topblog Ivoire blogs Envoyer ce blog à un ami

06/04/2009

Petit test

Chers villageois,

Une question me taraude l'esprit. Seriez-vous prêts et pensez-vous que vos proches seraient prêts à payer pour accéder à une offre d'information web (Internet classique et Internet mobile) exigeante, riche en enquêtes et reportages fouillés et en analyses équilibrées, en vidéos et en podcasts, qui irait plus en profondeur que les sites qui existent déjà dans la "capture" de l'actualité ivoirienne (nationale, spécialisée, de proximité) ?
Je me pose la question et je vous pose la question parce que je me rends compte que nos marchés ne sont pas prêts à financer l'info juste par la publicité - les annonceurs ont des habitudes bien ancrées, une culture du net approximative et une préférence instinctive pour d'autres supports mieux "maîtrisés".
Alors je me demandais s'il y avait, à l'intérieur du pays et dans la diaspora, une élite jeune et curieuse prête à payer pour une offre d'info haut de gamme en ligne et sur mobile ?
Qu'en pensez-vous ?

26/03/2009

Manif du 25 mars à Tana

25 mars mada.jpg


Aux dernières nouvelles, le nouveau pouvoir veut interdire les manifestations à la place du 13 mai.

24/03/2009

A Madagascar, manifs anti-TGV

manif-ambohijatovo-2303-01.jpgIl y a quelques jours encore, on nous disait que tout le peuple malgache applaudissait le maire "Andry TGV" et conspuait Ravalomanana. Or, dans ce pays, l'on observe un phénomène inédit en Afrique : depuis quelques jours, la rue est prise par les opposants du premier, souvent partisans du second. Tous les jours, ils se réunissent, même si leurs meetings ne sont pas mondialement relayés.
Si ces manifs deviennent de plus en plus massives, ceux qui utilisaient le principe de la mobilisation urbaine comme instrument de justification du putsch de "TGV" seront-ils prêts à dire qu'elles justifient un autre changement de pouvoir ? "Agis de telle sorte que la maxime de ton action puisse être érigée en règle universelle", disait le philosophe Emmanuel Kant. Quelle est la maxime de l'action de TGV et de ses partisans non malgaches, qui transposent leurs désirs sur la Grande Ile ?
Au passage, signalons que le nouvel exécutif a annoncé qu'il suspendait la réforme de l'enseignement à Madagascar et que le Français redevenait la seule et unique langue officielle de l'enseignement. Les contrats miniers seront également revus. Les coups d'Etat sont décidément toujours une affaire de gros sous et de "guerre stratégique".


17/03/2009

Ravalomanana s'en va, victoire du chantage militaire

L'Afrique politique marche la tête en bas ces derniers mois. Les coups d'Etat redeviennent la mode, sanctifiés par une "communauté internationale" qui n'aime les démocrates que quand elle les a choisis, ce qui advient très rarement. A Madagascar, une coalition hétéroclite dont le visage, le "maire-DJ", a été protégé de manière inouïe par l'ex-colonisateur. L'Histoire retiendra que Andry TGV a organisé son coup depuis l'ambassade de France.
Ce n'est pas la victoire du jeune maire, c'est la victoire des militaires qui, partout sur le continent, prennent la place du peuple : celui d'arbitre et de délégataire du pouvoir.
Gageons que bientôt, Andry augmentera les soldes des hommes en armes de son pays, véritables mercenaires sans patrie qui s'offrent au plus offrant. Pauvre Afrique !

