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13/04/2011

Un témoignage sur les tueries des FRCI à Daloa

Les rebelles continuent leurs exactions à Daloa :

- Au quartier Tazibouo-ceinture, le petit frère du géomètre expert DJESSAN a été sauvagement tué parce qu’il serait un pro-Gbagbo ;

- Deux jeunes élèves de terminale C habitant le quartier 40 logements-piscine, chez le directeur commercial d’une société de la place ont été égorgés par les rebelles parce qu’ils étaient coiffés (à ras, précision).

- Au camp militaire du deuxième bataillon, des jeunes recrues (on compte environ 75 jeunes) qui ont été surpris par l’arrivée sans combat des rebelles dans la ville et qui se sont réfugiés dans une cours ont été brûlés vifs avec la maison. Ceux qui se sont cachés dans le plafond de la maison y ont encore leurs corps. Les rebelles font tout en ce moment pour dissimiler leurs crimes pour effacer toute trace suspecte ;

Dans le village de BEKITAPEA, sur l’axe DALOA-ISSIA, à 7 Km (village voisin à celui de la femme de Guillaume SORO) ils y vont très régulièrement rafaler. Ils ont fait irruption chez une femme catéchiste du nom de Marie et ont pillé sa maison. Tous les Bété autochtones dudit village sont en ce moment dans la forêt.

Un témoignage sur les tueries des FRCI à Daloa

Les rebelles continuent leurs exactions à Daloa :

- Au quartier Tazibouo-ceinture, le petit frère du géomètre expert DJESSAN a été sauvagement tué parce qu’il serait un pro-Gbagbo ;

- Deux jeunes élèves de terminale C habitant le quartier 40 logements-piscine, chez le directeur commercial d’une société de la place ont été égorgés par les rebelles parce qu’ils étaient coiffés (à ras, précision).

- Au camp militaire du deuxième bataillon, des jeunes recrues (on compte environ 75 jeunes) qui ont été surpris par l’arrivée sans combat des rebelles dans la ville et qui se sont réfugiés dans une cours ont été brûlés vifs avec la maison. Ceux qui se sont cachés dans le plafond de la maison y ont encore leurs corps. Les rebelles font tout en ce moment pour dissimiler leurs crimes pour effacer toute trace suspecte ;

Dans le village de BEKITAPEA, sur l’axe DALOA-ISSIA, à 7 Km (village voisin à celui de la femme de Guillaume SORO) ils y vont très régulièrement rafaler. Ils ont fait irruption chez une femme catéchiste du nom de Marie et ont pillé sa maison. Tous les Bété autochtones dudit village sont en ce moment dans la forêt.

Au lendemain de l'arrestation du président Laurent Gbagbo, les FRCI poursuivent pillages et exactions

 

pillages frci.JPG

Dans l'indifférence internationale, des pillages de nature industrielle ont eu lieu le 11 et le 12 avril 2011 dans certains quartiers de Cocody ; tandis qu'une épouvantable chasse à l'homme avait lieu dans des communes populaires comme Yopougon et Koumassi.

 

De nombreux pillages ont eu lieu dans le pourtour de l'Hôtel du Golf, où réside Alassane Ouattara, et où sont positionnés des centaines de soldats onusiens dont le mandat est de protéger les civils. Les résidences de figures de la majorité présidentielle (LMP) ont été particulièrement ciblées, ce qui suppose une préméditation minutieuse - Pascal Affi N'Guessan, Ouattara Gnonzié, Laurent Dona Fologo, Eric Kahé, Issa Malick Coulibaly, Jeannette Koudou, Emile Dervain, Désiré Dallo, Katina Koné, Danièle Boni-Claverie - ont vu leurs maisons pillées de fond en comble tandis que celle de Théodore Mel est désormais occupée par les miliciens d'Alassane Ouattara. Les pillages ont également eu lieu dans plusieurs quartiers de Cocody où vivent des classes moyennes comme le programme 3 des Rosiers à la Riviera Palmeraie (à dix minutes en voiture de l'Hôtel du Golf, siège de la présidence Ouattara). Dans des quartiers sud comme Treichville et Marcory, des pillages "encadrés" par les FRCI ont eu lieu, comme le montre de manière très explicite la photographie d'illustration de ce post.

