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26/09/2012

Le "Club de la Presse" sur la RTI : histoire d'une censure mal ficelée

Tout commence par l'enregistrement, le vendredi 21, de l'émission "Le Club de la Presse", dans les studios de la RTI. Jusqu'ici, tout va bien. L'émission, qui voit débattre des journalistes de différents journaux, est toujours enregistrée le vendredi pour être diffusé le dimanche. Sauf que, cette fois-ci, l'émission ne passe pas. Des "problèmes techniques", nous dit-on. Antoine Assalé Tiémoko, du journal "L'Eléphant déchaîné", se... déchaîne le premier sur Facebook.

antoine assalé.jpg"Ce jour, dimanche 23 septembre, à 18 heures 8 minutes, sur la RTI1, une bande déroulante a annoncé la non diffusion du CLUB DE LA PRESSE pour des "raisons techniques". Interrogé par "L'éléphant Déchaîné", Emmanuel Grattié Lavry, le présentateur de l'émission a déclaré qu'il avait été lui-même informé dans la soirée que l'émission ne sera pas diffusée pour des raisons techniques, sans plus de précisions. En réalité, cette émission, enregistrée le vendredi 21 septembre ne sera jamais diffusée et pas à cause de raisons techniques. Elle a été purement et simplement censurée. 

Il y avait comme invités: Assalé Tiémoko (Directeur général et gérant de l'éléphant Déchaîné"), Saint Claver Oula (rédacteur en chef de le nouveau courrier), Eddy Pehé (directeur de publication de le nouveau réveil), Célestin Gnonzion (enseignant-chercheur, spécialiste de l'éthique de la presse). Les thèmes débattus étaient la rébellion de 2002 (bilan, financement), les rencontres de la CDVR, l'enquête sur la mort de Guéi, la drogue dans les écoles, le conseil des ministres (le code de déontologie des fonctionnaires et agents de l'Etat), l'attaque du commissariat à Port-bouet, la suspension de la sanction contre les journaux bleus. 

Eh bien les vérités qui ont été dites au cours de l'enregistrement de l'émission n'ont pas semble-t-il, fait plaisir en haut lieu. L'émission a été purement et simplement censurée. Ce qui provoque la colère non seulement des invités, mais des autres confrères. Nous courons donc vers un boycott de cette belle émission et donc sa mort prochaine. Car, tant que cette édition du dimanche 23 septembre ne sera pas diffusée, plus personne ne répondra à l'invitation de la RTI. La suite et les détails des propos tenus au cours de l'enregistrement et qui ont provoqué la censure, dans "l'éléphant Déchaîné" du mardi 25 septembre."

Assalé Tiémoko a raison. L'émission n'est pas rediffusée le lundi, comme le veut la tradition. Mais les censeurs étant des personnes "paresseuses", selon l'expression du caricature Issa Nyaphaga, l'émission se retrouve sur le site Internet de la RTI, avant d'être ôtée. Ce qui confirme la thèse de la censure (et renforce l'opprobre sur la direction générale de la RTI), sans pour autant d'être de la moindre efficacité. Puisque l'émission se retrouve, bien entendu, sur Youtube. En trois parties.

Bien entendu, le destin de cette émission est connu. Après Youtube, elle atterrira dans les disques durs et les cartes mémoire des téléphones des Ivoiriens qui auront désormais une idée précise du type de vérités que le régime qui les domine veut leur cacher. Le comble du ridicule et de l'amateurisme !

Alors, forcément, les sarcasmes se déchaînent... Laissons le mot de la fin à Anderson Diédri, reporter au Nouveau Courrier, qui fait un parallèle avec le limogeage fantaisiste de l'ancien directeur général de RTI, Brou Aka Pascal, finalement re-nommé au poste de président du Conseil d'administration de l'institution par le même Alassane Ouattara qui l'avait dégommé.

