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21/12/2008

Côte d'Ivoire : grâce présidentielle pour Alafé

Le directeur du quotidien ivoirien (indépendant) l'Intelligent d'Abidjan, Wakili Alafé, dit Assé Alafé, condamné à 18 mois de prison ferme pour s'être prévalu de la nationalité ivoirienne, a été libéré jeudi soir, a-t-on appris vendredi auprès de son journal.

"Il a été libéré hier (jeudi) soir mais pour le moment il se repose un peu. Nous comptons organiser une réception pour dire merci à tous ceux qui ont oeuvré pour sa libération", a déclaré à l'AFP le rédacteur en chef de l'Intelligent d'Abidjan, Valéry Foungbé.

M. Alafé, deuxième vice-président de l'Union nationale des journalistes de Côte d'Ivoire (Unjci), a été gracié par un décret du président Laurent Gbagbo signé mercredi, a précisé M. Foungbé.

Il avait été condamné le 7 novembre à 18 mois de prison ferme et 100.000 FCFA (152 euros) d'amende par le tribunal de première instance d'Abidjan qui statuait sous la procédure des flagrants délits.

Le tribunal n'avait pas suivi le ministère public qui avait requis trois ans ferme, la peine maximale prévue pour le délit de "faux et usage de faux" retenu contre le journaliste.

Le directeur général de L'Intelligent d'Abidjan avait été interpellé sur dénonciation anonyme, pour avoir produit de faux extraits d'acte de naissance lui donnant la nationalité ivoirienne alors qu'il serait, bien que né en Côte d'Ivoire, de nationalité nigériane par ses parents.

01/12/2008

Rendre à Bush ce qui est à Bush

3070948631-le-president-george-w-bush-s-enorgueillit-de-son-action.jpgRendre à César ce qui est à César est un impératif moral. Aujourd'hui, c'est la journée mondiale contre le sida. La dernière à laquelle George W. Bush participera en tant que président des Etats-Unis. Bush s'enorgueillit d'être le père du PEPFAR, ce programme américain hyper-financé grâce auquel le sida ne rime plus automatiquement avec la mort dans de nombreux pays d'Afrique. Il est ce qu'il est, mais nous devons reconnaître que l'Amérique, sous sa présidence, a sauvé des millions de vies en Afrique. Les Européens doivent admettre que cette vaste croisade contre la mort n'est pas de leur fait, malgré les montagnes d'humanisme qu'ils transportent à longueur de déclarations vertueuses. Force est de reconnaître que l'Amérique sait souvent reconnaître les grands défis de l'humanité et contribuer à les relever avec efficacité. Il y a plus de soixante ans, c'est l'Amérique qui a mis fin à la barbarie hitlérienne en sacrifiant plusieurs milliers de ses enfants. L'Histoire retiendra qu'au début du XXIè siècle, c'est l'Amérique qui a apporté le secours à des millions d'Africains voués à une mort certaine. Que Dieu bénisse l'Amérique, en dépit de tout !


"Quand nous avons lancé PEPFAR, notre objectif était d'aider au traitement de deux millions de personnes en cinq ans. Je suis heureux d'annoncer aujourd'hui que nous avons précocement dépassé cet objectif", a dit M. Bush à l'occasion de la journée mondiale contre le sida.

"Quand PEPFAR a commencé, 50.000 personnes seulement recevaient un traitement antirétroviral dans toute l'Afrique subsaharienne", a dit M. Bush au côté de son épouse, devant un ruban rouge de près de neuf mètres déployé sous le portique nord de la Maison Blanche.

Au 30 septembre, plusieurs mois avant l'échéance prévue, PEPFAR a atteint le chiffre de plus de 2,1 millions d'hommes, de femmes et d'enfants dans le monde ayant bénéficié grâce à PEPFAR de traitements antirétroviraux susceptibles de leur sauver la vie, selon la Maison Blanche. Plus de deux millions d'entre eux vivent en Afrique subsaharienne.

