14.10.2011
Monsieur Wade, libérez notre camarade Noël Malick !
Qui, en Côte d'Ivoire, se souvient de Noël Malick Seck, ce jeune activiste et homme politique sénégalais qui a courageusement choisi de dire sa part de vérité sur ce qu'il est convenu d'appeler la "crise postélectorale", et de faire le voyage d'Abidjan malgré l'hallali international ?
Qui se souvient de son émouvant texte de révolte après le funeste 11 avril, "l'armée française ne gagne contre des Nègres", et que vous pouvez écouter, dit par Grégory Protche du Gri-Gri International, ici bas ?
Eh ben, ce jeune espoir de la politique sénégalaise, Abdoulaye Wade l'a fait arrêter et veut le juger ce vendredi pour... rien. Ou plutôt pour un motif fallacieux : menaces de mort, outrage à magistrat et offense au chef de l'Etat. C'est un délit, au Sénégal, d'attirer, par courrier, l'attention du Conseil constitutionnel sur l'inéligibilité constitutionnelle de Wade. Voici l'objet du délit ici, il n'a rien d'injurieux.
Préparons-nous donc à nous mobiliser pour Noël Malick, partout où besoin se fera sentir. Il risque trois à cinq ans de prison. C'est une honte !
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17.08.2011
Hermann Aboa : la photo de la honte !
Il y a des photos qui en disent plus que mille éditos. Le cliché que nous publions ici, et que nous mettons à notre « Une », fait partie de ces clichés qui décrivent à merveille une situation donnée, et démasquent le langage perfide des « communicants » et des « étouffeurs professionnels », très habiles à justifier l’injustifiable. Comme l’image de Pius Njawé, fondateur du quotidien Le Messager et prisonnier personnel de Paul Biya, le président camerounais, à plusieurs reprises, regardant tristement à travers le grillage de sa prison.
Chaque fois qu’un journaliste est emprisonné, c’est toute la profession qui est déshonorée. La situation d’Hermann Aboa est d’autant plus choquante qu’il est un des quinze prisonniers d’une métropole abidjanaise où tous les voleurs, braqueurs et criminels ont été mis en liberté par ceux-là mêmes qui ont désormais à cœur de mettre des universitaires, des hauts fonctionnaires, des hommes politiques et… des journalistes au secret. Tandis que le pays s’enfonce dans une insécurité générée par nos « libérateurs » autoproclamés.
Il faut bien regarder cette photo d’Hermann Aboa. Il n’est pas abattu,non ! Il esquisse même une sorte de petit sourire qui en dit long sur sa force mentale, lui qui est accusé des crimes les plus infâmants par le premier magistrat de son pays, qui a dû regarder une autre émission que la sienne pour se convaincre qu’il lançait des appels au meurtre contre certaines ethnies précises. Il est libre. Libre derrière les barreaux. Et sa liberté intérieure est un moteur pour nous, qui pouvons encore écrire, publier, nous indigner.
Il faut bien regarder cette photo d’Hermann. Elle fera le tour du monde. Et elle édifiera le monde, sur la nature véritable du régime ivoirien, porté à bout de bras par un Occident qui se dit démocratique.
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08.01.2011
Pourquoi je n'achèterai plus jamais "Libération"
Il y a des moments où le pacte de confraternité entre journalistes doit être égratigné pour des raisons élémentaires de salubrité intellectuelle. Ce petit billet vise en tout cas à dénoncer les pratiques étranges du quotidien français « de gauche » contrôlé par la famille Rothschild. J’ai nommé Libération. Ce 7 janvier, je vais à un kiosque parisien pour me procurer ce journal – que je n’achète plus depuis longtemps, préférant de loin le professionnalisme du Figaro ou du Monde à sa morgue germanopratine. Mais sa « Une » sexy sur « les réseaux français de Gbagbo » a attiré ma curiosité.
