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24.06.2008

Vous pouvez télécharger "Cameroun : autopsie d'une indépendance...

... chez Kwaame, colonne de droite, en haut, rubrique vidéos.
On se lève tous pour Kwaame, le trouveur de solutions !

22.06.2008

Cameroun : un documentaire à ne pas rater lundi sur France 5

C'est Hormheb qui nous file l'info. Pour en savoir plus, cliquez ici et ici. Ceux qui peuvent enregistrer, faites-le et diffusez.

14.05.2008

Au Cameroun, le trafic de bois illégal continue de prospérer

A lire dans Le Monde.

19.03.2008

Tene Sop : "le régime camerounais est aux abois"

5a33c4086d5812de4b433d4a4f3bdaed.jpgDans une interview au Messager, Guillaume Tene Sop, membre-fondateur du CODE, le mouvement qui rassemble l'opposition camerounaise en exil, désormais ennemi public numéro un à Yaoundé, affirme : "Nous allons travailler à un isolement de ce régime violent et sanguinaire. Et nous sommes sûrs d’y parvenir". De quoi alimenter la paranoïa du pouvoir Biya.
Pour l'intégralité de l'interview, cliquez ici.

13.03.2008

Cameroun : après l'assassinat de Jacques Tiwa...

... la colère légitime de ses camarades de combat.

01.03.2008

Cameroun : combien de morts, combien de disparus ?

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Un visage, celui de Jacques Tiwa alias Nkrumah, ancien activiste du Parlement des étudiants qui, au début des années 1990, a crié la soif de liberté de la jeunesse camerounaise. Tué à Douala comme un chien, de manière tout à fait extrajudiciaire.
Des témoignages troublants sur le nombre de morts, validés par les organisations de défense des droits de l'homme.
Des jugements expéditifs et des condamnations lourdes, qui témoignent de la panique et de la radicalisation du régime - si l'on veut rester poli.

Emeutes au Cameroun : le temps des analyses (3)

Pour Vincent Sosthène Fouda, politologue vivant à Montréal, au Canada, le président Paul Biya est coupé de son pays. L'intégralité de sa tribune publiée dans le quotidien Mutations.

2d5522a069ae715f0194fa43e3b50b04.jpgEtrange adresse du Chef de l’Etat à la Nation, il n’identifie pas ceux à qui il s’adresse montrant certainement que l’heure est grave. Il parle tour à tour de jeunes et de "délinquants attirés par la possibilité de pillages ", il évoque " les apprentis sorciers qui dans l’ombre ont manipulé" les jeunes, nous découvrons que le Chef de l’Etat donne une réponse de gangster aux délinquants et aux apprentis sorciers au moment où beaucoup attendent un discours d’apaisement, des actes concrets devant amener le peuple camerounais à réaliser que le Gouvernement garde la main – que la politique n’est pas comme on semble le découvrir depuis des décennies au Cameroun une somme des hasards. En réalité, les discours du président de la République se suivent sans se ressembler, preuve d’une certaine incapacité à apporter des solutions aux problèmes de notre temps qui s’imposent à notre pays. A qui peut-on faire croire aujourd’hui qu’un conflit social ne cache point un conflit politique ? A qui veut-on faire que le mouvement des transporteurs est le bras qui a allumé le brasier ?

S’il est à déplorer des casses dans l’ensemble du territoire alors que l’immense majorité des camerounais tire déjà le diable par la queue, on ne saurait attribuer ces actes à la force de manipulation des " apprentis sorciers qui dans l’ombre " manipulent les jeunes. Ceci pour au moins une raison, ceux qui n’ont pas hier gagné du crédit par les urnes n’ont pas les moyens de mobiliser l’immense majorité de la République. Conséquence, soit le Gouvernement a perdu tout crédit soit alors il faut chercher les raisons ailleurs.
Pour nous, c’est ailleurs justement qu’il faut chercher l’origine de ce conflit. Comme nous l’avons souligné plus haut, les adresses du Chef de l’Etat se suivent sans se ressembler – Lors de l’entretien qu’il a accordé à France 24 le 30 octobre 2007, le Chef de l’Etat affirmait en effet " J'ai un mandat de sept ans et j'ai fait la moitié de ce mandat. A l'heure actuelle nous avons d'autres priorités et la constitution telle qu'elle est aujourd'hui ne me permet pas de briguer un troisième mandat. Cela étant, nous avons d'autres urgences : lutte contre la corruption, contre le SIDA, contre la pauvreté. Il faut assurer la stabilité dans l'Afrique centrale et j'estime que ces problèmes d'élections sont posés prématurément ".