A Yopougon et à Koumassi, ce sont des initiatives d'épuration politique d'une violence inouïe et de harcèlement des supposés soutiens de Laurent Gbagbo qui ont été déplorées, surtout le 12 avril. De nombreux témoignages nous sont parvenus, en général totalement affolés. Exemple de l'un d'entre eux, relayé par le blogueur et journaliste Israël Yoroba.

"Au téléphone avec des amis de Yopougon. Ils sont en train de fuir par l'eau. Selon leurs propos, il y a une chasse à l'homme dans leur quartier "Sicogi" et dans bien d'autres de la commune de Yopogon. L'un de me parle d'un dizaine de corps qu'il a vus".

Véronique Aubert d'Amnesty International confirme le climat de terreur que déplorent de nombreux témoins.

"Aujourd`hui (mardi), à Abidjan, des hommes armés, dont certains portaient des uniformes, ont fait des descentes des quartiers habités par des partisans avérés ou supposés de Laurent Gbagbo, notamment à Yopougon et à Koumassi (...) Un témoin a raconté à Amnesty International "comment un policier, appartenant à la même ethnie que Laurent Gbagbo, avait été appréhendé ce matin
(...) à son domicile et abattu à bout portant sous ses yeux". Des dizaines de jeunes gens se cachent actuellement à Abidjan par crainte
d`être tués. Dans l`ouest du pays, des personnes soupçonnées d`être des partisans de Gbagbo sont également terrifiées. Beaucoup se trouvent toujours en brousse après que leurs villages aient été brûlés et ces populations doivent être protégées".

 

12/04/2011

Désiré Tagro tué par les FRCI, l'AFP relaie l'intox du camp Ouattara (+vidéo Toussaint Alain)

L'ancien ministre de l'Intérieur ivoirien Désiré Tagro (et secrétaire général de la Présidence) est décédé mardi, tué par les hommes d'Alassane Ouattara. Il se trouvait à la résidence présidentielle au moment de l'assaut dirigé par les forces françaises de l'opération Licorne. C'est lui qui a agité le drapeau blanc à l'arrivée des soldats hexagonaux, accompagnés des miliciens de la rébellion des Forces nouvelles. De nombreuses personnes l'ont vu dans un sale état, à l'arrivée à l'hôtel du Golf. De l'hôtel du Golf, il a été conduit à la Polyclinique Internationale Sainte-Anne Marie (PISAM) où il a expiré. La seule inconnue consiste à savoir s'il est mort suite à des tortures diverses ou à des blessures par balle.

De manière assez indigne, l'AFP relaie déjà la propagande la plus nauséabonde du camp Ouattara et de la France officielle. De manière assez confuse. Selon "une source diplomatique", Tagro aurait tenté de se suicider d'une balle dans la bouche lors de l'arrestation, et aurait succombé à ses blessures. Un grossier mensonge, dans la mesure où Tagro n'a pas pu à la fois présenter le drapeau blanc à la Résidence et se tirer une balle dans la bouche dans le même temps. Selon des témoins, Désiré Tagro a vécu de nombreuses heures après son arrestation avant de décéder aux environs de trois heures du matin. Une personne qui s'est tirée une balle dans la bouche peut-elle survivre autant de temps ? Tagro se serait-il tiré une balle dans la bouche à l'hôtel du Golf où il était forcément désarmé, s'il avait été armé - ce qui reste à démontrer ?

Au début de la vidéo ci-dessous, Toussaint Alain, conseiller spécial du président Gbagbo donne son récit de l'exécution du ministre Désiré Tagro.

 

 

11/04/2011

Ce sont les forces pro-Ouattara qui ont libéré les 6 000 prisonniers de la MACA (confirmation IB)

Qui a pris la responsabilité politique de libérer les prisonniers de la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan, entraînant mécaniquement une recrudescence de l'insécurité et de la confusion dans un contexte déjà troublé ? Les dépêches des agences de presse (dont l'AFP) se refusent à trancher. Le camp Gbagbo accuse le camp Ouattara. Alain Lobognon, conseiller spécial de Guillaume Soro, a rejeté cette accusation sur son compte Twitter, attribuant ce choix pour le moins irresponsable à l'adversaire. Les FDS l'auraient fait pour couvrir leur fuite.