A la lecture du « dossier » de trois pages, qui n’est qu’une recension éditorialisante d’informations déjà données par des confrères – y compris le site Rue89 qui est, lui, gratuit –, un vaste sentiment de dégoût s’est emparé de moi. On le devine aisément, la « liste » dressée par « Libé », qui s’est débrouillé pour publier le maximum de photos des « amis de Gbagbo » qui représentent « le pire des relations entre les deux capitales », est d’intimider assez ceux qui, en France, n’approuvent pas la politique ivoirienne de Nicolas Sarkozy. L’enjeu est d’empêcher tout vrai débat national sur la question, en séparant les « bons » ouattaristes des « méchants » gbagbophiles. Nulle part, dans le dossier, on ne donne la parole aux pestiférés. Nulle part, on ne met en lumière leur discours, leurs arguments. On les diabolise, histoire d’arriver à un unanimisme national dangereux pour la démocratie.
Le procédé rappelle ces journaux camerounais controversés qui ont diffusé, il y a un temps, des listes d’homosexuels supposés, pour les livrer à la vindicte populaire. Il est méprisable. Non pas parce que Libé choisit son camp – c’est son choix, et je suis un militant du journalisme d’opinion – mais parce que le quotidien créé par Jean-Paul Sartre, qui surjoue, sur des enjeux mineurs, son ancrage à gauche, trompe ses lecteurs. Depuis le 19 septembre 2002, plus que Le Figaro, plus que tout autre journal, il est à la manœuvre pour Ouattara, le champion de la droite française. Il n’hésite pas à mentir, travestir les faits, à s’autocensurer… pour complaire à un prétendu adversaire idéologique. Je parle ici de Chirac puis de Sarkozy...
Libération est le seul quotidien français qui a écrit, après le début de la rébellion menée pour le compte de Ouattara, qu’il n’y avait rien en Côte d’Ivoire. Ni putsch ni mutinerie. Mais un auto coup d’Etat mené par Gbagbo. Contredit par les faits, le journal n’a jamais fait amende honorable. Sans le moindre début de preuve, Libé a écrit que l’entreprise Tommy, qui a déversé des déchets toxiques au port d’Abidjan, était la propriété de Simone Gbagbo. Or elle appartient à un Nigérian qui croupit à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA). Libé, dont les envoyés spéciaux étaient à Abidjan en novembre 2004, a respecté l’omerta profitant à Jacques Chirac selon laquelle il fallait faire le black-out sur les 64 civils ivoiriens tués par l’armée française ; omerta que Canal + et Le Canard Enchaîné ont courageusement violé. Contrairement au Monde et au Figaro, Libé n’a jamais enquêté sur les incohérences de la version française quant au bombardement de la base française de Bouaké le 6 novembre 2004.
Les ventes de Libé chutent-elles inexorablement ? Je m’en réjouis. Ce quotidien, que nous considérions (jeunes et naïfs étions-nous) comme une « bible » lorsque nous étions à l’école de journalisme, ne mérite pas d’exister. Lâche sur le fond, verbeux sur la forme, germanopratin et donneur de leçons, réduisant le fait d’être de gauche à une sorte de « culture » élitaire et dépressive, il représente le pire de ce qui se fait en matière de presse en France. Je n’achèterai plus jamais Libération.
20:55 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
16.02.2010
Les fables de Philippe Hugon, "spécialiste" de l'Afrique
Dans la série "quand on est un universitaire occidental, on peut dire toutes les extravagances sur l'Afrique", j'ai l'honneur de vous présenter l'épisode Philippe Hugon. Directeur de recherche à l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) de Paris, il a été invité par France24 pour "éclairer" les téléspectateurs dans le cadre de l'émission à la "Une". Sa thèse ? Gbagbo veut retarder les élections parce qu'il a peur de les perdre. Thèse légitime à défendre tant qu'elle est étayée par des faits.
Malheureusement, Philippe Hugon se révèle un très mauvais connaisseur de la Côte d'Ivoire, et se met à débiter des contre-vérités navrantes et dangereuses pour la paix sociale. Regardez la vidéo ici. Retranscription d'extraits :
"Il y a un contentieux notamment sur la composition de cette liste électorale puisqu'il y a 429 000 cas litigieux, et notamment de savoir si les originaires du Nord peuvent voter ou pas et donc il y a eu ce qu'on appelle un délit par rapport aux patronymes et on a supprimé, les juges ont supprimé de la liste électorale tous ceux qui avaient un nom qui renvoyait aux originaires du Nord."
