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17/11/2009

Pasqua accuse Villepin d’avoir tenté de renverser Gbagbo

Il n’y a pas qu’en Côte d’Ivoire que les « petits meurtres entre amis » sont furieusement tendance. Au sein de la droite française, on se déchire, on hurle… Menacé par les développements judiciaires de l’Angolagate, Charles Pasqua commence à parler en ne disant presque rien, en mode « arrêtez cette procédure judiciaire ou je mets en lumière notre misérable tas de secrets ». Extrait d’un article de François Soudan dans la dernière livraison de Jeune Afrique :

« Dans Le Journal du dimanche du 8 novembre dernier, le sénateur des Hauts-de-Seine accuse Dominique de Villepin d’avoir « planifié le renversement de deux chefs d’Etat africains », ajoutant que ce dernier, alors secrétaire général de l’Elysée, avait chargé le très sulfureux Jean-Charles Marchiani de s’en occuper.

Prié, quatre jours plus tard, de citer les noms des deux « cibles » de Villepin, Pasqua répond : « Je ne sais pas », tout en ajoutant : « J’imagine mal que le président de la République [Jacques Chirac] n’ait pas été mis au courant. » Quoi d’autre ? Rien. Il faut confesser, off the record, l’un de ses avocats, pour en savoir plus sur cette grave accusation que son auteur, apparemment, hésite à assumer : « L’un des deux, c’est Laurent Gbagbo ;l’autre, je l’ignore », confie ce proche sous le couvert de l’anonymat. »

Intéressant… Tout cela va bien finir par se savoir…

21/09/2009

Des militaires français bientôt en Côte d'Ivoire

Notre ami Yoro l'a lu dans le quotidien français Le Midi Libre. Des CRS militaires de l'Hexagone sont en train de se former aux techniques de contrôle de foules désarmées, qu'on n'a aucun mal à identifier aux jeunes patriotes, dans la perspective de la prochaine présidentielle.

"Les gaz des grenades lacrymogènes se dissipent. De la fumée sortent des jeunes en sweat-shirt, foulard sur la bouche, capuche sur la tête et yeux piquants. En face d'eux, des hommes kaki portant bouclier, matraque, jambières, genouillères, coudières et casque à visière. Ils viennent de subir une attaque en règle, à grand renfort de projectiles divers et variés, après qu'une manifestation a dégénéré.

Cette scène d'émeute serait classique si elle n'avait eu lieu au camp des garrigues, si les "assaillants" n'étaient autres que des légionnaires et si les hommes qui leur faisaient face n'étaient ni des gendarmes ni des CRS, mais bien leurs copains du 2e Régiment étranger d'infanterie. Ensemble, ils s'exercent au contrôle de foule, avant leur prochain départ pour une mission de quatre mois en Côte-d'Ivoire.".

 

Pour lire l'article en entier, cliquons ici. Notons bien que la soldatesque de Nicolas Sarkozy ne s'entraîne pas au désarmement forcé de factions rebelles refusant de désarmer après des élections sonnant la fin de la récréation - un scénario pourtant très probable. Est-ce surprenant ? Non. L'on sait très bien qui, depuis septembre 2002, représente le "désordre", "l'ennemi", "la force à neutraliser", pour la France officielle en Côte d'Ivoire. Une France officielle qui ne se prépare qu'à mater la seule "vraie" rébellion à ses yeux : le bataillon de la rue qui, plusieurs fois, a rendu impossible le renversement de Laurent Gbagbo et a mis en danger les intérêts de l'ex-métropole.

Petit rappel : tous les sondages (notamment ceux réalisés par des instituts français) donnent Laurent Gbagbo favori dans la perspective de la prochaine présidentielle.

22/07/2009

Tibéhirine-Karachi-Bouaké : quel rapport ?

Chirac_Sarkozy.jpgAvons-nous tort de ne pas y regarder de plus près ? En France actuellement, chiraquiens et sarkozystes semblent laver le linge sale des affaires diplomatiques de la droite par révélations médiatiques et offensives judiciaires interposées. Deux affaires sont au centre des polémiques.

La première concerne l'attentat du 8 mai 2002 sur un chantier géré par la Direction des Constructions Navales (DCN) française à Karachi (Pakistan), qui a coûté la vie à quatorze personnes, dont onze ingénieurs et techniciens hexagonaux. De toute évidence, dès le départ, les "milieux autorisés" savaient que cet attentat était le fruit de la "vengeance" de barons pakistanais. Des pontes furieux parce qu'un pacte de corruption liant les deux pays dans le cadre d'un marché de vente d'armes d'une valeur de 950 millions de dollars, signé le 2 septembre 1994, n'ait pas été respecté par Paris - les "chiraquiens", après avoir gagné la bataille électorale en 1995, avaient remis en cause le "deal" pour empêcher les balladuriens, groupe dont faisait partie Nicolas Sarkozy, de "manger". Malgré les évidences et les témoignages de spécialistes américains de la sécurité, une gigantesque machine à manipuler s'était mise en branle pour accuser Al-Qaeda de l'attentat. Complaisante, la justice française s'est laissée manipuler, acceptant de ne lire que des documents largement amputés, notamment en raison de "clauses secrètes". Toute la France a entériné un mensonge. Jusqu'à ce que, ces dernières semaines, des "révélations" remettent la déplaisante vérité au goût du jour - les ingénieurs et techniciens français ont payé le prix de la passion de leurs responsables administratifs et politiques pour les dessous-de-table et de contradictions entre groupes antagonistes se fichant absolument de l'intérêt national.