Anderson Diédri.jpg

"Le directeur général de la RTI Aka Sayé Lazare va-t-il être limogé pour "dysfonctionnement" (...) puisque malgré la "censure" de l'émission "le Club de la presse" dimanche, l'intégralité de l'enregistrement circule aujourd'hui sur Internet ?"

25/09/2012

Lucie Bourthoumieux, avocate de Koné Katinan : "Alassane Ouattara a peut-être raté une carrière de gardien de prison"

lucie bourthoumieux.jpg

Ce 25 septembre au matin, avant l'audience qui a eu lieu au tribunal d'Osu et au cours de laquelle Justin Koné Katinan, le porte-parole du président Laurent Gbagbo a bénéficié d'une mise en liberté sous caution, face à l'incapacité de l'accusation à fournir des documents pertinents - et traduits en anglais - venant d'Abidjan, le quotidien Le Nouveau Courrier publiait une interview de Lucie Bourthoumieux, avocate de Koné Katinan. Extraits. 

Ce que Koné Katinan est allé faire en Afrique du Sud

"Nous y étions dans le cadre des missions traditionnelles du porte-parole, dont la feuille de route est de trouver par tous les moyens le chemin d’une vraie réconciliation en Côte d’Ivoire. Pour qu’enfin les Ivoiriens connaissent, dix ans après le début de la guerre, la paix que le président Gbagbo lui-même n’a eu de cesse de rechercher. C’est dans le cadre de cette mission que nous étions en Afrique du Sud, invités par les plus hautes autorités de cet Etat, pour faire le point, un an et demi après la chute du président Gbagbo, sur la situation politique et sociale en Côte d’Ivoire. Et à partir de là, voir ce que le grand pays qu’est l’Afrique du Sud peut faire pour encourager la paix et la réconciliation en Côte d’Ivoire. (...) L’Afrique du Sud est le seul pays d’Afrique qui fait partie du groupe des BRICS (pays émergents au sein duquel on trouve le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, ndlr). A ce titre, il a un rôle géopolitique certain à jouer en Afrique. L’Afrique du Sud ne peut  pas ne pas s’intéresser à ce qui se passe en Côte d’Ivoire. C’est pour cette raison que nous avons eu droit à un accueil attentif et à une grande écoute lors de nos entretiens. (...) Je pense que tous les pays du monde, l’Afrique du Sud, la France, les Etats-Unis, les pays d’Afrique… pour peu qu’ils veuillent être objectifs, ont conscience que la Côte d’Ivoire est un pays sans Etat. Pensez qu’en 2002, ce pays est attaqué par des déserteurs de l’armée ivoirienne qui se retrouvent dans une partie du pays dont ils font, dit-on, leur fief. On les appelle alors les «comzones». Pensez que ce sont ces mêmes personnes qui, pendant dix ans, ont vécu hors-la-loi, dans une région de non-droit, qui aujourd’hui s’occupent de la sécurité de la Côte d’Ivoire, l’Etat le plus important en termes économiques et financiers de l’Afrique de l’Ouest francophone. Des gens qui ne connaissent ni la notion de l’Etat ni le concept d’Etat de droit ! Je vous laisse faire des déductions sur tout ce que ces pays peuvent penser aujourd’hui. On espérait que malgré cette formidable promotion qu’ils ont eu de Ouattara, ce dernier ferait de la politique, prendrait en compte l’intérêt du peuple ivoirien. Il n’en est rien. Gbagbo représente au moins  la moitié de la population ivoirienne. Et manifestement, cette moitié dérange Alassane Ouattara. Dans ces conditions, je ne connais pas un pays sérieux qui peut regarder la Côte d’Ivoire comme un Etat solide et tourné vers son avenir. La Côte d’Ivoire est un pays sans Etat, fragile, livré aux seigneurs de guerre, qui font leur loi, qui piétinent les lois internationales et la Constitution ivoirienne."