"A travers le monde, nous avons aussi aidé à ce que plus de 10 millions de personnes atteintes du virus VIH, dont plus de quatre millions d'orphelins et d'enfants vulnérables reçoivent des soins. Plus de 237.000 bébés sont nés sans le VIH grâce au soutien apporté par les Américains à des programmes prévenant la transmission du virus à leurs enfants", a dit M. Bush, arborant, comme son épouse, un ruban rouge à son revers.

PEPFAR (pour President's Emergency Plan for AIDS Relief, ou Plan d'aide d'urgence du président contre le sida) et plus généralement l'action de son gouvernement contre les maladies infectieuses en Afrique figurent parmi les réussites que M. Bush revendique à l'heure du bilan de huit années de présidence.


Lundi, il a présenté PEPFAR comme "l'une des initiatives les plus importantes de (son) administration".

Le 30 juillet, M. Bush a promulgué une loi allouant 48 milliards de dollars à la prolongation de PEPFAR.

L'action du gouvernement sortant contre le sida et les maladies infectieuses en Afrique a attiré des louanges d'experts et même d'adversaires à un président qui bat des records d'impopularité avant de quitter la Maison Blanche le 20 janvier.

"Je salue le président Bush pour le rôle prééminent qu'il a joué dans l'élaboration d'un plan d'aide contre le sida en Afrique et pour y avoir accordé les fonds nécessaires pour sauver des vies humaines et empêcher la propagation de la maladie", a dit le successeur de M. Bush, Barack Obama, dans un message adressé à un forum sur la santé auquel assistait le président sortant.

"Et mon administration poursuivra cette tâche essentielle pour faire face à la crise à travers le monde", a-t-il promis. (Source AFP)

20/11/2008

Après la victoire d'Obama, les incidents racistes en hausse aux USA

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Les incidents racistes sont en forte hausse aux Etats-Unis depuis l'élection début novembre de Barack Obama à la présidence du pays, s'alarment des observateurs et des universitaires, mettant en garde contre un « retour de bâton » au sein d'une partie de la communauté blanche.
En Pennsylvanie (est), un couple mixte a découvert une croix brûlée sur son perron; en Californie (ouest), des voitures ont été maculées de croix gammées et de slogans racistes comme « retournez en Afrique ».
Des mannequins pendus ont été retrouvés sur une île du Maine (nord-est), tandis que dans l'Idaho (nord-ouest), des élèves ont chanté « tuez Obama », autant d'exemples parmi « des centaines et des centaines » de cas, selon Mark Potok, directeur du « Southern Poverty Law Center » basé dans l'Alabama (sud).
« Depuis les dernières semaines de la campagne, nous avons assisté à un réel et important retour de bâton (chez des) Blanc(s), et je pense que cela empire », déclare-t-il à l'AFP.
Selon lui, des incidents ont commencé à se produire lors de discours de campagne de la candidate républicaine à la vice-présidence, Sarah Palin, quand des « Tuez-le! », en référence à M. Obama, ont commencé à être entendus dans la foule.
« Mais ce que nous voyons en ce moment va des croix brûlées aux menaces de mort, en passant par des mannequins représentant Obama pendu et des incidents raciaux affreux dans des cours d'école de tout le pays », explique M. Potok.
Brian Levin, un professeur à l'université de Californie à San Bernardino (est de Los Angeles), effectue le même constat. Spécialisé dans l'étude du racisme et de l'extrémisme, il estime toutefois que cette hausse s'inscrit dans une tendance à plus long terme.
« Nous ne possédons pas de statistiques exactes, mais je peux dire qu'il semble y avoir un pic important d'incidents racistes depuis l'élection jusqu'à aujourd'hui », dit-il.
L'universitaire note aussi qu'il semble y avoir eu une forte hausse de la fréquentation des sites internet professant la suprématie de la race blanche, commme StormFront, dont le serveur est tombé en panne après l'élection de M. Obama, le 4 novembre, en raison d'un trop grand nombre de connexions.
Pour M. Potok, la hausse de ces crimes résulte de la coïncidence de plusieurs facteurs: l'augmentation de l'immigration non blanche, l'estimation récente par le bureau national du recensement que les Blancs deviendraient minoritaires aux Etats-Unis en 2040 et l'augmentation du chômage.
« Ajoutez à cela l'idée d'un Noir à la Maison Blanche et vous vous retrouvez avec un important nombre de Blancs qui ont l'impression d'avoir tout perdu, et que le pays construit par leurs ancêtres leur a été dérobé », explique M. Potok, dont l'organisation vient en aide aux victimes présumées d'actes racistes: « je pense que l'on assiste à une crise d'identité parmi certains Blancs ».
Cette hausse des tensions n'est pas sans précédent historique, selon M. Levin. « A de nombreuses reprises, lorsque les relations entre communautés se sont améliorées aux Etats-Unis, des retours de bâton violents se sont aussi produits », fait-il remarquer, citant le cas du Ku Klux Klan, qui a percé juste après l'abolition de l'esclavage.
Pour les racistes, « Barack Obama n'est rien d'autre que l'Antéchrist », soutient M. Levin.