La deuxième affaire concerne le massacre de sept moines français à Tibéhirine (Algérie) en mai 1996. Jusqu'à des récentes révélations d'un général à la retraite affirmant que ces religieux avaient été victimes d'une bavure de l'armée algérienne, la raison d'Etat avait sanctuarisé la thèse d'un massacre perpétré par les Groupes Islamiques Armés (GIA). L'Etat français avait classé les témoignages allant dans le sens contraire "secret défense"... au nom de la lutte contre l'ennemi islamiste et de la raison d'Etat.

Aujourd'hui, les analystes français considèrent que la "révélation" sur l'Algérie est une réponse des balladuriens/sarkozystes, qui auraient tout à perdre d'un déballage public sur l'attentat au Pakistan, qui serait en train d'être orchestré par les chiraquiens/villepinistes.

Toutes ces histoires sordides m'intriguent et m'intéressent parce qu'elles nous renseignent sur la "culture" de la nomenklatura française et sur l'étendue de ses tendances manipulatoires. Ces histoires me font penser à l'affaire du bombardement du camp français de Bouaké, qui aurait coûté la vie à 9 soldats français et a conduit à une guerre franco-ivoirienne dans les rues d'Abidjan.

 

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En Côte d'Ivoire comme au Pakistan, des sordides intérêts mesquins se confondaient avec l'intérêt national de la France. Qui ignore que durant longtemps, des fonds occultes ont circulé entre Paris et Abidjan, et que ces fonds ont financé la carrière politique de responsables français de très haut niveau, trop impliqués dans les affaires internes de leur ancienne colonie pour rester raisonnables ?

 

A Bouaké comme à Tibéhirine, les corps des victimes françaises sont soustraits à l'autopsie et aux regards des médecins légistes. Dans le cas ivoirien, le pouvoir français a affirmé que les corps des victimes étaient trop amochés pour faire l'objet d'une autopsie, et même pour être vus par leurs parents, ce qui a rendu possible l'interversion de deux corps. Dans le cas algérien, on n'a retrouvé que les têtes - parce que les corps auraient démenti la version officielle, affirment les tenants de la thèse de la "bavure" de l'armée régulière - et le pouvoir français a fait pression sur le clergé pour que cette vérité essentielle ne soit pas révélée, après avoir tenté d'ensevelir les corps sans les montrer à qui que ce soit.

Dans les trois cas, on constate que le secret défense est instrumentalisé d'une drôle de manière, qui entrave toujours la manifestation de la vérité. Comme s'il s'agissait moins de protéger l'Etat que de protéger des serviteurs de l'Etat jouant aux apprentis-sorciers à l'étranger.

Après Karachi et Tibéhirine, on n'a plus le droit de considérer la version officielle française des événements de novembre 2004  en Côte d'Ivoire comme une vérité d'Evangile. On a plus que jamais le devoir de s'interroger sur les documents camouflés par le ministère français de la Défense. Surtout quand de nombreux éléments nous poussent à des interrogations légitimes.

Au fait, pourquoi Nicolas Sarkozy est-il favorable à la déclassification dans le cas algérien et maintient-il l'omerta et le secret défense dans le cas ivoirien - notamment à propos du rapport de fin de mission de Gildas Le Lidec, ambassadeur français à Abidjan en novembre 2004 ? Parce que "sa" chiraquienne - Michèle Alliot-Marie - serait éclaboussée ?

 

05/09/2008

Françafrique : petites guéguerres entre amis

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Bolloré contre Progosa. Les passionnés d'actualité africaine suivent, depuis un certain nombre d'années, le feuilleton de la "guerre des ports" entre ces deux groupes français concurrents sur le marché de la gestion des ports d'Afrique. Une bataille au long couteau où les offensives médiatiques et judiciaires, ainsi que les accusations de pratiques frauduleuses, voire barbouzardes, sont légion. Jusqu'à présent, certains naïfs - comme moi - considéraient Bolloré comme le grand méchant françafricain soutenu par les "réseaux" et Progosa comme l'outsider maltraité. Pourtant, il semble plus juste de dire qu'il s'agit plutôt d'une grande palabre de famille.
L'on sait que le groupe Bolloré, du grand ami de Nicolas Sarkozy, est représenté en Afrique par Michel Roussin, ancien ministre de la Coopération et ex "gendarme de l'Elysée" sous Jacques Chirac - qui a écrit un livre plein de rancoeur contre son ancien grand homme. Mais je viens de découvrir, en lisant "La Lettre du Continent" que Progosa n'était pas sans soutien dans la "nébuleuse".