08/02/2009

Affaire des 65 millions : deux signaux contradictoires

Aimable_Mpore.jpgLe Tout-Abidjan débat ces derniers jours de ce que l'on appelle désormais "l'affaire des 65 millions". Au départ, c'est l'histoire d'une des secrétaires du chef de l'Etat ivoirien qui, munie d'un papier à en-tête de la Présidence de la République de Côte d'Ivoire, escroque le directeur général de MTN Côte d'Ivoire en lui faisant croire que le président de la République lui demande 100 mille euros destinés à faire des dons en nature à un village sinistré par une intoxication alimentaire. Informé par le directeur général de MTN, curieux de ne pas recevoir de remerciements présidentiels, Laurent Gbagbo jette sa secrétaire en prison et se fend, le 4 février, d'un communiqué présentant cette dernière comme la coupable et le patron qui a permis à la vérité d'être sue de tous comme la victime.

Madame BLEHON Emilienne épouse Gomé Gnohité, en service au Secrétariat du Président de la République, est poursuivie par la Section de Recherches de la Gendarmerie Nationale pour escroquerie portant sur la somme de 65. 542.610 F CFA, au préjudice de la société de téléphonie mobile MTN.

Ce forfait a été réalisé en usant de sa qualité de Secrétaire à la Présidence et du nom du Président de la République.

Madame BLEHON Emilienne épouse Gomé Gnohité a été déférée ce jour, devant le Parquet du Tribunal de Première Instance d’Abidjan Plateau.

En conséquence, le Président de la République informe l’ensemble de la population que Madame BLEHON Gomé Gnohité ne fait plus partie des effectifs du personnel des Services de la Présidence de la République.

Le Président de la République tient à signifier qu’il n’a mandaté personne à l’effet de solliciter en son nom et pour son compte, des sommes d’argent auprès des opérateurs économiques.
Par ailleurs, le Président de la République rappelle à ses collaborateurs, parents et amis, que ceux d’entre- eux qui se rendraient coupables de faits de cette nature, subiront la rigueur de la loi.
Le Président de la République exhorte donc les opérateurs économiques à plus de vigilance face à toutes sollicitations tendant au versement de sommes d’argent pour quelque motif que ce soit, en son nom et pour son compte.

Le Président de la République rappelle à toutes fins utiles, que le financement des activités de la Présidence de la République relève uniquement des fonds de l’Etat. Le Président de la République n’accepte pas et n’acceptera jamais que ses nom et qualité soient utilisés pour dépouiller les honnêtes citoyens exerçant leurs activités en Côte d’Ivoire.

Il invite par conséquent, les opérateurs économiques, les personnes physiques ou morales, à dénoncer systématiquement auprès des Services compétents de la Police et de la Gendarmerie, ce type d’agissements.


La morale est sauve. Désormais, la peur est du côté des racketteurs se prévalant de prétendus ordres présidentiels. Le lendemain, coup de tonnerre ! Le ministère de l'Intérieur annonce qu'il a pris un arrêté d'expulsion contre celui que la Présidence présentait comme une victime, pour légèreté, voire pour malveillance. Plus bas, le communiqué signé par le porte-parole du ministre Tagro.

Ce jour, 05 février 2009, suite au communiqué en date du 04 février 2009 lu à la Télévision Nationale par Monsieur le Porte-Parole du Président de la République faisant état de la mise en cause de Madame BLEHON Emilienne épouse GNOHITE, Secrétaire à la Présidence de la République, dans une affaire d'escroquerie au préjudice de la société MTN CI portant sur la somme de 65.542.610 FCFA, le Ministre de l'Intérieur a accordé une audience à Monsieur MPORE Aimable, Directeur Général de la société MTN Côte d'Ivoire.

Au cours de l'entretien, Mon MPORE Aimable a déclaré avoir fait la connaissance de Madame BLEHON Emilienne épouse GNOHITE par l'intermédiaire d'une autre dame se faisant appeler METE Elise qui lui a été présentée comme étant «interprète» à la Présidence de la République.
Monsieur MPORE a affirmé que leurs rapports ont été des rapports suivis jusqu'au jour où, Madame BLEHON l'a entrepris à l'effet de le voir venir en aide aux populations d'AHOUNIENFOUTOU suite à l'intoxication alimentaire dont elles avaient été victimes. L'ex-Secrétaire de la République a promis, aux populations d'AHOUNIENFOUTOU, la réfection du dispensaire et l'octroi d'une ambulance.

