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29/08/2010

Novembre 2004 : "Le Nouveau Courrier" révèle un rapport secret

Dans un rapport confidentiel de plus de 100 pages dont Le Nouveau Courrier a obtenu une copie, des experts sud-africains, en matière balistique et spécialistes de médecine légale, mandatés par leur gouvernement, accablent les militaires français de l'opération Licorne. De manière scientifique, ils établissent que non seulement les civils ivoiriens massés à Abidjan devant l'Ivoire ou sur les ponts n'ont pas tiré, mais que des armes, y compris de gros calibre, ont été utilisées contre eux par l'armée française. Ils commentent également les autopsies des morts, dont trois au moins étaient âgés de moins de 18 ans.

Pour ceux qui sont en Côte d'Ivoire, le journal est dans les kiosques ce lundi.

Pour ceux qui sont à l'étranger, ils peuvent l'acheter en PDF sur la plateforme http://www.abidjan.net, espace shopping.

16/08/2010

Le Nouveau Courrier : le retour !

Note éditoriale de Saint-Claver Oula, rédacteur en chef du Nouveau Courrier, dans le premier numéro d'après la suspension du quotidien.

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Après une longue période d’absence imposée par la décision de suspension décidée par le tribunal correctionnel d’Abidjan, Le Nouveau Courrier est de retour dans les kiosques. Durant notre période d’absence, nous avons été encouragés par les nombreux messages de soutien de nos lecteurs. Lors des conversations avec eux – avec vous ! – un certain nombre de questions sont revenues. Nous avons souhaité y répondre ici.

On attendait Le Nouveau Courrier pour le mercredi 11 août dernier. Pourquoi ce report ?

Compte tenu de certaines contingences liées aux nombreuses sollicitations des responsables du Nouveau Courrier ici comme à l’extérieur du pays, nous avons dû reporter la parution à partir de ce jour. Nous tenons à rassurer nos lecteurs dont certains pensaient que notre titre ne reparaîtrait plus.

Allons-nous renoncer à notre ligne éditoriale d’avant le «clash» ?

Non. Bien au contraire, nous avons une crédibilité à renforcer désormais. Nous travaillerons dans la vision de notre slogan : «la passion de l’info, le sens de l’Histoire». Notre objectif est d’informer sérieusement les Ivoiriens, de la manière la plus professionnelle et la plus fouillée. Nous ne nous interdisons pas de nous engager et d’exprimer nos opinions et de nous engager, quand nous estimons que l’intérêt général et une certaine idée de la Nation ivoirienne sont en jeu. De plus, nous avons l’intention de renforcer le journalisme d’investigation qui est devenu, par la force des choses, une part de notre identité. Nous considérons que c’est un devoir citoyen, et qu’il est important que nous nous inscrivions dans la logique de moralisation de la vie publique prônée par le président de la République. Nous avons l’intention de demeurer un contre-pouvoir citoyen au sein d'une société démocratique.

Quelles leçons retenir de notre incarcération, du procès et du verdict ?

Le procureur de la République, après nous avoir laissé entendre que c’est lui qui interprète la loi, a voulu opérer un passage en force en tentant de nous incarcérer dans la plus célèbre prison du pays, la Maca. Pourtant, la loi sur la presse en Côte d’Ivoire, votée en 2004, interdit l’incarcération en cas de délit de presse. Dans le cas échéant, si l’on estime que nous avons fauté, nous aurions pu nous voir infliger une peine pécuniaire mais pas la prison. En outrepassant cette loi pour nous envoyer en prison, le procureur Raymond Tchimou a violé cette loi et c’est extrêmement grave dans le processus de démocratisation de notre pays, mais surtout pour la liberté de la presse à laquelle nous tenons tant. Nous sommes persuadés que le président de la République qui a fait de la liberté de la presse son credo dès son accession au pouvoir en tirera toutes les conséquences.

Au point de vue juridique, nos cinq avocats – Maître Désiré Gueu, Maître Hivat Tié Bi, Maître Abdou Sarr, Maître Narcisse Aka, Maître Toussaint G. Dako – très brillants sur toute la ligne, ont démontré au cours de ce procès que le procureur Tchimou ignorait un aspect du journalisme, à savoir le travail d’investigation et qu’il n’avait pas à nous opposer un quelconque délit de vol. Ils ont alors réussi à convaincre le juge Koné Brahma.