"L'ex-ministre à la coopération, au développement et à la francophonie de 2005 à 2007, Brigitte Girardin, est pressentie pour prendre la présidence de la Fondation Progosa, créée par Jacques Dupuydauby, le "frère ennemi" sur le continent de Vincent Bolloré. Brigitte Girardin, qui est restée sur le carreau à l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, a rejoint plusieurs anciens chiraquiens pur sucre qui soutiennent Jacques Dupuydauby, en particulier l'ancien conseiller Afrique de l'Elysée, Michel Dupuch, administrateur du groupe, et l'ex-directeur de cabinet de Chirac à la mairie de Paris, Rémy Chardon, vice-président de Progosa."


Comme on le voit, Brigitte Girardin, l'ex égérie du GTI (groupe de travail international) sur la crise ivoirienne, est en passe de trouver du travail...Ailleurs sur le net, je lis d'ailleurs que Progosa s'est engagé à financer la fondation Chirac... Querelle de famille, donc ! Au-delà de l'anecdotique, le fait que les responsables publics chargés de la politique africaine de la France soient pulvérisés à de hauts postes dans de grandes entreprises vivant des commandes publiques en Afrique illustre à merveille le confusionnisme affairiste qu'on a justement appelé... la Françafrique !

19/06/2008

"Bombardement" de Bouaké : la "bombe" de Mediapart

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La vérité sur ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire (singulièrement à Bouaké) en novembre 2004, est-elle en marche ? Il semble bien que oui. Quelques jours après le retour d'Abidjan de Bernard Kouchner, 733a0607a52ef9b2cc5639d287d898c8.pngministre français des Affaires étrangères, et plus d'un an après le départ du pouvoir de Jacques Chirac, une enquête publiée par Mediapart, le journal en ligne créé par Edwy Plenel, évoque clairement la possibilité que l'attaque du camp militaire français de Bouaké ait été perpétrée par... la France ! Il s'agit de la thèse de l'auto-attentat fabriqué pour se donner l'opportunité d'entrer en guerre que nous avons défendu, dans le mépris général, au Courrier d'Abidjan.

Fabrice Lhomme, l'auteur de cette enquête, est un ancien du Monde. Il connaît la Côte d'Ivoire pour y avoir "couvert" l'affaire Mahé (du nom d'un jeune Ivoirien tué par l'armée française dans l'ouest du pays) et "l'affaire" du bombardement de Bouaké. J'avais évoqué ici son projet de livre, jamais arrivé à son terme, sur les relations entre Paris et Abidjan (France-Côte d'Ivoire : le double jeu). J'avais essayé de le joindre, sans succès. Il avait réagi sur ce blog, mais je n'étais pas parvenu à avoir son adresse électronique, pourtant envoyée avec son commentaire - je ne maîtrise pas tous les aspects du logiciel de publication d'Ivoire-Blog...
Mediapart étant un site payant, je ne peux pas me permettre de reprendre l'intégralité des articles de Fabrice Lhomme - son papier de synthèse, des extraits commentés de la déposition de Dominique de Villepin face à la juge Florence Michon, et une interview de l'avocat des familles des militaires français morts à Bouaké. Je peux toutefois vous en livrer quelques extraits...

Le titre de l'article principal de Lhomme est explicite : "L'enquête sur le bombardement de Bouaké se heurte à la raison d'Etat". Lhomme écrit :

"Plus que jamais, le bombardement meurtrier du camp militaire français de Bouaké (Côte d'Ivoire), qui coûta la vie à neuf soldats français en novembre 2004, a des allures d'affaire d'Etat. Le 8 avril dernier, le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, a indiqué à la juge du Tribunal aux armées de Paris (TAP), Florence Michon, qu'il ne souhaitait pas déclassifier le rapport de fin de mission de l'ancien ambassadeur de France à Abidjan, Gildas Le Lidec, conformément aux recommandations de la Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN).
Ce document, qui couvre la période 2002-2005, l'Etat le couve jalousement. (...)
Depuis le début de l'enquête, tout se passe comme si l'Etat français avait quelque chose à cacher dans cette affaire dont on sait désormais presque tout... hormis l'essentiel : qui a donné l'ordre de bombarder, le 6 novembre 2004, une position française basée dans le lycée Descartes de Bouaké, au nord du pays, région alors aux mains des rebelles opposés au président Laurent Gbagbo? (...)
Dès le lendemain de l'attaque du lycée Descartes, les soupçons se sont logiquement portés sur l'entourage du président Gbagbo (les Sukhoï appartenaient à l'armée ivoirienne). Le chef de l'Etat ivoirien a toujours contesté avoir donné l'ordre d'attaquer des positions françaises, privilégiant la thèse d'une bavure et observant que le bombardement meurtrier avait servi de prétexte à la France pour mener des représailles, avec éventuellement pour objectif à court terme de le renverser...
Ce qui est certain, c'est que l'attitude des autorités françaises juste après l'attaque est pour le moins troublante."