Il affirme avoir donné son accord pour venir en aide aux populations d'AHOUNIENFOUTOU à condition qu'une demande officielle lui soit adressée en ce sens par courrier émanant de la Présidence de la République et que les fonds soient effectivement utilisés au bénéfice desdites populations.

Sur ce, Monsieur MPORE dit avoir reçu de Madame BLEHON, une première lettre adressée à la société MTN Côte d'Ivoire par la société EMIKA Entreprise demandant que les fonds à verser le soient sur les comptes de ladite entreprise.

Monsieur MPORE affirme avoir refusé pareille requête au motif que la société EMIKA Entreprise n'était pas habilitée à écrire au nom et pour le compte du Président de la République.

C'est alors qu'il a affirmé avoir reçu une autre lettre à en tête de la Présidence de la République et signée de Madame BLEHON Emilienne épouse GNOHITE laquelle précisait sa qualité de Secrétaire et lui demandait de verser les fonds destinés au Président de la République et indiqués par des factures jointes en annexes, sur les comptes de la société EMIKA Entreprise.

Monsieur MPORE Aimable a indiqué alors avoir donné Instructions à ses services de mettre à la disposition de la société EMIKA Entreprise la somme de 65.542.610 FCFA
Pour sa part, le Ministre de l'Intérieur fait remarquer à Monsieur MPORE Aimable ce qui suit :

Premièrement, les Secrétaires, fussent-elles celles du Président de la République, n'ont aucune compétence pour écrire aux correspondants du Président de la République quels qu'ils soient

Deuxièmement, Monsieur MPORE qui a affirmé avoir refusé la demande de fonds émanant d'une lettre de la société EMIKA Entreprise, a finalement accepté que ces mêmes fonds soient versés sur les comptes de la société EMIKA Entreprise.

Troisièmement, alors qu'il savait que les fonds dont il s'est défait aussi facilement avaient été virés sur les comptes de la société EMIKA Entreprise et non à la Présidence de la République, il a fait figurer, gratuitement, dans les livres comptables de la société MTN Côte d'Ivoire, la mention «Don au Chef de l'Etat» correspondant à la remise de ces fonds.

Enfin, Monsieur MPORE qui n'a pas pris soin de vérifier que Madame METE Elise se disant interprète à la Présidence de la République et qui l'a mis en contact avec Madame BLEHON Emilienne épouse GNOHITE, était, en réalité, inconnue dans les effectifs des services de la Présidence de la République.

Le Ministre de l'Intérieur estime qu'une telle attitude et un tel comportement, outre la légèreté évidente qui les caractérise au regard des fonctions de Monsieur MPORE Aimable, visent, en réalité, à tenter de jeter le discrédit sur une institution de la République de Côte d'Ivoire en l'occurrence le Président de la République.

C'est purquoi, il a pris ce jour, 05 février 2009, un arrêté portant expulsion du territoire national du nommé MPORE Aimable, en lui donnant un délai de 5 jours pour s'exécuter après en avoir informé au préalable la Représentation diplomatique du pays dont il est le national. Ladite décision lui a été notifiée ce soir.


Mon point de vue est qu'on peut effectivement considérer qu'Aimable Mporé a été léger dans cette affaire. Je peux juste dire que je connais un homme qui a été responsable d'une multinationale dans un pays d'Afrique de l'Ouest et dont une des tâches était de convoyer des sacs d'argent au président de la République himself. L'Afrique est riche de toutes sortes de pratiques curieuses au sommet...

Cela dit, quelle est la conséquence du deuxième communiqué sur le premier ? Désormais, il est clair que ceux qui, à la Présidence, ont grugé des opérateurs économiques sont certes en danger, mais ils le sont tout autant que les opérateurs économiques "légers" qu'ils ont grugé. Qui, après l'épisode M'Poré, osera aller révéler au chef de l'Etat une des escroqueries faites en son nom ? La loi du silence peut continuer de prévaloir, et c'est dommage.

