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11/10/2011

Et maintenant, que vais-je faire ?

 

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Le site du Nouveau Courrier étant lancé, ce blog a pour vocation à redevenir un blog - et non un espace d'exposition sur Internet à un titre papier qui tardait à bâtir sa case sur la Toile.

 

Un blog, c'est-à-dire un espace plus personnel, au ton moins journalistique, moins conventionnel, plus intimiste. Pour tout dire, j'ai un peu la nostalgie de mon blog d'il y a deux, trois ans, au contenu plus... surprenant. Plus éclectique. Cet espace redevient donc un blog, un vrai, comme pour donner raison à John James qui estime qu'un post de blog doit être :

- personnel, évoquant ce que nous vivons au quotidien ;

- bien écrit sans tomber dans l'académisme et le formalisme, et succint ;

- mis à jour régulièrement ;

- en chantier permanent.

Bien entendu, ça parlera toujours politique par ici, et mes opinions seront toujours aussi "sharp" pour ceux que ça énerve un peu (pardonnez !). Mais je ferai aussi ma revue du web, des articles liés à l'entreprenariat sur Internet et au contenu web, des petites réflexions personnelles, quelques points sur mes lectures, etc... Continuons à marcher d'un même pas.

En avant, prêts, partez !

 

 

02:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)

19/11/2009

Une nouvelle thématique pour ce blog

Depuis environ trois ans, je donne des cours de journalisme à l'Institut des sciences et techniques de la communication (ISTC) d'Abidjan. C'est une école professionnelle publique - elle dépend du ministère de la Communication - dans laquelle cohabitent des filières qui vont du journalisme et de la production audiovisuelle aux télécommunications en passant par le marketing et le graphisme.

Signe du temps qui passe ? De l'âge qui vient ? Je sens en moi un désir de plus en plus grand de m'impliquer dans l'enseignement, de donner aux jeunes ivoiriens un peu de ce que j'ai appris durant mes études de journalisme et mes dix années de pratique du métier - oui, oui, je suis vieux !

J'ai toujours aimé enseigner. En dehors de mes cours à l'ISTC - que je n'avais pas toujours le temps de faire, alors que je dirigeais de manière très active une rédaction -, j'avais créé une petite "école privée et gratuite" au sein du journal ; et j'y enseignais avec beaucoup de bonheur des étudiants que j'avais sélectionnés au regard de leur potentiel... parmi lesquels des blogueurs comme Yoro et Roger Kassé.

Je suis heureux que l'ISTC ait accédé à une vieille demande. Dès cette année, je donnerai des cours aux étudiants de première année, sortant tout juste du lycée. J'espère pouvoir les influencer positivement. Et leur transmettre un certain nombre de choses.

Premièrement, je voudrais qu'ils apprennent à exercer leur REGARD. Savoir regarder est une aptitude qui se cultive. C'est parce qu'on a développé un regard particulier, attentif et critique, sur la société dans laquelle on vit qu'on peut décrire la vie comme elle va ou comme elle ne va pas. Tout simplement.

Deuxièmement, je voudrais qu'ils s'éduquent à lire, qu'ils finissent par aimer lire. Je suis toujours frappé par la faible connaissance des plumes et des professionnels déjà en fonction qui se dévoile lorsqu'on interroge les étudiants qui aspirent à devenir journalistes. C'est en forgeant qu'on devient forgeron, c'est en lisant de belles plumes qu'on apprend à écrire. C'est en admirant des aînés qu'on se dépasse. Au-delà de la culture audiovisuelle dominante et quelque peu facile, les futurs journalistes d'aujourd'hui et de demain doivent aimer lire, c'est-à-dire se concentrer pendant un certain temps sur un sujet unique, approfondir, creuser.

Troisièmement, je voudrais qu'ils sachent dès qu'ils entrent à l'école que notre métier est en train de changer radicalement, ce que leurs aînés ignorent totalement, coincés dans leurs certitudes. Internet, le mobile, le numérique... ne sont pas des défis de la presse occidentale uniquement. Au contraire, nous avons dans les pays d'Afrique subsaharienne une culture de l'achat de journaux et de l'abonnement tellement faible que la fidélité au format papier payant est forcément moins ancrée. Dès lors qu'on a les journaux en ligne au bureau ou à la maison, pourquoi en acheter, d'autant plus que les articles sont souvent légers et... rapides à lire ? La presse ivoirienne devra s'adapter aux TIC avec intelligence ou périr.