Anciens pensionnaires de la MACA, disposant donc de bons informateurs parmi les prisonniers, le journaliste Saint-Claver Oula (rédacteur en chef du Nouveau Courrier) et moi avons enquêté sur le sujet. Nos conclusions, après vérification et recoupements.

- Ce sont "les hommes d'IB" (Ibrahim Coulibaly, qui passe pour être la tête du "commando invisible" pro-Ouattara à Abidjan) qui ont libéré les prisonniers. Les détenus de droit commun, les prévenus et les bandits de grand chemin.

- Les prisonniers ont été conduits à Abobo PK 18, où les combattants pro-Ouattara ont tenté de les convaincre de s'enrôler auprès d'eux parce que c'est sous le régime Gbagbo qu'ils auraient été emprisonnés. Ceux qui ont dit "oui" ont pris les armes et sont aujourd'hui au nombre des combattants. Ce qui explique (en partie) les pillages très graves enregistrés à Angré, le quartier de Cocody le plus proche d'Abobo.

- Certains prisonniers ont été "libérés" de toute forme d'obligation militaire et ont tenté de joindre qui leur famille qui des amis dans un district d'Abidjan déserté et où la méfiance règne. Bien entendu, ils seront tentés, alors qu'ils n'ont pas un sou vaillant et que les déplacements massifs font qu'ils ne retrouveront pas forcément leurs familles, de se payer sur le dos de la bête.

Ajout effectué le 11 avril 2011 : Ibrahim Coulibaly a reconnu avoir "libéré des prisonniers" parce qu'il devait "récupérer deux de mes hommes emprisonnés depuis plusieurs années", dans un entretien accordé à Jeune Afrique. Dans la même interview, il confirme ses contacts réguliers avec Alassane Ouattara et son épouse.

Les missiles français sur la résidence de Gbagbo blessent des civils - dont un célèbre artiste, Sidiki Bakaba

Avant de mettre en ligne des photos qui témoignent des importants "dégâts collatéraux" des frappes franco-onusiennes sur Abidjan, nous publions cette vidéo qui montre que les lancers de missiles sur des supposées cibles militaires/armes lourdes à l'intérieur de la résidence présidentielle de Cocody ont fait des victimes civiles. Dont le célèbre acteur et réalisateur Sidiki Bakaba, connu dans le monde entier.

 

Cette nuit, alors que les bombardements sur la Résidence de Cocody reprennent de plus belle, j'ai à l'esprit le rôle de Sidiki Bakaba dans le film Camp Thiaroye, qui raconte le massacre, par l'armée française, de tirailleurs dont le seul crime avait été de revendiquer le droit à un solde. Sidiki campait un soldat sourd et muet, dont la révolte gronde malgré son silence... et qui n'est pas dupe du "grand mépris" dans lequel ses semblables et lui sont tenus.

10/04/2011

Adjamé, Angré, Riviera : pillages généralisés des FRCI (confirmés par France 24)

Les témoignages sont clairs et concordants. Dans de nombreux quartiers d'Abidjan, les combattants pro-Ouattara se livrent à des pillages massifs, inédits dans l'histoire de la Côte d'Ivoire. A Adjamé 220 Logements, ils ont passé au peigne fin de nombreux immeubles, où ils ont dépouillé quasiment tout le monde. "Quand ils arrivent dans les maisons, ils nous disent qu'ils n'ont pas affaire à nous, mais qu'ils veulent nos téléphones mobiles, nos ordinateurs portables et notre argent. Ils procèdent de la même manière dans tous les appartements", explique un témoin qui les a reconnus à leur accoutrement bien particulier (mélange de treillis et de costume de dozos).

Dans un domicile d'Angré dont le propriétaire n'était pas présent, sa famille a été menacée de mort parce qu'elle refusait de dire si la maison appartenait à un "refondateur" (dignitaire du régime Gbagbo). Finalement, les FRCI ont montré leur "compassion". Ils ont fait venir des voitures "bâchées" qui sont venues vider totalement la maison. A la Riviera Golf, à cinq minutes en voiture de l'hôtel du Golf, quartier général de Ouattara, de nombreuses voitures ont été arrachées à leurs propriétaires.

