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15/08/2009

Cédric Kalonji présente Africavillage, son nouveau bébé

 

Je continue ma série d'interviews d'entrepreneurs du web et du mobile dans la perspective du "Carrefour des Possibles" avec Cédric Kalonji @congolese sur Twitter), promoteur de la toute nouvelle plateforme de blogs/réseau social Africavillage. Sur AfricaVillage, il y a d'ailleurs un groupe de discussion consacré au "Carrefour des possibles" africain. Personnellement, je suis déjà inscrit sur AfricaVillage. Et vous ?

 

 

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- Après ton blog personnel qui t'a révélé et Congoblog, te voici avec dans les bras un nouveau "bébé" : Africavillage. Peux-tu nous le présenter ?

Africa Village est une plate-forme de blogs et réseau social africain. En créant cette plate-forme, l’idée et de permettre à des jeunes africains de prendre la parole, de s’exprimer eux-mêmes sur leur quotidien et de ne plus laisser le soin aux seuls « spécialistes de l’Afrique » de parler de ce qui s’y passe. L’idée du réseau social en plus de la plate-forme permettant de créer gratuitement son Blog a pour but de favoriser des échanges entre ceux des Africains qui sont déjà chevronnés dans le domaine du Web 2.0 et ceux qui ont besoin de conseils pour prendre en main ces technologies.

- Si on te demande pourquoi intégrer cette nouvelle communauté, alors qu'on est déjà inscrit sur de nombreux réseaux sociaux, que réponds-tu ?

Je dirais que cette plate-forme n’est pas là pour remplacer Facebook et les autres réseaux déjà existants mais c’est un outil de plus, beaucoup plus orienté Afrique. Il n’est pas facile de sortir du lot sur un site qui compte des millions d’utilisateurs. Africa Village est destiné aux africains et veut privilégier l’échange que certains diront « sud-sud ». Je suis persuadé qu’il y a des talents sur le continent, qu’il existe plein d’initiatives intéressantes, mais seul dans son coin on a très peu de chance d’avancer. Réunis dans un esprit d’échange des savoirs, on peut arriver à sortir du néant des initiatives viables made in Africa.

- Si je suis un petit entrepreneur vivant dans une ville de province en Côte d'Ivoire, à quoi cela peut-il me servir d'intervenir à travers un blog, la participation à un forum ou à un groupe sur Africavillage ?

Un jeune entrepreneur ivoirien peut déjà créer gratuitement un Blog pour promouvoir son activité. Il peut en même temps voir qui est déjà inscrit sur le site et se constituer un réseau de gens qui s’intéressent aux mêmes thématiques. A travers les forums et les groupes qu’il peut créer gratuitement, il animer une communauté, lancer des discussions et poser des questions qui trouveront sans doute des réponses au sein de la communauté.

- Quelle est la perspective d'Africavillage à moyen terme ?

Africa Village est à la recherche de collaborateurs. De jeunes Africains passionnés qui veulent partager leur quotidien et leur savoir-faire avec leurs frères d’autres pays du continent. Nous voulons constituer un pôle de membres actifs qui aideront à vulgariser autour d’eux l’importance de ces outils que nous offre le Web 2.0 et la chance que ces technologies offrent de produire et diffuser du contenu facilement et à très faible coût.

- Globalement, quel regard portes-tu sur l'évolution du web africain d'aujourd'hui ?

L’évolution du Web en Afrique se fait à plusieurs vitesses. Déjà il y a des pays mieux dotés que d’autres. Et puis, Internet n’est pas encore bien exploité dans sa dimension business sur le continent alors qu’il pourrait constituer un domaine porteur dans lequel investir. La grande majorité d’Africains qui utilisent Internet le font pour lire des mails, en envoyer. Les plus avancés vont trainer sur des sites Web d’information ou encore sur des sites de rencontre.

Il est étonnant de constater qu’elles sont rares les entreprises africaines dotées de sites Web professionnels et rentables. Il y a beaucoup à faire. Il y a des Africains qui se lancent avec le moyen du bord et qui réussissent dans une certains mesure. C’est particulièrement difficile mais au moins on ne peut pas parler d’immobilisme, ce qui est une donne positive.


- Crois-tu au développement d'applications mobiles en Afrique, quand on sait que le téléphone mobile est bien plus répandu que l'ordinateur ?