Le 31 décembre dans ses vœux à la Nation, défiant toute intelligence, le Chef de l’Etat parle des constitutions comme étant " … par ailleurs de portée générale et ne concernent qui que ce soit en particulier ", signifiant par là qu’il n’est point visé par un quelconque article de la Constitution de 1996 y compris l’ article 6 alinéa 2 qui stipule clairement qu’au terme de 2 septennats le Chef de l’Etat en exercice ne puisse plus se présenter aux suffrages du peuple. Monsieur René Sadi Secrétaire Général du RDPC dans un entretien au quotidien gouvernemental Cameroon Tribune explicite encore mieux les choses en affirmant que " la révision de la constitution est " un enjeu majeur " pour son parti qui détient une majorité écrasante de députés à l’Assemblée Nationale soit 153 députés sur un total de 180.

…les mauvais souvenirs d’une époque que nous croyons révolue …
Le Chef de l’Etat conclut son allocution par ces deux phrases qui nous rappellent des temps d’une autre époque : " A ceux qui ont pris la responsabilité de manipuler des jeunes pour parvenir à leurs fins, je dis que leurs tentatives sont vouées à l’échec. Tous les moyens légaux dont dispose le Gouvernement seront mis en œuvre pour que force reste à la loi. " Le Président Ahmadou Ahidjo s’adressant aux étudiants en grève leur avait signifié que " l’ordre règnera par tous les moyens ", le souvenir des solutions dictatoriales s’affiche donc au grand jour à Yaoundé et dans l’ensemble du Cameroun où l’on compte déjà des dizaines de morts depuis le début des manifestations lundi dernier.

Le Chef de l’Etat ne manque cependant pas de rappeler que " le Cameroun est un Etat de Droit et entend bien le rester. Il a des institutions démocratiques qui fonctionnent normalement. C’est dans ce cadre que sont traités les problèmes de la Nation. Ce n’est pas à la rue d’en décider. " Il omet cependant d’identifier clairement les institutions auxquelles il fait allusion sans clairement y faire référence. Il omet de parler du pouvoir d’achat des Camerounais alors qu’en même temps on assiste à une flambée des prix des denrées de première nécessité. Si les prix de certains produits suivent une évolution mondiale, d’autres produits localement méritent que le Chef de l’Etat s’y attarde et apporte des solutions politiques car justement tel est le rôle du politique, non pas d’esquiver les problèmes, non pas d’exceller dans la manière d’éviter les questions mais plutôt dans la capacité que doit avoir tout leader politique à proposer des solutions réalistes quand il est sollicité.

Le Chef de l’Etat confirme alors sa rupture avec la base de la société camerounaise, les discours préparés par Patricia Balme et son équipe sonnent de plus en plus creux, et montrent un réel fossé entre le panier de la ménagère camerounaise et le panier du Palais de l’Unité.
Au final, il est nécessaire que le Chef de l’Etat s’implique réellement dans la vie politique du Cameroun pour les 3 ans qui lui restent à passer au pouvoir, qu’il sécurise ses concitoyens qui sont de plus en plus inquiets face à la flambée des prix de produits de première nécessité, qu’il augmente le pouvoir d’achat des ménages et enfin que s’inspirant des institutions démocratique auxquelles il fait allusion, il respecte la Constitution du Cameroun et organise en Chef d’Etat, la transition attendue aujourd’hui par tous. En attendant, le peuple camerounais attend avec l’impatience notamment la mise sur pied des institutions démocratiques prévues dans la constitution de 1996, le sénat, la Cour Constitutionnelle.

29.02.2008

Crise au Cameroun : pour ceux qui veulent aller plus loin

Difficile de se tenir informé quand la situation est aussi volatile. Mais pas désespéré, dès lors qu'on est assez organisé.

Pour avoir toute l'info en vrac et en temps réel, ce lien, qui peut aussi se transformer en "widget" dans votre lecteur de flux RSS :
http://www.wikio.fr/international/afrique/cameroun

Pour le live-blogging et l'info citoyenne, rendez-vous chez Nino.

Pour une analyse plus militante, ne pas oublier de consulter le blog du Conseil national de la résistance (en exil), très informé sur ce qui se trame au pays et dirigé par un vieux routier du Parlement étudiant dont la flamme ne s'est heureusement jamais éteinte, Guillaume Tene Sop. Tene Sop est assurément une des personnes qui compteront dans le Cameroun de demain.

