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31/01/2008

Patrimoine des chefs d'Etat africains en France : une enquête explosive du "Monde"

La police française a enquêté sur les acquisitions immobilières des chefs d'Etat africains en France, suite à une plainte pour "recel de détournement d'argent public" lancée par plusieurs associations. Elle est tombée sur un riche patrimoine, qui démontre plus que mille discours en quoi la Françafrique est le plus gros scandale de la République française.
Mais cette enquête s'avère inutile, puisque la Sarkozie copine avec les chefs d'Etat prévaricateurs qui trustent les plus beaux quartiers des plus belles villes françaises. Alors, des "gorges profondes" frustrées l'ont balancée au Monde, qui s'en inspire pour un article qui fera date et que vous pouvez lire en cliquant ici.
Désormais, la police française confirme les dires des groupes de pression et des associations anti-Françafrique comme Survie. Le fait que l'enquête soit enterrée montre que la complicité entre pouvoirs européens et africains contre les peuples d'Afrique continue. C'est une victoire de l'Afrique de papa sur le droit, estiment les associations qui ont porté plainte.
Pendant ce temps, sur le net, la résistance à la kleptocratie des chefs d'Etat africains continue, comme le démontre le site BiensMalAcquisCongo.
Le moteur de l'Histoire n'est-il l'humiliation, si l'on en croit Jacques Attali ?
Bientôt, notre jour viendra.

25/01/2008

Côte d'Ivoire : la "galaxie patriotique" est-elle condamnée ?

6af8909472a864ac71c42b221257069e.jpgDans un billet précédent, j'évoque les figures de style de fin de crise, qui se manifestent au sein de l'opposition et de la mouvance présidentielle. Je parlais notamment des frustrations rentrées de ceux qui, à l'intérieur de la galaxie patriotique, ont l'impression d'avoir été les "dindons de la guerre" et pour qui la figure de celui qui a su tirer les marrons du feu est forcément Charles Blé Goudé.
En faisant ma revue de presse ce matin, j'ai constaté que ledit Blé Goudé a décidé de se défendre et de lancer l'offensive, à travers une série d'articles écrits par Yves de Séry, le rédacteur en chef du journal qui lui est proche, "Le Matin d'Abidjan".
"Camp présidentiel, galaxie patriotique... faut-il brûler Blé Goudé ?", s'interroge, en Une, "Le Matin d'Abidjan". Le chapô du papier consacré au sujet est explicite : "Après avoir fait front commun dans les premiers moments de la résistance, la sphère patriotique a progressivement commencé à se lézarder pour présenter aujourd'hui de larges entailles. Avec notamment cette "guerre sale" livrée à Charles Blé Goudé, l'icône du milieu, qui passe désormais, aux yeux de certains, pour le mouton noir de la maison".
L'article se veut une "odyssée dans les eaux boueuses du camp présidentiel", et raconte comment la "galaxie" est passée de "la grande cohésion" à "l'autodestruction" en passant par "la déchirure". Il rappelle les différentes mobilisations réalisées par Blé Goudé, au début de la crise, après Linas-Marcoussis, durant les événements de novembre 2004 et en janvier 2006, lors de la crise du GTI.

