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24/04/2011

Signez la pétition pour la "libération immédiate" de Laurent Gbagbo

Laurent Gbagbo, Président constitutionnellement élu en Côte d’Ivoire, investi le 4 décembre 2010, a été livré, le 11 avril 2011, par l’armée française, avec la complicité de l’ONU, à Alassane Ouattara, imposé à la Côte d’Ivoire sur la base de résultats frauduleux illégalement proclamés, mais reconnus par le représentant du secrétaire général de l’ONU, le Coréen Young-jin Choi. A l’écrasement militaire, rappelant les pires heures de sa politique coloniale en Afrique, la France a ajouté l’humiliation dont avait été victime le Congolais Patrice Lumumba avant d’être assassiné il y a un demi-siècle avec la complicité de l’ONU.
Laurent Gbagbo, opposant historique depuis la fin des années 1960 qui a incarné la lutte pour le multipartisme et la démocratie en Côte d’Ivoire, n’a jamais pris les armes et a été élu en 2000. Il a été remis par les éléments de la Force française Licorne à ceux-là même qui ont voulu le renverser par un coup d’Etat militaire en septembre 2002 précipitant la partition du pays et plongeant celui-ci dans une crise meurtrière pour le peuple ivoirien.
Nous, soussignés, 
Pacôme Adjourouvi, Albert Bourgi, Guy Labertit, Christian Mensah, Calixthe Beyala, Olympe Bhëly Quenum, Marcel Amondji, Cheikh Oumar Diarrah, Amath Dansokho, Michel Galy, Gaston Kelman, Malick Ndiaye, Hermann Yaméogo,  Jean Marie Teno, Francis Kpatindé, Théophile Kouamouo, Léopold Gnininvi, Hervé Emmanuel Nkom...
DÉNONÇONS
  • l’intervention de la France en Côte d’Ivoire qui outrepasse le mandat de l’ONU et viole le droit international ;
  • les mensonges d’Etat du gouvernement français et la complaisance de nombreux médias.
  • les exactions et les tueries perpétrées par les troupes d’Alassane Ouattara contre les partisans de Laurent Gbagbo depuis son arrestation illégale, dont la première victime a été l’ancien ministre de la Justice et de l’Intérieur Désiré Tagro
CONDAMNONS
la politique guerrière, illégitime et coûteuse, conduite par le Président Sarkozy, avec la complicité des Etats-Unis, de chefs d’Etat d’Afrique et de l’ONU ayant mis sous tutelle la diplomatie africaine.
DEMANDONS
La libération immédiate de Laurent Gbagbo car la réconciliation ne peut se faire en Côte d’Ivoire qu’avec Laurent Gbagbo vivant et libre.

21/04/2011

Mamadou Koulibaly : le sens d'un retour

Je partage avec vous cette analyse du journaliste ivoirien Simplice Allard, relative au retour dans l'arène de Mamadou Koulibaly, président de l'Assemblée nationale et numéro deux de l'Etat ivoirien. Une analyse que j'ai aimé lire...

Le Pr Koulibaly Mamadou est de retour, mardi 19 avril 2011, de son abri ghanéen. Information capitale, le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire met fin à son exil en rentrant dans son pays, deux semaines après le coup d’Etat qui a enlevé le Président Laurent Gbagbo et déchu le régime Fpi, cerise sur le gâteau : par un avion spécial affrété par le tombeur, Alassane Dramane Ouattara. Que penser d’un tel acte de la part du président de l’Assemblée nationale, par ailleurs vice-président du Front populaire ivoirien (Fpi) ? Pour ma part, il s’agit d’une démarche très sage et d’une très grande lucidité politique, j'allais dire, une saine appréciation de la réalité du terrain comme le recommandent les stratèges politiques. Au demeurant, le retour de ‘’Koul’’ par un avion spécialement affrété par Ouattara prouve que le président par coup d'Etat, reconnu par la communauté internationale, est coincé et qu’aucune autre issue institutionnelle et légale ne s’offre à lui. Le fait que M. Ouattara n’a pas prêté serment devant le Conseil constitutionnel est, en effet, un gros handicap politique, un boulet qu’il traine au pied dont il en est véritablement conscient. D’où la négociation, car c’en bien une, entre le Fpi représenté (officiellement ou officieusement peu importe) par le Pr Koulibaly et le camp Ouattara qui a besoin de se faire entourer des compagnons – dont l’autre Professeur Paul Yao N’Dré président du Conseil constitutionnel -, de Laurent Gbagbo pour se faire une couverture légaliste.