Emeutes au Cameroun : le temps des analyses (2)

Comme promis, mon analyse de la situation camerounaise de ces derniers jours.
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La langue française est riche de plusieurs mots pour qualifier les événements tragiques qui se sont déroulés - ou se déroulent, c'est selon - depuis samedi dernier au Cameroun. On pourrait évoquer la réalité la plus tangible et parler d'émeutes. On peut aussi parler d'actes de vandalisme et de vandales, comme le fait abondamment le pouvoir Biya et ses porte-voix pour tenter de tracer arbitrairement une frontière du Bien et du Mal, et se placer opportunément du côté du Bien. On peut être dur envers le clan qui gouverne le Cameroun, et déplorer ses énièmes actes de "juvénocide", car cela fait quelques années que ce pouvoir immole des jeunes Camerounais dès le moindre début de contestation et fait gicler des litres de sang destinées à agréer on ne sait quelle ordre ésotérique maléfique.

Mais s'il est un mot qui résume le mieux ce que nous avons observé, l'âme stupéfiée et le regard incrédule, c'est bien celui de "tournant". Les jours qui viennent de se passer ont changé le visage du Cameroun contemporain, et pour longtemps. Les adeptes de la méthode Coué qui déambulent entre le Palais d'Etoudi et les immeubles ministériels du Centre administratif de Yaoundé ne doivent pas se faire d'illusions. Le pays a changé de face. Et une ère pleine d'incertitudes s'ouvre.

En réalité, ce n'est pas la grève contre la "vie chère" qui a été déterminante. Ce ne sont pas les émeutes de la faim en elles-mêmes qu'il faut retenir. Il faut prendre en compte toute la richesse de la photographie impitoyable du Cameroun que ce moment fort nous offre. C'est une véritable révolution du regard que nous sommes obligés d'opérer.

Jusqu'à présent, une majorité d'observateurs s'accordaient sur un certain nombre de certitudes concernant le Cameroun. Le pays était certes dirigé depuis plus de vingt-cinq ans par un roi fainéant à la légitimité plus que relative, mais ses opposants étaient tout aussi taiseux et amorphes que lui, ce qui établissait un certain équilibre fondé sur une mollesse politique généralisée. Le pays était certes très mal dirigé, les classes créatives étaient houspillées par une administration fiscale en guerre permanente contre les entrepreneurs pour de basses raisons tribales, la méritocratie avait foutu le camp et la "reproduction des élites" battait son plein avec insolence. Mais la bourgeoisie camerounaise, veule et corrompue, ne représentait un grand danger pour personne. La jeunesse désoeuvrée et frustrée était nombreuse, mais les campus et les quartiers n'arriveraient jamais à organiser une contestation structurée. Bref, les endimanchés de l'oligarchie locale pouvaient encore, jusqu'à la mort de Paul Biya, se persuader que l'expression "la fin de l'Histoire", rendue célèbre par Francis Fukuyama, s'appliquait à leur pays - quand bien même cette "fin de l'Histoire" n'avait pas été le fruit des progrès de la démocratie et du libéralisme. Le Cameroun était un pays stable, et c'était bien suffisant.

Le mythe du loyalisme de Yaoundé est tombé

Et puis... paf ! Le pays s'est réveillé avec la gueule de bois, tétanisé. Malgré la faiblesse de l'opposition, l'atonie de la société civile, l'absence de voix estudiantines fortes, quelque chose s'est passé.
L'opposition et la société civile ont certes été neutralisées, mais pour mieux laisser place à une armée de "sans-culottes" au ventre vide, à une légion d'adolescents dont on sent qu'ils peuvent facilement se transformer en "kadogos" et en "small soldiers" à la solde d'un mouvement, de tout le monde ou de personne. On s'est rendu compte que quand l'Histoire est fatiguée de bégayer, elle invente des figures de style inquiétantes mais bien réelles, qui peuvent couper le souffle à un homme qui, il y a peu, nous donnait rendez-vous dans vingt ans et se préparait à modifier la Constitution pour mourir au pouvoir et laisser à ses compatriotes le soin d'arranger ce qu'il a mis des décennies à gâter.
Les yeux écarquillés, l'on a vu disparaître le mythe du "loyalisme" de Yaoundé. Voilà une ville qui n'a pas cédé aux sirènes des "villes mortes" il y a quinze ans, maintenant ainsi le chef au pouvoir. Aujourd'hui, elle se "normalise" pour mieux inquiéter le même chef.
L'âme triste, l'on s'est convaincu définitivement que Paul Biya, qui a pris la parole mercredi dernier, dans une désinvolture mémorable, n'est pas un homme d'Etat. Un homme d'Etat parlant à l'occasion d'émeutes de la faim aurait forcément eu des mots de compassion, d'encouragement et de recadrage pour convaincre son peuple, voire la branche la moins politisée des manifestants, de lui donner l'opportunité de s'attaquer en profondeur aux défis de la "vie chère". Un patriote aurait regardé son peuple dans les yeux, et lui aurait, avec pédagogie, expliqué un contexte régional belliqueux, une situation internationale explosive et des cours mondiaux du pétrole qui prennent l'ascenseur pour mieux appeler à l'union sacrée au chevet de la "mère-patrie". Après cela, sa charge contre les "apprents-sorciers" aurait fait douter d'éventuels comploteurs.