"Fait notable, malgré toutes ces victoires remportées sur les adversaires du régime, Blé Goudé n'a pas toujours eu que des amis au sein même du camp présidentiel. Ses principaux détracteurs se logent dans les travées du FPI, le parti qui a porté Laurent Gbagbo au pouvoir.
A l'origine de ce "je t'aime, moi non plus", un problème de lecture de la démarche politique à mener autour du chef de l'Etat. Pendant que le parti présidentiel pense qu'il lui faut caporaliser, et tenir en laisse tous les leaders du mouvement patriotique pour, dit-il, mieux organiser celui-ci, Blé croit que dans un souci d'efficacité, tout le monde ne doit pas se ranger sous la casquette du parti. Et cela surtout dans la perspective des élections, où il faudra nécessairement rallier tous les militants des autres partis, qui ont certes de la sympathie pour le candidat Gbagbo, mais n'ambitionnent pas pour autant de poser leurs bagages dans la maison "bleu et blanc". En somme, Charles est pour un travail d'appoint (...) Un choix qui ne sied pas à la direction du parti qui y voit plutôt une manœuvre du jeune leader de capitaliser à son profit personnel le combat de résistance, surtout que grâce à son charisme et la légitimité historique dont il jouit, il garde une forte audience auprès des populations ivoiriennes. C’est vrai que l’ancien leader étudiant, comme s’il aimait bien voir ses « frères ennemis » aller à la crise des nerfs, ne fera rien pour dissiper les doutes de ces derniers. Avec notamment l’organisation qu’il met autour de lui : il structure son mouvement, le Cojep, comme un parti politique, avec des représentations à l’intérieur du pays et même en occident. Dans la foulée, il met sous contrôle les principaux «parlements et agoras» du pays. La stratégie lui permet de rester en contact permanent avec la base et de véhiculer ainsi facilement ses mots d’ordre. Et pour ne rien arranger dans son affaire, Blé, riche de ses connaissances en communication politique,-fruit de son expérience anglaise-, donne dans le marketing politique. Ce qui lui vaut de s’installer confortablement dans l’opinion nationale. En outre, l’homme est très écouté du chef de l’Etat qui, dit-on, l’admire pour la force de propositions qu’il représente, là où les autres leaders, confie-t-on, préfèrent tendre la sébile. Cerise sur le gâteau, dans la perspective de la présidentielle, Laurent Gbagbo élève «Gbapê » au rang de 1er responsable, chez les jeunes, chargé de la campagne présidentielle. Pour des aînés qui attendent leur heure de gloire,-après avoir, pour certains, longtemps ciré les bottes de Laurent Gbagbo, et pour les autres, amassé un trésor de guerre aujourd’hui suffisant pour nourrir leurs ambitions-, cela n’est point un bon signe. A défaut donc de contrôler Blé Goudé, il faut tout simplement le briser. La redoutable machine « bleu et blanc » peut donc se mettre en marche. Médard Adia Damana, dit Pickass, compagnon syndical de « Zouzou », est encouragé à rentrer à Abidjan, après avoir achevé ses études en France. Ce que ce dernier fait. On lui prête de connaître le talon d’Achille du président de l’Alliance et de savoir trouver les moyens d’éteindre l’étoile de Blé."


"Le Matin d'Abidjan" estime que l'alliance tacite Blé-Soro fait peur :

"Les mois passent, qui voient l’arrivée de Guillaume Soro à la primature ivoirienne, à l’issue du dialogue direct. Blé Goudé se rapproche de son ancien camarade des années de fac, à la Fesci. Il bat même campagne dans tout le pays pour demander aux Ivoiriens de l’accepter. Il n’est plus rare de le voir jouer les «go between» entre le président de la République et le premier ministre. Le duo qu’il constitue désormais avec «Bogota», en faveur de la paix, inquiète l’état-major des «bleu et blanc» qui soupçonnent plutôt la «génération zouglou» de préparer minitueusement l’après Gbagbo. Les flèches assassines peuvent donc recommencer à voler. L’objectif reste le même sauf la stratégie qui change. Désormais, les attaques partent non plus de structures extérieures, mais de certains proches de Blé qui, révèle-t-on, ont été secrètement retournés. A charge pour ces derniers de véhiculer dans la presse, et sous le couvert de l’anonymat, des dossiers en «béton» sur leur chef. Cela a l’avantage de donner plus de crédibilité aux «révélations ». D’où la récente campagne d’intoxication attribuant, plus que de raison, des biens qu’en réalité, «Grégoire Zadi» ne possède pas, même s’il est reconnu que, vu son statut, le jeune leader est aujourd’hui loin d’être un crève-la-faim à l’instar de tous les leaders consciencieux qui ont mené la résistance. Car en vérité, tous ont profité de leur engagement en faveur de la République. Certes pas au même niveau, mais à une hauteur plus qu’acceptable pour les uns et les autres. Le problème est de savoir ce que les uns et les autres ont fait de la magnanimité du président Laurent Gbagbo. Car à notre sens, il n’est pas juste pour les pourfendeurs encagoulés d’indexer la « fortune » de Blé quand on n’est pas soi-même exempt de tout reproche. Surtout lorsque, par exemple, on n’a exercé nulle part et qu’on roule aujourd’hui carrosse et on habite les quartiers les plus huppés d’Abidjan. C’est ce qui enlève tout crédit à cette campagne qui, en définitive, pue de loin, la haine. La haine, ce sentiment le mieux partagé dans le camp présidentiel, où pour des intérêts politiciens, on est prêt à brûler tous les symboles. Car on l’aime ou on ne l’aime pas, Blé Goudé est un symbole que nul ne peut nier. Ainsi donc, pendant que la galaxie patriotique en est à s’autodétruire, en face, l’heure est à la grande cohésion pour ravir le pouvoir àNLaurentNGbagbo. Certainement que le combat pour la neutralisation totale de Blé Goudé est plus important que la réélection du candidat Laurent Gbagbo. Sait-on jamais! Alors question : Au nom des ambitions des uns et des autres a-t-on décidé de brûler Blé Goudé dont le seul tort est d’avoir sauvé le regime d’une rébellion meurtrière ?"


