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13/06/2014

Les charges confirmées contre Gbagbo - L'intégralité des arguments de la juge belge qui a dit non

 

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Au sein de la rédaction du « Nouveau Courrier », nous avons voulu traduire pour nos lecteurs la totalité de l'opinion dissidente de la juge belge Christine Van den Wyngaert sur l'affaire qui oppose Fatou Bensouda à Laurent Gbagbo. Ses propos sont frappés au coin du bon sens juridique, et le fait que son argumentaire n'ait pas été suivi par ses collègues montre bien qu'il ne s'agissait pas, dans le cas d'espèce, de s'en tenir à la logique judiciaire dans toute sa rationalité. Un document pour l'Histoire.

 

 

 

  1. Je suis dans l'incapacité de suivre mes collègues quant à leur décision de confirmer les charges contre Laurent Gbagbo sur la base de l'article 25(3)(a),(b) et (d). Pour les raisons explicitées dans cette opinion, je suis d'avis que les preuves restent insuffisantes.

  2. Il y a une augmentation quantitative considérable des preuves soumises par le procureur depuis l'ajournement du 3 juin de l'année dernière. Les différents incidents soutenant l'accusation de crimes contre l'humanité sont désormais mieux soutenus par des preuves. Cependant, en dépit de la demande visant à obtenir plus d'informations et de meilleurs informations sur le nombre de victimes en relation avec les incidents supposés, le problème précédement identifié concernant le recours aux ouï-dire anonymes demeure.

 

  1. Plus important, je ne suis pas convaincue que le procureur a prouvé les modes de responsabilités alternatifs qui sont considés dans le Document amendé contenant les charges. Je n'ai aucune objection de principe quant à confirmer les modes de responsabilité alternatifs. Au contraire, si les modes de responsabilité alternés sont soutenus par des preuves, ils doivent être appliqués aussi vite que possible dans les procédures, si possible lors de la confirmation. Ce qui évite l'application de la régulation 55 à des moments tardifs de la procédure.

  2. Toutefois, les charges doivent seulement être confirmées si les preuves ont des chances réalistes de convaincre au delà du doute raisonnable. Je suis, bien sûr, consciente de ce que les standards applicables pour une confirmation sont bien plus bas que lors d'un procès. Lors de l'étape de la confirmation, le procureur peut même bénéficier du bénéfice du doute quand les questions relatives à la crédibilité de certains témoins ou à la valeur probante de documents en particulier. Toutefois, il doit exister une base de preuve suffisante pour convaincre de ce que ces questions seront résolues par le procureur durant le procès. S'il est clair que, si la preuve est considérée à son niveau maximal, des doutes substantiels sur son caractère suffisant demeurent, on ne peut pas confirmer les charges. En me basant sur ma compréhension de cela, je suis d'avis que les preuves à l'appui des charges sous l'article 25 (3)(a),(b) et (d) tombent en dessous des seuils de l'article 61(7) du Statut.

  3. En ce qui concerne les accusations en vertu de l'article 25 (3) (a), je ne suis pas convaincue par les éléments de preuve disponibles qu'il existe des motifs substantiels de croire que le plan commun présumé de maintenir Laurent Gbagbo au pouvoir soit explicitement

    ou implicitement la cause de la commission de crimes contre des civils pro-Ouattara . Il n'existe aucune preuve convaincante, à mon avis, qui montrent que Laurent Gbagbo s'est entendu à un quelconque moment avec son supposé « cercle rapproché » pour commettre des crimes contre des civils innocents. Par conséquent, je ne suis pas convaincue qu'il y avait un effort délibéré de la part de Laurent Gbagbo et de son « cercle rapproché » en vue de préparer mentalement et matériellement ses partisans à commettre des crimes contre des civils. Par exemple, je ne partage pas l'interprétation de mes collègues sur le fait que le discours de Gbagbo à Divo le 27 août 2010 a été un signal faisant comprendre à ses partisans qu'ils seraient autorisés à commettre des crimes contre des civils pro-Ouattara en toute impunité. Je ne crois pas non plus qu'il était prévisible que le meurtre et le viol de civils auraient lieu dans le cours normal des événements.