Bien entendu, j'aurai besoin du soutien de tous dans mon travail de prof. Je suis à la recherche de manuels de journalisme, même un peu "âgés". J'aimerais faire lire à mes étudiants des romans et des livres de reportage ou des essais écrits par des journalistes. Et je compte sur toutes les âmes charitables qui pourraient se signaler.

 

 

08/12/2008

Pourquoi bloguer sur l'Afrique : revue provisoire

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Il y a des chiffres qui ressemblent à des condamnations. Exemple : seulement 5,5% d'Africains utilisent Internet, un pourcentage qui aurait pu être bien plus bas si le Maghreb et l'Afrique du Sud ne relevaient pas un peu cette moyenne. Heureusement, les chiffres ne disent pas tout. Les pratiques liées au web et aux TIC (technologies de l'information et de la communication) font leur bout de chemin sur le continent, et il ne s'agit pas seulement de la recherche de l'âme soeur occidentale (pratique en vogue), de la consultation des emails ou de la téléphonie par IP.

Progressivement, la blogosphère africaine se structure, et gagne en assurance et en intérêt. Signe des temps : en 2007 et en 2008, ce sont deux Africains (Cédric Kalonji et Israël Yoroba) qui ont gagné la "Coupe du monde des blogs" organisée par la Deutsche Welle dans la catégorie "blogs francophones".

A quoi ressemblent les blogs afro-orientés ? Majoritairement consacrés à l'expression d'opinions politiques au départ, voire de colères - le Français Delugio a ainsi créé son blog parce qu'il contestait le rôle de Paris dans la crise ivoirienne -, ils se diversifient avec bonheur. Ainsi, le blog Africa2point0 évoque, comme son nom l'indique, les mutations liées au web 2.0 sur le continent. Kotonteej parle de musique, Gangeous et Raphaël Adjobi sont férus de littérature (et ne se cantonnent pas à l'Afrique). De plus en plus de blogueurs "postent" autour de leurs préoccupations professionnelles comme le marketing, la publicité et la finance dans leur pays ou leur région.

Où se trouvent les blogueurs afro-orientés ? Si un nombre important vit en Occident, de nombreux blogueurs se trouvent dans les grandes villes du continent, et même dans des villes de province. Churchill Mambe Nanje, qui dirige une entreprise dans le secteur des technologies de l'information à 24 ans, blogue depuis Buéa, dans le Sud-Ouest du Cameroun ; Hilaire Kouakou, dentiste, blogue depuis la zone semi-rurale de Divo, en Côte d'Ivoire.

Dans quelles langues les Africains bloguent-ils ? En anglais principalement (l'Afrique du Sud, première puissance du continent, est anglophone, et et les blogs se revendiquant Sud-Africains constituent plus de la moitié des quelque 4000 blogs recensés par l'agrégateur Afrigator), mais aussi en français voire dans des langues nationales comme le malgache.

Pourquoi bloguer sur l'Afrique ? Pour avoir les réponses des blogueurs afro-orientés, j'ai lancé l'idée d'une chaîne de posts autour de ce thème. Une chaîne de posts qui a tourné en conversation intéressante et riche à plusieurs égards. Les blogueurs afro-orientés bloguent parce que, pour nombre d'entre eux, ils réfutent l'imagine monolithique, emplie de pessimisme et de catastrophisme, que les grands médias mondiaux donnent de l'Afrique.

Etum, qui anime le blog Africa2point0 blogue pour "essayer de gommer la mauvaise image qui colle à ce continent" et pour "informer les autres peuples sur les réalités africaines". "De manière générale je blogue pour communiquer ma passion pour l’Afrique, le web, les nouvelles technologies, l’innovation et l’entreprenariat. Je pense que le blog est un très bon moyen d’expression facile à mettre en place et à maintenir, il devrait être mis dans les mains de tous les africains afin de libérer encore plus l’ expression des uns et des autres. Le blog étant accessible à presque tous de nos jours il représente une chance énorme pour les fils de notre continent de se rencontrer, d’échanger, d’agir et de faire avancer le débat", écrit-il.