Avant de vous dire ce que je pense de cette polémique, j'aimerais que vous me donniez vos opinions...

24/01/2008

Le Kenya, au-delà des ethnies

d335c565c753e7169dd7403c3419a5ce.jpgBel article de Jean-Pierre Campagne, que j'ai connu alors qu'il travaillait pour l'AFP, sur la crise kényane. Je le trouve très fin. Il ne nie pas le fait ethnique, mais montre qu'il est un des instruments de mobilisation qu'utilisent souvent les hommes politiques, et le place dans un contexte général, qui est aussi économique. J'aime particulièrement la fin du papier, que je partage avec vous.

Dans le cas du Kenya, comme dans tous conflits africains et du tiers-monde, l’aspect économique reste très important. On ne le répète jamais assez : l’Afrique est très riche mais les Africains sont très pauvres. Les très pauvres se font aisément enrôler pour trois fois rien, et peuvent servir de supplétifs lors de conflits politiques qui dégénèrent en conflits armés. Dans cette extrême misère, comme dans les bidonvilles de Kibera et de Mathare à Nairobi, les plus grands d’Afrique, la vie vaut peu, et l’exaspération née du dénuement est grande et explose très vite. Parler de démocratie et de droits de l’homme, les pieds dans la boue, nuit et jour, entassés, envahis de moustiques et sans savoir si on pourra enfin manger le soir, ce n’est pas évident. C’est le quotidien de la grande majorité des Kényans, des Africains, des misérables qui tentent de survivre avec moins d’un euro par jour. Mais, à vivre sur place, à lire la presse locale, à écouter ceux qui peuvent étudier et s’exprimer, on ressent au Kenya, comme ailleurs, une véritable aspiration à une plus grande justice, une meilleure répartition des richesses, une vie politique aérée. Ce n’est pas un hasard si plusieurs dictateurs prédateurs, maintenus au pouvoir par leurs alliances économiques avec des pouvoirs occidentaux et des multinationales, ont sauté, souvent après des manifestations de rues, parfois sanglantes. Alors, l’emploi perpétuel de clichés racistes à chaque explosion en Afrique nous prouve que le monde blanc s’aveugle à vouloir toujours diaboliser le continent noir. Hier encore, je disais à une amie que j’allais peut-être me rendre au Kenya. Dans sa réponse effarée, j’entendais : mais tu vas en enfer ! Non, je vais sur un très beau continent où des peuples misérables, pillés pendant des siècles, peu éduqués, parfois violents et ignobles, souvent poètes et philosophes, tentent de relever dignement la tête et de tracer leur histoire.


Je vous invite à le lire en entier. Et à débattre. Pourquoi, alors qu'objectivement, dans leur vie quotidienne, les Africains vivent banalement le fait ethnique, sont-ils aussi facilement mobilisables dès lors que les rancoeurs tribales historiques sont agitées par les politiciens ? Pourquoi le fait idéologique et les calculs purement individuels sont souvent évacués par les logiques communautaires ? Mon petit début de réponse est que nous sommes encore des sociétés féodales et clientélistes. Les principales richesses sont des rentes foncières et minières. Si le biais de redistribution est ethnique, si les promesses de redistribution sont ethniques, le prisme ethnique restera. Je prends un exemple : un étudiant en fin de cycle est de l'ethnie X, son meilleur ami ou sa fiancée de l'ethnie Y. Son lointain oncle le mobilise en expliquant que les malheurs du pays sont liés à tel homme politique qui est de l'ethnie Y, et à tous ses frères Y. S'il a le pouvoir, il mettra de braves jeunes X dans les écoles professionnelles, longtemps trustées par l'ethnie Y. Ah ! la douane, les impôts, la police. Tout changera ! Pendant ce temps, le meilleur ami ou la fiancée Y a un oncle politicien qui lui dit que tel homme politique X et ses frères X veulent leur ravir le pouvoir et les martyriser. Comment ferait-il, si une telle possibilité arrive, pour lui donner le poste administratif qu'il lui a déjà réservé ?
J'ai l'impression que l'ethnicité en Afrique n'est plus du tout une pensée, un fait idéologique, mais un phénomène de groupe tactique et tacite. Et vous ?