    Les données disponibles sur un nombre d'incidents violents isolés commis par

    les partisans de Laurent Gbagbo dans les années précédentes ne suffisent pas, à mon avis, pour montrer que Laurent Gbagbo savait que les FDS et/ou ses autres partisans auraient inévitablement commis des crimes contre des civils pro-Ouattara.

  4. En outre, les preuves disponibles ne m'ont pas convaincu qu'il y a des motifs substantiels de croire que Laurent Gbagbo, seul ou de concert avec un ou plusieurs membres du «cercle rapproché» présumé, a utilisé les forces à sa

    disposition pour commettre intentionnellement des crimes contre des civils. Il n'y a pas de preuve spécifique sur un quelconque ordre ou une instruction émanant de Laurent Gbagbo à cet effet, pas plus qu'un ordre ou une instruction qui puisse être déduite d'autres éléments de preuves disponibles, à mon avis. En particulier, je ne crois pas qu'il soit possible de déduire du fait que Laurent Gbagbo a interdit la marche sur la RTI, qu'il a implicitement chargé les forces impliquées dans la répression de commettre des crimes contre des protestataires civils pacifiques. De la même manière, je ne vois pas comment le déploiement de forces armées à Abobo, qui a impliqué une possible utilisation de mortiers, peut être interprété comme une instruction d'utiliser ces armes contre des civils. Il est important de garder à l'esprit, à cet égard, que l'armée a été déployée afin de lutter contre un groupe d'insurgés lourdement armés

    et que la pratique régulière application de la loi (police, gendarmerie) n'était plus en mesure de gérer la situation. Bien qu'il puisse être soutenu que par l'envoi d'unités militaires dans une zone civile densément peuplée, Laurent Gbagbo a créé et accepté un risque que des civils innocents pourraient être blessés (c.-à-dol éventuel), cela n'est pas suffisant pour conclure qu'il activement incité ces troupes à prendre délibérément des civils pour cibles. Je suis donc dans l'incapacité de considérer Laurent Gbagbo comme un auteur indirect au sens de l'article 25 (3) (a).

  5. En ce qui concerne les charges visées à l'article 25 (3) (b), comme viens de mentionner, je ne vois pas suffisamment de preuves pour conclure que Laurent Gbagbo aurait ordonné ou autrement délibérément incité la commission de l'un des crimes contre les civils. En termes d'incitation implicite, sur la base du éléments de preuve concernant des discours publics de Laurent Gbagbo et ses prétendues instructions et déclarations adressées aux membres des FDS ou au « cercle rapproché », je ne suis pas convaincu qu'ils montrent un effort délibéré, de la part de Laurent Gbagbo, d'inciter ou de préparer mentalement ses partisans à commettre des crimes contre les civils, et encore moins qu'ils aient eu un tel effet direct.

  6. En ce qui concerne les accusations en vertu de l'article 25 (3) (d), je ne peux pas me joindre à mes collègues pour confirmer [les charges, ndlr], parce que je ne vois pas de preuves suffisantes de l'existence d'un groupe de personnes agissant dans un but commun. Le document amendé contenant les charges ne fournit aucune indication précise quant à la composition d'un tel groupe. En effet, étant donné que personne ne soutenir que tous les membres des FDS, tous les mercenaires, tous les membres des milices et tous les groupes de jeunesse constituaient un large « groupe agissant dans un objectif commun », il est nécessaire de savoir qui a appartenu à ces groupes agissant avec un objectif commun.

  7. La décision de confirmation estime que les éléments de preuve démontrent suffisamment que «les membres des forces pro-Gbagbo » conduits par Laurent

