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05/09/2009

Gabon : le dégoût (1)

 

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Terrible bégaiement de l'Histoire de l'Afrique ! Après Joseph Kabila (République démocratique du Congo) et Faure Gnassingbé (Togo), Ali Bongo Ondimba, grotesque caricature du "fils-à-papa-sans-talent-et-plein-de-lui-même" accède à la magistrature suprême après la mort de son père, dans un schéma de succession dynastique qui s'abat sur l'Afrique comme une invasion de sauterelles ou une peste malfaisante.

 

Comme Faure, Ali est entouré de puissants parrains, nationaux et étrangers, qui le tiennent et le poussent pour que rien ne change ; et pour que leur rente, qu'ils ont su sauvegarder depuis près de 50 ans, demeure. Faure avait son Charles Debbasch, Ali a son Robert Bourgi.

Comme Faure, Ali peut compter sur une soldatesque léguée par papa comme une sorte d'assurance anti-démocratie. Elle peut tuer pour lui. Elle tue pour lui, à la manière d'une meute mercenaire au service d'un clan familial prévaricateur.

Au Togo comme au Gabon, une immense fraude électorale a été nécessaire pour imposer le "prince héritier". Une fraude sanctifiée par les litotes approbatrices de Paris, par les silences de Washington ou de Londres - qui ne voient la démocratie qu'aux portes de l'Iran ou d'autres régimes hostiles. Et surtout par la lâcheté incommensurable des "élites" africaines, sur le continent et dans la diaspora.

L'enjeu saute pourtant aux yeux. Nos Etats sont déjà très fragiles, surinvestis par les pouvoirs exécutifs qui accaparent souvent la quasi-totalité de la richesse nationale. Si nous acceptons, par nos silences, leur transformation en monarchies crapuleuses dont la seule raison d'être est d'empêcher des yeux indiscrets - y compris au sein des partis au pouvoir - de "voir clair" dans un amalgame d'arrangements mafieux, alors NOS YEUX NE VERRONT PAS UNE AFRIQUE MEILLEURE QUE CELLE QUE L'ON VOIT AUJOURD'HUI.

Approuver par le silence un schéma qui pourrait se reproduire ailleurs (au Sénégal, au Congo, en Egypte...) est lamentable. C'est ce qui se passe pourtant. Les voix qui portent en Afrique, y compris parmi nos "journalistes internationaux" volent, dans un schéma conservateur incroyable, au secours d'Ali Ben.

Elles disent que l'opposition était divisée, comme si une opposition divisée ne pouvait pas créer la surprise.

Elles disent que l'opposition n'était pas prête à diriger, comme si le pouvoir était quelque chose qu'on n'apprend qu'en composant avec les "tyrans éternels", puis en s'en distanciant, dans la stratégie du parfait petit opportuniste.

Elles ne dénoncent pas les tripatouillages du parti qui éreinte le pays depuis tellement d'années que la majorité du pays n'a connu que lui, mais elles dénoncent les méthodes de contestation de l'opposition, mauvaise, incapable, peu imaginative. Comme s'il y avait une manière imaginative de se battre contre une machine oppressive prête à tout. Là où on doit parler "principes", "valeurs", "leçons pour l'avenir", "perspectives au long terme", on commente le destin d'une Nation comme un match de football.

Elles parlent comme si la démocratie était conditionnée à un ensemble de critères étranges qui ressemblent bien à ceux des coteries internationales qui tiennent l'Afrique en laisse.

Elles disent que de toute façon, ça va se passer comme ça "et puis voilà". Pourquoi se fatiguer à contrarier les évidences ?

C'est grave.