Ces propos sont absolument faux, et cette histoire n'a jamais été entendue même venant de la bouche des opposants ivoiriens les plus virulents. Philippe Hugon, qui est venu pour développer une thèse partisane, a oublié de s'informer sur les derniers développements en Côte d'Ivoire.
En effet, un recensement électoral ("enrôlement") a eu lieu. La procédure acceptée par tous ne nécessitait que la présentation d'un extrait de naissance. Par la suite, des "croisements" avec les fichiers historiques de l'état-civil devaient permettre de "débusquer" d'éventuelles fraudes ou fausses déclarations. Une liste électorale de personnes "sans problèmes" a été publiée, et une liste d'un peu plus d'un million de personnes devant apporter une preuve supplémentaire de leur identité, ou toute autre précision, est sortie. Sur cette liste, on trouve des Ivoiriens originaires du Sud, du Centre, du Nord, de l'Ouest et des naturalisés qui n'ont pas fourni tous leurs papiers. Tous les partis ont admis cette pratique.
En violation de la procédure, le président de la Commission électorale indépendante (CEI) a repêché de la liste d'un million 429 000 personnes dont les noms devaient être, selon la justice ivoirienne, insérés dans la liste électorale sans qu'elles suivent la procédure normale... si le pot-aux-roses n'avait pas été découvert. Signalons au passage que le procureur adjoint qui a mené l'enquête porte un nom, Diakité, "renvoyant aux originaires du Nord".
Le président de la CEI a admis qu'il avait établi cette liste de 429 000 personnes, mais pour sa "propre gouverne", sans envisager de l'introduire dans la liste définitive. Tout le monde reconnaît le "dysfonctionnement", mais certains parlent de tentative de fraude rédhibitoire tandis que d'autres évoquent des incompréhensions et accuse le camp présidentiel de chercher la petite bête. Personne ne dit que tous les Nordistes ont été sortis de la liste électorale. D'où Philippe Hugon sort-il tout ça ?
Il confond visiblement deux affaires : celle des 429 000 et celle des contentieux judiciaires, légaux, qui voient certaines personnes inscrites sur les listes électorales accusées, certaines fois à raison, d'autres fois à tort, devant les tribunaux. Pour l'instant, il y a tout au plus quelques centaines de personnes qui ont été radiées des listes électorales par des juges qui ont rejeté une grande partie des plaintes. Personnellement, je déplore le caractère expéditif de certaines audiences, qui ne respectent pas assez les droits de la défense, et surtout les incendies et saccages des tribunaux, comme si la violence devait l'emporter sur le contradictoire du droit.
Philippe Hugon sait-il que supprimer de la liste électorale tous les originaires du Nord revient à exclure près d'un million et demi de personnes de cette liste ? Se rend-il compte que cette affirmation totalement fantaisiste peut être gobée par une partie de la population peu alphabétisée et la pousser à des violences "de survie" ?
Complètement carent sur l'actualité, le "spécialiste" n'est pas non plus calé sur l'Histoire. Il affirme :
"Le Nord historiquement a été rattaché à la Haute-Volta pendant la période coloniale, on est dans un contentieux extrêmement ancien en Côte d'Ivoire".
Seulement voilà, c'est une partie de la Haute-Volta (ancien nom du Burkina Faso) qui a été rattachée à la Côte d'Ivoire de 1932 à 1947 par les Français, alors qu'une deuxième a été incluse dans le Soudan français (actuel Mali) et une troisième dans le Niger.
Comment l'Afrique ne se sentirait-elle pas méprisée quand des ignorants complets viennent jouer les savants sur les plateaux les plus prestigieux à son sujet, maniant à dessein le couteau identitaire, comme si un Rwanda ne suffisait pas ?
01:46 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note | Tags : philippe hugon, france 24, iris, spécialiste de l'afrique, erreurs, contre-vérités
05.09.2009
Gabon : le dégoût (1)

Terrible bégaiement de l'Histoire de l'Afrique ! Après Joseph Kabila (République démocratique du Congo) et Faure Gnassingbé (Togo), Ali Bongo Ondimba, grotesque caricature du "fils-à-papa-sans-talent-et-plein-de-lui-même" accède à la magistrature suprême après la mort de son père, dans un schéma de succession dynastique qui s'abat sur l'Afrique comme une invasion de sauterelles ou une peste malfaisante.