    Gbagbo et le cercle rapproché constituent un groupe au sens de l'article 25 (3) (d) du Statut. Alors que je suis d'accord sur le fait qu'il n'est pas nécessaire d'identifier chaque membre du groupe et que la composition du « groupe agissant avec un but commun » peut, dans une certaine mesure, changer au fil du temps, je ne pense pas qu'il soit permis d'inclure dans le « groupe » des personnes qui n'ont jamais eu, et encore moins partagé, l'intention de commettre des crimes contre des civils. Cela fait suite au fait que, comme cela a été indiqué dans les cas précédents, afin d'avoir un groupe agissant dans un but commun au sens de l'article 25 (3) (d), il est nécessaire de montrer que tous les membres du groupe avaient le même état d'esprit, comme cela est requis dans les cas de co-action selon un plan commun au sens de l'article 25 (3)(a). En conséquence, seules les personnes qui ont accepté de maintenir Laurent Gbagbo au pouvoir à tous les coûts et de commettre des crimes contre les civils dans le but d'atteindre cet objectif, peuvent être considérés comme appartenant au groupe agissait avec un but commun. Bien qu'il soit probable qu'il y avait un certain nombre d'acteurs de bas niveau hiérarchique qui étaient prêts à commettre des crimes contre des civils au nom de Laurent Gbagbo, je pense pas que des éléments de preuve substantiels donnent des raisons de croire qu'ils constituaient un ou plusieurs groupes agissant avec un objectif commun, parce qu'il n'y avait aucune preuve d'un accord mutuel entre eux. En tout cas, le procureur ne fournit aucun argument clair et ne pointe pas des preuves spécifiques concernant le contour et la composition du prétendu « groupe agissant dans un but commun. »

  8. En outre, à supposer même qu'il existait un ou plusieurs «groupe(s) agissant avec un objectif commun », je ne parviendrais toujours pas à voir assez de preuves des contributions présumées de Laurent Gbagbo en connaissance de l'intention criminelle de la part du groupe présumé. Beaucoup de prétendues

    contributions, par exemple les achats d'armes présumés ou l'argent qui aurait été transféré à plusieurs organisations pro-Gbagbo, sont soit trop insignifiantes ou n'ont pas de lien évident avec les crimes allégués contre des civils. Un facteur pertinent à cet égard est que le régime Gbagbo faisait face à un adversaire puissamment militarisé dans plusieurs régions du pays, y compris Abidjan. L'achat et la distribution des armes a donc probablement été liée à l'imminence / escalade des hostilités armées.

  9. Enfin, dans la mesure où les accusations en vertu de l'article 28 du Statut sont concernées, je considère les éléments de preuve plutôt ambigus. Il est clair, de

    mon point de vue, que Laurent Gbagbo savait que des civils étaient lésés par

    certaines unités des FDS et par d'autres groupes armés qui lui sont fidèles. (…) Il existe des preuves montrant que le gouvernement putatif de Laurent Gbagbo

    a pris un certain nombre de mesures pour que les crimes allégués fassent l'objet d'enquêtes et soient poursuivis. Toutefois, l'efficacité de ces mesures en vue de prévenir ou réprimer la commission d'autres crimes – ou même d'enquêter et de poursuivre les auteurs de celles déjà commises – dépendait dans une large mesure de la réponse à une question. Étaient-ils de véritables efforts pour arrêter et/ou sanctionner la violence contre les civils ? Cette question ne peut être résolue à ce stade de la procédure. En conséquence, étant donné que des doutes à l'étape de confirmation ne doivent pas fonctionner automatiquement contre le Procureur, j'aurais pu, en principe, envisager de confirmer des charges sur la base de l'article 28. Toutefois, je tiens seulement à confirmer des crimes qui ont été supposément commis par des membres des FDS ou par des miliciens et mercenaires opérant dans la structure de commandement des FDS. En ce qui concerne les crimes qui auraient été commis par d'autres groupes armés pro-Gbagbo, qui opéraient en dehors de la structure de commandement des FDS, je ne suis pas convaincu par les preuves disponibles qu'il y a des motifs substantiels de croire que les membres de ces groupes peuvent être considérés comme « des subordonnés placés sous l'autorité effective [de Laurent Gbagbo] et [son] contrôle » au sens de l'article 28 (b) du Statut.

  10. En conclusion, je tiens à dire très clairement que, bien que je ne suis pas convaincue que les éléments de preuve versés au dossier suffisent pour traduire Laurent Gbagbo en justice pour les accusations en vertu de l'article 25 (3) (a), (b) et (d), je ne nient pas que des crimes horriblesont été commis contre des civils par les forces fidèles à Laurent Gbagbo. Cependant, en tant que juge de la Chambre de la Cour préliminaire, il est de mon devoir d'évaluer si les poursuites contre Laurent Gbagbo, telles que formulées par la Procureure dans le document amendé contenant les charges, sont suffisamment fortes pour aller au procès. C'est mon opinion réfléchie que, dans la mesure où les articles 25 (3) (a), (b) et (d) sont concernés, elles ne le sont pas.