Israël Yoroba, qui raconte au quotidien, avec textes et podcasts, le quotidien d'Abidjan et des Abidjanais, est sur la même ligne: "L’Afrique, ce n’est plus seulement les guerres et autres calamités. L’Afrique c’est de plus en plus un continent qui s’affirme et qui veut tenir une place stratégique sur la table du monde. Le blog donc me permet de mettre en valeur ce que l’Afrique a comme atout. Bloguer sur l’Afrique c’est aussi montrer les souffrances de l’Afrique, mais aussi les espoirs des Africains. Mais surtout de montrer aux yeux du monde, ce que les médias traditionnels refusent de montrer."

Plus militante, A travers elle écrit : "Pour que la mère ait enfin des personnes présentes pour la défendre, pour se refuser à ce qu’elle sombre dans un nouveau siècle de résignation et de souffrance. Les miens ne veulent plus se taire."

Bloguer est également pour les Africains une manière de participer à la conversation mondiale, au concert de l'universel. Hilaire Kouakou affirme qu'il blogue "parce que l'Afrique ne peut se soustraire du monde". Philippe Couve, qui anime la web-émission participative L'Atelier des médias sur RFI et en ligne, est persuadé que "l'écosystème de l'information est en train de se modifier en Afrique autant (et peut-être plus encore) qu'ailleurs dans le monde". Il s'explique : "Les outils de publication (les blogs notamment) sont désormais à la disposition de (presque) tous et cela permet à de nouvelles voix de s'élever, à de nouvelles relations de se nouer, d'une province à l'autre, d'un pays à l'autre, d'un continent à l'autre. Et sans en passer par aucun circuit institutionnel ou officiel. Sans subir aucune censure. Le mouvement n'en est qu'à ses débuts. Il va permettre à l'Afrique de prendre sa place sur la Toile, au coeur de la Toile, et non pas à sa périphérie parce que les voix d'Afrique sauront nouer des liens. Ces liens qui constituent l'essence même du web."

Bloguer pour l'Afrique peut également être un acte militant, un refus de la médiocrité et de la situation dans laquelle le continent patauge pour l'instant. L'auteur du blog D'Olinda Café l'exprime de fort belle manière : "En tant qu’Africain blogueur j’essaie de communiquer une combinaison d’appel au changement et d’amour profond pour mon continent. Ce continent se laisse mourir par son refus d’abandonner certains reflexes (la culture africaine n’est pas toujours émancipatrice) lui dictant sa destinée vers un avenir incertain, mais certainement pauvre. Je blogue parce que je pleure, je blogue parce que je veux partager ce brulant désir de mutation qui est enfoui en moi. On a été trop longtemps pauvres et, même si les idées seules ne peuvent changer mon Afrique, elles peuvent y contribuer. Je « blogue Afrique » parce que je suis fatigué d’accuser les autres, fatigué de maudire les présages divins, de justifier la misère de mon continent."

Mais le blog n'est-il pas, en Afrique, une pratique de privilégiés ? Les blogueurs peuvent-ils changer les choses, alors que la majorité n'a pas accès à Internet ? Randy Donny pense que oui. "Oui, tout le monde ne peut avoir accès à Internet. Mais justement, bloguer permet d'interpeller l'élite éclairée, ceux qui ont les moyens, financier et/ou intellectuel, donc des leaders susceptibles de transmettre le message ou, tout simplement, de réfléchir dans un élan commun sur l'avenir de l'Afrique dont la raison fondamentale du non-développement est logée, en définitive et cela n'engage que moi, dans la matière grise." La blogosphère, lieu d'accouchement de la renaissance africaine ?

Pour aller plus loin et découvrir les posts rédigés dans le cadre de notre chaîne, cliquez ici.

Pour découvrir la conversation malgache, à l'intérieur de cette grande conversation africaine, cliquez ici.