Jamais l'Afrique francophone n'identifie clairement un certain nombre de causes communes qui la souderait... pour faire avancer l'Histoire. Pourquoi à Abidjan, à Dakar, à Douala... les voix qui défendent les valeurs de progrès chez elles, détournent le visage ? Pourquoi nos grands journalistes qui ont le privilège de débattre sur des plateaux très visibles semblent-ils aussi apeurés, aussi frileux, aussi conformistes, quand on les compare aux journalistes français dont les patrons, souvent des marchands de canon ou des vendeurs de gros projets BTP, ont pourtant, souvent, de gros atomes crochus avec les pouvoirs africains d'un certain type ?

L'amour de la liberté, l'attachement aux principes, les rêves sains d'alternance sont-ils désormais considérés comme des lubies de rêveurs impénitents ?

Pourtant, elle est nécessaire la colère.

10/07/2009

BAC "C" en Côte d'Ivoire : une erreur dans l'épreuve de maths ?

Je suis tombé sur ce petit témoignage en me promenant sur Facebook.

"Plus que de l’intelligence, il fallait hier de la magie aux candidats au Bac série C pour résoudre la partie B du problème de leur épreuve de mathématiques.

C’est du moins ce que nous ont rapporté les enseignants qui ont relevé une erreur dans cette épreuve. Dans l’énoncé, une fonction a été présentée avec sa dérivée, et le candidat devait démontrer que cette dérivée était celle de la fonction en question. Le hic, c’est que « la dérivée était fausse », ont affirmé nos sources. Plus grave, la suite de l’exercice dépendait de cette formule, soit 50% du problème noté sur 12. La partie B à elle seule comptait 4 points.

«C’est comme si on donnait une craie blanche à un élève et on lui demandait de montrer qu’il tient une craie rouge», a expliqué une de nos sources pour illustrer la situation. Dans certains centres, des candidats ont été les premiers à signaler l’erreur, mais leur remarque n’a pas été prise en compte parce n’étant pas censés pouvoir donner des leçons aux inspecteurs (professeurs de maths) qui ont composé le sujet."

Si l'information se révèle vraie, ce serait à mon avis assez grave et cela mériterait que l'on recommence l'épreuve. Le Bac, c'est peu quand on le regarde de loin, mais c'est une année de vie pour celui qui le passe. Je me souviens qu'il y a très longtemps (lol...), alors que je composais le Bac "D", il y avait eu une erreur dans l'épreuve de sciences naturelles. Résultat des courses : moins de 10% de réussite dans mon département.

 

11/04/2009

La culture de l'amnésie est une maladie mortelle

Je n'ai plus trop envie de parler de politique, surtout de la politique ivoirienne, tant elle charrie des passions partisanes qui font qu'on se fâche souvent avec des gens que l'on apprécie pour, au fond, pas grand chose. Cela dit, je continue à m'y intéresser. Je m'intéresse surtout à la manière dont elle est narrée, et de la manière dont elle est rapportée à l'Histoire du pays. Et des fois, les bras m'en tombent. Notre analyse politique est à ce point partisane, manque à ce point de profondeur historique, qu'elle devient de la pure propagande qui ne nous apprend rien et qui ne nous aide en rien à créer des repères durables.
Petite parenthèse. Ce matin, je me suis un peu énervé quand j'ai lu sur Facebook, en commentaire à mon post sur le scandaleux "blanchiment" des légions qui sont entrées victorieuses dans Paris après la deuxième guerre mondiale, ce petit texte d'un ami :

"Pourquoi ressassez toujours le passé, à croire que nous les africains nous ne vivons que sur le passé, notre avenir est-il derrière nous?? Bâtissons la nouvelle Afrique avec notre présent!"


Voyageons. Visitons leurs musées. Regardons leurs émissions et leurs chaînes de télé. Fouillons les bibliothèques. Ouvrons notre Bible. Et nous nous rendrons compte que les autres peuples se souviennent efficacement de leur passé, pendant que nous l'oublions ou le travestissons pour des raisons bassement immédiates.

Ainsi, lisant un article de l'ami Venance Konan dans Le Nouveau Réveil, je tombe sur un énorme mensonge à usage politicien :

"Houphouët-Boigny avait rêvé de faire de la Côte d'Ivoire un pays développé. Honte sur lui. Notre président actuel et bien-aimé en a fait un pays très pauvre et très endetté. Qu'il soit loué. Et que le général Mangou veille encore longtemps sur lui."