(Source AFP)

06/11/2008

Paris, au lendemain de la victoire d'Obama

Un mail reçu d'un ami "Noir de France", jeune cadre issu d'une prestigieuse école de commerce française. Un "obamasarcastique" qui a vécu une expérience extatique le 5 novembre au matin.

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Salut Théophile,

Un petit mot pour te faire part de ce que je ressens en ce moment.

Je suis un "polémiqueur" en puissance toujours là pour critiquer (avec ma grande gueule de camer... :-)); je m'étais dit que l'élection d'Obama n'aurait aucun impact sur moi et le tapage médiatique autour me saoulait.

Man, ce matin quand je suis sorti dans la rue, j'avais la chair de poule; il faut que j'arrête avec l'orgueil; je suis ému. Ma résignation - je suis black et je fais avec le "handicap" que ça induit - est en train de s'envoler. L'espérance revient et je suis le premier surpris que quelque chose qui se passe si loin me touche à ce point.

Je revois la vie sous un angle différent. Le Noir peut-être au top. Je crois à nouveau en ma race et c'est bizarre de dire ça.

Yes we can.

Peace man.

Axel

05/11/2008

L'Afrique peut-elle dire "yes we can ?"

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L'affaire est pliée : Barack Obama est le 44ème président des Etats-Unis d'Amérique. C'est un grand jour pour la première puissance du monde, qui nous prouve une fois de plus qu'elle peut faire rêver le monde entier, comme elle l'a fait par le passé avec Kennedy, Clinton, Michaël Jackson et Hollywood. C'est aussi un très grand jour pour les Noirs du monde entier, tout simplement parce que c'est un jour de guérison intérieure. "Non, nous ne sommes pas maudits, loin de là/Même qu'on est tous bénis comme les autres croyez moi", chantait Corneille. L'enthousiasme d'une Amérique "arc-en-ciel" pour le fils de l'ex-étudiant kényan vient comme en écho à ce refrain. C'est une belle histoire, qui parle à tous les damnés de la terre. Psychologiquement, l'hirondelle Barack vient comme pour relever ceux qui ont le dos courbé.

Ce jour est-il pour autant un jour de gloire pour l'Afrique ? Pour ma part, je le vois plutôt comme un jour d'interrogation anxieuse, au regard du contexte. Et si Barack Obama, fils d'un Luo du Kenya, était une preuve de plus qu'extrait de la "fange" de notre continent, l'Africain se libère s'épanouit, relève de grands défis, dans la lignée des "inventeurs noirs" des Etats-Unis, de Cheikh Modibo Diarra (ex-navigateur interplanétaire à la NASA), de Jacques Bonjawo (ex-membre du "top management" de Microsoft), de Manu Dibango, de Richard Bona, etc ? Barack Obama nous prouve que nos rêves peuvent s'incarner... mais ailleurs que sur la terre de nos ancêtres !

