux archives pour tous fait de plus en plus son chemin.

Néanmoins les forces de la réaction n’ont pas tout à fait encore renoncé à leur travail de déni de l’histoire. C’est le cas du Front National, dont les représentants étaient et sont toujours à la pointe de l’abjection sur ce sujet comme sur bien d’autres. Quant au chef de file des députés UMP Christian Jacob a estimé, à propos des déclarations de François Hollande sur la répression "sanglante" de la manifestation d'Algériens à Paris le 17 octobre 1961, qu'il est "intolérable de mettre en cause la police républicaine et avec elle la République tout entière".

En cela il se situe dans la droite ligne, si j’ose dire, d’un Bernard Lafay, pilier s’il en fut, de la mouvance de l’Algérie française qui le 31 octobre 1961 déclara : « Il n’est pas imaginable que le préfet de police – dont on connaît le respect des principes démocratiques ou seulement du droit naturel – ait pu décider sans motifs graves des mesures discriminatoires privant une partie de la population de l’exercice de ses libertés individuelles (…). Protectrice de la population parisienne et aussi, depuis des années, au risque de sa vie, des travailleurs musulmans terrorisés par le FLN, notre police sait qu’elle mérite et qu’elle conserve l’estime de ceux qu’elle défend. Le peuple, le vrai peuple de Paris a compris que son dévouement a su éviter que les incidents aujourd’hui évoqués ne dégénèrent en tragédie. »

Dans l’odieux on peut aussi citer Alex Moskovitch, conseiller municipal gaulliste UNR de Paris qui le 27 octobre 1961, pour défendre une motion de confiance au préfet de police Papon prononça les paroles suivantes : « Tous ces agents de l’ennemi doivent être renvoyés du territoire métropolitain. Voilà deux ans que nous le demandons. Ce qu’il faut ? L’autorisation, et suffisamment de bateaux. Le problème qui consiste à faire couler ces bateaux ne relève pas, hélas, du Conseil municipal de Paris.» La motion est adoptée par la majorité de droite avec 47 voix pour et 30 voix contre.

Le temps est venu d’en finir avec ces propos infâmes à rebours de l’histoire.

En reconnaissant le crime, en faisant la clarté sur les responsabilités, en votant cette proposition de résolution, nous contribuerons à la dignité de la République. Nous apaiserons la douleur de toutes les victimes civiles et militaires, de celle leurs familles, pour redéfinir des relations saines avec le peuple et le gouvernement algériens.

La prise en compte de ce passé participera à une coopération réciproquement avantageuse entre la France et l’Algérie, tant sur le plan culturel qu’économique et scientifique intégrant la question de la libre circulation des personnes qui ont très fréquemment des attaches familiales dans les deux pays.

L’adoption de cette proposition de résolution va en ce sens. C’est pourquoi je vous propose de la voter.

23/10/2012

Le Nouveau Courrier spécial "procès Dogbo Blé" en vente en format PDF

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C'est une édition spéciale que nous avons aimé faire. Elle se structure autour d'un récit principal, très dense, pour l'Histoire. Le journaliste Valery Foungbé raconte, sur cinq pages haletantes, ce qui s'est avéré au fil des jours d'audience, un procès en sorcellerie destiné à condamner à tout prix l'ancien patron de la Garde républicaine, le général Brunot Dogbo Blé, coupable d'avoir été fidèle jusqu'au bout à celui qu'il était chargé, de par la Constitution, de protéger : Laurent Gbagbo.

Ce numéro spécial livre également les résultats surprenants d'une expertise psychiatrique qui montre que le témoin-clé (et assassin revendiqué comme tel), dont les accusations ont servi de base pour condamner Dogbo Blé, peut être considéré comme un exemple de psychopathie, loin de la "normalité" du général attestée par les médecins assermentés auprès des juridictions ivoiriennes. L'avocat de Dogbo Blé révèle quelques aspects de la procédure, le blogueur Claudus Kouadio raconte la "Dogbo-Blé-mania" sur les réseaux sociaux. Le journal, qui s'ouvre sur une introduction de l'auteur de ces lignes, se ferme sur un portrait du "général-Courage". L'homme que le régime Ouattara aime détester.

Pour télécharger ce numéro spécial (1,5 euro), cliquer ici.