Interrogé par la juge, Poncet n'hésite pas à "mouiller" Alliot-Marie, donc Chirac.

Lors de son audition, le général Poncet est revenu sur l'un des épisodes les plus intrigants de cette affaire. Le lendemain du bombardement, les forces françaises arrêtaient à l'aéroport d'Abidjan neuf Ukrainiens, quatre Biélorusses et deux Russes. Des mercenaires qui, a priori, avaient toutes les chances de détenir des informations sur l'équipage des deux Sukhoï. Les services de renseignement français savaient déjà à cette date que chaque avion était composé d'un pilote slave et d'un co-pilote ivoirien.
Or, dès le 11 novembre 2004, les quinze personnes arrêtées étaient relâchées et remises à l'ambassadeur de Russie, à la stupéfaction des militaires français.
«Je n'avais pas du tout envie de lâcher ces personnes», a confié le général Poncet à la juge, indiquant avoir reçu «cette instruction par deux canaux différents. D'une part le canal diplomatique, d'autre part le canal militaire. C'est l'ambassadeur de France qui m'a fait savoir qu'il fallait remettre ces personnes au représentant de la Russie.»
Le général dit avoir reçu l'ordre formel de libérer les mercenaires du général Emmanuel Beth, commandant du Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO). «Le général Beth n'a pu que me retransmettre un ordre qu'il avait lui-même reçu, il n'a pas pris d'initiative sur ce plan-là», a cru bon de préciser le général Poncet. «Avez-vous demandé des explications au général Beth, ou à votre interlocuteur, sur les raisons de cette décision?» s'est enquise la juge.

«Oui. Dans la discussion, de manière informelle, je me suis interrogé pour savoir pour quelles raisons on relâchait des personnes qui étaient des mercenaires et qui savaient certainement des choses intéressantes.

— Avez-vous eu une réponse ?

— Non.»

Publiquement, au cours de différentes interviews, Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la défense, a notamment invoqué des motifs juridiques pour justifier l'élargissement des quinze mercenaires. Un argument qui ne convainc visiblement ni la juge, ni le général Poncet, qui a déclaré : «Selon moi, le cadre juridique ne posait pas de problème. Je vous renvoie à la loi Pelchat sur le mercenariat, qui date de 2003, et qui dit que l'on doit par tous les moyens empêcher ce type d'activités (...) Je préfère donc ne pas faire trop de commentaire quant à l'absence de cadre juridique.»
Visiblement amer, le général Poncet a conclu : «De toute façon, nous avions bien compris que nous ne devions pas nous intéresser aux mercenaires.»

«Les pilotes slaves n'étaient-ils pas des témoins gênants?» a osé la juge. «Je n'ai pas de commentaire à faire», a lâché Henri Poncet. Interrogé en qualité de témoin le 7 février, Dominique de Villepin, qui était à l'époque ministre de l'intérieur, et qui connaît par cœur le dossier ivoirien, a de son côté affirmé n'avoir été informé de rien (lire le compte rendu de son audition).


dddce67494cbffd455a0f520a15013ff.jpgDans son article, Mediapart laisse transparaître l'hypothèse d'un coup fourré au centre duquel se serait trouvé, dans le rôle de l'agent double, Robert Montoya, vendeur d'armes français (et ancien de la cellule antiterroriste de l'Elysée) qui a fourni à la Côte d'Ivoire les Sukhoï et... les fameux mercenaires ! Le papier de synthèse de Lhomme s'achève ainsi :

«L'implication possible dans cette affaire de Robert Montoya, personnage vraisemblablement bien connu des services de renseignements français, explique-t-elle le manque d'enthousiasme manifesté par les autorités françaises à la suite de l'arrestation des huit Biélorusses?» a demandé la juge Michon au général Poncet. «Je n'ai pas de commentaire à faire», a rétorqué le militaire, renvoyant la magistrate à ses interrogations ... ou à ses convictions."


Jean Balan, avocat des victimes, blanchit quant à lui le président ivoirien Laurent Gbagbo dans une interview, et demande que Michèle Alliot-Marie soit entendue. Extraits.

Me Balan, que vous inspire la décision du ministère des affaires étrangères de suivre l'avis de la commission consultative du secret de la défense nationale, opposé à la déclassification d'un rapport de l'ancien ambassadeur de France à Abidjan ?