Les médias français ont, dans un premier temps, attribué la campagne de pillages à Abidjan aux "miliciens de Gbagbo". Mais face à certaines vidéos trop explicites, l'axe de communication a changé. Désormais,  Issiaka Ouattara, alias "Wattao", leur chef, admet très clairement la réalité de ces pillages, dans un reportage (à forte odeur de plan de communication) diffusé par France 24. Si le journaliste fait dans la litote, affirmant que les FRCI ont "visité" les "villas alentour" de leur camp "pour s'approvisionner" parce qu'elles seraient "depuis une semaine sans ravitaillement". L'argument est fallacieux car les FRCI ne volent pas des vivres mais des voitures, des appareils électroniques, de l'argent, etc.

L'aveu de Wattao est clair : "Parmi vous (...), il y en a ici, dès qu'on dit de sécuriser le coin, ils en profitent pour casser la maison. Si on attrape un militaire ici en train de piller une maison, les gars, vous savez comment on règle nos problèmes entre nous."

 

Après cette mise en garde, les pillages n'ont pas cessé... Coïncidence, le reportage de France 24 a été diffusé le même jour que des mémos diplomatiques français, dévoilés par le site Innercitypress, et qui mettent (entre autres choses) en lumière les rackets de grande ampleur dudit Wattao. "A l'insu de l'autorité centrale des FN, des prélèvements spontanés sont souvent ajoutés aux taxes déjà en place sur diverses denrées comme le carburant, le sucre ou l'huile (...) Issiaka Ouattara alias Wattao, chef d'état-major adjoint des FN, aurait fait de même sur du cacao transitant en direction du Burkina Faso. Au mois de novembre 2005, Guillaume Soro a pris connaissance des initiatives de Wattao auxquelles il aurait mis fin".

09/04/2011

Les FRCI pro-Ouattara enlèvent le préfet d'Abidjan

Ce samedi, le Préfet SAM Etiassé, Préfet d'Abidjan a été enlevé en milieu de journée par une branche des forces d'Alassane Ouattara.
Un commandant de Zone, qui dirige l'unité "COBRA" répond que "le Préfet est en prison", sur le téléphone portable du Préfet, supposé proche du président Gbagbo.
De lourdes menaces pèsent sur la vie des responsables politiques proches de Laurent Gbagbo, alors qu'Alassane Ouattara évoque une volonté de "réconciliation" promue avec enthousiasme par les médias français mais inexistante sur le terrain pour l'instant.

Quand les FRCI menaçaient de "tuer les Guérés jusqu'au dernier" (Human Rights Watch)

Extraits d'un rapport disponible sur le site de Human Rights Watch, de façon plus détaillée en anglais, qui confirme le témoignage d'un témoin que nous avons publié sur ce blog le 2 avril 2011.

"Les personnes avec qui Human Rights Watch s'est entretenu ont décrit comment, village après village, les forces pro-Ouattara, maintenant appelées les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), ont sommairement exécuté et violé des partisans supposés de Laurent Gbagbo, alors qu'ils étaient chez eux, qu'ils travaillaient dans les champs, qu'ils fuyaient ou tentaient de se cacher dans la brousse. Les combattants ont souvent sélectionné leurs victimes en fonction de leur origine ethnique et les attaques ont touché de façon disproportionnée les personnes trop âgées ou trop faibles pour fuir.

« Ce n'est pas en tuant des civils et en commettant des viols que les forces d'Alassane Ouattara vont mettre fin à ce conflit », a déclaré Daniel Bekele, directeur de la division Afrique à Human Rights Watch. « Il faut, pour que la Côte d'Ivoire puisse émerger de cette effroyable période, qu'Alassane Ouattara respecte son engagement public d'enquêter sur les violences perpétrées par les deux parties et de poursuivre leurs auteurs.»

Dans un cas particulièrement atroce, des centaines de civils de l'ethnie Guéré, perçus comme des partisans de Laurent Gbagbo, ont été massacrés dans la ville de Duékoué, dans l'ouest du pays, par un groupe constitué de diverses forces pro-Ouattara, dont des unités des Forces Républicaines sous le haut commandement du premier ministre d'Alassane Ouattara, Guillaume Soro.