On ne sort pas d’une guerre comme on sortirait d’un dîner gala, disait Laurent Gbagbo. Ouattara sait combien de plumes il a perdues dans son ambition présidentielle : les entreprises privées comme publiques sont pillées systématiquement ou rançonnées comme c’est le cas à San Pedro où les soldats pro-Ouattara exigent la somme de huit millions (8.000.000 Fcfa) à chaque société industrielle ; des crimes sont perpétrés par les mêmes soldats à sa solde, il y a destructions de biens publics et privés, pillages des domiciles privés partout dans le pays, les Forces républicaines de Côte d’Ivoire pro-Ouattara sèment mort et désolations dans presque tous les foyers ivoiriens. La ville de Duékoué à l’ouest de la Côte d’Ivoire avec plus de huit cent (800) morts en trois jours, en est le symbole le plus illustratif. C’est un Alassane D. Ouattara qui convoite le pouvoir ivoirien depuis des lustres et qui y est presque, mais dont l’ambition pourrait être contrariée par ses actes qui ne sont pas dignes de l’image d’aristocrate doublé de grand banquier reconnu comme tel dans la haute finance internationale qu’il donne de lui-même.

Il faut savoir qu'une République, pour son fonctionnement dans la stabilité doit être à l’image d’un carré. Dont les différents pieds institutionnels son t: la présidence de la République, l'Assemblée nationale, la défense et les médias d'Etat. Or, c’est de notoriété publique, pour le moment et deux semaines après le coup d’Etat militaire qui a enlevé Laurent Gbagbo, il n'y a toujours pas de présidence. Tout le monde le sait, Ouattara n'a pas encore prêté serment. Pour la défense, inutile de dire qu'il n'y a non plus pas d'armée nationale en tant qu’institution. Chaque parcelle du pays est « sécurisée » par une floraison de milices armées, les combattants de l’armée nationale : les Forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire (Fds-Ci) se sont évanouies dans la nature sans prêter une oreille attentive à l’appel de la hiérarchie qu’ils soupçonnent d’être soucieuse de son avenir et de sa sécurité. La situation n’est pas non plus reluisante pour les médias, deux semaines après le coup d'Etat de Ouattara, l'Etat de Côte d'Ivoire ne dispose pas d'institutions médiatiques officielles pour porter sa parole. La radio diffusion télévision ivoirienne (Rti) et Fraternité Matin ont cessé toutes activités. Il reste l'Assemblée nationale, l’autre socle du carré d'as institutionnel. Et c’est une des principales raisons de la « magnanimité » d’Alassane Dramane Ouattara qui a mis à la disposition du président de l’Assemblée nationale un avion spécial qui l’a ramené du Ghana avec toutes les garanties sécuritaires que cela suppose.

Je dirais que le retour du Pr Koulibaly ouvre de nouvelles perspectives et donne un semblant de vie à la Côte d'Ivoire. Car, à sa sortie d’audience, mercredi 20 avril 2011, avec Ouattara, Koulibaly annonce la réouverture des travaux avec une prise de contact avec les députés responsables des groupes parlementaires le même jour, et éventuellement une adresse les jours prochains devant ceux-ci d’Alassane Ouattara. Sans oublier l’autre pan, celui de la garantie sécuritaire des députés, obtenue par le président Koulibaly de la part de l’homme fort du moment, Ouattara, et qui permet à la Côte d'Ivoire de revivre. L’acte du président Koulibaly Mamadou est très important en ce sens qu’il permet une détente dans le marigot politique ivoirien. Détente profitable à tous sans oublier au Fpi son parti politique qui pourra se donner des coudées franches et sortir de l'étreinte des Forces républicaines l’armée de Ouattara qui s’illustrent avec leur lot de pillages et d’exécutions physiques à relents d’épurations ethniques dont les Bété ethnie du Président Gbagbo sont les principales cibles. On pourrait espérer que ces tueries cesseront comme le promet Ouattara.