J’y crois dans la mesure où l’Afrique brûle les étapes. Nous n’avons presque pas connu le téléphone fixe mais nous nageons déjà dans l’ère du mobile. L’internet mobile fait son entrée sur le continent mais comme avec l’ordinateur, la plupart ne se servent de leurs téléphones que pour appeler et envoyer des texto. Il ya besoin de vulgarisation sur les nombreuses autres options et services qui peuvent faciliter la vie au quotidien. Ces applications, il faut les développer et les mettre à disposition des clients. La grande question c’est de les adapter aux réalités africaines. Pour cela, il faut que des Africains participent à leur élaboration parce qu’ils sont les seuls à savoir ce qui est bien pour eux.

 

22/07/2009

Fritz Ekwoge : le SMS comme outil de constitution d'un annuaire des téléphones mobiles

 

Je continue ma série d'interviews d'entrepreneurs du web et du mobile dans la perspective du "Carrefour des Possibles" avec Fritz Ekwoge, créateur de iYam.mobi, une application mobile innovante... et qui se trouve être un des cofondateurs de Kerawa.

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Vous êtes le créateur de iYam.mobi, une application mobile assez intéressante qui pourrait s'assimiler à un annuaire consultable par SMS. Pouvez-vous nous en dire plus ?

 

 

iYam.mobi est un annuaire consultable par SMS. Lancé le 10 Avril 2009, il a pour but d’éradiquer les méthodes archaïques qu’on utilise pour avoir les numéros de téléphone de nos amis, des membres de notre famille, des professionnels (plombiers, avocats, …), et aussi des entreprises. iYam.mobi à été conçu pour remplir une seule mission: Find Anyone.

 

C'est une évidence sur laquelle tout le monde s'accorde : les téléphones portables ont pris le dessus sur les téléphones fixes dans notre quotidien africain. On voit même des numéros de téléphone portable mentionnés à l'entrée de certains commerces. Malheureusement il n’y a pas (à ma connaissance) d’annuaire pour recenser tous les numéros de ces téléphones portables comme il en existe pour les téléphones fixes.

WolframAlpha dit qu’en 2007, il y avait environ 31 millions de téléphones fixes utilisés en Afrique (http://www06.wolframalpha.com/input/?i=africa+number+of+landline) contre 272 millions de téléphones portables (http://www06.wolframalpha.com/input/?i=africa+number+of+cellular+phones) ! Maintenant, avec environ 9 fois plus d’utilisateurs, dites-moi qui a le plus besoin d’un annuaire ? Le téléphone fixe ou le téléphone portable ?

La meilleure façon de créer un service qui pourra marcher avec tous ces téléphones portables, c’est de créer un service à base de SMS. Les SMS fonctionnent sur la majorité des téléphones portables et sont supportés par la majorité des opérateurs mobiles. J’ai donc créé un service qui fonctionnera via SMS, et permettra la consultation d’un annuaire de numéros portables. J’ai crée iYam: The world’s first mobile mobile phone directory.

 

- Quel est votre bilan depuis votre lancement ? Quels sont les marchés sur lesquels vous êtes déjà lancés ? Quelles sont vos prochaines cibles ?

 

Le lancement le 10/04/2009 n’était pas vraiment destiné au grand public, mais ciblait les geeks et les amoureux de NTIC ; il s'agissait de ce qu'on appelle "a proof of concept version". Je profite de cette occasion pour remercier tous ces *early adopters* qui ont testé le service et m'ont donné leurs feedbacks.

iYam est un projet de la même envergure que le paiement par téléphone portable. Il y a beaucoup d’acteurs en jeu, qui doivent collaborer pour que ce service soit utilisé à grande échelle et soit rentable. Des négociations et des partenariats sont en cours pour qu’iYam devienne une réalité dans tous les pays africains. Si je divulgue tous les partenariats en cours, il faudra que je vous tue après:)

Je peux vous donner quelques statistiques : iYam contient aujourd’hui plus de 5000 business contacts camerounaises, plus de 6000 business contacts ghanéens, et 40000+ business contacts kenyans.

iYam est aussi devenu plus riche en qualité d’information. Vous pouvez même chercher un hôtel ou une pizzeria au Cameroun avec iYam en envoyant un simple SMS. Voici quelques requêtes qui marchent déjà sur iYam en envoyant une simple requête par SMS au +237 7487 3391 :

Find pizza douala

Find hotel yaounde

Find pizza Nairobi

Find expert php mysql douala

Vous voulez par exemple connaitre  tous les acteurs derrière Kerawa.com ? Envoyez ceci par SMS au +237 7487 3391:

Find kerawa

Rien encore sur la Côte d’Ivoire. Peut-être tu seras le premier Ivoirien à t’inscrire sur iYam !