 

Traduit par Benjamin Silué

 

12/05/2014

Ahoua Don Mello, porte-parole de Gbagbo pendant la guerre, fait des révélations sur la chaîne de TV camerounaise Equinoxe

28/02/2014

Centrafrique : selon un journaliste français, Bozizé a été lâché par la France pour s'être rapproché de la Chine et de l'Afrique du Sud

Il s'appelle Juan Branco, est journaliste free lance (collabore notamment aux Inrockuptibles) et chercheur à l'Université de Yale aux Etats-Unis. Lors d'une émission publiée sur le site d'Arrêt sur images (accessible uniquement aux abonnés), il s'est appesanti sur les enjeux économiques et géostratégiques de la crise en République centrafricaine. Où l'on "aperçoit" une banque d'affaires française manifestement puissante au sein des médias hexagonaux qui signe un contrat  de renégociation de la dette sommaire à la va-vite avec le putschiste Michel Djotodia avant qu'il s'en aille ; une ONG qui est en réalité le faux nez d'une multinationale minière canadienne sans scrupules ; des Sud-Africains qui s'immiscent dans le pré carré sous Bozizé, créature françafricaine devenue incontrôlable, en encadrant la Garde républicaine locale et suscitent l'ire de Paris ; des Chinois qui raflent des contrats pétroliers sous le même Bozizé ; Total et Areva en embuscade.

Je me suis permis de "capturer" six minutes de cette émission passionnante pour des raisons d'intérêt général, et je m'en excuse d'avance auprès de l'équipe d'Arrêt Sur Images. Le son et l'image de la vidéo publiée à la fin de ce post sont de mauvaise qualité. Celui qui veut mieux... eh bien, qu'il s'abonne !

26/02/2014

Crise centrafricaine : un diplomate sud-africain fait des révélations et s'en prend à la CEMAC

Ce sont des propos tenus à l'occasion d'une interview vidéo accordée au portail en ligne ivoirien L'Infodrome par l'ambassadeur sud-africain à Abidjan, Vusi Sindane. A la faveur de cet entretien, le diplomate dégaine et tient des propos qui révèlent l'atmosphère de franche discorde qui règne au sein de l'Union africaine, notamment entre son pays et les nations membres de la CEMAC, qu'il accuse de manière fort peu voilée d'avoir été les complices des attaques de la Séléka contre les troupes de son pays positionnées en Afrique, et dont il affirme qu'ils se sont débrouillés pour remettre le destin de la Centrafrique à des mains extérieures au continent. Avec le peu de succès que l'on sait. Ses propos devraient normalement avoir une certaine résonance en Europe, plus particulièrement en France. En effet, ils viennent en soutien à la thèse selon laquelle Paris, qui feint d'aller jouer les gendarmes de la paix à son corps défendant, encourage ses alliés "francophones" à "saboter" la mise en place de "solutions africaines aux problèmes africains". Ce qui revient, finalement, à faire payer le contribuable français, qui dépense son argent dans des expéditions néocoloniales.

Extraits.

- "L'Afrique du Sud était présente en Centrafrique depuis plus de dix ans. Elle a reçu mandat d'y aller pour aider le gouvernement qui était là-bas. (...) Jusqu'à ce fameux événement où les événements de la Séléka sont rentrés en très grand nombre. Ils ont attaqué la position sud-africaine. (...) Naturellement, le nombre a fait qu'ils ont pu surprendre cette position sud-africaine. Nous avons perdu environ 15 soldats. Mais vous avez sans doute lu les vrais rapports : la Séléka a perdu des centaines d'éléments pendant ces combats. Cet événement a poussé le gouvernement sud-africain à se réunir en urgence et à en référer à l'UA avec une proposition : avec ce qui se passe, mieux vaut renforcer la présence sud-africaine sur le terrain pour éviter certaines choses (...) Les soi-disant dirigeants de cette partie de l'Afrique se sont réunis et ont dit aux Sud-Africains : "non, non, à partir de maintenant, nous on peut". Parce qu'ils pensaient avoir des soutiens hors du continent. L'Afrique du Sud en a référé à son gouvernement et à l'UA et elle a retiré le peu de troupes qui était là. Elle n'a pas eu l'autorisation d'augmenter ses troupes pour avoir une présence plus importante. (...)

