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15/06/2009

Un livre censuré au Sénégal

doc censure.jpgLe "modèle démocratique" sénégalais s'érode. Le "deuxième bureau", service du ministère de l'Intérieur chargé de la "police des idées", a décidé d'empêcher la diffusion au pays de Wade du livre d'Abdoul Aziz Diop, 'Une succession en démocratie - les Sénégalais face à l'inattendu'. Le fac-similé ci-contre, que vous pouvez voir en plus grand ici, en témoigne.

Edité chez L'Harmattan, ce livre est une charge assez virulente contre Abdoulaye et Karim Wade, et attaque aussi de manière très forte Idrissa Seck. Extraits de la quatrième de couverture du livre en question :

"Près d'une décennie après le départ du président Senghor du pouvoir, Abdoulaye Wade, dans l'opposition, suggéra clairement : 'l'Afrique doit régler le problème du pouvoir par le consensus' et se posa opportunément deux questions cruciales : 'Comment acs céder au pouvoir ? Comment quitter le pouvoir ?' (...) Depuis bientôt cinq ans, le président Wade prépare l'opinion et les institutions à une 'succession de père en fils' contre laquelle s'organisent déjà de larges franges de la société attachées à 'la forme républicaine de l'Etat'.

L'ambition du présent ouvrage est de conquérir les faits sur les préjugés en retraçant des parcours qui concernent aussi bien les choses que les hommes sur une période courte (2004-2009), mais particulièrement riche d'enseignements."

26/05/2009

Polygame comme Zuma !

 

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Elles sont pas belles, mes chéries ? 

 

 

02/06/2008

Côte d'Ivoire : les douaniers se tournent les pouces chez les FN

L'info est fiable, et me vient d'une source de terrain. Alors que le ministre de l'Economie et des Finances, Charles Diby Koffi, a réinstallé en grande pompe l'administration douanière à la frontière ivoiro-burkinabé (Ouangolodougou), rien n'a changé. Les "ex-rebelles" n'ont pas rendu le poste-frontière aux fonctionnaires de l'Etat ivoirien qui passent leur journée à s'ennuyer à Korhogo. La Centrale, instance économique des Forces nouvelles, continue de recueillir les taxes de la zone. Les camions bourrés de teck et de cacao continuent de traverser la frontière dans un sens, tandis que des camions-citernes acheminent en Côte d'Ivoire de l'essence venue d'ailleurs.
Sur le terrain, les douaniers dépriment sec. Ils veulent rentrer à Abidjan. "Hors de question", leur répond leur hiérarchie. En effet, s'ils reviennent en zone gouvernementale, cela veut dire que l'unicité des caisses, vantée par la Primature à grands renforts de publicité, est une simple escroquerie à l'usage de bailleurs de fonds qui doivent "décaisser" dare-dare.
S'il est évident que Guillaume Soro joue double jeu dans cette affaire - il garde la haute main sur les Forces nouvelles et est donc responsable de tous leurs agissements -, l'on se demande ce que pensent Charles Diby Koffi et Laurent Gbagbo, voire s'ils sont au courant.
Cette affaire est en tout cas du pain bénit pour Gnamien Konan, ancien directeur général des Douanes limogé, qui a toujours affirmé être victime de sa volonté de redéployer l'administration douanière, là où Guillaume Soro voulait continuer à "manger" des deux côtés.

31/05/2008

L'hôtel Ivoire, fin d'une époque

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L'hôtel Ivoire, qui domine la commune de Cocody à Abidjan, n'est-il qu'un hôtel ? Non, bien entendu. C'est un lieu lourd de symboles, et ses murs racontent l'Histoire de la Côte d'Ivoire. L'hôtel Ivoire, avec sa patinoire et son orgueilleuse piscine a longtemps été le symbole de l'houphouétisme triomphant, d'une Côte d'Ivoire enrichie par le cacao et reposant sur le parti unique - les congrès du PDCI-RDA, couverts dans l'effervescence par la presse nationale et internationale, ne s'y tenaient-ils pas ?
L'hôtel Ivoire a, par la suite, été le symbole de la "décote" du pays. Vieillisant à vue d'oeil. Pourrissant de l'intérieur. Comme celles de tous les barons du PDCI, sa piscine a été vidée. Beaucoup d'articles de journalistes étrangers ont décrit ce spectacle affligeant, comme pour planter le décor.
Puis, il y a eu novembre 2004 et les "événements". Il y a eu "la victoire aux mains nues" (pour reprendre le titre du documentaire engagé de Sidiki Bakaba) des patriotes ivoiriens sur les soldats de la force Licorne, le sang, les larmes mêlées à un sentiment de dignité retrouvée. Parabole de la mort et de la résurrection ?
En tout cas, dès ce lundi, l'hôtel Ivoire se refait une beauté. Il entame sa mue, pour prendre un nouveau visage. Le grand hall ferme ses portes pour deux ans. La tour dont la construction avait été engagée pour le sommet de l'Union postale universelle (UPU), dont l'organisation avait été attribuée à un autre pays pour cause de guerre, et qui donnait jusqu'ici la triste impression de chantier avorté, sera achevée.
Après de longues tractations, c'est visiblement PFO, l'entreprise de l'architecte ivoiro-libanais Pierre Fakhoury, qui a été choisie pour les travaux de rénovation. Pierre Fakhoury, le bâtisseur de la basilique de Yamoussoukro et du futur palais présidentiel, symbole de l'houphouétisme triomphant et néo-fidèle de Laurent Gbagbo... Double figure de la gloire de la "première maison" et de celle de la deuxième ? Preuve du "retour de l'ancien" après la Résistance et ses tourments ? A chacun de choisir. En tout cas, l'hôtel Ivoire prendra un coup de neuf, et nous attendons impatiemment le visage qu'il présentera en 2010.