Dans ce dossier, à ma connaissance, c'est la première fois que la CCSDN refuse de déclassifier un document. Parfois, on a eu du mal à obtenir la levée du secret défense, d'autres fois on a obtenu au minimum une déclassification partielle... C'est pourquoi je suis à la fois très surpris et interrogatif. Cette décision entraîne toutes sortes de suppositions. Visiblement, on touche au secret d'Etat.

Les documents préalablement déclassifiés avaient-ils permis de faire avancer l'enquête?

Oui, énormément. Nous savons désormais exactement ce qu'il s'est passé, à la minute près. Sauf un point essentiel: d'où est venue la décision de bombarder le camp français. Pour résumer, je dirais que l'on sait qui a attaqué nos soldats, mais pas pourquoi!

Au départ, les soupçons s'étaient portés sur l'entourage de Laurent Gbagbo...


C'est exact, mais on sait maintenant à 95% que cela ne vient pas de Gbagbo. Il y a de nombreux témoignages qui le confirment..

(...)

En clair, vous n'excluez pas que la France soit complice d'une affaire qui aurait pu être le prétexte idéal pour se débarrasser de Laurent Gbagbo?


C'est une hypothèse comme une autre. Cette interrogation, je ne suis pas le seul à la soulever. Des militaires mais aussi la justice maintenant se posent la question. Ce qui est certain, c'est qu'il n'y a pas en l'état d'explication rationnelle à l'attitude de la France depuis le bombardement.

Vous souhaitez que les ministres de l'époque s'expliquent?


Absolument. J'avais demandé il y a deux ans différentes auditions, qui m'avaient été refusées. Mais depuis, le dossier s'est enrichi de révélations qui justifient de nouvelles démarches. J'ai déjà obtenu l'audition de Dominique de Villepin, en tant qu'ancien ministre de l'intérieur. Et je m'apprête à demander l'audition de Michèle Alliot-Marie, au vu des nouvelles informations contenues dans le dossier. Elle s'est exprimée dans la presse pour dire pourquoi on avait laissé filer les mercenaires. Or, le dossier établit que ses justifications sont non seulement insatisfaisantes, mais surtout inexactes. Mme Alliot-Marie doit s'expliquer.

12/06/2008

Comment Félix Moumié a été assassiné : les "révélations" d'Aussaresses

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Vous souvenez-vous du général Aussaresses ? Il y a quelques années, il avait créé un tollé en France en avouant, dans son autobiographie, et sans aucune espèce de remords, avoir pratiqué la torture en Algérie... au service de la France ! Ce vieux monsieur un peu original, qui semble avoir décidé de livrer à la postérité un certain nombre de vérités (peu glorieuses pour le commun des mortels) au sujet de l'Etat qu'il a servi avec fanatisme, ne s'est pas laissé complexer.
A 90 ans bien sonnés, il refait parler de lui avec un nouveau livre : "Je n'ai pas tout dit". Bien entendu, en vieillard indigne satisfait de choquer le bourgeois bien-pensant, il en remet une couche. Il revient notamment sur une des affaires d'Etat les plus glauques de la Françafrique : l'affaire Moumié, du nom du président de l'UPC-RDA, parti nationaliste camerounais majoritaire au moment de la lutte pour les indépendances, et traqué par la Françafrique à coups d'assassinats qui ont souvent pris un caractère génocidaire. Félix Moumié avait été assassiné à Genève par un agent du nom du William Bechtel, ce que les milieux progressistes de l'époque avaient dénoncé dans l'indifférence générale.
Il y a quelques années, un documentariste suisse, Frank Garbely, a exhumé cette sombre affaire et a rappelé à la mémoire collective comment les services français, avec la complicité de la Suisse prétendument "neutre", avaient "fini avec" Moumié. Les versions de Garbely et de Aussaresses divergent sur de nombreux points - j'ai tendance à donner plus de crédit à Garbely, qui a fait une vraie enquête et a interrogé de vrais témoins oculaires - mais se rejoignent sur un point : Moumié a été assassiné pour le compte de l'Empire. Le récit d'Aussaresses :