Trois chercheurs de Human Rights Watch ont mené des enquêtes dans la région de Grand Gedeh, au Libéria, du 26 mars au 7 avril. Ils se sont entretenus avec plus 120 victimes et témoins de violations des droits humains commises par les forces des deux camps dans la région de l'extrême ouest de la Côte d'Ivoire. Plus de 40 000 Ivoiriens ont fui vers le Grand Gedeh en raison des combats. Human Rights Watch a également interviewé par téléphone près de 20 victimes et témoins encore présents à Guiglo, Duékoué et Bloléquin, à l'extrême ouest du pays.

Les violences constatées par Human Rights Watch se sont produites du 6 au 30 mars 2011, alors que les villes de Toulepleu, Doké, Bloléquin, Duékoué et Guiglo, dans l'ouest du pays, toutes auparavant contrôlées par les forces pro-Gbagbo, tombaient aux mains des forces pro-Ouattara qui voulaient destituer Laurent Gbagbo par la force. Ce dernier persiste dans son refus de céder le pouvoir à son rival, Alassane Ouattara, reconnu par la communauté internationale comme le vainqueur des dernières élections présidentielles.

Les Forces républicaines de Côte d'Ivoire d'Alassane Ouattara constituent une coalition peu structurée, composée de combattants qui s'étaient auparavant battus aux côtés des Forces Nouvelles, l'armée rebelle de longue date commandée par Guillaume Soro et qui contrôle la moitié nord du pays depuis 2002. Les Forces républicaines ont depuis intégré dans leurs rangs des forces de défense de quartier et d'anciens soldats de l'armée ivoirienne, ainsi que des policiers et des gendarmes qui étaient précédemment au service de Laurent Gbagbo et qui ont récemment fait défection.

Dans chaque village où Human Rights Watch s'est rendu, des combattants des Forces républicaines s'étaient livrés au meurtre, au viol et au pillage de la population, à majorité Guéré. Originaires de l'ouest de la Côte d'Ivoire, les Guérés ont largement voté pour Laurent Gbagbo aux élections présidentielles de 2010. Une femme de 47 ans a raconté à Human Rights Watch que des combattants avaient tué sous ses yeux son père, son mari et son fils de 10 ans, non loin de la plantation de cacao de la famille, près de Doké. Un homme de 32 ans a rapporté comment les forces pro-Ouattara étaient entrées dans Diboké et avaient ouvert le feu sur des habitants qui étaient sortis de leurs maisons en courant, ne sachant pas à quel camp appartenaient les combattants qui les attaquaient. L'homme a vu trois personnes se faire tuer juste devant lui. Dans au moins 10 villages non loin de Toulepleu et de Bloléquin, les villageois ont dit qu'ils s'étaient cachés dans la brousse et avaient vu les Forces républicaines mettre le feu aux maisons ainsi qu'aux greniers ou étaient stockés les récoltes et les semences. Les villageois ont aussi vu ces combattants abattre les animaux et voler tout ce qui avait de la valeur.

De nombreux habitants ont fui en prévision ou à l'arrivée des forces pro-Ouattara dans le village. D'autres habitants, en particulier des personnes âgées, qui n'avaient pas pu parcourir les 40 kilomètres à pied pour se réfugier au Libéria voisin, ont été capturés par les Forces républicaines et détenus dans leurs villages. Human Rights Watch a recueilli des informations sur l'exécution de plus de 30 de ces captifs civils. Une femme de 67 ans a raconté comment des combattants pro-Ouattara venaient tous les jours chercher plusieurs captifs - souvent des hommes et des femmes entre 60 et 80 ans - et les exécutaient à bout portant.

Des dizaines de femmes ont également été détenues pendant un jour ou plus et ont été violées à plusieurs reprises. Une femme de Bakoubli, près de Toulepleu, a indiqué que les forces pro-Ouattara l'ont violée devant ses enfants, puis ont tué son mari qui tentait de s'interposer.