Vous connaissez la suite. Ces mêmes dirigeants sont allés reconnaître une rébellion contre les textes de l'organisation qui commande tout le continent. Le dirigeant de cette rébellion qui a attaqué est devenu un dirigeant transitionnel. Aujourd'hui, les résultats sont là. Les chrétiens sont attaqués, les musulmans sont attaqués. (...) 

Il ne s'agit pas pour les Sud-Africains de venir s'imposer en tant que puissance. Ce n'est pas une façon d'agir quand il y a des lois (...) Un pays ne s'impose pas aux autres. Les pays travaillent dans le cadre de l'Union africaine. C'est quand l'Union africaine dit "faites ceci", que nous le faisons. Nous ne faisons pas au-delà."

03/02/2014

Enorme jurisprudence - Sous Ouattara, la justice ivoirienne admet la "légitimité" de l'administration Gbagbo durant la guerre post-électorale

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La joie des proches des dix ex-responsables de la Police ivoirienne, acquittés hier alors qu'ils étaient jugés pour "violation de consignes" après avoir bénéficié d'un non-lieu concernant des accusations aussi diverses qu'originales (viol, vol, atteinte à la sûreté de l'Etat) est naturellement compréhensible.

Mais, alors qu'ils célébraient qui leur père, qui leur époux, qui leur ami éloigné d'eux pendant près de trois ans, se rendaient-ils compte de la force de la JURISPRUDENCE que représente ce verdict libérateur ? En effet, si le tribunal a déclaré "à l'unanimité" les prévenus non coupables pour "délit non établi", le parquet militaire - qui représentait dans le prétoire ce pouvoir là même qui a jeté ces hommes en prison aussi longtemps - a estimé que les accusés ont "agi sous les ordres d'une hiérarchie légitime".

Le pouvoir Ouattara dit donc, très clairement et de manière très officielle, que de décembre 2010 à avril 2011, l'administration Gbagbo était "légitime". Cela signifie par voie de conséquence que tous ceux qui ont été persécutés pour avoir obéi aux ordres de cette administration n'ont rien fait de mal. Alors que leur statut de prisonniers politiques est désormais gravé dans le marbre de l'Histoire grâce à cet aveu judiciaire, ils devraient en toute logique - mais il n'y a rien de logique dans toute cette histoire - être dédommagés. Et tous ceux qui se trouvent encore en prison pour avoir suivi Gbagbo plutôt que Ouattara devraient déjà être en train de faire leur paquetage et de préparer leur libération !

Il ne sera donc plus possible en Côte d'Ivoire - vu que l'Accusation, qui semble être tombée sur son chemin de Damas, ne fera en toute logique pas appel - d'interdire des journaux parce qu'ils écriront qu'Aké N'Gbo a été Premier ministre... par exemple.

Si on veut suivre la logique que nous suggère à la fois le juge et le procureur militaire, Alassane Ouattara a bel et bien perpétré un coup d'Etat le 11 avril 2011 vu que juste avant, "une hiérarchie légitime" était en place.

Mais il ne faut pas, n'est-ce pas, trop énerver ceux qui sont déjà "embrouillés" entre leurs concepts juridiques foireux, leur sadisme revanchard et les nombreuses pressions du "maître", qui fixe visiblement ses conditions avant de venir à Abidjan inspecter son "dominion" sans que cela ne nuise trop à son image.

 

 

28/12/2013

Charles Onana parle de ses investigations sur la crise ivoirienne avec Nicoletta Fagiolo

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04/08/2013

Don't cry mama Simone de Komandant Simi Ol

La "note d'intention" de l'artiste

Chanson en hommage à Simone Gbagbo, "précieux" outil de communication du mouvement international de soutien à l'ex-première dame de la République de Côte d’Ivoire devenue l’incarnation historique de la femme Africaine humiliée et souillée par les ardeurs colonialistes intergénérationnelles et multiformes.

Nous voulons synchroniser l’indignation collective face à l’impunité séculaire d’un pouvoir délibéré de souillure, par conséquent de destruction psychologique et de soumission de la femme noire, au péril de la souveraineté des nations Nègres du passé, du présent et du futur.

Nous voulons renforcer la respectabilité de l’image de la femme Africaine, matrice des ressources humaines de l’Afrique, face aux grands défis futurs.