C'est simple de s'inscrire. Il suffit d'envoyer le SMS suivant au +237 7487 3391 : iYam votre_nom_et_description

Example 1 :

iYam Nino Njopkou, NTIC consultant. Cameroonian, co-founder kerawa.comafrikeo.com20mai.netdiofap.orgbenoue.com. Paris, France.

Example 2 :

iYam Ekwoge Fritz Ekwoge. Christian. Software Engineer. Co-founder kerawa.com, iyam.mobi. Pipo. ekwogefee@gmail.com aka fee.

- Envisagez-vous des partenariats avec des opérateurs mobiles ou des fournisseurs de services télécom à valeur ajoutée ?

 

Je n’envisage que ça. iYam ne peut pas démarrer en grande échelle sans leur appui. Nous sommes très intéressés à établir des partenariats avec les différents opérateurs mobiles et fournisseurs de services télécom à valeur ajoutée.

 

-  Peut-on dire qu’iYam.mobi fait partie de l'univers du web 2.0 africain ?

 

Dire qu’iYam.mobi fait partie de l’univers du web 2.0 n’est pas très exact, car iYam n’est pas un site web, et n’utilise pas Internet pour fonctionner ! Le site http://iYam.mobi n’est là que pour information et sert de tutoriel. iYam fonctionne uniquement par SMS. Web 2.0 ? SMS 2.0? NTIC 2.0? Peut-être. Africain ? Sans aucun doute.

 

- Pourquoi avoir choisi le "support" mobile et la technologie SMS, assez sommaire ? Pensez-vous à faire basculer une partie de vos contenus online ?

 

J’ai choisi le support mobile car il est plus accessible que le support web ici en Afrique. Au moins, de nos jours. De surcroît, le SMS fonctionne sur presque tous les téléphones portables. Une autre raison pour laquelle j’ai choisi le SMS, c’est qu’il me donne la possibilité d’avoir un business model très clair pour ce genre de service.

Je ne pense pas basculer le contenu d’iYam online sous peu. Cela dépendra des business models que j’aurais identifiés comme étant rentables. Des annuaires en lignes existent déjà.  Mais je ne pense pas qu’ils soient aussi rentables ou dynamiques qu’un site d'annonces.

Google contient un index des pages web. C’est normal qu’il utilise une interface web qui permettra aux utilisateurs de cliquer sur les liens. iYam contient un index de numéros portables. C’est normal qu’il utilise une interface mobile (e.g SMS) qui permet aux utilisateurs de rapidement appelés les numéros trouvés.

 

- Sur vos marchés naturels, l'Internet haut débit est encore un luxe, tandis que le mobile est démocratique ? Pensez-vous combiner les deux ?

Il y a beaucoup de services qu’on peut ajouter dans le cadre de iYam. Il y a aussi d'autres médias intéressants comme le WAP ou les autres formes de web mobile. Nous diversifierons iYam en fonctionne des changements technologiques constatés.

 

- Quel regard portez-vous sur les usages du mobile, de l'Internet et du web en Afrique subsaharienne ? Quelles sont les applications qui vous intéressent le plus ?

Permettez moi de le dire en anglais : "The way we develop here in Africa will be different from the way the developed nations did. They grew up with computers. We are growing up with mobile phones". Je pense que nous n’exploitons pas à fond notre potentiel pour extraire le maximum des services mobiles, internet, et web en Afrique subsaharienne.

Le gouvernement et les grands opérateurs économiques dans nos différents pays ne mettent pas assez d’efforts pour intégrer les NTICs dans leurs différentes stratégies de développement. Il faut commencer par les bases, l’éducation.

Les applications internet qui m’intéressent le plus sont les petites annonces, que Nino(@yn3) et moi(@kerawa_coder) avons déjà commencées  avec Kerawa.com. Il y a aussi l’achat direct en ligne que j’aimerais voir marcher en Afrique.

Ce que je regrette le plus au sujet des services mobiles actuels, c’est que ceux avec le plus de succès sont les services de distractions comme les ringtones et les « call tunes ». J’aimerais voir fonctionner dans tous les pays africains le paiement par téléphone portable comme M-Pesa au Kenya, les services d’informations comme iYam, ou les services de conseils pratiques comme Google SMS Uganda.

 

- Pensez-vous que les nouvelles technologies peuvent permettre de vraies créations d'emplois sur un continent où le chômage est endémique ?

 

Les nouvelles technologies ont créé beaucoup d’emplois en Inde. La même chose peut se produire en Afrique. Le manque d’information contribue aussi au chomage. De nos jours, s’il y a un emploi disponible, l’information ne circule pas assez. Si quelqu’un possède un talent particulier, l’information ne circule pas assez. Les NTICs pourront aider à régler ça.