Pendant qu'il triomphe dans un enthousiasme inédit, Goma, la principale ville du Kivu, en République démocratique du Congo, est de nouveau visitée par le démon d'une guerre alimentée par le Rwanda de Paul Kagame, qui n'en finit pas de faire payer à son voisin sa complicité coupable avec les génocidaires d'hier et surtout ses bénédictions minières. Combien de "Obama" aux talents incroyables se sont éteints dans ce Kivu en proie à la guerre depuis plus de dix ans ? Combien de "Obama" sont morts lors des dernières émeutes post-électorales au Kenya et au Zimbabwe ? Combien de "Obama" ont été brisés dans nos grandes villes africaines d'aujourd'hui, remplies de dureté, de corruption, de mépris de l'intelligence et du talent ?

"Yes We Can", "oui, nous le pouvons", n'ont cessé de dire Obama et les siens. L'Afrique peut-elle en faire autant ? En général, quand nous nous mobilisons, c'est pour dire "non". En Côte d'Ivoire, nous avons dit "non", avec beaucoup d'énergie et de passion, au néocolonialisme français, pendant ces jours enfiévrés de novembre 2004. Mais avons-nous dit "oui" à un rêve clair, construit, partagé, pour lequel un grand nombre était prêt à s'oublier un peu ? Pas si sûr. D'autres, ailleurs, disaient "non" à "l'ivoirité" tout en construisant une sorte de société d'exclusion ethnique farouche et de prédation économique au service d'intérêts inavoués.

A quoi ressemble notre "we", notre "nous" ? Pouvons-nous accoucher de ce type de "nous" inclusif qui a soulevé les Etats-Unis d'Amérique, de ce type de "nous" qui endort les peurs et réveille la meilleure part de notre humanité ? Pouvons-nous tourner le dos aux démons du tribalisme, de l'ultranationalisme, qui nous isolent et nous livrent aux appétits des puissants qui n'ont pas encore admis notre pleine humanité ?

Can we ? Avons-nous le pouvoir de vouloir ? Avons-nous la force de vouloir vraiment, profondément, ce que nous disons vouloir et de nous investir ensemble dans la concrétisation d'un rêve qui nous guérit de notre afropessimisme ancré, de cet afropessimisme qui fait de nous nos propres pires ennemis ? Dansons, mais interrogeons-nous. Profitons de la guérison intérieure que la victoire de Barack nous procurera en tant que Noirs pour faire sauter les verrous, les cadenas et les prisons qui nous retiennent encore captifs en tant qu'Africains...

Barack Obama a gagné parce que Martin Luther King a rêvé, d'un rêve collectif et glorieux, il y a 50 ans.

N'ayons donc pas peur de croire que l'Afrique de demain sera plus belle que celle d'aujourd'hui et soyons optimistes et généreux, par acte de foi en un avenir meilleur pour nous et pour nos enfants. Oui, nous le pouvons... à condition d'y croire, vraiment, passionnément, à la folie...

28/10/2008

Gbagbo demande la suppression des visas entre pays africains

Le chef de l’Etat ivoirien Laurent Gbagbo a souhaité la suppression des visas entre pays africains, estimant cela gênant pour la libre circulation des biens et des personnes, pour l’intégration et le développement, lors de la célébration du 30ème anniversaire du Bureau national d’études techniques et de développement (Bnetd) mardi à Abidjan.


Pour aller de la France en Angleterre ou en Allemagne, il n’y a pas de visa. Mais "nous, nous sommes dans une union (africaine) et nous avons des visas", a déploré M. Gbagbo, à l’occasion du 30ème anniversaire du Bnetd.

"J’ai plaidé pour qu’on supprime les visas entre pays africains", a-t-il dit.

"J’ai plaidé aussi pour qu’on soit responsable", a-t-il ajouté, car "un chef d’Etat élu en France n’est pas élu pour s’occuper" de l’Afrique. Mais s’il va le faire, "c’est subsidiairement".

M. Gbagbo a appelé l’Afrique au travail, à compter sur ses compétences et à arrêter de tendre la main à l’Occident qui a également des problèmes auxquels il doit faire face.

"Toutes les compétences doivent servir l’Afrique", a-t-il indiqué.