29/01/2009

Licorne réduite de moitié, la France allège sa présence en Afrique

20080713sarkoarmeeinside.jpgLa nouvelle est tombée cet après-midi et sera, à juste titre, très commentée. Le constat que je fais est que, pris à la gorge par des soucis économiques, Nicolas Sarkozy revient à la "doctrine Jospin" de désengagement militaire progressif de la France en Afrique. Il prend acte de l'impasse stratégique de "Jacques Chirac l'Africain", qui avait recréé de la présence militaire française dans le pré carré pour soutenir des régimes amis. Au final, ces dépenses folles ont-elles préservé les intérêts de l'Hexagone sur le continent ? Cyniquement, on peut dire qu'en Côte d'Ivoire, la force Licorne, prise dans un grand torticolis (comment aider au renversement de Gbagbo en donnant l'impression d'être une force de maintien de la paix) a travaillé à fragiliser les PME françaises sur le terrain et à ouvrir la voie aux entrepreneurs libanais, chinois, indiens et aux pétroliers nord-américains rassurés par son interposition. Présence militaire ne signifie pas influence, comme l'a montré l'échec de novembre 2004 et surtout le refus des membres du Conseil de sécurité des Nations unies de valider une résolution qui mettrait entre parenthèses la Constitution ivoirienne. Retour à une doctrine de "soft power" à Paris ? Peut-être. Il reste qu'Idriss Déby et François Bozizé, maintenu pour l'un et installé pour l'autre, auront du mal à se passer du parapluie français. Nous devons également faire un constat : Françafrique ou pas, l'Afrique est bien fragile et doit commencer par le commencement, c'est-à-dire construire de vrais Etats impartiaux.


La France a annoncé mercredi le retour cette année de 2.100 de ses soldats déployés dans des opérations africaines, en Côte d'Ivoire et au Tchad, et le retrait de ses deux navires participant à la composante maritime de la force de l'ONU au Liban.

Cet allègement du dispositif militaire français à l'étranger répond à la stabilisation de la situation en Côte d'Ivoire et à la relève par l'ONU de l'opération européenne Eufor au Tchad et en Centrafrique destinée à protéger les réfugiés du Darfour. Elle correspond aussi à un souci d'économie budgétaire.

Selon le ministre français de la Défense Hervé Morin, une réduction de 20% des effectifs permet "d'économiser de l'ordre de 100 à 150 millions d'euros par an" sur des opérations dont le montant a "approché les 900 millions" d'euros en 2008.

La France possède l'une des deux grandes armées européennes, et avec 13.000 hommes, constitue le deuxième contributeur européen aux opérations extérieures, derrière la Grande-Bretagne (15.000 hommes), devant l'Italie (8.100) et l'Allemagne (6.500).

Pour la Côte d'Ivoire, le Premier ministre François Fillon a annoncé mercredi, devant l'Assemblée nationale, le retrait dès cette année de 1.100 des 2.000 soldats français stationnés dans le pays.

"En Côte d'Ivoire, les enjeux sécuritaires ont perdu de leur intensité et l'attente d'échéances électorales toujours incertaines ne justifie plus le maintien de notre dispositif militaire en l'état", a-t-il assuré.

Notant que "l'ONU a entamé" le désengagement de sa force (Onuci), M. Fillon a ainsi estimé que la mission des 200 soldats français qui concourent à cette force "peut être considérée comme achevée" et annoncé qu'ils "rentreront en France cette année".

En outre, "notre pays devrait réduire de moitié le contingent de 1.800 hommes qui constitue la force Licorne d'ici l'été 2009", a-t-il poursuivi. La force française Licorne avait été déployée en 2002 après un coup d'Etat manqué. Elle a pour mission de soutenir les 8.000 Casques bleus engagés dans le pays.