 

- Quel livre, quelle vidéo ou quel blog conseilleriez-vous à un jeune Africain intéressé par les TIC ?

 

Je suis Anglophone. Je m’excuse d’avance si tous ce que je lis souvent est en anglais. Souvent, il faut lire ce que nos prédécesseurs ont fait pour comprendre les chemins qu’ils ont eu à prendre. Je vous conseillerais donc le livre : Founders at Work (Stories of Startups in their early days). Il y a l’histoire de Paypal , Gmail, Apple… Ensuite, il y a news.ycombinator.com que je consulte fréquemment. Je consulte aussi de temps en temps les blogs Africains. Il en faut encore plus, de blogs NTIC africains, à mon avis.

 

- En quelques épisodes qui vous ont marqué, pouvez-vous nous raconter le parcours qui vous a conduit au web et au monde des entreprenautes ?

Etant étudiant à Polytechnique Yaoundé, je m’intéressais beaucoup à la programmation, mais pas forcément à la programmation web. Nino (@yn3) m’avait remarqué un jour en ligne suite à une compétition open source, et à proposer qu’on travaille ensemble. Etant fauché, je me rappelle que je lui facturais très cher mes services (rires !). Après, on a commencé à parler assez souvent en ligne. A l’époque, tout ce que je connaissais sur le web était limité à Yahoo et Google. C’est Nino qui m’a « ouvert l’œil » sur les NTIC et ce qui se faisait sur internet. Je ne connaissais rien sur les blogs, les RSS, le web 2.0, user generated content, ebay, amazon, … etc. Il m’a montré le manque de services web africains, et m’a convaincu que c’était notre devoir d’apporter notre contribution. On a commencé à travailler ensemble sur Akopo quand j’étais encore étudiant.  Avec Akopo, on a beaucoup appris sur le marché web africain. Ce qu’il fallait faire, et surtout ce qu’il ne fallait pas faire.

Dès que j’ai finit les études et que j’ai commencé un emploi, nous avons lancé un autre site. Kerawa.com. L’histoire de Kerawa ne saurait être mieux être racontée que par son CEO, Nino. ON peut la lire ici : http://kouamouo.ivoire-blog.com/archive/2009/07/15/yannick-nino-njopkou-la-belle-histoire-de-kerawa-com.html.

 

 

17/07/2009

Yannick Nino Njopkou : la belle histoire de kerawa.com

Dans la perspective du Carrefour des possibles consacré à l'Afrique qui sera bientôt organisé par la Fondation Internet Nouvelle Génération, je lance sur ce blog une série d'interviews d'entrepreneurs africains spécialisés dans les contenus et applications en ligne et sur téléphone mobile. Cette série d'interviews annonce également la naissance prochaine d'un portail spécialisé dans l'actualité et la vie des entreprises et des entrepreneurs africains. Le nom ? Vous le saurez bientôt. Pour ouvrir cette série, j'interviewe Yannick Nino Njopkou (@yn3 sur twitter), un des fondateurs du site d'annonces panafricain kerawa.com.

 

 

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- Vous êtes un des fondateurs de Kerawa, site d'annonces qui se veut le "Craiglist africain". Pouvez-vous nous raconter sa naissance ?

 

L’idée de Kerawa.com naît un soir de Septembre 2007, alors que l’autre co-fondateur Ekwoge Fritz ((@kerawa_coder sur Twitter) et moi étions en chat sur l’amélioration des fonctionnalités de la plateforme de blogs sur laquelle nous travaillions http://www.akopo.com

Fritz venait de finir ses études, et cherchait un appartement à louer à Douala. Comme il travaillait déjà et ne trouvait pas de temps pour la recherche de son appartement, il s’est plaint en disant qu’il gagnerait du temps s’il y avait un site où des appartements à louer était proposé.

Nous avons alors approfondi fébrilement l’idée, avec la conviction que nous tenions là un diamant qui ne demandait qu’à être poli. Nos recherches nous ont rapidement montré que le marché était encore relativement vierge, aussi bien au Cameroun que dans d’autres pays africains/.

Voilà donc comment nous lançons le site web http://www.kerawa.com en Octobre 2007, tout simplement à partir d’un besoin exprimé par un co-fondateur, pour lequel nous identifions un énorme potentiel.

- Quels sont les principes fondamentaux qui régissent votre site ? Peut-on dire qu'il fait partie de l'univers du web 2.0 africain ?