Koulibaly Mamadou desserre également l'étau et permet à son parti le Front populaire ivoirien (Fpi) de sortir la tête de l’eau, d’affiner et de dégager une stratégie pour reconquérir le pouvoir d’Etat perdu, non pas par élection mais par la force des armes. Le Fpi en a les ressources humaines et les instruments. C’est donc un geste que les cadres du Fpi doivent applaudir des deux mains, celui posé par le président de l’Assemblée nationale que le hasard a voulu qu’il soit du même bord politique que le président Laurent Gbagbo. Je puis dire que le Pr Koulibaly sauve des meubles, à commencer par ceux de la République dont il pourrait – en toute éventuellement en assumer l’intérim -, et partant, ceux de sa famille politique.

Simplice ALLARD

al08062317@yahoo.fr

20/04/2011

En Allemagne, la répression de la contestation anti-Françafrique a commencé

Ce mercredi 20 avril 2011, le premier acte de répression du mouvement citoyen international qui s'est constitué pour dénoncer les ingérences françaises en Côte d'Ivoire - dont le point culminant est la campagne de bombardements contre les symboles de l'Etat ivoirien et la "capture" par des officers des forces spéciales de Licorne de Laurent Gbagbo et de ses proches - a eu lieu. La police de Hambourg a arrêté, alors qu'ils se préparaient à commencer une manifestation, un certain nombre d'activistes politiques, dont Guillaume Tene Sop, président du CNR-MUN (Conseil national de résistance - Mouvement umnyobiste), association camerounaise à caractère politique.

Après une heure de détention et un interrogatoire serré, la police de Hambourg a libéré les activistes, leur signifiant tout de même qu'ils seraient poursuivis pour avoir brûlé le drapeau français.

17/04/2011

La réconciliation est une négociation

Réconciliation. Ce concept est sur toutes les lèvres "ouattaristes" en Côte d'Ivoire ces derniers jours. Après plus d'une décennie de crise, le pays doit se réconcilier, entend-on. Noble ambition, qu'il est difficile de ne pas partager. Le problème est que ce discours se développe dans un contexte particulier qu'il faut avoir le courage de nommer : celui d'une épuration politique implacable. Les collaborateurs politiques et les employés ordinaires du couple Gbagbo, leurs enfants et petits-enfants (tous éloignés du champ politique) sont mis aux arrêts de manière totalement irrégulière au Golf Hôtel, avec la quasi-totalité des membres du gouvernement. Le ministre de la Justice d'Alassane Ouattara, Jeannot Ahoussou Kouadio, a déjà annoncé des enquêtes sur la totalité des membres du gouvernement Gbagbo pour "des crimes de sang, des crimes d'argent, ainsi que l'achat d'armes de poings et d'autres armes". Des journalistes et des leaders d'opinion seront poursuivis pour "incitation à la haine", a-t-il expliqué.

Dans les quartiers, les stations-services sont transformées en cellules improvisées où sont entassés des centaines de jeunes dénoncés par leurs voisins comme partisans, civils et armés, de Laurent Gbagbo. Dans des quartiers comme Yopougon, la terreur règne. Des pillages inédits dans l'histoire de la Côte d'Ivoire sont commis depuis plus d'une semaine par des combattants des FRCI, qui "punissent" leurs victimes chez qui des signes d'appartenance au camp adverse sont trouvés. Ces informations, confirmées par Amnesty International, sont passées sous silence par les médias internationaux, mais cela ne les empêche pas d'exister. Il y a une vie après le storytelling.