Cette fête a réuni 1.200 agents du Bnetd, des représentants du Bénin, de la France, du Congo-Brazzaville, Congo démocratique, Italie, Sénégal, Guinée Equatoriale, Maroc, Angola, Maroc, Japon et la Russie.

Le Bnetd est implanté dans 8 pays d’Afrique et d’Europe dont la France, le Bénin, le Mali et le Sénégal. Il a à son actif les grandes réalisations en Côte d’Ivoire notamment l’aéroport international d’Abidjan, la basilique Notre-Dame de la Paix à Yamoussoukro (centre), les infrastructures de la centrale thermique d’Abidjan-Azito, le stade Félix Houphouët Boigny…251 de ses agents ont été décorés par le président Gbagbo.

(Source Alerte Info)

23/10/2008

Déchets toxiques : quelques réflexions

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Finalement, le verdict du procès relatif au scandale des "déchets toxiques" déversés il y a deux ans dans le district d'Abidjan est tombé. La Cour d'assises de Côte d'Ivoire a condamné le responsable de la société Tommy, responsable du déversement des déchets toxiques à 2O ans de prison, et celui de la société consignataire des déchets à cinq ans de prison.
Après plus de trois heures de délibéré, la cour a acquitté les sept autres accusés alors que l'avocat général avait requis la veille 20 ans de prison pour cinq d'entre eux.

Il s'agit du commandant du port, de l'ancien directeur général des Affaires maritimes au ministère des Transports et de trois douaniers.
L'épilogue de ce procès laisse un goût bizarre d'inachevé dans la bouche. Et pour cause. L'absence de Trafigura, multinationale responsable de la pollution - qui a négocié un accord d'indemnisation extrajudiciaire avec l'Etat de Côte d'Ivoire - et de sa filiale locale a rendu quasiment impossible la reconstitution exhaustive des faits. La culture de l'amnistie implique la culture de l'amnésie. Comme le lourd manteau de l'amnistie recouvre désormais les responsables de la guerre en Côte d'Ivoire et de son cortège de morts, il nous empêche aussi d'en savoir plus sur les intentions de Trafigura, sur son intention criminelle (ou pas), sur ses motivations.

Par ailleurs, l'on constate qu'aucun fonctionnaire n'a été condamné par les jurés, qui n'ont pas suivi les réquisitions de l'avocat général, représentant officiel de l'Etat. Sans vouloir remettre en cause l'autorité de la chose jugée, l'on peut se permettre de dire que ce verdict renforce un phénomène qu'il est loisible d'observer au quotidien sur notre bout d'Afrique : l'irresponsabilité administrative, qui s'est également manifestée au Sénégal lors de l'affaire du "Joola".

A mon avis, la question de l'indemnisation extrajudiciaire apportée par Trafigura pouvait se justifier par l'urgence de la situation sanitaire et environnementale globale causée par les déchets toxiques, dans le contexte de la crise qui a considérablement appauvri l'Etat. Mais pourquoi donc ces déchets n'ont-ils pas déjà quitté la Côte d'Ivoire dans leur intégralité ? Pourquoi une bonne partie de ces déchets restent stockés à Alépé, sans que les ministères de l'Environnement et de l'Intérieur, visiblement chargés de suivre cet aspect du dossier, ne daignent en informer la population ? Sont-ils si dangereux qu'aucune usine de traitement occidentale n'en veut ?

22/10/2008

Et si, au final, Mc Cain gagnait ?

Les huit raisons d'espérer du candidat républicain, selon Rue 89.