"William (...) est parti pour la Suisse où s'était réfugié confortablement l'opposant Félix Moumié dans un très bon hôtel de Genève. Mais les choses se passent rarement comme prévu. William s'était adjoint une fille. Les gens ont dit que c'était une fille de "la maison". Mais c'est faux : il n'y a pas de jolies filles dans le service. Il a pris une jolie fille qu'il a trouvé quelque part, une blonde très visible (...) et tous deux se sont installés dans cet excellent hôtel. Ils ont guetté Moumié. Bechtel savait qu'il était assez cavaleur. Le soir, en passant devant le couple installé à une table de l'hôtel, Félix Moumié a bien sûr remarqué que la jeune femme lui avait souri. Aussitôt convaincu qu'il avait tapé dans l'oeil de la blonde, cet imbécile lui rend son sourire et s'arrête devant la table. Bechtel s'exclame aussitôt : "Mais, Monsieur, je vous connais ! Nous nous sommes rencontrés au Congrès de la presse agricole, à Helsinki." Moumié lui répond qu'il n'y était pas. "Ah bon ? Prenez tout de même un verre avec nous", insiste aimablement notre espion. Moumié accepte : "J'aime beaucoup les boissons françaises, spécialement le Pernod", dit-il.
Bechtel appelle le serveur : "Garçon, trois Pernod !" Puis, regardant avec son air de vieil intello sympathique Félix Moumié, il ajoute : "Vous dînerez bien avec nous ?" Moumié, visiblement ravi, s'assied. La jeune femme accapare son attention pendant que William verse la dose numéro un. Mais Moumié, trop occupé à parler, ne boit pas. Bechtel, finalement, lève son verre ; la jeune femme prend le sien. Il regarde l'opposant : "Tchin-tchin". Bechtel et la fille boivent. Mais Moumié ne bronche toujours pas, son verre de Pernod reste sur la table. Le repas est servi. Les plats s'enchaînent, arrosés. Félix Moumié ne boit toujours pas. Au moment du fromage, le Camerounais se lève pour aller aux toilettes. Comme vous pouvez vous en douter, Bechtel a versé la deuxième dose dans le verre de vin de son convive. De retour à table, Moumié se lance dans une interminable discussion. Le temps passe. Bechtel et la fille commencent à désespérer. Ils se disent que si ce fichu Camerounais ne boit pas, c'est raté, car ils n'ont pas d'autre dose. Soudain, Moumié s'interrompt et vide d'un trait, coup sur coup, et le verre de Pernod et le verre de vin. Double dose de poison.
William et la fille se regardent, se demandent s'il ne va pas tomber raide mort devant eux. Le père T. avait bien dit : "Surtout pas de double dose." Quand Moumié remonte à sa chambre, un peu chancelant, William envoie la fille à la réception pour commander un taxi, direction l'aéroport. Il s'agissait de prendre fissa le premier vol pour n'importe où.
Le lendemain, la femme de ménage frappe à la porte de Félix Moumié. Pas de réponse. Il est découvert très mal en point. Transporté à l'hôpital, il meurt quelques jours plus tard, je ne sais pas exactement combien. Toujours est-il que le docteur, venu constater le décès, refuse le permis d'inhumer et fait venir un médecin légiste, qui découvre très vite des traces de poison dans son sang. Un juge suisse ordonne une enquête de voisinage : on apprend que Moumié avait dîné avec Bechtel et la fille. Cet âne de William Bechtel s'était inscrit à l'hôtel sous son vrai nom. Vous parlez d'un agent !"


Pour regarder la première partie du film de Garbely, cliquez ici. La deuxième partie ici. La troisième partie ici.

28/01/2008

Où l'on reparle du général Poncet

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La Côte d'Ivoire se souviendra longtemps du général Philippe Poncet, à la tête de l'opération Licorne en novembre 2004, et à ce titre maître d'oeuvre du sanglant massacre de civils aux mains nues, qui s'est soldé par 64 morts.
On savait déjà qu'il était passé par le Rwanda. Lors de son arrivée en Côte d'Ivoire, la presse l'avait mentionné et avait appelé à la vigilance. Durant les événements de novembre 2004, nous avons abondamment rappelé le fait qu'il avait dirigé l'opération Amaryllis au Rwanda et mis en garde contre une reproduction des schémas génocidaires et de "guerre contre-révolutionnaire" qui ont fait couler tant de sang au Pays des Mille Collines. Nous avons abondamment commenté sa violente mise à l'écart par l'exécutif Chirac, qui avait pris pour prétexte "l'affaire Mahé" (du nom d'un jeune Ivoirien assassiné à Man par les soldats de Licorne) pour l'humilier et le "liquider". Après son éviction, Poncet n'a plus fait les gros titres de la presse.

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17/01/2008

Affaire IB : revue de presse

4ed5f96ea44095f28700862382daa194.jpgLa presse ivoirienne, privée de sensations fortes depuis l'accord de Ouaga, a de nouveau du grain à moudre avec l'affaire IB et les barbouzes. Le Matin d'Abidjan croit savoir qui est le financier de IB à Abidjan et révèle le patronyme du fameux Jean-François, omniprésent sur les vidéos de "Benhalfonse".