Une bonne partie des internautes ne sait pas que le gros de l'endettement ivoirien s'est fait sous Houphouët, et que la Côte d'Ivoire est aujourd'hui moins endettée qu'en 2000. Venance Konan, qui est cultivé, le sait. Mais il fait oeuvre idéologique en désinformant ses lecteurs. Je n'ai plus envie de parler de la politique ivoirienne parce que quand je relève un tel mensonge, je sais très bien que des amis et lecteurs me tomberont dessus en disant que je suis "pro-Gbagbo". Et ils s'arrêteront là. Or, les choses ne s'arrêtent pas là.

Comment faire évoluer le débat citoyen sur les politiques économiques à suivre lorsque les évidences du passé et du présent sont niées ? Comment tirer les leçons des erreurs du passé lorsqu'on les octroie au présent ? Comment organiser une pensée stratégique à long terme ? J'étais encore au lycée qu'on parlait déjà de l'endettement vertigineux de la Côte d'Ivoire, de ses éléphants blancs et de ses entreprises publiques mal pensées et mal gérées - dont les fameux projets sucriers de Bédié.

L'élite ivoirienne, qu'elle soit FPI, RDR ou PDCI, a plusieurs fois trahi le peuple en lui vendant une vision alors qu'elle ne brûlait que de se remplir les poches. Par le passé, elle a recouru à l'endettement extérieur. Ces dernières années, elle a utilisé la fiscalité et la parafiscalité pour favoriser l'évasion de fonds sous prétexte d'investissements. Sous Houphouët et sous Gbagbo, la Côte d'Ivoire a acheté des usines de chocolat aux Etats-Unis qui n'ont jamais été mises en route. L'élite ment au peuple en permanence. Elle ne se sent pas obligée de faire coïncider ses dires et ses actes parce qu'elle est protégée par une "analyse politique" à courte vue et manipulatoire.

Une ingratitude héréditaire

de_gaulle_5.jpgLe général De Gaulle est une icône en France, et dans de nombreux pays africains. A Abidjan, le pont le plus solide du pays est baptisé de son nom. Grand homme pour la France, De Gaulle a pourtant été un "faux ami" de l'Afrique, qui n'aimait le continent que pour profiter de lui. Les dernières révélations de la BBC sur le penseur de "l'indépendance sous haute surveillance" et les accords de défense inégaux d'après 1960, confirment ce que beaucoup d'entre nous pensaient. De Gaulle ne voulait surtout pas que la Libération de la France puisse aussi être revendiquée par des Nègres. Et il s'est battu pour gommer la diversité de la France "black blanc beur" qui a triomphé, avec les Alliés, du nazisme.
Extrait d'un article de afrik.com sur cette révélation historique et... révélatrice :

« Les commandements américain et britannique se seraient assurés que la libération de Paris le 25 août 1944 soit perçue comme la victoire des « Blancs uniquement », a révélé lundi 6 avril BBC Radio 4. Ils ont ainsi répondu favorablement à une requête du Général de Gaulle, qui souhaitait que la Libération soit l’œuvre de soldats français, en posant la condition suivante : « la division de Gaulle ne doit contenir aucun soldat noir », indique la BBC. « Il est plus souhaitable que la division mentionnée (la Deuxième Division Blindée) ci-dessus se compose de personnel blanc », écrivait en janvier 1944 dans une note « confidentielle » le chef d’Etat major d’Eisenhower, Walter Bedell Smith. « Ceci désignerait la Deuxième Division Blindée, qui ne compte qu’un quart de soldats indigènes, comme la seule formation française opérationnellement disponible pouvant être rendue cent pour cent blanche. »


L'article en entier ici.

06/09/2008

L'humour est relatif... la bêtise absolue !