PS : J'illustre ce papier par la poignée de main Odinga-Kibaki-Annan, parce qu'elle donne de l'espoir, quand bien même en Côte d'Ivoire nous sommes bien placés pour savoir que ces chaudes accolades sont souvent vides de sens et de sincérité.

19/01/2008

Est-ce le début de la fin du mythe Kadhafi ?

La blogosphère africaine ne supporte visiblement plus le double discours du "Guide" libyen, qui expulse les Subsahariens de son pays et claironne le refrain de l'unité africaine avec emphase. Lire Batochou, Edgar Yapo et Edgar Yapo.

16/01/2008

Deux notes très intéressantes...

Sur le blog de Yoro. Où l'on apprend que les "Zéléphantes" handballeuses font un beau parcours à la Coupe d'Afrique, qui se déroule à Luanda, dans une indifférence assez frappante, en ce temps d'hystérie pré-CAN de foot. Yoro s'interroge aussi : où est passé le fameux troisième pont que l'on promet aux Abidjanais depuis (trop) longtemps ?

10/01/2008

Black-out sur l'Afrique... noire !

Au moment où on discute avec passion sur ce blog des tenants et des aboutissants de l'affaire Jean-Paul Ney, de 8306c3286e16c77c49b6039384b4bfd6.jpgson traitement plus que limité dans la presse parisienne et des silences du Quai d'Orsay, il m'a semblé vital d'acheter la dernière édition des "Dossiers du Canard Enchaîné" consacré aux "nouveux censeurs" en France. D'autant plus qu'on y retrouve un article sur le traitement de l'information en Afrique par la presse française, intitulé "Black-out sur les sujets qui fâchent".
Et le cas d'école qui illustre dès l'attaque du papier le fonctionnement "exotique" de l'information en et sur l'Afrique, ce sont les événements de novembre 2004... en Côte d'Ivoire ! Extraits.

"Oh, le beau cas clinique de paralysie du sens critique ! Le virus est venu de Côte d'Ivoire et a frappé nos médias pendant trois bonnes semaines. Fin 2004, l'armée française, sous mandat de l'ONU, se retrouve prise dans la guerre Nord-Sud. Plusieurs fois, tantôt en légitime défense, tantôt non, elle ouvre le feu, tuant plusieurs dizaines de civils. Le plus gros de la presse va vivre cette crise sous perfusion militaire et sous anesthésie.
L'affaire commence le 6 novembre, quand un avion des forces du président Gbagbo, occupé à reconquérir le Nord rebelle, largue une bombe, à Bouaké, sur un camp français du dispositif "Licorne". Neuf morts. Aussitôt, le ministère de la Défense prend en main l'information. Après des émeutes contre la communauté française, puis la réplique des militaires, le bilan est, selon Abidjan, de 63 morts et 2000 blessés. Paris dément avec force. Pas une radio, pas une télé n'ose mettre en balance la parole des Français et celle des Africains. Sur place, les journalistes sont d'ailleurs totalement "militarisés". (...)
Il faudra attendre le 30 novembre pour que se fissure le consensus patriotique. Canal Plus diffuse le film tourné par une des équipes le 6 novembre. On y voit des hélicos canardant des manifestants sur un pont. Puis la manif du 9 novembre, devant l'hôtel Ivoire. Des blessés par balle et un mort ivoiriens sont bien visibles. La veille de la diffusion du reportage, Alliot-Marie finit par admettre "une vingtaine de morts".
Jusqu'au bout, la Défense - qui a obtenu de visionner le film ! - tentera de le stopper. Pour contrer l'éventuelle censure, Paul Moreira (qui dirige l'émission) a organisé des fuites. "Un des journalistes qui est passé chercher une cassette me rappelle, raconte-t-il. Le sujet a été bloqué par sa direction." Mis au parfum, "Le Canard" décrit les images le 24 novembre. Le ministère obtiendra quand même la suspension... de toutes les rediffusions prévues sur Canal. (...)
La chape de plomb kaki règne même sur le lourd passé franco-africain. "Où sont les enquêtes, les émissions historiques, les rétrospectives sur la répression française et ses dizaines de milliers de morts à Madagascar (1947), au Cameroun (1961), au Sénégal (1963) ?", s'interroge (l'universitaire Albert) Bourgi."