Peut-on se réconcilier dans une atmosphère objective d'oppression politique et de désespoir humanitaire ? Les prochains jours nous le diront. Mais le ton et la violence des "réconciliateurs" laisse présage que ce beau concept sera utilisé comme arme de musellement et de monopolisation du champ politique. Rappeler le passé, mettre en lumière les contradictions des nouveaux gouvernants, faire des reportages sur les dizaines de villages entièrement brûlés à l'Ouest, reviendra à aller contre la "réconciliation". Admonester la France officielle, dénoncer sa collusion avec Ouattara, enquêter sur les bénéficiaires réels des pillages de nature industrielle auxquels nous assistons reviendra à véhiculer "la haine". En réalité, le camp Ouattara, en disant "embrassez-vous" veut dire "game over" et décréter, comme Francis Fukuyama après la chute du mur de Berlin, "la fin de l'Histoire". Fragilisé au point de vue politique - sa base de soutien s'est rétrécie en raison de son mode d'accession au pouvoir et des pillages qui paupérisent la classe moyenne - et militaire - les bandes rebelles rivales qui se sont partagé Abidjan ne constitueront pas d'ici peu une police, une gendarmerie et une armée organisée et ne voudront pas laisser la place aux FDS -, le régime Ouattara veut empêcher tout retournement de situation. Mais il ne recherche pas, de manière sincère, la réconciliation.

La réconciliation est définie par le dictionnaire comme le "rétablissement de l'entente entre personnes brouillées". Cela signifie qu'elle ne peut être imposée, et doit être négociée dans le cadre d'un dialogue fructueux. Qui sont "les personnes brouillées" en Côte d'Ivoire ? Quel est l'objet de leur brouille ? Qu'est-ce que chaque camp reproche à l'autre ? Quels actes forts seraient de nature à apaiser les coeurs ? En dehors de ces questions, des initiatives de réconciliation ne seraient que de la comédie.

Revenons en arrière. Après son élection en octobre 2000, Laurent Gbagbo a entrepris un processus - très contesté par l'opposition d'ailleurs - de réconciliation nationale. La clé de voûte de son initiative était le retour triomphal en Côte d'Ivoire de tous les leaders contraints à l'exil par le régime militaire, notamment Henri Konan Bédié et Alassane Dramane Ouattara. Par la suite, un Forum où chaque camp est venu exposer ses griefs et ses propositions a été organisé. Des recommandations en sont sorties. Un gouvernement de réconciliation nationale où toutes les tendances du pays étaient représentées a été mis en place. Cela n'a pas empêché l'éclatement de la guerre. Mais la démarche était autrement plus "ouverte" que ce à quoi on assiste aujourd'hui, dans un festival de menaces et d'intimidation... qui s'apparente au remake, en pire, de la prise de pouvoir du général Robert Guei en décembre 1999. A l'époque, elle était très encadrée... par les hommes d'Alassane Ouattara.

Au-delà des considérations relevant de la moralité politique, l'on est en droit de s'interroger sur les chances de succès de la méthode de "pacification" violente engagée par Alassane Ouattara. Par le passé, Guillaume Soro a moqué Laurent Gbagbo en indiquant que, contrairement à son ancien mentor "faiblard", lui, il avait maté la rébellion de "IB". Les mois qui viendront nous situeront sur l'efficacité du rouleau compresseur et du règne absolu de la testostérone et de la kalachnikov.

15/04/2011

Sarkozy confond Gbagbo et Guei

L'information n'est pas de premier plan mais elle est assez éclairante. Sur le peu de sérieux avec lequel le président français Nicolas Sarkozy traite ses dossiers en général et les dossiers africains en particulier. Mais aussi sur la volonté sans limite de diaboliser Laurent Gbagbo, qui permet de faire feu de tout bois. Le Canard Enchaîné rapporte une conversation au sein du Conseil des ministres en France. Durant laquelle pour convaincre que "Laurent Gbagbo est en état de folie", Sarkozy affirme : "Gbagbo, ne l'oublions pas, c'est celui qui a emprisonné son équipe nationale de football parce qu'elle avait perdu un match."

Et pourtant, les moins informés d'entre les Africains férus de foot savent bien que le chef de l'Etat qui avait interpellé, pour un temps, en 2000, les membres de l'équipe nationale, c'était bien Robert Guei. Cette sortie douteuse de Sarkozy rappelle tous les commentaires de presse où Laurent Gbagbo est présenté comme le concepteur de l'ivoirité, rendue célèbre par Henri Konan Bédié.