L'affaire Tsikata et les "mensonges" de Ouattara

"l y a une affaire pendante aujourd’hui devant les juridictions ghanéennes. L’affaire Tsikata [du nom de l’homme d’affaires véreux associé à Hamed Bakayoko qui devait servir d’appât pour impliquer les exilés dans un faux complot destiné à les compromettre, ndlr]. Le grand quotidien ghanéen, qui s’appelle Daily Graphic, a parlé de cette affaire en utilisant l’expression «faux coup d’Etat» en Côte d’Ivoire. Si ses journalistes ont pris le risque d’utiliser ce terme, c’est qu’ils ont certainement des éléments concordants qui le leur permettent. Je ne vais pas rentrer dans les détails de l’affaire, mais elle est très troublante et elle montre la façon de faire de M. Alassane Ouattara. Je ne suis pas sûr que les Ivoiriens méritent cela. Mentir de cette manière à son peuple devrait être considéré comme un crime. Figurez-vous que M. Alassane Ouattara se promène avec cette cassette [des enregistrements du Colonel Katé Gnatoa, «l’appât» de Tsikata, ndlr] dont il est le commanditaire comme preuve que le Ghana est une plateforme de déstabilisation de son pays ! Je rappelle que le Ghana est à l’est de la Côte d’Ivoire et tous les troubles que connaît la Côte d’Ivoire sont à l’ouest ! [L’interview a été réalisée avant la troublante attaque de Noé, ndlr]. Au-delà de ce que Koné Katinan et moi avons pu vivre, se pose le problème du type de société qu’Alassane Ouattara propose aux Ivoiriens."

L'enjeu du procès de Katinan

"Koné Katinan a une feuille de route donnée par le président Gbagbo. Un des points de cette feuille de route, c’est de considérer qu’à chaque fois qu’il arrive quelque chose à un responsable de la galaxie pro-Gbagbo, il est essentiel de penser aux autres. Il s’agit de mettre fin, à travers cette affaire, à la terreur psychologique à laquelle Alassane Ouattara soumet les exilés au Ghana. Il s’agit d’amener la justice ghanéenne à statuer, une fois pour toutes, sur cette question d’extradition des réfugiés politiques qui n’est pas possible au regard de la loi. Or la justice a ses propres lois, ses propres lenteurs, ses procédures auxquelles nous nous soumettons. On ne peut pas préjuger d’une décision judiciaire, mais en tant qu’auxiliaire de justice et au regard des textes, je peux vous affirmer que ni la loi ghanéenne ni les conventions qui lient le Ghana ne permettent d’extrader Koné Katinan vers la Côte d’Ivoire. Que Koné Katinan ait un statut de réfugié ou pas. Mais il se trouve qu’il a en plus un statut de réfugié. Koné Katinan ne peut être extradé. Et les autorités ghanéennes en sont conscientes. Il s’agit d’appliquer la loi et rien que la loi."

L'état d'esprit de Koné Katinan, ce qu'il faisait de ses journées à la DST ghanéenne

"Vous savez, Koné Katinan, c’est l’enfant de Gbagbo. Il est serein, déterminé et combatif. Comme le président Gbagbo. Il fait comme son mentor. Il lit beaucoup. Il ne reçoit pas beaucoup pour des raisons de sécurité. Bien entendu, en tant qu’avocate, j’ai la latitude d’entrer en contact avec lui très régulièrement. C’est le droit dans son expression la plus basique."

