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26/04/2011

L'Hôtel du Golf transformé en lieu de "maquillage" de voitures volées

L'information est attestée par plusieurs sources, dont certaines ont un accès régulier aux lieux. En plus d'être le siège de la présidence Ouattara, un camp militaire et une "prison" et un centre de tortures pour proches et barons du régime Gbagbo, l'hôtel du Golf est un des endroits où les voitures, surtout 4X4, volées dans divers quartiers d'Abidjan, sont repeintes et plus globalement "maquillées" pour être revendues dans les pays voisins de la Côte d'Ivoire.

Quelle peut être la crédibilité d'un président qui n'arrive pas à contrôler, y compris dans son propre quartier général, des activités mafieuses menées, au vu et au su de tous, par la plus haute hiérarchie de ce qui lui tient lieu d'armée ? La reprise économique est-elle possible dans un contexte où les brigands et les policiers se confondent à ce point ? Le débat est ouvert. L'on peut légitimement se demander, par ailleurs, si les nouvelles autorités ivoiriennes ne ferment pas les yeux sur ce brigandage à grande échelle pour éviter la "grande colère" de soldats qui n'ont jamais été vraiment rétribués en neuf années de rébellion et qui se sont lancés dans une opération "pay you by yourself" lourdement préjudiciable à la classe moyenne ivoirienne, aux PME mais également aux grandes entreprises - des usines ont été totalement démontées dans les zones industrielles tandis que le siège d'Orange, par exemple, a été entièrement mis à sac.

Gagnoa : les Frci installent des tribunaux d’exception

Les FRCI d’Alassane Ouattara ne font pas dans la dentelle à Gagnoa et dans les environs. Ils ont installé un tribunal à Galébré, sous-préfecture de Gagnoa (30 kilomètres de la ville). Depuis le 31 mars, date à laquelle ils ont pris pied dans ce village économiquement important de la région, la chasse aux militants LMP ne faiblit pas. Le domicile de M. Brou Dégré Paul, directeur financier à l’INP-HB de Yamoussoukro a été pillé et saccagé. Quant à la résidence de M. Blé Zézé, cadre du Port autonome d’Abidjan, elle a été investie par les hommes de Ouattara. Elle leur sert de base et de « tribunal », où sont essentiellement réchauffés et jugés sans appel les vieux conflits fonciers - sous l’autorité du chef rebelle devenu juge - opposant les autochtones aux ressortissants de la sous-région qui y exploitent des terres.

Gnahoré Apollinaire, traqué pour être jugé par ce tribunal d’exception, est en fuite depuis avant-hier. Son frère cadet, qui revenait des champs a été arrêté et ligoté publiquement. Une « caution » de 20 000 FCFA sera payée par les villageois qui se sont cotisé séance tenante. Il sera finalement libéré, avec pour mission de ramener son frère dans les plus brefs délais.

Ainsi va la vie à Galébré où de nombreuses personnes, dont le chef du village et le président des jeunes sont en fuite, pendant que les rebelles procèdent à une « redistribution des terres » lourde de dangers pour la réconciliation qui est proclamée à longueur de discours par Alassane Ouattara, qui restent sans effets sur le terrain.

Une correspondance de Philippe Brou

20/04/2011

Tuerie à caractère ethnique des FRCI à la cité Fairmont (Adjamé)

Un mini car (communément appelé Gbaka), en provenance de Yopougon, a été immobilisé par les FRCI d'Alassane Ouattara dimanche dernier au niveau du carrefour de la cité Fairmont, à l’entrée de la commune d’Adjamé. Les forces de Ouattara, profitant du contrôle, ont mis à l'écart les passagers d’ethnie Bété et Guéré qui se trouvaient malheureusement dans le gbaka. Jetés dans un ravin, ils ont été «rafalés» et brûlés par leurs bourreaux pour effacer leurs traces. Les autres occupants du gbaka ont été relâchés après plus de 10 heures de détention (assis sous le soleil). L’une des victimes avant de subir la folie meurtrière de ses bourreaux, a pu communiquer le numéro d’un membre de sa famille à une bonne volonté. C’est celle-là qui a alerté ce membre de la famille et lui a raconté ce qui est arrivé au défunt, qui fuyait les combats à Yopougon pour se réfugier chez lui.