L'urgence d'une alternative crédible

Biya n'a pas fait cela. En révoltant le peuple, il a donné une occasion en or à une nouvelle opposition d'émerger.
Il ne faut pas se leurrer. La fin des manifestations ne sera que le commencement des douleurs si - comme cela est prévisible - Biya refuse de renoncer à un énième mandat et de créer les conditions d'une démocratisation véritable de son pays.
Les émeutes du Cameroun auront un effet psychologique certain. Le pays peinait déjà à attirer les investisseurs étrangers. Il devra faire face à un désinvestissement brutal. Qui osera acheter une entreprise publique ou investir des capitaux privés dans un pays sans perspectives où la réalité du malaise politique et social explose de manière aussi brutale, entre des jeunes qui n'ont plus peur et un pouvoir qui n'a jamais eu peur de tuer ? Sans investissements massifs, comment répondre au défi énergétique, par exemple ?
Paul Biya ne pourra plus dire aux partenaires extérieurs du Cameroun qu'il veut modifier la Constitution parce que son bon peuple lui demande pardon à genoux.
Le roi est nu.
La dictature molle se durcit.
Les années qui viennent seront difficiles. Le Cameroun ne fera pas l'économie d'un passage par le feu. Mais il sera moins difficile si dès aujourd'hui et en toute urgence, des forces patriotiques et alternatives ont assez de courage et de sens politique pour canaliser les mécontentements légitimes des Camerounais, structurer leurs revendications, construire, au-delà de la politique, un mouvement civique puissant et respecté.
Car il faut bien traiter le symptôme le plus grave de ces derniers jours : la crise de la représentation.
Le pouvoir n'est pas légitime et n'est pas écouté.
L'opposition est discréditée et n'est pas écoutée.
La société civile est émiéttée et n'est pas écoutée.
C'est bien là le scandale central.

Emeutes au Cameroun : le temps des analyses (1)

f613009fe64725277d1943d21ea83f00.jpgAlors que la situation insurrectionnelle au Cameroun semble plus ou moins se calmer (pour se dégrader rapidement ?), place à l'analyse. Demain, je vous livrerai mes réflexions sur le sujet. Mais avant, je vous propose celle, très pertinente - comme d'habitude - de notre doyen Pius Njawé, publiée dans Le Messager et sur Rue 89. Un petit extrait, et deux liens.

"Une nouvelle génération de contestataires se forme. Une armée d'enfants.

En tout cas, cette répression sauvage qu’on oppose à l’ardent désir du peuple à s’exprimer à sa manière (pacifique) sur une question aussi essentielle que la modification de la Loi fondamentale de notre pays, est de nature à faire exploser des frustrations longtemps accumulées.

Et le spectacle de ces enfants de 8 à 12 ans faufilant dans les quartiers pour ravitailler en pierres, gourdins et autres morceaux de bois leurs aînés du “front” montre bien comment une nouvelle génération de contestataires est en train de se former sous nos yeux; une véritable armée d’enfants soldats que nous risquons d’avoir du mal à contrôler demain, alors que nous les aurons préparés à cela en utilisant nos armes pour réduire au silence leurs parents aux mains nues.

Autant rappeler à tous ceux qui, dans ce pays, continuent à penser que la force brutale et la répression aveugle sont les seuls arguments à opposer à ceux qui veulent s’exprimer sur certaines questions de la vie nationale, que s’ils ne se trompent pas de pays, ils se trompent sûrement d’époque et d’adversaires."

L'article de Pius Njawé en entier dans Le Messager, et un peu "coupé" sur Rue 89.