Les exactions perpétrées durant un mois d'attaques contre les civils Guérés dans l'extrême ouest du pays, pendant tout le mois de février, a culminé dans le massacre de centaines d'habitants de la ville de Duékoué le 29 mars. Après avoir sécurisé la ville ce matin-là, les combattants des Forces républicaines, accompagnés de deux groupes de miliciens pro-Ouattara, se sont dirigés vers le quartier de Carrefour, bastion des partisans de Gbagbo. Huit femmes ont dit à Human Rights Watch que les forces pro-Ouattara avaient traîné les hommes, jeunes et vieux, hors de leurs maisons et les avaient tués dans la rue à coups de machettes ou à coups de feu, parfois en tirant par rafales. Tout en commettant ces tueries souvent épouvantables, certains des assaillants menaçaient de « tuer les Guérés jusqu'au dernier » à cause de leur soutien à Laurent Gbagbo. Une jeune femme a raconté à Human Rights Watch que les Forces républicaines avaient enlevé un groupe de jeunes garçons, dont son frère cadet, en criant qu'ils les emmenaient à Man - la ville de l'extrême ouest du pays où les Forces Nouvelles avaient leur base - « pour en faire des soldats »."

08/04/2011

A Pinhou, les villageois guéré n'en finissent pas de compter leurs morts

Après la ville même de DUEKOUE, les massacres se poursuivent maintenant dans les campements et plantations du département de DUEKOUE. L'appel de Ouattara ne semble pas avoir été entendu par ses troupes qui sont dans des zones difficilement accessibles et sans télévision. Dans le village de PINHOU, les villageois n'arrêtent pas de compter leurs morts. Un chef rebelle s'est rendu dans le village pour expliquer que les massacres s'expliquent par le fait que les guérés, ethnie autochtone de la région, ont opposé une grande résistance à la pénétration de la rébellion.

"On vous tue à cause de votre attachement à Gbagbo. Vous avez résisté à la rébellion depuis 2002, alors qu'en zone bété, dans la région dont Gbagbo est originaire, les militaires ont déposé les armes dès notre arrivée. Nous tuons donc toutes les personnes influentes pour éviter d'avoir à vous réorganiser" dira le chef rebelle qui a invité le chef du village à demander à ses administrés de ne rien entreprendre de suspect. Cachés dans les broussailles, les populations sont pourchassées. Les rebelles et leurs supplétifs locaux, parcourent les hameaux, les champs et les campements à la recherche des guérés. La discussion commence toujours par une salutation en malinké, langue des populations du Nord, ethnie d'Alassane Ouattara. Si le paysan n'est pas capable de répondre en malinké (dioula) ou avec l'accent approprié, il est soumis à un interrogatoire plus poussé, puis tué. Ainsi des familles entières ont été encore massacrées dans les campements de Pinhou, village situé à une dizaine de kms de DUEKOUE, le chef lieu du département. Caché derrière une termitière, un jeune guéré de 8 ans, a assisté au massacre de ses parents et de ses frères et sœurs à Binao.

Devant la détermination de l'ONU, les partisans et parrains de Ouattara, qui avaient, dans un premier temps, nié avoir tué des civils mais plutôt des combattants, commencent à présenter les faits comme des conflits inter communautaires. Mais il n'en est absolument rien. C'est un véritable régime génocidaire que la communauté internationale soutient en Côte d'Ivoire. Quel est donc ce conflit inter communautaire dans lequel, toutes les victimes ne se comptent que d'un seul côté? Les assassins cherchent à se défaire de l'étau des organisations de défense des droits de l'homme. Le génocide rwandais était-il un conflit inter communautaire?

Liste des corps retrouvés à PINHOU et circonstance de la mort:

1)  Diaï Bah Rufin, 40 ans environ, tué à Binao, sur l'axe Pinhou-Gbapleu;

2) Diaï Djon André, 57 ans environ, tué à Binao, sur l'axe Pinhou-Gbapleu;

3) Ignace , ressortissant de Guitrozon, tué à Binao, dans son campement (champ)

4) Goué Amores, tué à Binao

5) Mahan Rigobert, tué à Binao

6) Kahou Zoé Emile, tué à Binao

7) Bah Julien, tué dans son campement dépendant du village de Bahé "B"

8) Taho Henriette, mère de Bah Julien, tuée en même temps que son fils;

9)  Tchéka Henri,

10) Doho Zekemo

11)  Glou Tetopé, tous trois, tués à Lafiadougou

12) Zisso Jérémie

13) Tiémoko Erko

14) Zouhou, tous trois tués à proximité de Pinhou.

Les cases et les productions agricoles sont incendiées dans chaque campement appartenant à des personnes de l'ethnie guéré.