Notre détention a fait l’objet d’une mobilisation exceptionnelle. Elle a fait que nous avions le moral haut du fond de notre cellule. Nos confrères ivoiriens, toutes tendances confondues, et les confrères de la presse étrangère ont fait bloc. Les organisations de défense des droits de l’homme, des diplomaties comme celles de la France et des Etats-Unis sont montées au créneau pour demander notre relaxe. A tous ces acteurs, préoccupés par les droits de l’Homme et la liberté de la presse, nous voulons dire grand merci.

Nous pensons aussi qu’il ne faut pas désespérer de la justice ivoirienne dont certaines personnes ont une mauvaise image. Il y a encore des magistrats qui sont dignes de leur métier. C’est une des leçons que nous avons pu en tirer.

A partir de cette affaire et vu la mobilisation, je crois que l’autorité pourra se montrer plus prudente dans l’avenir. L’opinion a pu savoir que la protection des sources est sacrée en journalisme, en Côte d’Ivoire et dans toutes les nations qui partagent l’idéal démocratique. Et aucune autorité ne va plus se risquer sur ce terrain. Pour nous, un pas important a été posé.

Une action envisagée contre le procureur ?

En maintenant les responsables de l’entreprise dans les liens de la détention, en violation de la loi sur la presse, le procureur Raymond Tchimou a déstabilisé volontairement notre entreprise qu’il tenait d’ailleurs, d’après son réquisitoire, à fermer. Les dommages financiers sont énormes, et notre survie n’est pas assurée. L’auteur de ces lignes, malade à cette période, est aujourd’hui obligé de reprendre son traitement qui coûte cher. Les trois incarcérés ont connu ou connaissent des contrecoups médicaux après les quinze jours d’épreuve qui nous ont été imposés. Nos avocats nous ont suggéré des actions. Nous y réfléchissons.

Quand on est au fond de sa cellule dans la peau d’un journaliste, que se dit-on ?

L’état d’esprit qui se dégageait, c’est qu’il fallait rester fort. Dès l’instant où on nous a déférés à la Maca, nous nous préparions psychologiquement à plusieurs mois de prison et étions prêts à un sacrifice qui en valait la peine. Nous jouions la liberté de la presse.

Quel traitement journalistique ferons-nous de ces quinze jours d’incarcération ?

Nous n’avons pas l’intention de noircir des pages entières des détails de nos souffrances et contrariétés. A la MACA, nous nous sommes comportés en journalistes d’investigation. Dès demain, nous publions une série d’enquêtes et de reportages sur des sujets liés à cet endroit où, malheureusement, les droits les plus élémentaires de la personne humaine sont bafoués. Nous commencerons par un retour sur la mutinerie de décembre 2008, qui n’a pas révélé tous ses secrets, dont certains sont franchement honteux.

04/08/2010

Merci à vous, amis blogueurs !

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Repos (mérité ?) après la grande épreuve. Avant de revenir sur le devant de la scène, je tiens - alors que je couve un petit palu bien vicieux - à remercier ici tous les blogueurs, commentateurs de blogs et "facebookers" qui nous ont soutenu, Saint-Claver, Stéphane et moi lors de nos deux semaines à l'ombre, racontées ici.

Je suis en train de naviguer sur le web, et je me rends compte du soutien et de l'activisme remarquables de la blogosphère, en plus du relais naturel que constitue la presse "classique". La blogosphère existe, et elle peut prendre chair, au-delà de nos pensées "jetées" sur la Toile. Je ne sais pas quels mots peuvent contenir ma reconnaissance envers vous tous. Je sens une grande responsabilité peser sur mes épaules. J'ai le devoir d'être meilleur, plus soucieux des intérêts de la communauté dans ma manière de pratiquer le journalisme, digne de la mobilisation qui a été la vôtre.

Nous reviendrons bien entendu sur ces "deux semaines à l'ombre". Mais il est évident que nous ne pourrons pas éluder ce que nous avons vécu. Il y aura forcément un "avant" et un "après" le passage par la case "prison".