"Assurément, il aurait été l'un des hommes forts que les Ivoiriens auraient découvert sous la présidence du sergent-chef Ibrahim Coulibaly au cas où le coup d'Etat de fin décembre dernier avait connu le destin heureux que lui prédisaient ses concepteurs. Ayant énormément investi dans cette énième opération de déstabilisation du régime Gbagbo, c'est certain que le "Major" lui aurait offert en retour, un poste juteux, concrétisant ainsi, le retour sur investissement promis. Il, c'est M. Silué Yacouba, cadre de la direction générale de la comptabilité parapublique. Il a été formellement identifié à partir de la bande vidéo saisie sur les hommes que IB vait pris le soin de positionner à Abidjan depuis la mi-décembre 2007 en prévision de son coup de force. Une bande où on le voit peaufiner le plan d'attaque d'Abidjan avec Jean-François Cazé, le mercenaire français recruté par Ibrahim Coulibaly (...) Notons que Silué Yacouba a été pendant plusieurs années, payeur à l'étranger, et précisément à l'ambassade de Côte d'Ivoire à Paris. Ensuite, il a exercé comme agent comptble à l'université de Bouaké, avant de poser ses valises à l'Institut national de formation des agents de la santé (Infas) d'Abidjan (...) Notons aussi que depuis que l'homme a eu écho de la saisie de l'arrestation du Français Jean-Paul Ney devant la RTI, il a disparu de la circulation. Les autorités policières sont à ses trousses. La perquisition menée, il y a quelques jours, à son domicile, a permis dit-on de saisir d'autres pièces aussi compromettantes."


Nord-Sud affirme que c'est l'affaire IB qui a causé le limogeage du ministre ghanéen de la Sécurité, Francis Poku.

"L'affaire est passée inaperçue en Côte d'Ivoire, et au Ghana on continue de s'interroger sur les 6e057fbfd63a421c406888e557b7a60d.jpgraisons d'une telle décision. La décision ? La voici : le président ghanéen John Agyekum Kufuor a limogé sans explication officielle, son miistre de la Sécurité, M. Francis Poku. Le limogeage annoncé à l télé nationale le samedi 12 janvier était effectf dès le jour même. (....) Selon une source autorisée, ce limogeage est une conséquence de l'affaire IB. On le sait, depuis sa tentative avortée de prendre le pouvoir par les armes à Abidjan, dans la nuit du 27 au 28 décembre dernier, le sergent-chef déserteur est introuvable. Il avait été localisé pour la dernière fois à la frontière ivoiro-ghanéenne, d'où il attendait le succès de son opération pour entrer triomphalement à Abidjan, en compagnie de son marabout. Nos sources affirment que le ministre de la sécurité limogé l'avait repéré et s'apprêtait à le capturer pour le remettre aux autorités ivoiriennes, qui ont ouvert une procédure judiciaire contre lui. Il avait dit-on communiqué à Abidjan et aux Forces nouvelles la position d'IB sans en référer à son chef, le président ghanéen. Ce dernier aurait piqué une colère et la suite, on la connaît. Malgré les nombreuses déclarations qui, toutes, cherchent à créer un écran de fumée, IB n'a pas encore quitté le Ghana. Ses déplacements sont millimétrés. L'on pense qu'il bénéficie d'une protection passive du sommet de l'Etat ghanéen."


L'Intelligent d'Abidjan ironise, sous la plume d'un chroniqueur caché sous le pseudonyme Boiac :

"Logique, alors que la grève des scénaristes des feuilletons de série fait rage aux US, que sorte sur le web, le plus mauvais film de l'année ! Cela en serait risble, et même ferait le tour du monde si la gravité de ce qui est montré n'entraînait pas autant de remous u plus au niveau d'un Etat... Déjà le titre ! Plutôt que "Noël à Abidjan", voir les vidéos qui circulent sur le web, nous donne envie de dire "le Père Noël est une ordure" quand une liste des personnes à abattre est filmée sans retenue et commentée sans cynisme ! Ensuite, les acteurs ! Entre le soi-disant barbouze qui grande première dans le métier, n'hésite pas à se montrer mais aussi à regarder de temps en temps vers la caméra, et le héros qui gesticule en contre champ permanent au risque de voir l'intégralité des spectateurs sortir avec un torticolis de la salle de projection...!"


Pendant que les commentateurs commentent, Jean-Paul Ney et un de ses compatriotes viennent d'être transférés à la MACA.

PS : La série "Noël à Abidjan" de Benhalfonse est passée de YouTube à la Sorbonne. Du "marketing politique viral" incroyable ! Première étape, balancer le "produit" sur le Net, lieu d'agitation sociale fréquenté par la partie la plus jeune et la plus informée de la population. Deuxième étape, raconter les vidéos dans la presse, lue par la frange la plus politisée de la population. Se contenter du net n'aurait pas suffi, étant donné que les plus de 35 ans sont très peu technophiles. Troisième étape, diffuser "Noël à Abidjan" à la Sorbonne, véritable centre d'éparpillement des vidéos piquantes indiffusables à la télé.