Comme Faure, Ali est entouré de puissants parrains, nationaux et étrangers, qui le tiennent et le poussent pour que rien ne change ; et pour que leur rente, qu'ils ont su sauvegarder depuis près de 50 ans, demeure. Faure avait son Charles Debbasch, Ali a son Robert Bourgi.
Comme Faure, Ali peut compter sur une soldatesque léguée par papa comme une sorte d'assurance anti-démocratie. Elle peut tuer pour lui. Elle tue pour lui, à la manière d'une meute mercenaire au service d'un clan familial prévaricateur.
Au Togo comme au Gabon, une immense fraude électorale a été nécessaire pour imposer le "prince héritier". Une fraude sanctifiée par les litotes approbatrices de Paris, par les silences de Washington ou de Londres - qui ne voient la démocratie qu'aux portes de l'Iran ou d'autres régimes hostiles. Et surtout par la lâcheté incommensurable des "élites" africaines, sur le continent et dans la diaspora.
L'enjeu saute pourtant aux yeux. Nos Etats sont déjà très fragiles, surinvestis par les pouvoirs exécutifs qui accaparent souvent la quasi-totalité de la richesse nationale. Si nous acceptons, par nos silences, leur transformation en monarchies crapuleuses dont la seule raison d'être est d'empêcher des yeux indiscrets - y compris au sein des partis au pouvoir - de "voir clair" dans un amalgame d'arrangements mafieux, alors NOS YEUX NE VERRONT PAS UNE AFRIQUE MEILLEURE QUE CELLE QUE L'ON VOIT AUJOURD'HUI.
Approuver par le silence un schéma qui pourrait se reproduire ailleurs (au Sénégal, au Congo, en Egypte...) est lamentable. C'est ce qui se passe pourtant. Les voix qui portent en Afrique, y compris parmi nos "journalistes internationaux" volent, dans un schéma conservateur incroyable, au secours d'Ali Ben.
Elles disent que l'opposition était divisée, comme si une opposition divisée ne pouvait pas créer la surprise.
Elles disent que l'opposition n'était pas prête à diriger, comme si le pouvoir était quelque chose qu'on n'apprend qu'en composant avec les "tyrans éternels", puis en s'en distanciant, dans la stratégie du parfait petit opportuniste.
Elles ne dénoncent pas les tripatouillages du parti qui éreinte le pays depuis tellement d'années que la majorité du pays n'a connu que lui, mais elles dénoncent les méthodes de contestation de l'opposition, mauvaise, incapable, peu imaginative. Comme s'il y avait une manière imaginative de se battre contre une machine oppressive prête à tout. Là où on doit parler "principes", "valeurs", "leçons pour l'avenir", "perspectives au long terme", on commente le destin d'une Nation comme un match de football.
Elles parlent comme si la démocratie était conditionnée à un ensemble de critères étranges qui ressemblent bien à ceux des coteries internationales qui tiennent l'Afrique en laisse.
Elles disent que de toute façon, ça va se passer comme ça "et puis voilà". Pourquoi se fatiguer à contrarier les évidences ?
C'est grave.
Jamais l'Afrique francophone n'identifie clairement un certain nombre de causes communes qui la souderait... pour faire avancer l'Histoire. Pourquoi à Abidjan, à Dakar, à Douala... les voix qui défendent les valeurs de progrès chez elles, détournent le visage ? Pourquoi nos grands journalistes qui ont le privilège de débattre sur des plateaux très visibles semblent-ils aussi apeurés, aussi frileux, aussi conformistes, quand on les compare aux journalistes français dont les patrons, souvent des marchands de canon ou des vendeurs de gros projets BTP, ont pourtant, souvent, de gros atomes crochus avec les pouvoirs africains d'un certain type ?
L'amour de la liberté, l'attachement aux principes, les rêves sains d'alternance sont-ils désormais considérés comme des lubies de rêveurs impénitents ?
Pourtant, elle est nécessaire la colère.
22:18 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note | Tags : gabon, ali ben bongo, omar bongo ondimba, pierre mamboundou, andré mba obame, françafrique
10.07.2009
BAC "C" en Côte d'Ivoire : une erreur dans l'épreuve de maths ?
Je suis tombé sur ce petit témoignage en me promenant sur Facebook.