Regardons la neuvième photo du diapo créé par Guillaumette Faure de Rue 89 à la convention républicaine de Saint-Paul et consultable ici. Où les militants républicains trouvent intelligent de faire un lien entre les noms d'Obama et de Biden à celui d'Oussama Ben Laden. (Obama bin Baiden, Osama bin Laden). Stupidissimo !

08/08/2008

La maladie d'Aviso

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Abonné Aviso-Côte d'Ivoire Télécom, je vis le calvaire avec ma connexion Internet depuis un certain temps. Lundi, déjà, alors que j'avais une importante e-conférence, il était IMPOSSIBLE de surfer. J'ai appelé le centre d'appels d'Aviso, ils m'ont promis que les choses iraient mieux dans l'après-midi. Cela n'a pas vraiment été le cas. Dans la nuit, la connexion a fonctionné pour redevenir extrêmement capricieuse le lendemain mardi. Mardi, j'ai appelé de nouveau. Ils ont promis que tout irait pour le mieux mercredi et ont parlé de travaux sur leur réseau.
Pourtant, jusqu'à présent, les choses ne s'améliorent pas. On est un peu à l'aise la nuit mais durant la journée, c'est la galère. J'arrive à consulter mes mails une fois sur deux. Il y a de nombreux sites que je n'arrive pas à ouvrir.
Si vous aussi vous êtes abonné Aviso, j'aimerais que vous me racontiez votre expérience - peut-être que dans ma zone c'est pire qu'ailleurs. Comment faites-vous pour travailler dans ces conditions ? Que faire pour qu'Aviso, qui ne tolère aucun retard dans les paiements de ses factures, respecte ses clients et nous informe avec exactitude de ce qui se passe, nous présente ses excuses et nous dédommage si nécessaire ?

02/08/2008

"Affaire Kieffer" vs "novembre 2004"

0f7277be46d73b5cda1961b2c8a9a60f.jpgDans le premier cas, un mort supposé. Un journaliste français travaillant comme consultant à Abidjan dont le corps n'a jamais été retrouvé.
Dans le deuxième cas, neuf morts nommément cités côté français, un mort nommément cité côté américain, et 64 morts nommément cités côté ivoirien - dont un correspondant de presse, Antoine Massé.
Dans le premier cas, un juge qui a la liberté d'aller et de venir entre la Côte d'Ivoire et la France, qui a interrogé des dizaines de témoins et de bonimenteurs, qui a réussi à exfiltrer tous ceux qui lui permettaient d'étayer sa thèse, si peu sérieux soient-ils.
Dans le second cas, l'Etat français n'a cessé de créer des obstructions à la manifestation de la vérité au sujet de la mort de ses propres soldats. Il a refusé de procéder à des autopsies, a fait disparaître des preuves, a laissé filer des coupables présumés, refuse la déclassification de toutes les archives pouvant faire avancer le dossier... à tel point que l'avocat des victimes finit par croire que l'Etat français a pu tuer ses propres soldats pour avoir un prétexte pour renverser le président ivoirien.
Dans le premier cas, il y a un crime qui pourrait éclabousser des personnalités ivoiriennes, si la thèse du juge Ramaël, qui ne repose sur rien de solide, prospère. Dans le second cas, il y a visiblement une des affaires d'Etat les plus délicates de la France contemporaine.
La presse française ergote à n'en plus finir sur l'affaire Kieffer - et c'est son droit, même si on peut lui reprocher d'enquêter trop peu et d'affirmer trop vite. La presse française se tait de manière quasiment unanime sur novembre 2004. Lorsque Mediapart fait des révélations centrales, elles ne sont quasiment pas reprises ailleurs, dans les médias où les fameux "journalistes spécialistes de politique africaine" verrouillent tout et jouent les courroies de transmission au service des "réseaux". Lorsque les dépêches d'agence annoncent le refus de déclassification de pièces centrales pour la manifestation de la vérité, elles sont traitées comme des faits divers banals de banlieue.
Les démocraties bananières ne se trouvent pas que dans le Tiers-Monde.