08/10/2008

Affaire Kieffer : l'invisible convocation du juge Ramaël

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Nous avons discuté ici et avec passion les évolutions de l'affaire Kieffer, à l'occasion d'un post qui a entraîné plus de cent commentaires. Nous avons eu un débat contradictoire et les désaccords tournaient autour des méthodes du juge Ramaël, peu respectueuses de l'accord de coopération judiciaire franco-ivorien et surtout qui relèvent plus - selon les tenants de la thèse que je soutenais moi-même - de la geste médiatique que d'autre chose.
L'on reparle ces derniers jours de ce fameux juge, à l'occasion de la contre-attaque médiatique de Maître Ange-Rodrigue Dadjé, avocat de Simone Ehivet Gbagbo et de Paul-Antoine Bohoun Bouabré. Cet avocat essaie de monter un dossier pour attaquer en diffamation la radio RFI - qui a été la première à annoncer la "convocation" de ses clients par Ramaël. "Convocation" qui n'a pas emprunté les voies "classiques" selon les porte-voix médiatiques du juge français, et que les concernés disent n'avoir jamais reçu.
Que dit Maître Dadjé ? Lisons un extrait de son interview dans Notre Voie :

"Notre Voie : Me Ange Rodrigue Dadjé, en votre qualité d’avocat de Mme Simone Ehivet Gbagbo et M. Paul Antoine Bohoun Bouabré, vous êtes particulièrement remonté contre le juge d’instruction français Patrick Ramaël, chargé d’enquêter sur la disparition, en avril 2004, à Abidjan, du journaliste franco-canadien Guy André Kieffer. Qu’est-ce qui justifie votre colère ?
Me Ange Rodrigue Dadjé : Je vais vous faire l’historique de l’affaire qui me préoccupe et vous comprendrez ma colère. Les 8 et 9 juillet 2008, la radio française RFI annonçait abondamment la convocation en France de mes clients, Mme Simone Gbagbo et M. Paul Antoine Bohoun Bouabré, par le juge d’instruction français Patrick Ramaël, pour une audition à son cabinet d’instruction, le 10 juillet 2008, relativement à la disparition à Abidjan du journaliste Guy André Kieffer. Je ne pouvais pas dégager une position tant que je n’avais pas un certain nombre d’informations. La première information capitale que j’ai eue, c’est que mes clients n’ont reçu aucune convocation de la part du juge Ramaël. J’ai donc immédiatement fait le démenti sur la radio RFI et à l’agence AFP. Je me suis ensuite rendu en France, particulièrement au bureau du juge Patrick Ramaël, à qui j’avais adressé un courrier, le 22 juillet 2008, dans lequel je lui demandais si l’information balancée par RFI selon laquelle il convoquait mes clients était avérée.

N.V. : Qu’est-ce que le juge Patrick Ramaël vous a répondu ?
Me A.R.D. : Il n’a pas voulu me recevoir, alors que je m’étais rendu à son cabinet. Et puis, depuis le 22 juillet jusqu’à ce jour, il n’a jamais répondu à mon courrier. J’ai donc pris acte. Mais j’ai estimé que son silence et son refus de me rencontrer étaient préjudiciables à mes clients.

N.V. : Pourquoi ?
Me A.R.D. : Pour la simple raison que, s’il me disait qu’il n’avait pas convoqué mes clients, la radio RFI tombait automatiquement sous le coup d’une procédure en diffamation. Et j’engageais sans délai une procédure contre RFI. Mais, la procédure en diffamation en France se prescrit au bout de trois mois. Vous imaginez, depuis les 8 et 9 juillet, nous avons dépassé les trois mois. Je ne peux donc plus engager une telle procédure contre RFI. Le silence du juge Ramaël protège implicitement la radio RFI. Ce qui n’est pas normal. S’il m’affirmait qu’il avait convoqué mes clients, alors comme je l’ai dit dans mon courrier, je lui aurais demandé de me produire la copie de la convocation afin que je puisse en vérifier la régularité juridique. D’autant que la Côte d’Ivoire n’est pas un quartier de Paris (capitale de la France). Elle ne relève donc pas de la compétence territoriale du juge Ramaël. La Côte d’Ivoire et la France sont deux Etats différents et souverains qui, pour permettre aux magistrats d’un Etat de faire des procédures dans un autre Etat, ont signé une convention de coopération judiciaire qui date de 1961. J’allais vérifier comment la convocation répondait aux prescriptions de la cette convention de coopération qui disent que, dans une telle situation, on utilise la procédure de la commission rogatoire. Vous adressez votre demande par voie diplomatique et elle arrive à l’Etat de Côte d’Ivoire qui apprécie souverainement l’opportunité d’entendre la personne concernée par la convocation. L’Etat de Côte d’Ivoire peut accepter ou refuser cette demande pour diverses raisons. Par exemple, qu’elle est susceptible de troubler son ordre public. Si l’Etat de Côte d’Ivoire accepte la demande, elle la transmet à un magistrat ivoirien compétent qui convoque la personne concernée pour l’entendre. Dans notre cas, il ne s’agit pas de simples justiciables. Nous parlons du ministre d’Etat Bohoun Bouabré et de Mme Simone Gbagbo, qui, outre sa qualité d’épouse du chef de l’Etat ivoirien, est député à l’Assemblée nationale. Il faut obligatoirement que l’Assemblée nationale se réunisse pour l’autoriser à être entendue en cas de commission rogatoire."