Nous voulons lancer un signal d’alerte au vu des menaces de destruction psychologique systématique et de déshumanisation de la femme Africaine par les crimes, les viols et la paupérisation liées aux programmes de guerres formatées par l’expansionnisme néo-colonial de l’occident en Afrique.

Enfin nous voulons conforter la force, le courage et la générosité de la femme Africaine dans ses perspectives d’actions de survie, de résistance et de développement, aux travers des péripéties historiques d’une Afrique en proie à la tragédie permanente.


Le texte de la chanson

MAMA SIMONE DON'T CRY :

The guns will soon aim another skyline
Babylon system is close to the decline
Every little thing gonna pretty soon be fine

Your dream gonna be reality
We’ll get back to sovereignty
By the Most-high Africa gonna be free

I know all the troubles you’ve been through
That’s why I am here to tell you

Refrain
Don’t cry no Mama Simone no no don’t cry
Colors of the rainbow blooming up in the sky
Express reasons for your weeping eyes to get dry
Don’t cry no Mama Simone no more rivers to cry
I can see brighter days up in the sky
And I really bet ya my words ain’t no lie
Don’t cry Wo hoow Mama Simone

Troubles and pains of yesterday
Will just be blown so faraway
Lord knows some of them gonna have to pay

Earning years of disastrous crops
They gonna shed those boiling teardrops
In reaction of their dark devilish jobs

I know your nights have reached confines of despair
But I say no more troubles to bear

02/08/2013

En Côte d'Ivoire, une croissance artificielle portée par l'endettement

La propagande intense sur la croissance ivoirienne "à presque deux chiffres" doit forcément être relativisée. Et pour cause : la production du pays stagne, et ce sont surtout ses importations, dopées par des financements extérieurs inédits, qui "fabriquent" une activité aux bases fragiles. Quelques données qui font réfléchir.

- Entre 2011 et 2012, le secteur primaire (agriculture, pêche, sylviculture, élevage) a crû de 0,1%, ce qui signifie qu'il a stagné. Le secteur secondaire (industrie, mines, énergie, BTP) a été en baisse (-3,74%). Seul les secteurs des services et des impôts indirects ont crû (16% et 14%). Comme le montre le tableau ci-dessous.


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- La "croissance" ivoirienne est aussi caractérisée par une détérioration inédite de sa balance commerciale, historiquement excédentaire pour le premier producteur mondial de cacao, et premier producteur africain de café et d'anacarde. Pour la première fois depuis très longtemps, la Côte d'Ivoire importe plus qu'elle exporte. Le tableau qui suit permet de montrer un appareil productif grippé. Les exportations de biens se contractent (-1,5%), alors que les importations de biens augmentent de 45,8%.

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Avec quoi la Côte d'Ivoire achète-t-elle frénétiquement des biens à l'étranger ? Avec de l'endettement, pardi. Entre 2011 (huit mois de régime Ouattara) et 2012 (année pleine), les financements extérieurs ont culminé à près de 1000 milliards de FCFA. Plus précisément, pendant les années Gbagbo, les financements extérieurs ont représenté en moyenne par an 76,91 milliards de FCFA. Sous Ouattara, ils représentent jusqu'ici 478 milliards de FCFA annuels. Soit six fois plus. Comme le montre ce graphique que j'ai réalisé sur la base de données de la BCEAO.

L'endettement actuel de la Côte d'Ivoire permettra-t-il de doper de manière prodigieuse la production agricole et industrielle dans les années qui viennent ? C'est à cette seule condition qu'il sera soutenable et ne créera pas des hausses d'impôts (ou plus sûrement "la grande braderie" du patrimoine de l'Etat et de la Nation) demain. Il est en tout cas permis d'en douter.

- Les données de la BCEAO nous indiquent qu'entre 2011 et 2012, les "salaires et traitements" des fonctionnaires sont passés de 720 milliards de FCFA à 940 milliards de FCFA (soit 30%), alors qu'il n'y a pas eu de hausse significative officielle des rémunérations des agents de l'Etat et que les recrutements ont été officiellement quasi-gelés. S'agit-il du coût de l'insertion des ex-rebelles dans les fichiers de la paie publique ? S'agit-il de détournement de fonds publics déguisés ? En tout cas, cette augmentation représente, à elle seule, la moitié des financements extérieurs octroyés à l'Etat de Côte d'Ivoire en 2012.