23:44 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (15)

16/10/2008

Blogs de quartier au Cameroun

Nous parlions il y a quelques jours de l'avenir de notre blogosphère africaine, des moyens de la rendre plus pertinente, plus intéressante pour le plus grand nombre, plus ancrée dans la durée. Une piste nous vient du Cameroun avec MboaBlog, une plateforme de blogs spécialisée dans l'actualité de proximité des quartiers de Yaoundé. Je vous laisse regarder et je vous promets bientôt une interview avec son concepteur. Le site est en version bêta et son promoteur est un des lecteurs de ce blog. Laissez donc critiques et/ou encouragements, il les lira.

02:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)

12/10/2008

A propos d'Alassane Ouattara et de son programme

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S'il y a un sujet qui a fait couler beaucoup d'encre et de salive ces derniers jours, c'est la publication, à l'occasion de la convention du RDR, du programme de gouvernement du candidat Alassane Dramane Ouattara. La presse RDR a, avec des accents messianiques, expliqué à ses lecteurs qu'ADO est décidément l'homme qu'il faut à la Côte d'Ivoire. La presse "bleue" a quant à elle ironisé en disant qu'ADO avait présenté un programme socialiste, faisant ainsi campagne pour Gbagbo.
A l'évidence, le président du RDR, parti considéré comme libéral, a beaucoup gauchisé son discours. Son programme, axé sur des services publics de qualité, une assurance maladie universelle et une initiative ambitieuse de logements sociaux - "à chacun une maison de 5 millions payable en 25 ans - est, en effet, objectivement socialiste. Il a gauchisé son discours, clairement. Par exemple, dans son programme "Vivre ensemble" publié en 2000, il se montre extrêmement dubitatif à l'idée de créer un système de sécurité sociale généralisé - ce que propose alors Laurent Gbagbo. Ses propositions se résument en réalité à une série de questions qu'il propose de trancher... par référendum !

"Un système de sécurité sociale peut-il être créé immédiatement ? Les couches sociales les plus défavorisées, c'est-à-dire celles qui ont le plus besoin de bénéficier d'une couverture sociale, sont aussi celles qui ont le plus de difficultés à entrer dans un système de mutualisation et à cotiser régulièrement ? Faut-il les exonérer de toute contribution ? N'est-il pas alors plus simple de leur délivrer gratuitement les prestations essentielles ? Ou faut-il, au contraire, par principe leur demander de contribuer (une cotisation) minimale ? Mais tout le monde a-t-il vraiment les moyens de cotiser ? Que ferions-nous de ceux qui ne seraient pas à jour ? (...) Le système de sécurité sociale lui-même a un coût, surtout s'il est calqué sur un modèle occidental, s'il pousse à une consommation excessive de prestations ; ne pouvons-nous pas tirer des enseignements précieux de l'expérience de nos mécanismes de solidarité traditionnelles (au sein des familles, dans le cadre des tontines) pour nous éviter de créer des systèmes trop lourds et trop coûteux ?
Toutes ces questions sont complexes et si nous allons trop vite, nous risquons de créer un système déséquilibré sur le plan financier ou qui ne profitera qu'aux couches les plus favorisées.

Quelles réponses pratiques proposons-nous en conséquence ? Donnons nous un certain temps pour réfléchir à tête reposée à cette grande question de société ; organisons un grand débat national sur la sécurité sociale, construisons deux ou trois projets possibles, cohérents et financés de manière claire, et choisissons ensemble le meilleur par la voie d'un référendum. Nous nous engageons à soumettre des propositions concrètes à la Nation dans ce sens dans un délai de 2 ans."



En 2000, Alassane Ouattara réservait les manuels scolaires gratuits aux enfants dont les revenus des parents étaient inférieurs à moins de 50 000 F CFA par mois. Il n'était pas du tout pour la réinstauration de la CAISTAB, mais pour un faible interventionnisme de l'Etat dans la filière café-cacao. Il fallait aider les paysans à s'organiser pour mieux gérer les filières. Son programme de logements financé par un endettement de l'Etat n'existait pas : il promettait de faire du plaidoyer, de convaincre les banquiers à baisser leur taux pour les crédits immobiliers.