c29c6b5e2ce85783f05018e9ac129844.gifLa problématique est clairement posée. Ceci dit, faute d'enquête, "Le Canard" endosse, même si c'est de façon minimale, la version officielle sur les événements de novembre 2004. Quand on sait que Michèle Alliot-Marie a menti de manière répétée à cette période, l'attitude la plus prudente est de remettre absolument tout en question.

Qu'est-ce qui prouve que l'armée française a ouvert le feu "en légitime défense" par moments ?

Qu'est-ce qui prouve que les neuf militaires français sont morts comme leur gouvernement l'a dit, puisque les autorités françaises ont empêché toute autopsie, en dépit du bon sens et de la loi, allant même jusqu'à intervertir deux corps dans leur hâte à fermer hermétiquement les cercueils pour empêcher les parents de voir les dépouilles de leurs enfants ?

Pourquoi les éclats des roquettes qui se seraient abattues, recueillies par l'armée française, n'ont jamais été expertisées ?

Où sont passsés les boîtes noires et les relevés GPS des hélicoptères incrimnés, détruits au sol par l'armée française qui a contrôlé plusieurs jours l'aéroport de Yamoussoukro ?

Pourquoi la juge Brigitte Raynaud a été sabotée de manière permanente par la hiérarchie militaire alors qu'elle tentait de comprendre comment étaient décédés les neuf morts de Bouaké ?

Pourquoi la France officielle a organisé la fuite des mercenaires biélorusses censés avoir bombardé le camp de Bouaké, alors que les autorités togolaises les avaient arrêtés ?

Personne en France ne s'interroge sur cette curiosité. Personne n'ose imaginer que la version "officielle" de novembre 2004 peut n'être qu'une mise en scène. Personne ne demande les autopsies des corps des victimes, la déclassification complète du dossier novembre 2004.

Pendant ce temps, la méfiance, voire la paranoïa, augmente en Afrique. Mais il est normal d'être parano quand une conspiration du silence vous empêche de reconstituer votre Histoire.

05/01/2008

La blogosphère africaine se réjouit du rayon de soleil Barack Obama...

... Comme nous le montre, entre autres, ce billet de Ben qui, bien entendu, en profite pour régler quelques comptes avec la France de Nicolas Sarkozy. Personnellement, ce que j'en dis, c'est que l'Histoire est pleine d'ironie : le Kenya sombre dans la violence, un "Kenyan-American" illumine l'Amérique, la valorise et lui offre une belle campagne de relations publiques qui fait oublier ses campagnes guerrières, notamment en Irak.

03/01/2008

Quelques vérités bienvenues sur la Chine

Alain Faujas, du quotidien Le Monde, a publié aujourd'hui un article courageux intitulé "Que ferions-nous sans la Chine ?" Où il démontre que l'hystérie antichinoise des Occidentaux est largement injustifiée. Il explique que c'est la Chine qui porte la croissance mondiale, qui soutient le dollar en achetant des bons du Trésor américain. Ce sont les produits "low cost" chinois qui permettent une inflation modérée en Europe. C'est la Chine qui sait faire à la fois du commerce et de l'aide au développement dans une Afrique désertée par "les pays riches".

Les leçons de l'affaire de l'arche de Zoé

Ayaovi Agbobli, financier dont le nom trahit les origines togolaises, a publié dans Libération un article plein d'intelligence sur l'affaire de l'arche de Zoé et ce qu'elle révèle quant à la politique de "rupture" de Nicolas Sarkozy.
Les journaux français laissent de plus en plus des intellectuels et des libres penseurs africains s'exprimer dans leurs colonnes. Ce n'était pas le cas pendant de nombreuses années : les grands "spécialistes" du continent accaparaient tout. Comment expliquer cette tendance ? Le désintérêt global pour l'Afrique en France a-t-il causé la raréfaction des vocations africanistes ? Les "distributeurs de parole" au sein des grands médias parisiens ont-ils appris à douter ?