Ce retrait annoncé est "une bonne nouvelle", a réagi mercredi le chef d'état-major des forces loyalistes ivoiriennes, le général Philippe Mangou. La "réduction progressive" des forces étrangères "veut dire" que "la paix n'est plus loin", a-t-il estimé.

M. Fillon a annoncé le retrait de soldats français stationnés à l'étranger lors d'un débat parlementaire à l'issue duquel les députés ont donné leur feu vert, malgré le boycott du vote par l'opposition socialiste, à la poursuite des cinq plus importantes opérations à l'étranger, hors Afghanistan: Kosovo (1.850 hommes), Liban (1.900 hommes), Côte-d'Ivoire (2.000), Tchad et Centrafrique (3.100). Ce vote devait être suivi par celui du Sénat.

La mission en Afghanistan (2.800 hommes sur le sol afghan) a déjà été reconduite par le parlement le 22 septembre.

Concernant la participation de la France à la force européenne Eufor au Tchad et en Centrafrique, chargée de protéger les réfugiés soudanais du Darfour, il a précisé que "d'ici l'été, au moins 1.000" des 1.650 soldats français auront quitté le pays.

"Nous avons lancé l'Eufor comme une opération transitoire, en prévision de sa relève par une force des Nations unies: cette promesse sera tenue, puisque le 15 mars prochain, la Minurcat 2 remplacera la mission européenne", a déclaré le Premier ministre.

M. Fillon a enfin a confirmé le "maintien" des 1.850 soldats du contingent français de la force de l'ONU (Finul) au Liban-Sud, mais prévenu que les deux bâtiments de la marine nationale participant à la Finul maritime "seront bientôt dirigés vers d'autres missions".

Le Premier ministre n'a pas annoncé de retrait de militaires au Kosovo. Il n'a pas non plus évoqué un éventuel renforcement du contingent français en Afghanistan, souhaité par la nouvelle administration américaine et pour le moment écarté par Paris.

28/01/2009

Obama et ma fille de seize mois

les obama.jpg
Certains petits événements du quotidien nous font réfléchir. Hier, alors que ma petite fille de seize mois était en train de massacrer un des magazines chèrement achetés par son papa, elle a pointé du la "Une" de l'un d'entre eux, sur laquelle on pouvait voir la première famille américaine. "Obama", a-t-elle dit, prouvant qu'elle reconnaissait désormais le président de la première puissance mondiale, que sa soeur aînée s'amusait à lui "présenter" au fil des émissions télé.
Obama donc. Mon bébé connaît Obama, ce qui n'est pas surprenant, vu que c'est le personnage public qui a le plus de visibilité ces derniers mois et qu'elle est tout de même la fille d'un journaliste. Mais ne voilà-t-il pas qu'elle pose le doigt sur l'image d'une des filles du président américain et la désigne comme "Blèblè" (petit nom qu'elle a attribué à sa cousine Blessing, six ans et demi). Ma petite fille assimile la fille de l'homme le plus puissant du monde à sa cousine abidjanaise. Ce genre d'anecdotes à première vue sans intérêt nous prouve que le jour où Obama est devenu ce qu'il est aujourd'hui, il y a eu une révolution de la représentation. Pour de nombreuses générations, le glamour et la puissance avaient la peau blanche. Les petites filles noires n'aimaient pas les poupées noires. Même nous, qui avons été ados après le triomphe du "Black is beautiful", notre idole (Michaël Jackson) était un Noir qui ne s'assumait pas. Beaucoup d'Africains très ambitieux ont cru qu'avoir à leur bras une femme blanche était un moyen pour eux de "percer".
Quelque chose s'est produit dans notre monde. Ce n'est pas une révolution politique, c'est une révolution anthropologique..