19/04/2011

En Côte d'Ivoire, les journaux "bleus" pillés, les journalistes menacés

La presse écrite quotidienne a recommencé à paraître lundi dernier en Côte d'Ivoire. Et les observateurs ont pu se rendre compte que les journaux "bleus", idéologiquement opposés au nouveau pouvoir, étaient absents des kiosques. Les organisations internationales de défense des droits des journalistes, très offensives sous le régime Gbagbo, n'ont pas encore produit de communiqué, et les journalistes occidentaux présents à Abidjan - les seuls à pouvoir travailler en dehors de la "presse organique"  - regardent ailleurs. Mais le fait est que les sièges de Notre Voie et du Temps ont été entièrement saccagés et pillés par les FRCI d'Alassane Ouattara, tandis que des hommes armés ont fait une incursion dans l'immeuble abritant le siège du Nouveau Courrier, pour des raisons encore floues.

Les journalistes de la "presse bleue" sont l'objet de menaces et d'intimidations quotidiennes, par leur messagerie électronique ou par téléphone. Un exemple de ces messages.

"Vous les journalistes de GBAGBO la vous aller voir on va vous poursuivre jusqu.à votre dernier retranchement , et vous corriger un à un .
Votre protecteur n.est plus la , c,est ADO qui est la maintenant et donc vous aller payer toutes vos injures. Il n,y aura plus de liberte de presse ici en CI
on va tous vous tuer vous les asticos de GBAGBO.
A bon entendeur salut . on vous aura tous."

Au cours d'une émission sur la RCI, la radio d'Alassane Ouattara qui a désormais le statut de radio officielle (dimanche dernier à 10 heures 30), les journalistes du Nouveau Courrier ont été désignés comme des ennemis. Et ce blog a été vilipendé par une auditrice, encouragée par l'animateur. Quand on ajoute à cela une ambiance d'insécurité et de règlements de comptes persistants, l'on se rend bien compte qu'une stratégie très efficace de musellement d'une partie de la presse est mise en oeuvre, au-delà des discours sirupeux au sommet.

Destruction du patrimoine de l'Etat et vandalisme des FRCI à l'INS

Selon plusieurs sources concordantes, témoins des faits, des soldats d'Alassane Ouattara, à bord de deux véhicules 4X4, sont allés totalement vider le dépôt des archives de l’Institut national des statistiques (INS) situé dans la commune de Treichville, non loin de la clinique médicale ‘’Hôtel Dieu’’, à l’aide d’un gros camion. L’ignoble scène a eu lieu, hier samedi 16 Avril, en pleine journée. Ils ont ainsi la mémoire statistique de la Côte d’Ivoire indépendante, ainsi que les données de recensement de la population ivoirienne et étrangère du pays. Plus grave, après avoir totalement vidé ce service, ces bandits d’un autre genre ont mis le feu au bâtiment abritant le service avant de se retirer.

Meurtre et pillages des FRCI à Songon

Les soldats d'Alassane Ouattara continuent de piller et traquer les personnes supposées proches de Laurent Gbagbo. Hier, le village de Songon, à Yopougon, a reçu la visite des FRCI à bords de 8 véhicules de types 4x4 et de 2 motos. Avec une mission bien précise, traquer le député Danho Doubou de Songon, fils du village. En l’absence de ce dernier, les hommes de Ouattara, arrivés sur les lieux à 11 heures, prendront la peine de consommer sans commune mesure le repas de midi destinée à la famille du député, avant de piller toute la maison en guise de dessert. Cerise sur le gâteau, un jeune homme apeuré par leur présence, tentant de fuir, a été froidement abattu et abandonné sur place par les éléments de la nouvelle armée de Côte d’Ivoire baptisée FRCI. Après Songon, cap a été mis sur le '‘carrefour Jacqueville’’ où les forces républicaines, se sont érigés en pompistes dans une station  (Klenzi) pour vendre de l’essence.

15/04/2011

Daloa : terreur et ciblage ethnico-politique par les FRCI

La terreur règne en ce moment dans la ville de Daloa qui s’est vidée de sa population bété et des jeunes autres que Dioulas. Les forces d’Alassane Ouattara sont sans pitié pour tous les jeunes d’autres ethnies. Sur indications de certains jeunes, ces forces de la terreur dont certaines se surnomment, à raison, Terminator, écument les quartiers où vivent les Bété, Guéré et wobés à la recherche de « miliciens de Gbagbo ». Ainsi, chaque jour qui passe apporte son lot de désolation dans les familles autres que Dioulas.