"Plus que de l’intelligence, il fallait hier de la magie aux candidats au Bac série C pour résoudre la partie B du problème de leur épreuve de mathématiques.
C’est du moins ce que nous ont rapporté les enseignants qui ont relevé une erreur dans cette épreuve. Dans l’énoncé, une fonction a été présentée avec sa dérivée, et le candidat devait démontrer que cette dérivée était celle de la fonction en question. Le hic, c’est que « la dérivée était fausse », ont affirmé nos sources. Plus grave, la suite de l’exercice dépendait de cette formule, soit 50% du problème noté sur 12. La partie B à elle seule comptait 4 points.
«C’est comme si on donnait une craie blanche à un élève et on lui demandait de montrer qu’il tient une craie rouge», a expliqué une de nos sources pour illustrer la situation. Dans certains centres, des candidats ont été les premiers à signaler l’erreur, mais leur remarque n’a pas été prise en compte parce n’étant pas censés pouvoir donner des leçons aux inspecteurs (professeurs de maths) qui ont composé le sujet."
Si l'information se révèle vraie, ce serait à mon avis assez grave et cela mériterait que l'on recommence l'épreuve. Le Bac, c'est peu quand on le regarde de loin, mais c'est une année de vie pour celui qui le passe. Je me souviens qu'il y a très longtemps (lol...), alors que je composais le Bac "D", il y avait eu une erreur dans l'épreuve de sciences naturelles. Résultat des courses : moins de 10% de réussite dans mon département.
20:53 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (46) | Envoyer cette note | Tags : baccalauréat, côte d'ivoire, bac c, erreur, épreuve, mathématiques, scandale
11.04.2009
La culture de l'amnésie est une maladie mortelle
Je n'ai plus trop envie de parler de politique, surtout de la politique ivoirienne, tant elle charrie des passions partisanes qui font qu'on se fâche souvent avec des gens que l'on apprécie pour, au fond, pas grand chose. Cela dit, je continue à m'y intéresser. Je m'intéresse surtout à la manière dont elle est narrée, et de la manière dont elle est rapportée à l'Histoire du pays. Et des fois, les bras m'en tombent. Notre analyse politique est à ce point partisane, manque à ce point de profondeur historique, qu'elle devient de la pure propagande qui ne nous apprend rien et qui ne nous aide en rien à créer des repères durables.
Petite parenthèse. Ce matin, je me suis un peu énervé quand j'ai lu sur Facebook, en commentaire à mon post sur le scandaleux "blanchiment" des légions qui sont entrées victorieuses dans Paris après la deuxième guerre mondiale, ce petit texte d'un ami :
"Pourquoi ressassez toujours le passé, à croire que nous les africains nous ne vivons que sur le passé, notre avenir est-il derrière nous?? Bâtissons la nouvelle Afrique avec notre présent!"
Voyageons. Visitons leurs musées. Regardons leurs émissions et leurs chaînes de télé. Fouillons les bibliothèques. Ouvrons notre Bible. Et nous nous rendrons compte que les autres peuples se souviennent efficacement de leur passé, pendant que nous l'oublions ou le travestissons pour des raisons bassement immédiates.
Ainsi, lisant un article de l'ami Venance Konan dans Le Nouveau Réveil, je tombe sur un énorme mensonge à usage politicien :
"Houphouët-Boigny avait rêvé de faire de la Côte d'Ivoire un pays développé. Honte sur lui. Notre président actuel et bien-aimé en a fait un pays très pauvre et très endetté. Qu'il soit loué. Et que le général Mangou veille encore longtemps sur lui."
Une bonne partie des internautes ne sait pas que le gros de l'endettement ivoirien s'est fait sous Houphouët, et que la Côte d'Ivoire est aujourd'hui moins endettée qu'en 2000. Venance Konan, qui est cultivé, le sait. Mais il fait oeuvre idéologique en désinformant ses lecteurs. Je n'ai plus envie de parler de la politique ivoirienne parce que quand je relève un tel mensonge, je sais très bien que des amis et lecteurs me tomberont dessus en disant que je suis "pro-Gbagbo". Et ils s'arrêteront là. Or, les choses ne s'arrêtent pas là.