- Les marchés de gré à gré ont représenté 60% de l'ensemble des marchés approuvés en 2012, ce qui a fait paniquer observateurs et bailleurs de fonds. En effet, le phénomène est inédit dans l'histoire récente de la Côte d'Ivoire.

- Les scandales financiers se multiplient au point que l'ambassade de France s'est vu obligée d'envoyer un rapport circonstancié au ministère de l'Economie et des Finances à Paris et que le "cas ivoirien" a été évoqué par la multinationale pétrolière Chevron au Congrès américain. Comme l'indiquait récemment Jeune Afrique, hebdomadaire dont les dirigeants entretiennent des relations privées très poussées avec le couple Ouattara...

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25/07/2013

Affaire "Kapa" - les Magic System ont bel et bien volé Poignon - voici la preuve

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C'est l'affaire qui déchire la planète zouglou en Côte d'Ivoire. Et elle illustre le rapport spécial de certains Africains contemporains aux droits d'auteur, quand il s'agit de ceux d'autres Africains. Le zouglouman Poignon se plaint depuis un certain temps de ce que le groupe à succès Magic System - sa chanson "Même Pas Fatigué", faite avec Rhaled, est celle qui a généré le plus de revenus en France en 2010, selon la SACEM - a repris sa chanson "Kapa" sans lui verser de droits.

Pour se défendre, Traoré Salif dit Asalfo utilise des arguments assez spécieux pour un artiste qui évolue en Occident et connait sur le bout des doigts les droits des artistes. Oui, reconnait-il, son groupe a interprété la chanson "Kapa" de Poignon mais c'était avec son autorisation et pour "honorer un aîné du zouglou".

Poignon ne l'entend pas de cette oreille bien sûr. "Ce sont des bêtises quand A’salfo dit qu’il m’a parlé avant de reprendre le morceau ‘’Kappa’’. C’est de la mauvaise foi ! Sinon ça veut dire quoi, on se voit à Abidjan ? C’est la deuxième fois que le groupe Magic System reprend mes chansons et ne me reverse rien", a-t-il dit au site Africatime.

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Ce jeudi 25 juillet, le BURIDA (Bureau ivoirien des droits d'auteur) doit se réunir pour entendre Poignon et ses revendications. D'ores et déjà, il est évident qu'Asalfo ment quand il dit qu'il ignorait que les droits de la chanson n'avaient pas été reversés à Poignon. Et pour cause. En allant fureter dans la base de données de la SACEM, bureau des droits d'auteur français, j'ai constaté que le groupe Magic System s'est volontairement attribué la paternité de la chanson de Poignon. Ils ont volé sciemment celui qu'ils disent avoir voulu honorer. Adama Fanny dit "Manadja" s'est déclaré auteur-compositeur de Kapa, et touche indûment les droits liés à cette chanson, comme on peut le voir en regardant la capture d'écran qui suit et en cliquant sur le lien qui suit : http://www.sacem.fr/oeuvres/oeuvre/rechercheOeuvre.do?tit...

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Où l'on voit que derrière les propos grandiloquents sur le linge sale qui se lave en famille chez les zougloumen, ceux qui ont la chance d'avoir une carrière internationale ne se gênent pas pour voler ceux qui restent au pays et qui tirent le diable par la queue.

Au fait, voici la chanson par laquelle le scandale arriva, version Magic System et version Poignon...