14/01/2008

Anne Imbert : la "Blanche" de Guillaume Soro

4319fcfec6932226fba95e7e8b48eda4.gifA quoi ressemble la barbouze européenne en Afrique au début du XXIè siècle ? C'est la question que nous nous posions il y a quelques jours ici, en évoquant l'affaire du très étrange journaliste français Jean-Paul Ney arrêté à Abidjan pour complot. Nous nous promettions de faire une petite galerie de portraits d'Occidentaux plongés dans les arcanes du conflit ivoirien, pouvant plus ou moins être considérés comme des "barbouzes".
Puisqu'on a beaucoup accablé IB ces derniers jours, parlons un peu de Anne Imbert, la "Blanche de Soro". A priori, cette honorable dame n'a rien à voir avec l'Afrique et ses rébellions. Elle est journaliste, certes, mais spécialisée dans le bâtiment... disons qu'elle travaillait, jusqu'à une date récente, pour un moteur de recherche spécialisé dans le bâtiment, Batiweb.
C'est sous cette couverture qu'elle est venue à Bouaké, officiellement pour écrire un article sur les besoins en bâtiment de la zone Forces nouvelles. Depuis, elle se fait appeler "La Louve", et revendique le titre de "risk profiler" de Guillaume Soro. Dans des interviews, elle a affirmé être à l'origine d'un certain nombre de décisions de l'actuel Premier ministre de Côte d'Ivoire.
Un de mes informateurs m'a envoyé, il y a quelques mois, une note sur "La Louve", qui se serait introduite dans le Nord grâce à une accréditation de presse trafiquée.

"Grâce à cette fausse image, elle s'est introduite dans le Nord ivoirien. Sa mission étant de conduire Soro là où le réseau souhaitait, en tout cas rien de très favorable pour l'avenir de la CI... Elle a partiellement échoué."


Pour mon informateur, pas de doute. Le réseau, ce sont les "services" français. En tout cas, Anne Imbert n'est pas beaucoup plus discrète que Jean-Paul Ney. Elle s'exprime régulièrement dans L'Intelligent d'Abidjan, qui a en commun avec elle d'être dans le collimateur d'Alain Lobognon, le communicant de l'ex-rébellion. Vous pouvez lire ses saillies ici et ici.

Qu'en penser ? Anne Imbert est-elle une professionnelle travaillant seule pour son compte dans cet environnement plus que troublé ou une "honorable correspondante" ? En tout cas, son avis sur Jean-Paul Ney est tranchant.

"Quant à IB, je dis et le redis, il n’a pas l’écoute qu’il prétend avoir et ce n’est pas les deux ou trois sous-chefs qu’il arrive à convaincre sur des promesses de vie meilleure ou les deux ou trois individus qui veulent croire à tout prix que Guillaume Soro n’est rien et que IB est quelqu’un, qui pourront déstabiliser cela. Mais en utilisant les services d’un paparazzi de la guerre pour marquer sa « victoire », ils se sont, en plus, tous couverts de ridicule aux yeux de la presse internationale. Maintenant, il est aussi ridicule de voir la main d’un espion français en la personne de Jean-Paul Ney, connu surtout dans le monde pour être un joueur en solo à la recherche de scoop ou encore de penser que les militaires français allaient aider les hommes de main de IB, (C’est aussi ridicule que de croire qu’ils étaient derrière l’attentat mais j’ai même lu dans la presse que des médecins français voulaient inoculer le Sida à des ivoiriens !!! on aura tout lu !) et il est encore plus ridicule de penser que le sieur IB aurait pu vous proposer un poste !!!"

Affaire IB et les barbouzes : qui a fait quoi ?

f1f7d3d5acb772aa7c01c08839d009b8.jpgC'est vrai qu'avec les vidéos de "Benhalfonse", on peut avoir l'impression d'en savoir assez sur l'affaire IB et les barbouzes. On voit des gens qui complotent comme dans un reality-show, des noms de cibles qui sont cités, des misérables conversations de losers...
Mais cela ne suffit pas. Il faut que les enquêtes nous disent qui a fait quoi.

- Qui a financé tout cela ? Ce n'est tout de même pas IB lui-même !
- Pourquoi cette manie de tout filmer ? Tout se passe comme si les "Blancs" d'IB avaient l'intention de remettre leurs bandes à un procureur... Soit Jean-Paul Ney voulait faire un documentaire vendu très cher sur la longue marche de son grand homme vers le pouvoir, soit il est un agent double chargé d'exacerber les ambitions d'IB, de l'accompagner et de le livrer. Les pro-IB affirment (même si l'on peut supposer qu'ils mentent) que le brave Jean-Paul est un ami commun de la rébellion.
- Quel était le plan de prise de pouvoir de IB ? Quels étaient ses relais politiques à Abidjan ?
- Où est IB en ce moment ?