03/07/2008

Côte d'Ivoire : justiciables corrompus pour justice pourrie ?

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L'actualité numéro un en Côte d'Ivoire, c'est l'opération "mains propres" dans la filière café-cacao. De nombreux commentaires privilégient la dimension politique de ce coup de filet. Quant à moi, je m'intéresse plus aux aspects sociologiques de l'affaire. Et je me pose une question : une société corrompue jusqu'à la moelle peut-elle être redressée uniquement par des décisions politiques ? Je n'y crois pas. Elle doit elle-même faire l'effort de se réformer, elle doit accoucher d'une majorité silencieuse qui veut la rupture.

Comme on l'a constaté, la presse proche de l'opposition, en Côte d'Ivoire, pourfend quotidiennement l'opération "mains propres" lancée par Laurent Gbagbo, qui a visé en priorité des responsables proches de son propre parti. C'est normal. Les accords de Linas-Marcoussis ont renforcé le mythe du totalitarisme absolu de la classe politique sur la société civile. Votre parti est signataire des accords garantissant une place à la mangeoire ? Vous avez tous les droits, y compris celui de voler le peuple. La remise en cause de ce mythe terrifie la classe dirigeante, toute la classe dirigeante, y compris la drôle d'opposition qui est restée en permanence majoritaire au gouvernement et qui veut pourtant faire campagne sur "le bilan" de Gbagbo. Quelques arrestations dans ses rangs, quelques preuves de détournement, et la théorie du "pouvoir FPI" tombe à l'eau au profit de la réalité d'une "tontine politique" qui a fait beaucoup de mal à l'éthique de responsabilité en Côte d'Ivoire.

Les barons de la filière café-cacao vont être jugés. Mais on parle peu de la crédibilité de ceux qui vont les juger. Or, la justice ivoirienne est aussi malade que la classe politique. Ainsi, le greffe est une vaste machine à produire de l'argent. Avez-vous gagné votre procès ? Pour avoir le document qui vous permet d'entrer dans vos droits, il faut "donner un peu" ! Pourquoi voulez-vous manger seul ? La Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (MACA) est une vaste jungle où tout s'achète. Avec beaucoup d'argent, les détenus peuvent en sortir, dormir chez eux, revenir, repartir...

Hier, j'écoutais des conversations dans la rue. "Eux aussi, ils ont exagéré ! Il fallait qu'ils prennent cinquante à cent millions seulement !" Au Cameroun, on connaît la vieille rengaine : "La chèvre broute là où elle est attachée !"

Nous avons besoin d'une vraie révolution morale, d'une subversion des fausses valeurs qui sont les nôtres.
C'est pour cela qu'il faut refuser de toutes les forces la rhétorique hémiplégique des politiciens qui veulent nous faire croire que "l'enfer, c'est les autres". Au-delà de la diabolisation et des messianismes, il faut que le corps social pratique l'art de la vigilance.
Pour aller plus loin, extrait d'un coup de gueule mémorable émis en novembre 2007 par Me Mentenon, alors bâtonnier de l'ordre des avocats :


"Le bâtonnier a (...) indiqué que l’enceinte et les alentours du Palais présentent les signes d’un marché permanent et à ciel ouvert. Toute chose qui, selon lui, déteint sur la qualité de la justice. Tapant du poing sur la table, maître Claude Mentenon a stigmatisé la présence des vendeurs de cartes de recharge, des cireurs, des gérants de cabines ambulantes, des « margouillats » ou courtiers... qui n’ont rien à y faire, mais qui gravitent autour et dans le palais. ‘’Ces margouillats réalisent des escroqueries de tout genre et offrent un service des greffes parallèle avec la complicité de certains magistrats, greffiers, avocats. Nous sommes tous coupables par omission, abstention et par omission’’, a-t-il conclu, non sans décrier le fonctionnement rustique des services des greffes et le surpeuplement des magistrats dans les bureaux, qui a un impact négatif sur la qualité des décisions rendues." (Source L'Inter)

17/05/2008

Côte d'Ivoire : Soro-Zakaria, c'est la guerre

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Le chef du gouvernement ivoirien et (toujours) secrétaire général des Forces nouvelles s'en est pris hier à un de ses chefs de guerre les plus médiatiques et les plus folkloriques, Koné Zakaria, selon le quotidien Fraternité-Matin.