Les manoeuvres du régime Ouattara

"Je ne travaille pas avec l’équipe de M. Alassane Ouattara. Mais ce que je peux vous dire, c’est que les documents qui m’ont été transmis par l’Etat du Ghana provenant de l’Etat de Côte d’Ivoire étaient des documents en français traduits en anglais. Ce qui s’est passé le 13 septembre, c’est que le gouvernement ghanéen a reçu à la dernière minute – à l’audience, d’ailleurs – des documents venant d’Abidjan. Et au regard de cela, le juge, qui fait bien son travail, a demandé un ajournement pour en prendre connaissance. (...) Ce que je sais, c’est que la procédure inquisitoire a ceci de formidable qu’elle ne permet pas à un tribunal de prendre une décision sur des déclarations. Il faut qu’elles soient documentées avec des éléments de preuves et des éléments physiques, c’est-à-dire des témoins. Nous n’avons pas vu de témoins le 13 septembre. En l’état actuel de la procédure, je n’ai pas encore vu les documents qui ont été versés le 13 septembre à l’audience. Je ne sais pas s’ils étaient en français ou en anglais. C’est quand je les verrai que je pourrai dire si des éléments de preuve ont été constitués. Mais je peux vous dire que nous restons très curieux des éléments de preuves dont M. Alassane Ouattara peut bien se prévaloir. Je rappelle tout de même que l’on parle, en ce qui concerne la BCEAO, de 300 milliards de FCFA qui auraient été dérobés ! Il faut, bien entendu, mettre cela en parallèle avec le fait que de décembre à mars, l’Etat de Côte d’Ivoire a fait face à ses engagements… Les fonctionnaires ont été payés. Je n’ai pas souvenir qu’une fois au pouvoir, Ouattara ait payé les salaires de ces mois aux fonctionnaires…"

Propos recueillis par Grégory Protche (Le Gri-Gri International) et Théophile Kouamouo (Le Nouveau Courrier)

Liberté sous caution accordée à Koné Katinan : un témoin oculaire raconte

Leader de la galaxie patriotique ivoirienne en exil, Idriss Ouattara se fait un devoir d'assister à toutes les audiences dans le cadre du procès de Justin Koné Katinan, porte-parole du président Laurent Gbagbo dont le régime d'Alassane Ouattara n'a de cesse de demander l'extradition. Il raconte l'audience d'aujourd'hui, et explique dans quelles conditions le ministre du Budget du gouvernement Aké N'Gbo a obtenu la mise en liberté sous cautiondu juge ghanéen Aboagye Tandoh.

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24/09/2012

Michel Gbagbo, prisonnier politique, a 43 ans aujourd'hui - Le message vidéo émouvant de sa mère

22/09/2012

Attaque de Noé : le politologue Michel Galy n'exclut pas une manipulation du régime Ouattara (Sur Radio Vatican)


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Comment les pro-Ouattara attaquent le Ghana sur les réseaux sociaux (Storify)

Le discours du ministre Koffi Koffi annonçant la fermeture de toutes les frontières avec le Ghana (audio)

Les commentaires de fond... c'est pour le fun...
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21/09/2012

Et si l'innovation commençait par la copie ?, le cas de la Chine

J'ai beaucoup aimé la dernière chronique de Francis Pisani dans L'Atelier des médias. Son "tour du monde" qu'il a engagé depuis plus d'un an l'a conduit en Chine. Où il nous donne à voir une galaxie numérique bien plus innovatrice que l'on s'imagine, dans la mesure où nous assimilons un peu trop facilement l'Empire du milieu à la copie et uniquement à la copie. Oui, les Chinois ont commencé par copier. Mais ils sont passés à une nouvelle étape, et innovent de manière radicale. L'exemple de leur "LinkedIn" à eux, qui passe essentiellement par le mobile, et permet de scanner les cartes de visite de ceux que l'on rencontre dans le cadre professionnel, est très intéressant.

Et si les Africains commençaient d'abord par imiter "bêtement", au lieu de crier à la "chinoiserie", de se moquer des produits "chinetocs", dans une frénésie uniquement consommatrice où le snobisme et les complexes se battent en duel ? Bref. Ecoutez, pour ceux qui le veulent, la chronique de Francis Pisani.