«Ce sont des bêtises quand A’salfo dit qu’il m’a parlé avant de reprendre le morceau ‘’Kappa’’. C’est de la mauvaise foi ! Sinon ça veut dire quoi, on se voit à Abidjan ? C’est la deuxième fois que le groupe Magic System reprend mes chansons et ne me reverse rien», - See more at: http://fr.africatime.com/cote-d-ivoire/articles/affaire-magic-system-poignon-larbitrage-du-burida-attendu-demain#sthash.we0vwaWx.dpuf
«Ce sont des bêtises quand A’salfo dit qu’il m’a parlé avant de reprendre le morceau ‘’Kappa’’. C’est de la mauvaise foi ! Sinon ça veut dire quoi, on se voit à Abidjan ? C’est la deuxième fois que le groupe Magic System reprend mes chansons et ne me reverse rien», - See more at: http://fr.africatime.com/cote-d-ivoire/articles/affaire-magic-system-poignon-larbitrage-du-burida-attendu-demain#sthash.we0vwaWx.dpuf
«Ce sont des bêtises quand A’salfo dit qu’il m’a parlé avant de reprendre le morceau ‘’Kappa’’. C’est de la mauvaise foi ! Sinon ça veut dire quoi, on se voit à Abidjan ? C’est la deuxième fois que le groupe Magic System reprend mes chansons et ne me reverse rien», - See more at: http://fr.africatime.com/cote-d-ivoire/articles/affaire-magic-system-poignon-larbitrage-du-burida-attendu-demain#sthash.we0vwaWx.dpuf
«Ce sont des bêtises quand A’salfo dit qu’il m’a parlé avant de reprendre le morceau ‘’Kappa’’. C’est de la mauvaise foi ! Sinon ça veut dire quoi, on se voit à Abidjan ? C’est la deuxième fois que le groupe Magic System reprend mes chansons et ne me reverse rien», - See more at: http://fr.africatime.com/cote-d-ivoire/articles/affaire-magic-system-poignon-larbitrage-du-burida-attendu-demain#sthash.we0vwaWx.dpuf
«Ce sont des bêtises quand A’salfo dit qu’il m’a parlé avant de reprendre le morceau ‘’Kappa’’. C’est de la mauvaise foi ! Sinon ça veut dire quoi, on se voit à Abidjan ? C’est la deuxième fois que le groupe Magic System reprend mes chansons et ne me reverse rien», - See more at: http://fr.africatime.com/cote-d-ivoire/articles/affaire-magic-system-poignon-larbitrage-du-burida-attendu-demain#sthash.we0vwaWx.dpuf

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07/07/2013

Affaire "MTN a financé Gbagbo" : son porte-parole dément catégoriquement

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Plusieurs agences de presse ainsi que de nombreux sites internet, reprenant un article du  journal Sud -Africain  le « Sunday times », ont livré à leurs lecteurs une information faisant état de ce que le Président Laurent GBAGBO aurait reçu des financements de la  part de la firme sud-africaine de téléphonie mobile MTN. 

Le Président Laurent GBAGBO tient par la présente, à apporter de façon solennelle, un vif démenti aux allégations mensongères portées contre sa personne par ces différents média. 

Le Président Laurent GBAGBO, fidèle au code de bonne moralité et d’honneur qui gouverne son action politique et sa vie de tous les jours, n’a jamais été mêlé  à aucune opération de financement  ni avec la société MTN, ni avec une quelconque autre société.

Le Président Laurent GBAGBO rappelle à toutes et à tous, que courant de l’année 2009, l’une de ses proches collaboratrices qui voulait malencontreusement associer son nom à une transaction financière  irrégulière  portant sur un montant de 65 millions de francs CFA avec la filiale de la société MTN située à Abidjan, avait été immédiatement démise de ses fonctions.  En outre, il avait intenté une action judiciaire conte cette collaboratrice qui s’était soldée par sa condamnation à une peine d’emprisonnement ferme de cinq ans. Elle n’avait recouvré la liberté qu’au bénéfice d’une grâce  que le Président de la République avait accordée à cent femmes en 2010. 

Par ailleurs, pour cette même affaire, le premier responsable de la société MTN à Abidjan, avait été expulsé de la Côte d’Ivoire. Il s’était rendu coupable d’avoir « jeté le discrédit sur les Institutions de la République de Côte d’Ivoire, en l’occurrence le Président de la République ». En effet, il avait laissé figurer dans les comptes de l’entreprise une ligne « don au Chef de l’Etat », alors qu’il savait que l’argent en question avait été viré sur le compte de l’entreprise EMIKA qui n’avait aucun rapport ni avec la Présidence de la République, ni avec la personne du Président de la République.

La vigoureuse réaction du Président Laurent GBAGBO ci-dessus rappelée dans cette affaire, reste le meilleur témoignage si besoin en était, de ce qu’il n’a jamais reçu aucun financement de la société MTN.

Le Président Laurent Gbagbo espère vivement que cette mise au point contribuera à arrêter cette campagne mensongère dirigée contre sa personne.

P/ Le Président Laurent GBAGBO

Son Porte-Parole.

Le Ministre Justin Koné KATINAN