18/10/2012

Echanges de coups de feu entre FRCI et inconnus armés à Alépé : ce que dit une dépêche de l'AIP (gouvernementale)

Des échanges de tirs entre des éléments des forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) et des inconnus ont fait au moins un mort, ce jeudi à l’aube, dans le village de Grand-Alépé, situé dans le département d’Alépé (45 km d’Abidjan), a appris l’AIP de sources sécuritaires locales. "Nous avons été réveillés par des tirs très tôt le matin, entre 3 H et 4 H, et c’est après que nous avons appris que des personnes dont nous ignorons la provenance ont été arrêtées dans le village par les FRCI", a déclaré un habitant de Grand-Alépé, Adou Yapi Paulain, joint au téléphone par l’AIP.

Le chef des FRCI basées à Alépé, le Commandant inza dit "Barbu", interrogé dans sa base par l’AIP, a indiqué que l’incident est survenu quand ses éléments en faction à Grand-Alépé ont appréhendé "trois individus munis d’armes de guerre". "Mes éléments ont sommé ces personnes de s’arrêter mais celles-ci ont ouvert le feu sur eux ; après les échanges de tirs, un des assaillants qui a été grièvement atteint est décédé des suites de ses blessures à l’hôpital d’Alépé", a-t-il précisé.

 Ces nouvelles violences surviennent quatre jours après des attaques perpétrées par des inconnus contre les FRCI à Bonoua, ville voisine d’Alépé, qui ont fait deux morts et quatre blessés. Les populations prises de peur ont déserté les rues de la ville. Les cours ont vaqué et, les services publics ainsi que les commerces avaient fermé leurs portes en fin de matinée, a constaté l’AIP.

Voici le fameux rapport des experts de l'ONU que RFI a fait "fuiter"

Le texte du rapport ici. Les commentaires suivront.

17/10/2012

Ghana : l'affaire Katinan s'enlise - nouveau report au 24 octobre 2012 (récit Idriss Ouattara)

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Le juge Ali Baba de la Ama Court n'a pas prononcé ce matin comme il se devait la jonction attendue des 2 affaires. Les débats furent longs. Le juge a demandé au procureur de fournir les preuves du meurtre dont il accuse Katinan Koné. Le procureur répond qu'il n'a pas encore fini ses investigations et qu'il souhaite un report. Le juge proteste contre cette position du procureur. Selon lui on ne peut pas accuser quelqu'un de meurtre et puis mettre autant de temps et de difficultés à apporter les preuves. Pour lui, à partir du moment où vous accusez quelqu'un les preuves doivent être disponibles. Le juge estime par ailleurs que Katinan bénéficie d'un statut de refugie et n'est pas un vulgaire criminel que l’on peut promener comme ça et maintenir longtemps en prison. Le Ghana, précise-t-il, a des règles. Finalement le juge Ali Baba enjoint le procureur d'apporter les preuves dans une semaine au plus tard sinon il libèrera Katinan automatiquement. Il décide de reporter la prochaine audience au 24 octobre 2012.

Apres cette étape nous nous sommes rendus à Osu Court pour informer le juge de la décision de son collègue Ali Baba. Lui aussi n'a pas apprécié la démarche boiteuse du procureur qui fait trainer inutilement cette affaire entre les deux juridictions alors qu'elle aurait dû saisir directement Osu Court sur cette deuxième affaire. Il a décidé de reporter à son tour le procès au 24 octobre en attendant que son collègue Ali Baba, au regard des preuves attendues le 24 octobre, prononce le rattachement des deux affaires au bénéfice de Osu Court.

16/10/2012

Affaire Koné Katinan : les raisons d'un nouveau report d'audience

C'est Idriss Ouattara, leader de la "galaxie patriotique" en exil, qui suit avec minutie la procédure, qui raconte : "Ce matin, le juge Ali Baba, qui a été saisi pour désistement par le procureur  a reporté sa décision de jonction [de la procédure pour "crimes économiques" et de la procédure pour "crimes de sang" lancées l'une après l'autre par le régime d'Abidjan, qui espérait une extradition accélérée avec la seconde]  à demain. Il a donc décidé de reporter à son tour le procès à demain matin juste après la décision de jonction de l'autre Cour de justice."