13/07/2010

Filière café-cacao : la «bombe» du Nouveau Courrier

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Dès aujourd’hui, mardi 13 juillet, et jusqu’au samedi 17 juillet, le quotidien Le Nouveau Courrier publie une série explosive de cinq articles sur le «dossier chaud» de la filière café-cacao, remis par le procureur Raymond Tchimou au président Laurent Gbagbo le jeudi 24 juin dernier.

 

Un réquisitoire judiciaire supervisé par le doyen des juges Ladji Gnakadé, qui court sur 137 pages et qui est accablant. Il décrit par le menu les faits sur lesquels les «barons» de la filière, notamment les figures de proue Henri Amouzou et Lucien Tapé Doh, sont accusés d’avoir commis des incroyables forfaitures, aux fins de soustraire des dizaines de milliards de FCFA des caisses de la filière.

Escroqueries, abus de confiance, détournements de fonds, faux et usage de faux en écriture, abus de biens sociaux… Le Nouveau Courrier décrit par le menu les méthodes utilisées, évoquant des manipulations financières, des achats de propriétés en France, des comptes à Monaco, etc…

Un dossier haletant, qui se lira comme un thriller.

10/07/2010

Forfaitures d'ici et de là-bas

DE VOUS A MOI : Forfaitures d’ici et de là-bas

In le Nouveau Courrier N°040 du 09 Juillet 2010 par Théophile Kouamouo

 

La coïncidence est piquante. Alors que le Parlement français débat avec humeurs et fureur de «l’affaire Woerth», du nom du ministre du Budget et trésorier de l’UMP (parti dont est issu Nicolas Sarkozy), l’Assemblée nationale ivoirienne statue, avec rage et fracas, sur «l’affaire Tagro» et autres joyeusetés. Les deux contextes se ressemblent. Là-bas, un membre du gouvernement est accusé d’avoir soumis l’intérêt national à celui de son parti, en «protégeant» une milliardaire de son pays en indélicatesse avec le fisc. Une milliardaire qui «arroserait » les pontes de son bord et aurait financé la campagne de Nicolas Sarkozy. Ici, le ministre de l’Intérieur est aussi accusé d’avoir soumis les intérêts de la Nation à ceux d’un clan, en faisant du favoritisme dans le cadre du concours d’accès à l’école de police. Entre autres, la justice enquête sur des commissions occultes qu’il aurait reçues, selon des titres de presse, dans le cadre du marché de l’identification électorale.

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03/07/2010

Cette mauvaise manière de faire de la politique !

Edito publié dans Le Nouveau Courrier du jeudi 1er juillet 2010.

Si l’on devait écrire aujourd’hui l’histoire des fractures successives du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) depuis la mort de Félix Houphouët-Boigny, l’on retiendrait sans doute que les saignées les plus importantes ont souvent pris la forme de dissidences ethniques. Le schéma est le suivant. Pour des raisons diverses, une figure centrale de l’ancien parti-Etat se trouve frustrée dans ses ambitions ou se voit pousser des ailes ; elle va créer sa propre formation politique et est tout de suite ralliée par ses «frères d’ethnie» venus de l’ancienne maison commune, souvent mobilisés à l’aide de discours revanchards ou particularistes ; puis elle se met dans la course folle au pouvoir, sans s’encombrer d’une cohérence idéologique qui n’a aucun sens dès lors que l’instinct grégaire soude le groupe.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, peut-on en conclure que la «guerre de succession» qui est désormais engagée au Front populaire ivoirien (FPI), à la veille du dernier «grand combat» de Laurent Gbagbo, se mènera elle aussi sur la base des arguments tribaux détestables qui ont produit «l’ivoirité» et «la charte du Nord» ?

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23/06/2010

Ce que nos «dieux du stade» nous révèlent

Mon édito du 23 juin dans Le Nouveau Courrier.

La Coupe du monde 2010 bat son plein, suscite les passions les plus folles et célèbre, sans que l’on s’en rende toujours compte, le capitalisme et son corollaire obligatoire – le marketing. Comme une sorte de parabole sportive, elle nous parle du monde, de notre monde tel qu’il se porte aujourd’hui. Elle nous révèle ou nous rappelle un certain nombre de réalités, qui nous ramènent très souvent aux grands enjeux politiques et de «civilisation» de notre temps.

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