Dans une dimension purement programmatique, Ouattara a effectué un virage à gauche. Pourquoi ? Comment faire après la guerre ce qu'il estimait difficile à mettre en oeuvre avant ? Pour la sécurité sociale, peut-être qu'il a pris acte des nouvelles bonnes dispositions de la communauté internationale envers les systèmes d'assurance-maladie dans le Tiers-Monde. Pour le reste, il sait que son électorat est pauvre et attend beaucoup. Il doit faire PLUS de promesses que Gbagbo.

Au-delà de cette gauchisation évidente - elle n'est peut-être que verbale, les promesses n'engageant que ceux qui y croient -, quelque chose me frappe. Alassane Ouattara fonde son programme social sur l'endettement. Au micro de Norbert Navarro de RFI, il a dit : "Les caisses sont vides parce qu’il n’y a pas de financements extérieurs (...) Beaucoup d’autres pays ont en matière de soutiens extérieurs l’équivalent de leur budget par an".

Comme qui dirait, supposons une supposition. Supposons qu'à peine arrivé au pouvoir, il soit victime d'un coup d'Etat transformé en rébellion qui empêche la signature du programme de réduction de la dette, rende le risque-pays énorme pour les investisseurs privés et l'empêche de s'acquitter des arriérés dus au FMI et à la Banque mondiale. Objectivement, il ne pourra pas appliquer son programme. Imaginons qu'à la suite de nombreuses années de guerre et de chaos, des élections arrivent et que les financiers de la guerre qui l'a empêché de réaliser son programme soient candidats et critiquent son "bilan".

C'est exactement dans cette situation que ses amis politiques et lui ont plongé la Côte d'Ivoire pendant plus de six ans. Quand un homme politique écrit son programme, il l'écrit en supposant qu'il n'y aura pas de guerre. Interrompre le cours d'une gouvernance par les armes puis mettre en cause le programme d'un élu, c'est de la tricherie.

On ne peut pas aujourd'hui parler uniquement de programmes et de bilans en Côte d'Ivoire comme si l'on était au Bénin, au Mali ou en Finlande.
On ne peut pas éluder la question du passé récent, de la guerre et de la paix et de ce que certains leaders sont prêts à faire par "amour de leur pays".

18:56 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (72)

Kelele 2009 : y serez-vous ?

kelele.pngLa première conférence africaine des blogueurs sera organisée du 13 au 16 août 2009 à Nairobi, au Kenya. Elle sera baptisée Kelele. Kelele est un mot swahili qui signifie "bruit". Les initiateurs de Kelele veulent organiser un rassemblement de blogueurs dans la tradition historique des sociétés africaines où chacun a droit à une voix. Ils partent du principe que trop de voix sont marginalisées aujourd'hui en Afrique et que l'internet en général et les médias citoyens/populaires en général comme les blogs représentent la manière la plus puissante de redonner la parole aux Africains. Ils se rassemblent pour faire un bruit puissant, positif, qui inspirera et sera entendu dans tout le continent et au-delà.
Beau programme ! J'espère pouvoir m'y impliquer. Et vous ? Il est grand temps pour la blogosphère africaine de dépasser les barrières linguistiques.

Pour en savoir plus, ce post de White African et le site de Kelele.



17:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7)

17/09/2008

Blogs : de l'or ou de la boue dans les commentaires ?

Un post sur le site de l'Atelier des médias qui vient à point nommé. A lire ici.

23:41 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7)