26/01/2009

Obama crée un blog à la Maison-Blanche

Premier "e-candidat", qui a triomphé de la machine Clinton puis de John Mc Cain grâce au net - qui lui a notamment permis de mobiliser de fortes contributions financières des "Américains ordinaires" -, Barack Obama a créé un blog à la Maison Blanche, peut-être pour se consoler de ne plus avoir un accès total à son BlackBerry (contraintes de sécurité obligent). Pour le consulter, cliquez ici.

24/01/2009

Une "paix des braves" façon Ouaga en RDC ?

kagame_kabila_signe.jpgL'Histoire retiendra que l'arrivée au pouvoir d'Obama a stoppé des élans bellicistes au Proche-Orient certes, mais également dans les Grands Lacs. Quelque chose de bizarre, qui pourrait bien être historique, se passe entre Kinshasa et Kigali. Kagame arrête Nkunda - "son" Soro à lui dans sa guerre de conquête en RDC. Kabila laisse les troupes rwandaises venir nettoyer l'est de son pays des "forces négatives" - ce qui a le don d'irriter les patriotes congolais, et on les comprend.
Des frères ennemis, jadis amis, qui ébauchent une paix dont les contours ne sont pas toujours nets et qui est plus fondée sur le business et la raison que sur le coeur : ce schéma nous fait penser à la "réconciliation" entre Gbagbo et Compaoré, symbolisée par l'Accord politique de Ouaga. A la différence près que le Nkunda du "beau Blaise" n'a pas été "têtu" et s'est vu récompenser.
Quelque chose de durable peut-il sortir de tout cela ? Autant la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso ne sont séparés que par quelques centaines - tout au plus - de cadavres dans le placard, autant la RDC et le Rwanda sont séparés par des millions de morts tués dans plusieurs guerres aussi meurtrières que les guerres européennes des siècles précédents. Un peu de prestidigitation politique sous les auspices des pompiers pyromanes occidentaux suffiront-ils à faire passer la haine ?
Il faudra en tout cas, à mon avis, beaucoup de volonté politique de la part d'élites qui ne se sont jamais signalées par un excès de patriotisme.
De plus, l'opinion congolaise soupçonne déjà son élite d'avoir "vendu" une partie du pays au Rwanda. Au point de vue strictement économique, Kigali pourrait devenir la "capitale" de l'Est, de façon légale cette fois. L'on se souvient qu'une partie des patriotes ivoiriens criaient au "deal" inavouable entre Gbagbo et Compaoré.

14/01/2009

Côte d'Ivoire : jusqu'où ira l'amnésie ?

Lu dans Fraternité-Matin d'aujourd'hui, une article évoquant une rencontre entre Koné Mamadou, ministre ivoirien de la Justice (au gouvernement pour le compte du MPCI), et les magistrats, exhortés à regagner leurs postes dans les zones Centre Nord Ouest. Extraits :

"C'était pour lui, l'occasion de rappeler que dans une crise comme celle dont la Côte d'Ivoire est en train de sortir, il y a des évasions massives de prisonniers. Et leur "premier souci est de faire disparaître les traces de leurs passages dans les prisons". Ainsi fait remarquer le ministre Koné Mamadou, "les 10 palais de justice et les 11 prisons que compte la zone centre, nord et ouest ont été totalement vandalisés".

De qui se moque-t-on ? L'on se souvient qu'en septembre 2002, ceux qu'on appelait encore les mutins avaient libéré les prisons et utilisé les prisonniers comme chair à canon contre les loyalistes. Les prisonniers ne se sont pas "évadés". Par ailleurs, s'il faut qu'ils assument la destruction des prisons et des tribunaux, qui assumera la destruction des registres d'état-civil dont on évoque la reconstitution sans jamais dire comment ils sont partie en fumée ?

Qui assumera la destruction d'une bonne partie de l'Université de Bouaké et les "casses" récurrents des agences de la BCEAO ?

L'Afrique est-elle décidément amnésique ? Faut-il juste que le contexte change pour que les souvenirs s'effacent ? Comment tirer les leçons du passé lorsqu'on traficote allègrement les faits les plus visibles de ce passé ?