Le principe fondamental est que Kerawa.com est le carrefour de l’offre et de la demande. Nous partons du principe que quelque soit ce dont vous avez légalement besoin, il existe peut-être quelqu’un qui peut le résoudre. La force du site est de mettre en contact un grand nombre d’acteurs pour augmenter les chances de chacun de trouver le bon interlocuteur.

Kerawa.com fait assurément partie du web2.0 africain, puisque le contenu (c'est-à-dire les annonces) sont écrites par les utilisateurs, pas par nous. Il est vrai que le web2.0 est souvent assimilé aux divertissements et aux loisirs, mais beaucoup de sites commerciaux font partie du web2.0 aussi.

- Quel âge a Kerawa ? Quel bilan pouvez-vous dresser ?

Né donc en Octobre 2007, Kerawa.com soufflera bientôt sur sa 2ème bougie. Nous dressons un bilan positif à cette étape.

Positif parce que le concept prouve sa pertinence, quand on voit l’affluence de visiteurs sur le site. Nous atteignons déjà des moyennes de 70.000 visiteurs mensuels. Un site d’annonces comme Kerawa.com, qui ne fait dans pas les rencontres, est relativement nouveau pour des opérateurs économiques. En 2 ans, nous avons changé le design du site 2 fois, nous avons pénétré des marchés improbables comme le Ghana, le Sénégal ou le Maroc, alors qu’on nous confinait au marché camerounais. Bref, le bilan est positif, mais nous ne nous arrêtons pas là, nous regardons devant nous. Plus loin, plus haut.

- Sur vos marchés naturels, l'Internet haut débit est encore un luxe, tandis que le mobile est démocratique ? Pensez-vous vous diversifier sur ce terminal ? Plus globalement, quelles sont vos perspectives ?

Kerawa.com est déjà présent sur mobile. Si vous avez Internet sur votre mobile et un navigateur full HTML, vous accédez à www.kerawa.com

Si la question concerne plutôt l’utilisation du canal SMS, je dirais que nos statistiques de visite montrent que dans les pays que nous ciblons, nous ne touchons même pas encore 20% des internautes. Alors, il est primordial pour nous de solidifier notre présence auprès de notre cible naturelle, avant d’attaquer d’autres cibles via d’autres terminaux.

Notre objectif 2009 est de toucher annuellement et en moyenne au moins 10% des internautes des pays que nous ciblons. Cela donne déjà plus d’1 million d’internautes par an. Donc, avant de parler de mobile, nous devons nous assurer d’avoir bien pénétré le marché sur lequel nous sommes actuellement positionnés.

- Quel regard portez-vous sur les usages de l'Internet et du web en Afrique subsaharienne ? Quelles sont les applications qui vous intéressent le plus ?

Je prends Internet en Afrique aujourd’hui comme la téléphonie mobile des années 1995. Internet se démocratise ailleurs. Soit l’Afrique adopte le canal de communication prépondérant, soit elle s’isole du reste du monde et devient incapable de communiquer. L’enjeu est là : déployer Internet ou s’isoler.

Comme applications d’Internet, il y’a les divertissements, l’apprentissage de la discussion libre avec des amis. Je pense que c’est en prenant du plaisir à utiliser Internet qu’on en saisit les applications plus profondes.

- Pensez-vous que les nouvelles technologies peuvent permettre de vraies créations d'emplois sur un continent où le chômage est endémique ?

La question est complexe. Sans stratégie globale d’éducation et d’investissement, les NTIC auront le même impact que le téléphonie fixe, c'est-à-dire aucun. Aucun secteur ne crée des emplois tout seul, il faut provoquer la création d’emplois. Hélas, la réalité est qu’il n’y que quelques pays à saisir les enjeux des NTIC et à avoir une stratégie globale d’adoption et de vulgarisation. Il est sûr qu’en la lançant en 2010, une stratégie pourrait produire des résultats vers 2016.

- Quel livre, quelle vidéo ou quel blog conseilleriez-vous à un jeune Africain intéressé par les TIC ?

Ceux qui sont intéressés par les TIC savent qu’il n’y a pas une bible des TIC. Il faut beaucoup lire, rester curieux à chaque moment, rester espiègle, savoir décrypter rapidement les impacts d’une innovation. Le web évolue vite, trop vite. Je n’ai ni livre, ni vidéo, ni blog fétiche. Sinon, les blogs que je consulte régulièrement sont http://africa2.0.com , http://babiwatch.ivoire-blog.com, http://techcrunch.com , http://mashable.com , ou http://www.afrikeo.com pour avoir un panorama de ce que disent les blogs et magazines online africains.