Le blues du blogueur à la bourre

um nyobé.jpgS'il y a une chose qui peut rendre massacrante l'humeur d'un blogueur passionné comme moi, c'est bien d'être aspiré par les occupations du quotidien au point de voir passer, impuissant, des sujets intéressants à chroniquer... faute de temps !
J'aurais voulu... Ah ! j'aurais voulu évoquer, le 13 septembre dernier, le cinquantième anniversaire de l'assassinat de Ruben Um Nyobé, authentique père de la Nation camerounaise, mort avant l'indépendance sous les balles de la soldatesque coloniale, parce qu'il réclamait la liberté pour ses compatriotes et avait insufflé aux habitants de son pays une conscience nationale qui les avait dressés contre l'occupant. Ruben Um Nyobé, qui croule aujourd'hui sous les hommages des essayistes et éditorialistes camerounais, dont les textes sont étudiés dans les universités du monde entier grâce au patient travail de compilation de l'historien Achille Mbembe. Um Nyobé qui a gagné le combat idéologique contre les "aujoulatistes" (André-Marie Mbida, Ahmadou Ahidjo, Paul Biya), serviles et opportunistes courroies de transmission du colonialisme et du néocolonialisme, mais qui n'a pas encore remporté la victoire "réelle" : le pays continue à être dirigé par une ligue politique qui considère visiblement l'unité des Camerounais comme une menace et structure une économie du manque poussant les cerveaux les plus alertes à l'exil ou à l'amertume désabusée. A quand une avenue Um Nyobé à Yaoundé ? A quand une alternative politique au Cameroun ?

J'aurais voulu parler avec vous du contenu d'une brève parue dans Jeune Afrique (titrée "L'Afrique finance Bolloré"), et qui bat en brèche une certaine propagande, relayée par Nicolas Sarkozy lors d'un discours à Cotonou - avant son élection - selon laquelle le continent n'a qu'une importance marginale pour les grands consortiums français :

"Au premier semestre (2008), les activités de transports du groupe Bolloré, qui s'exercent principalement sur le continent, ont permis un résultat d'exploitation de 162 millions d'euros, quand ses autres domaines (médias, voiture électrique...) ont perdu 83 millions d'euros. Le chiffre d'affaires atteint 3,6 milliards d'euros, dont 2,2 milliards dans les transports".


J'aurais voulu évoquer, aussi, les "blogueurs" de la haine, stakhanovistes du clavier, polluant tous les posts de notre communauté de violents commentaires souvent hors sujet, mais toujours insultants, vulgaires et diffamatoires. J'aurais voulu parler de leur attitude visant à importer sur notre plateforme la pratique du "posting sauvage" qui fleurit sur le forum d'un grand portail ivoirien. Le débat participatif a-t-il besoin de tels énergumènes ?

Malheureusement, je ne fais pas que bloguer. Et je n'arrive pas toujours à trouver le temps nécessaire pour évoquer tous les sujets qui me tiennent à coeur. Ma consolation ? Parmi les projets sur lesquels je travaille, il y en a un qui pourrait plaire aux citoyens de notre "village" et être utiles à la communauté. Je n'en dirais pas plus pour l'instant... mais le teasing est lancé ! On est ensemble !

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06/09/2008

De nouvelles règles sur Ivoire-Blog

A lire ici.

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02/09/2008

Blog Day 2008

Mieux vaut tard que jamais. Avec deux jours de retard, je participe à la grande chaîne du "BlogDay 2008", qui consiste pour tous les blogueurs à citer (une fois par an, cette année le 31 août), cinq blogs qu'ils aiment visiter - histoire de les faire découvrir à leurs visiteurs. J'essaierai de ne pas parler des blogs dont je parle régulièrement.

- Je voudrais vous faire découvrir un blog "making of", celui d'Afriplay, qui nous promet une révolution dans le monde des webtv africaines.

- Sur Ivoire-Blog, un petit nouveau qui fait son chemin et nous aide vraiment au quotidien, le blog des Ntic.

- Sur Rue 89, j'aime bien le blog Chinatown de Pierre Haski, qui a l'art de nous faire sortir des clichés sur la Chine et d'enrichir notre culture de citoyen au coeur de la mondialisation.

- Le blog de l'initiative Ushahidi, qui consiste à utiliser le SMS comme arme d'alerte dans les situations de violation de droits de l'homme et de conflits. J'aime bien l'aspect "crowdsourcing" de l'affaire, l'idée qu'on peut témoigner sur le net sans avoir le net... par téléphone tout simplement !

- Trichons un peu et faisons un peu de promo pour Afrobazz et Afrikeo, nouveaux agrégateurs d'info africains - le premier mettant en valeurs les contenus francophones.

01:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (9)