Des informations avaient fait état, la veille de l’arrivée du Premier ministre Guillaume Soro à Séguela, de ce que commandant de la zone militaire 5, le Cdt Koné Zakaria était en déplacement sans préciser où exactement. Mais son retour avait été annoncé pour vendredi matin afin d’accueillir le secrétaire général des Forces nouvelles et Premier ministre, Guillaume Kigbafori Soro. Mais surprise, le Com’zone Koné Zakaria ne s’est présenté ni à l’accueil de la délégation ni à la rencontre que le chef du gouvernement a eue avec les populations près du Centre culturel Madégbê. Aucune explication n’a non plus justifié cette absence surprenante de Koné Zakaria.

Cependant, dans son allocution, plusieurs séquences ont permis de se rendre compte de la position du chef du gouvernement. Le Premier ministre a non seulement désavoué son compagnon, mais il a aussi, montré qu’il était engagé dans la voie de la sortie de crise de manière irréversible. Notamment en dénonçant l’état désastreux de la voirie de Séguela à la suite du maire, du piteux état de l’ex- hôtel Sietho, de la persistance du racket, de la mauvaise gestion des recettes municipales et de la nécessité d’aller au désarmement qui passe par le regroupement des ex-combattants de Kani aujourd’hui.

En somme, une gestion catastrophique de la cité. «Même s’il n’avait pas parlé de la voirie (le maire), j’allais moi-6a4ba198cf7b1dd3749509dfcad7f6ec.jpgmême en parler parce qu’à Séguéla, il n’y a plus de routes. Les chauffeurs sont obligés maintenant de choisir le trou dans lequel ils vont tomber. Ce n’est pas possible. C’est donc un vrai problème. C’est dommage que depuis toutes ces années, rien n’a été fait dans ce sens. Mais, M. le maire, très rapidement, nous allons réagir à cela, essayer de reprofiler celles qui peuvent l’être et de refaire celles qui doivent l’être.” En attendant des actions urgentes dans ce secteur, Guillaume Soro a décidé de prendre une décision immédiate qui permettra de soutenir les actions du gouvernement, notamment la rétrocession de la gestion de mairie aux élus. “Vous avez parlé, à voix basse des taxes de la municipalité. Je vous remercie, mais je demande au général Bakayoko (ndlr: chef d’état-major des FAFN) de faire une réunion avec les militaires et de donner la mairie au maire, avec les taxes et autres. Redonnez-les lui pour qu’il travaille parce qu’un maire est le premier pôle de développement”. Interpellé également par le président du Conseil général de Séguela, sur la situation de l’ex-hôtel Sietho, le chef du gouvernement a instruit le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, qui est membre de sa délégation, de faire procéder à sa réhabilitation immédiate afin de préparer aisément la visite d’Etat que le Président Gbagbo effectuera dans la région.


Deux remarques me viennent à l'esprit.

- Guillaume Soro, qui avait affirmé avec beaucoup de véhémence qu'il n'y avait pas de problème au sein des Forces nouvelles lors de "son" attentat, en juin 2007, vient de montrer que ceux qui parlaient de fissure dans la rébellion après l'accord de Ouaga et qui identifiaient Zakaria comme un des "opposants" à ce deal, avaient bel et bien raison.