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19/09/2012

La mort, au bout du portable, du chanteur Marcellin Yacé

Mon premier article sur la longue guerre ivoirienne, paru à la "Une" du Monde daté du 21 septembre 2002. La dernière phrase, "pourquoi les autres ?", n'est pas de moi. Mais sans doute de mon supérieur qui n'approuvait sans doute pas mon parti pris émotionnel...

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Les mélomanes ivoiriens ont l'oreille reconnaissante : ils pleurent Marcellin Yacé, célèbre chef d'orchestre et chanteur d'Abidjan, "arrangeur" d'une multitude de tubes locaux sur lesquels ils aiment tant danser, et victime innocente du coup d'Etat manqué du 19 septembre. "Parmi tous ces décès, c'est celui qui me fait le plus mal", confie Basile, atterré. En cette matinée de vendredi, à la cité des arts de Cocody, un quartier résidentiel d'Abidjan, l'attroupement s'est formé autour du carrefour où il est mort, jeudi à l'aube. Une sorte de pèlerinage, effectué par ceux qui aimaient ses sons et son sourire, et commencé dès que la circulation est redevenue possible dans une capitale économique désormais entièrement maîtrisée par les forces loyales au président Laurent Gbagbo. La voix cassée, son oncle Guy raconte. "A quatre heures du matin, son épouse, qui lui avait demandé de rentrer à la maison, a appelé sur son téléphone portable. Quand il lui a dit où il était, elle lui a demandé s'il n'y entendait pas les tirs. Il s'est vite retrouvé devant les assaillants. Il lui a donc répondu qu'ils étaient devant lui. Puis elle a entendu de très forts bruits, des coups de feu. Puis, plus rien du tout..." Les habitants du quartier, celui de l'enfance de Marcellin, où se trouve sa "cour familiale" et où il possède un studio d'enregistrement, sont en deuil. "Il est sorti de sa voiture en se traînant, gémissant, jusqu'à six heures. Il a frappé à plusieurs portes, toutes verrouillées. On ne savait pas que c'était lui !" La cité des arts est l'un des quartiers d'Abidjan où les combats entre assaillants et forces loyales au gouvernement, stationnées dans un camp proche de la gendarmerie, ont été les plus violents : des amulettes et des gris-gris jetés par terre, ainsi que des grosses flaques de sang, sur le sol et sur les murs, en témoignent. Des impacts de balles défigurent un centre commercial. Dans la courte rue allant du camp de gendarmerie à l'école des arts, treize cadavres ont été dénombrés. Deux palmiers situés devant une résidence, où les mutins auraient tenté de se retrancher, ont été effeuillés par le feu nourri. Pas très loin, un petit entrepôt de bois, ouvert – et vidé – a été criblé de balles. "C'était le lieu de repli des assaillants, qui étaient tous en civil. Ils ont tué le gardien qui, toute la nuit, n'avait cessé de pleurer et de supplier", raconte Marie, une jeune femme du quartier. Les amis de Marcellin ne veulent pas croire qu'on ait voulu lui faire du mal volontairement, lui qui faisait danser tout le monde, toutes tendances politiques et ethniques confondues. "Peut-être qu'ils ne l'ont pas reconnu. Peut-être qu'ils n'étaient pas Ivoiriens... Ils parlaient à peine français", conclut, un peu rapidement, Marie. Un riverain raconte comment les mutins sont arrivés, avant le petit matin. "Ils étaient plusieurs dizaines, ils sont venus à bord de gbaka", des minibus de transport collectif. Mais on revient vite au triste destin de Marcellin, le "martyr". La colère se dessine sur les visages, sans qu'on sache sur quoi elle peut déboucher. "Pourquoi lui ?", n'arrête-t-on pas de répéter. Pourquoi les autres ?

17/09/2012

Un documentaire de la télévision publique italienne dénonce l'action de la France en Côte d'Ivoire (version sous-titrée en français)

09:18 Publié dans Vidéo | Lien permanent | Commentaires (0)