En clair, c'est l'histoire d'un juge qui cherche à remettre une convocation à un justiciable, mais qui refuse de recevoir ou de répondre aux courriers de l'avocat de ce justiciable, en dépit du droit et de la courtoisie. C'est surtout à mon avis l'histoire d'un juge incompétent et politicien qui est arrivé à une impasse dans son enquête et essaie de faire diversion pour apparaître au final comme un héros. La vraie-fausse convocation de Simone Ehivet Gbagbo et de Paul-Antoine Bohoun-Bouabré était une grosse erreur. Ramaël le sait. Il sait que l'avocat de ces personnalités ivoiriennes poussera l'avantage aussi loin qu'il peut. "Quand les trois mois seront passés, je me rendrai en France pour me rapprocher du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), pour porter plainte contre le comportement du juge Ramaël qui a été préjudiciable à mes clients", a-t-il déjà annoncé. Ramaël sait également que le pouvoir Sarkozy, fatigué par ses méthodes ILLEGALES, n'hésitera pas à le sacrifier.

Du coup, événement ! Le frère et l'épouse de Kieffer apparaissent et expliquent qu'un conseiller de Nicolas Sarkozy aurait intimidé un éventuel témoin - dont l'identité n'est pas révélée. Qui leur a donné "l'information" ? Le juge Ramaël, évidemment. Le décor est planté : les pouvoirs Gbagbo et Sarkozy conspirent pour bloquer l'enquête du "preux juge" au nom de la raison d'Etat. Les politiciens sont de toute façon considérés comme pourris d'avance par les médias, qui révèrent d'avance les hommes en robe qui s'attaquent aux puissants. CQFD.

06/10/2008

La blogosphère afro peut-elle aller plus loin ?

Vraiment désolé, mes chers villageois, de mon manque de régularité. Des petits ennuis de santé récurrents...
Pour une petite remise en jambes, j'aimerais bien qu'on débatte d'une question qui me taraude l'esprit depuis un certain temps : celle du devenir de la blogosphère afro-orientée.
Quel bilan peut-on tirer de l'éveil des blogs afro ? Qu'ont-ils apporté à la "conversation globale" ? Quelles initiatives pouvons-nous prendre pour aller plus loin, renforcer l'impact des blogs, les faire mieux entendre ? Comment les monétiser, pour permettre aux blogueurs les plus engagés de gagner de l'argent grâce à leur production, mais aussi de se déplacer, de prendre le temps de travailler en profondeur sur certaines thématiques ?
J'avoue que j'ai souvent l'impression que les blogs africains demeurent à la lisière des différents débats, qu'ils demeurent une affaire exclusive des jeunes appartenant aux classes moyennes ou aisées et de la diaspora éduquée.
J'ai bien peur que le blogueur africain, aspiré par le quotidien, s'essouffle progressivement, notamment parce que bloguer lui prend beaucoup de temps et ne lui rapporte rien, y compris en termes de "rémunération symbolique" et de visibilité de ses idées.
Suis-je trop catastrophiste ? Trop pessimiste ? Trop journaliste dans l'âme ?