- Guillaume Soro, qui vise les principales mairies du Nord pour son futur parti politique, veut se faire aimer des populations qu'il a d'abord captivées par la force et la propagande victimaire, et "tente de faire prendre les vessies pour des lanternes", selon l'expression d'un commentateur d'une note précédente sur ce blog. Il charge donc Zakaria, le maillon faible qui a, comme tous les chefs de guerre, saigné "sa" zone dans le cadre d'une entreprise de pillage dont Guillaume Soro était le patron le plus visible. C'est Zakaria qui était la pièce maîtresse du trafic de cacao de la zone rebelle aux marchés européens via le Burkina Faso et le Togo, avec le grand ami du Premier ministre, Adama Bictogo. Pendant tout ce temps, quand Soro "tenait" toute cette zone, y compris Séguéla, que n'a-t-il pas entrepris des travaux de voirie ou ordonné à Zakaria, assis sur des tonnes d'or brun, de le faire ? Comment accuser Zakaria sans accuser le principe même de cette rébellion, qui a fait trôner des analphabètes notoires dans des régions grandes comme certains pays ?

03/04/2008

Renouvellement du permis de conduire en Côte d'Ivoire : cas pratique d'organisation de la vie chère

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J'ai reçu ce message dans ma boîte email. Je le diffuse parce qu'il montre comment les entreprises concessionnaires de marchés publics, avec la complicité des ministres, violent les décisions du Conseil des ministres, les lois et décrets de la République, pour constituer des "caisses noires". Au moment où l'on se plaint du racket des policiers, voici une nouvelle forme de racket, qui se pare d'oripeaux institutionnels.

Bonjour à toutes & tous,

L'on se souvient que pour le renouvellement des permis de
conduire des bagarres ont éclaté entre membres du gouvernement de
Côte d'Ivoire. L'opération a été même suspendue pendant longtemps
avant d'être relancée.

De façon officielle, il a été annoncé que le renouvellement
coûte 21.500 Frs CFA. Cependant l'entreprise STARTEN à qui cette
opération est concédée, fait payer 27.000 Frs CFA soit 5.500 Frs
de plus pour soit disant payer le déplacement des équipes
mobiles chargées de l'exécution de l'opération sur le terrain.

Une des responsables des unités mobiles jointes
pour information, n'a pas pu donner d'explications plausibles en ce qui
concerne cette majoration. Elle a parlé de frais de transport de
l'équipe qui doit se déplacer. Mais pourquoi est -ce nous qui
devons payer le transport de gens qui sont payés pour ce travail ?

Faisons le calcul; pour renouveler les permis d'une
structure de 100 salariés située à TREICHVILLE, STARTEN engrangera sur
leur dos la bagatelle de 550.000 Frs CFA (5.500 x 100)
en guise de transport de ANGRE à TREICHVILLE. Franchement
même en Avion le transport aurait été moins cher. C'est du vol
pur et simple.

Pourquoi le citoyen ivoirien qui veut renouveler son permis
doit -il supporter un surcoût fantaisiste ? Pour que des gens
continuent de s'enrichir sur son dos?

Pour rappel, Le Ministre du Transport, MABRI, est allé sur les
plateaux de la télévision ivoirienne pour dire que STARTEN est en
déca des objectifs quantitatifs fixés par le cahier de
charges. De ce fait, les centres de renouvellement du permis de
conduire seront décuplés et des unités mobiles allant vers les
usagers seront mises en place afin d'atteindre
ces objectifs.

Pourquoi nous, citoyens, devons payer pour l'atteinte
d'objectifs d'une entreprise privée qui a bataillé férocement pour avoir ce
marché?

Si nous ne prenons garde, d'ici quelques semaines il
y aura une augmentation de fait dû au renouvellement de
permis.

REFUSEZ L'OPERATION À CE COUT. De toutes les façons quand on
fait une promo, on baisse les coûts pour la rendre attrayante.
Mais comme nous ne sommes pas un pays en crise alors la promo est
plus cher que l'ordinaire.


Photo : Le ministre des Transports de Côte d'Ivoire, Mabri Toikeusse.