 

Guy Labertit/Komandant Simi OL : voici le texte de la chanson qui fait le buzz


G. Labertit 
Tes chaudes certitudes
De lendemains vainqueurs
Raniment mon cœur
Amolli
De soixante-huitard
De soixante-huitard bâtard
 
Ce soir d’orage fulgurant
Où de la Bastille à Ivry
Les métros chantaient l’Internationale
Cette nuit tiède et folle d’amour et de vin
Ces semaines légères de Mai quatre-vingt-un
Avaient tissé une  aube grise glaçant les banlieues
Les banlieues incertaines où sourdait la révolte
 
K. Simi OL
Hey !
Gargamel a décidé de schtroumpfer tous les schtroumpfs
C’est pourquoi on a schtroumpfé au Ghana Togo Libéria
Affaire de démocratie
Est devenu escroquerie
Election blaguer-tuer
Election maga-taper
 
Bandit de grand chemin a fini avec braquage de banque
On vient maintenant braquer nos petits pays avec des tanks
Ils ont pris petit africain
Pour faire travail de zinzin
Ils ont fait entrer les Gbogbos
Pour nous donner les Gbangbans
 
 G. Labertit 
Vingt cinq ans ont passé, Chirac et Sarkozy
Ont eu raison de tes rêves de démocratie 
La Côte d’Ivoire est sous tutelle du monde occidental 
La France a imposé le zèle de son  mauvais cheval
 
Les médias bien pensants,
Soumis aux plus puissants
Intérêts d’la finance
Sont entrés dans la danse 
Ils taisent l’Etat de terreur
Glorifient le vainqueur
D’un scrutin bien manipulé
Qui l’a fait gouverneur
D’un pays démantibulé
Géré de l’extérieur
 
K. Simi OL
Hey !
Quand on aura fini de massacrer les sudistes
Que sera la Côte d’Ivoire peuplée de nordistes
Poussés par la dictature à sacrifier leurs frères
Pour être traités comme des esclaves sur leurs propres terres
 
Et quand aura fini de massacrer les Ivoiriens
Que sera la Côte d’Ivoire peuplée de Sahéliens
Engagés par les maîtres blancs à sacrifier leurs frères
Pour être traités comme des baltringues sur les nouvelles terres
 
G. Labertit 
Mais nos chaudes certitudes
De lendemains vainqueurs
Balaient les inquiétudes
De ces temps de douleurs 
L’avenir  appartient
A tous les Ivoiriens
Qui forgeront leur destin
Sans le marteau du voisin,
De l’oncle Sam américain,
Du vieux colon requin….
 
La 1 ère partie du texte écrite par Guy Labertit vers 1984,
inspirée par sa rencontre avec LG, puis la 2 ème partie, en mai 2011, aboutira à une chanson à sonorité blues. Mais finalement arrangée et produite par Komandant Simi Ol, inscrivant 2 nouveaux couplets adaptés au style reggae.   

13/10/2012

"J'accuse Ouattara" désormais disponible en ebook sur Kindle

En deux-trois clics, vous pouvez le recevoir sur votre liseuse Kindle ou sur votre mobile/tablette avec l'application Kindle téléchargeable gratuitement sur Google Play et Appstore. Prix : 7,99 euros.

11/10/2012

Procès Katinan : un témoin raconte l'audience de ce 11 octobre

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Idriss Ouattara, un leader de la "galaxie patriotique" en exil, a pris l'habitude de faire des comptes-rendus des différentes audiences des procès de Justin Koné Katinan. Des comptes-rendus que  confirment généralement ceux des agences de presse. Il raconte pourquoi le juge du tribunal d'Ossu, en renvoyant l'affaire au mardi 16 octobre, a décidé de joindre les deux procédures. L'une porte sur des "crimes économiques" supposés et l'autre sur des allégations de "crimes de sang".

"Il est 9 heures 24 quand Katinan arrive à Osu Court tres décontracté comme d'habitude, escorté par Interpol. Six minutes plus tard le juge fait son entrée dans la salle. Il liquide rapidement sept affaires courantes essentielement des problemes de vols et d'agressions. 

10 heures 45 : le procès tres attendu de la journee s'ouvre enfin. Le procureur informe le juge de l'existence d'une autre affaire pendante devant une autre juridiction avec de nouvelles charges (meurtre de 2 personnes). Pour le juge, même s'il ya 1000 charges contre Katinan, la question centrale demeure l'extradition étant donné que le Ghana ne peut pas connaitre du fond des charges. On ne peut donc pas juger la question de l'extradition séparément dans deux juridictions différentes. Pour une bonne administration de la justice, le juge décide donc de joindre les deux affaires en un seul procès pour le mardi 16 octobre 2012 à Osu Court. Merci monsieur le juge pour cette décision qui nous fait gagner en temps et en efficacité. Haro sur ceux qui voulaient par des manoeuvres dilatoires nous promener dans de longues et inutiles procédures."