Ainsi, le mardi 12 avril dernier, au quartier Soleil 1, un jeune homme a été arraché de sa maison pour être exécuté au corridor de Man pour son activisme en faveur de Gbagbo pendant les campagnes présidentielles ; ce même jour également, dans un village dont nous taisons le nom, un autre jeune homme a été sauvagement abattu sous les yeux impuissants des villageois à qui l’ordre a été donné de ne pas l’inhumer pour servir « d’exemple aux autres » ! Le mercredi 13 avril, une femme a été battue à mort par les supporters de Ouattara qui continuaient encore de jubiler de l’arrestation de Gbagbo. Cette femme aurait proféré des injures à la bande joyeuse de Ouattara. La mort de ladite femme a multiplié la joie chez ladite bande.

C’est ainsi que la vie se déroule désormais à Daloa. Les membres de "mauvaises ethnies" se terrent ou vivent dans la brousse. Il règne en ce moment une ambiance de terreur à Daloa. En dehors des Dioula, tous les autres ont peur, à moins qu’ils soient militants RDR. Quant aux militants LMP, ils sont systématiquement traqués et/ou tués. Dommage que la « grande communauté internationale » ferme volontairement les yeux sur ces atrocités primitives portant atteinte grave aux droits de l’homme. Nous vivons ici à Daloa la peur au ventre, attendant l’arrivée inopinée de ces visiteurs indésirables qui pillent aussi les maisons et arrachent les portables à leurs propriétaires.

 

JEAN à Daloa

14/04/2011

Des images de la terreur que sèment, à Cocody, les FRCI pro-Ouattara

 

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13/04/2011

Gbagbo a été déporté à Korhogo

L'information provient d'une source interne à l'ONUCI. Hier le 12 avril 2011, la coalition franco-ouattariste a pris l'initiative de déporter le président Laurent Gbagbo à Korhogo, dans le nord de la Côte d'Ivoire tenu par la rébellion des Forces nouvelles, en plein territoire hostile et à plus de 600 kilomètres d'Abidjan. Face au refus net de l'intéressé, et sans doute à des pressions diplomatiques discrètes, le projet a été suspendu in extremis, ce qui ne signifie pas - loin de là - qu'il a été abandonné. (Ajout : ce 13 avril 2011, Gbagbo a été contraint de se rendre à Korhogo, après des traitements inhumains et dégradants, selon ses proches).

Pourquoi déporter Gbagbo à Korhogo ? Premièrement, parce qu'Alassane Ouattara et ses alliés internationaux redoutent plus que jamais la normalisation politique à Abidjan et le retour de la sécurité, qui entraîneraient fatalement des manifestations de soutien massives qui feraient désordre. Ils ont peur d'un retournement de situation, parce qu'ils sont conscients qu'ils ne contrôlent rien, et que le crédit du pouvoir de fait actuel n'a fait que diminuer dans la capitale économique, avec les pillages systématiques dont se rendent coupables ses nervis armés.

gbagbo_arrete3.jpgpatrice_lumumba_260.jpgDeuxièmement, parce qu'ils ont bien l'intention de "lumumbiser" Laurent Gbagbo. Le parallèle est en tout cas frappant. Après une bataille de plusieurs mois sur fond de dyarchie au sein de l'Etat, les Occidentaux et leurs alliés locaux en République démocratique du Congo ont réussi à arrêter Patrice Lumumba, qu'ils ont déporté dans le lointain Katanga sécessionniste, dans le fief de son adversaire (et marionnette occidentale) Moïse Tschombé. C'est là-bas qu'il a finalement été tué dans la savane, alors qu'il était censé jouir de la protection des Casques bleus de l'ONU, qui n'ont jamais eu de compte à rendre à personne, puisque sa mort était planifiée par les Etats-Unis, la France et la Belgique.

Hôtel du Golf ou hôtel des Tortures ?

Alassane Ouattara est présenté avec enthousiasme par les médias occidentaux comme un "technocrate policé" et un "démocrate au débit lent". Pourtant, au siège de sa présidence provisoire, à l'endroit même où il vit, un homme politique (Désiré Tagro, ex-ministre de l'Intérieur) a été assassiné par ses hommes, tandis que d'autres (dont la Première Dame Simone Ehivet Gbagbo et l'ancien ministre Béchio) subissent des actes de torture et des traitements inhumains et dégradants. Si de telles violations des droits de l'homme ont lieu au sein même de la présidence Ouattara, on peut imaginer l'horreur qui se déroule loin des caméras... Des caméras qui, de toute façon, ne sont pas intéressées...

 

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