Comment faire évoluer le débat citoyen sur les politiques économiques à suivre lorsque les évidences du passé et du présent sont niées ? Comment tirer les leçons des erreurs du passé lorsqu'on les octroie au présent ? Comment organiser une pensée stratégique à long terme ? J'étais encore au lycée qu'on parlait déjà de l'endettement vertigineux de la Côte d'Ivoire, de ses éléphants blancs et de ses entreprises publiques mal pensées et mal gérées - dont les fameux projets sucriers de Bédié.
L'élite ivoirienne, qu'elle soit FPI, RDR ou PDCI, a plusieurs fois trahi le peuple en lui vendant une vision alors qu'elle ne brûlait que de se remplir les poches. Par le passé, elle a recouru à l'endettement extérieur. Ces dernières années, elle a utilisé la fiscalité et la parafiscalité pour favoriser l'évasion de fonds sous prétexte d'investissements. Sous Houphouët et sous Gbagbo, la Côte d'Ivoire a acheté des usines de chocolat aux Etats-Unis qui n'ont jamais été mises en route. L'élite ment au peuple en permanence. Elle ne se sent pas obligée de faire coïncider ses dires et ses actes parce qu'elle est protégée par une "analyse politique" à courte vue et manipulatoire.
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Une ingratitude héréditaire
Le général De Gaulle est une icône en France, et dans de nombreux pays africains. A Abidjan, le pont le plus solide du pays est baptisé de son nom. Grand homme pour la France, De Gaulle a pourtant été un "faux ami" de l'Afrique, qui n'aimait le continent que pour profiter de lui. Les dernières révélations de la BBC sur le penseur de "l'indépendance sous haute surveillance" et les accords de défense inégaux d'après 1960, confirment ce que beaucoup d'entre nous pensaient. De Gaulle ne voulait surtout pas que la Libération de la France puisse aussi être revendiquée par des Nègres. Et il s'est battu pour gommer la diversité de la France "black blanc beur" qui a triomphé, avec les Alliés, du nazisme.
Extrait d'un article de afrik.com sur cette révélation historique et... révélatrice :
« Les commandements américain et britannique se seraient assurés que la libération de Paris le 25 août 1944 soit perçue comme la victoire des « Blancs uniquement », a révélé lundi 6 avril BBC Radio 4. Ils ont ainsi répondu favorablement à une requête du Général de Gaulle, qui souhaitait que la Libération soit l’œuvre de soldats français, en posant la condition suivante : « la division de Gaulle ne doit contenir aucun soldat noir », indique la BBC. « Il est plus souhaitable que la division mentionnée (la Deuxième Division Blindée) ci-dessus se compose de personnel blanc », écrivait en janvier 1944 dans une note « confidentielle » le chef d’Etat major d’Eisenhower, Walter Bedell Smith. « Ceci désignerait la Deuxième Division Blindée, qui ne compte qu’un quart de soldats indigènes, comme la seule formation française opérationnellement disponible pouvant être rendue cent pour cent blanche. »
L'article en entier ici.
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06.09.2008
L'humour est relatif... la bêtise absolue !
Regardons la neuvième photo du diapo créé par Guillaumette Faure de Rue 89 à la convention républicaine de Saint-Paul et consultable ici. Où les militants républicains trouvent intelligent de faire un lien entre les noms d'Obama et de Biden à celui d'Oussama Ben Laden. (Obama bin Baiden, Osama bin Laden). Stupidissimo !
00:54 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : obama, mc cain, présidentielle us, campagne
08.08.2008
La maladie d'Aviso

Pourtant, jusqu'à présent, les choses ne s'améliorent pas. On est un peu à l'aise la nuit mais durant la journée, c'est la galère. J'arrive à consulter mes mails une fois sur deux. Il y a de nombreux sites que je n'arrive pas à ouvrir.
Si vous aussi vous êtes abonné Aviso, j'aimerais que vous me racontiez votre expérience - peut-être que dans ma zone c'est pire qu'ailleurs. Comment faites-vous pour travailler dans ces conditions ? Que faire pour qu'Aviso, qui ne tolère aucun retard dans les paiements de ses factures, respecte ses clients et nous informe avec exactitude de ce qui se passe, nous présente ses excuses et nous dédommage si nécessaire ?
15:30 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : aviso, internet, abidjan, coup de gueule


