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03/08/2009

Sarkozy fait-il campagne pour Gbagbo ?

C'est en tout cas le point de vue de Ferro M. Bally, de Frat Mat, qui s'explique en ces termes :

gbagbo sarko.jpg"Au lendemain du sondage de l’institut Tns-Sofres - qui crée un véritable séisme sur l’échiquier politique parce qu’il montre que, contrairement aux assertions des opposants, le Président ivoirien n’est pas aussi impopulaire que l’on veut le présenter -, les autorités françaises ne s’imaginent pas que leurs sorties risquent de faire des victimes collatérales : les principaux adversaires de Laurent Gbagbo au scrutin du 29 novembre prochain, Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara.

 

 

Ne l’oublions pas. Depuis la présidentielle d’octobre 2000, c’est chaque fois que Laurent Gbagbo est poussé dans ses derniers retranchements que sa cote de popularité connaît une incroyable courbe ascendante. Au soir du scrutin qu’il a remporté dans les urnes, alors que le général Guéi Robert s’était autoproclamé Président de la République après avoir dissous la Commission nationale électorale (Cne) de Honoré Guié, c’est le peuple qui a contraint le chef de la junte militaire à rendre le tablier. Et dès le déclenchement de l’insurrection militaire, dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, qui s’est muée en rébellion armée, c’est encore le peuple, dans toute sa diversité et dans sa grande majorité, qui a fait bloc autour des institutions républicaines pour faire échec au putsch.

 

Le sentiment général est que le Président ivoirien, bête noire de la françafrique, n’est pas le préféré des anciennes puissances coloniales en général et de la France en particulier. C’est pourquoi, en oubliant sa promesse de rupture avec “les réseaux d’un autre temps” et de transparence dans les relations avec l’Afrique, Sarkozy conforte les uns et les autres dans leur conviction que Laurent Gbagbo est et reste vraiment le “candidat des Ivoiriens”, c’est-à-dire de la libération du pays des servitudes coloniales contre ceux “des étrangers”, c’est-à-dire de la recolonisation du pays.

 

De son côté, Henri Konan Bédié est venu apporter du grain à moudre à ceux qui pensent que le Président sortant est l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. En soutenant, à Paris, les “doutes” de Sarkozy sur la volonté de Laurent Gbagbo d’aller au scrutin présidentiel alors que lui-même sait que c’est la Commission électorale indépendante (Cei, présidée par Robert Mambé Beugré, membre des instances du Pdci-Rda) qui est le maître d’ouvrage des élections en Côte d’Ivoire, le président du plus vieux parti de Côte d’Ivoire renforce cette conviction de nombreux Ivoiriens (Cf. Le Nouveau Réveil n°2.278 du 25 juillet 2009).

 

De ce fait, la galaxie patriotique, qui était en hibernation pour ne pas gêner la sortie de crise, s’est mise en éveil. Les “agoras” et “parlements” mobilisent leurs troupes depuis que le Président français a fait planer la menace d’une intervention militaire française pour chasser Gbagbo du pouvoir. Le Congrès national de la résistance pour la démocratie (Cnrd, rassemblement de plusieurs partis politiques, syndicats et Ong du camp présidentiel), aphone en raison de quelques frictions internes, est sorti de sa réserve pour condamner “l’attitude belliqueuse du Président Sarkozy” qui confine, selon lui, au colonialisme et au paternalisme français en Afrique. Les femmes patriotes ne sont pas en reste. Elles ont, elles aussi, fait entendre leurs voix pour mettre en garde les autorités françaises.

 

C’est donc le branle-bas. Qui coalise toutes les forces centripètes du camp présidentiel. En effervescence, elles se mettent, instinctivement, en ordre de bataille, pour faire triompher leur candidat: Laurent Gbagbo. Avec le coup de pouce (involontaire) de la France."

L'article en entier ici.

29/07/2009

Bac "C" en Côte d'Ivoire : les erreurs ont-elles du bon ?

... En tout cas, il y a un taux de succès de plus de 65% (correction), au Bac "C", quand le Bac "D" ferme la boucle avec 13% de réussite. Et si le ministère, coupable d'avoir fait une erreur dans l'épreuve de maths du Bac "C", s'était rattrapé en surnotant les élèves ?

23/07/2009

Election présidentielle en CI : le sondage ébruité par Le Point

Surprise pour l'Elysée : le sondage confidentiel effectué en Côte d'Ivoire par TNS-Sofres pour Laurent Gbagbo donne une large avance à celui-ci en vue de l'élection présidentielle du 29 novembre. Loin du partage de l'électorat en trois tiers annoncé par les experts parisiens, le chef d'Etat sortant obtient 43 % d'intentions de vote, contre 29 % à l'ex-président Henri Konan Bédié et 28 % à Alassane Ouattara. Mille Ivoiriens ont été interrogés en deux échantillons, dans et hors l'agglomération d'Abidjan.

La source ici.

20/07/2009

Stratégie Internet : la leçon malienne à l'Afrique francophone

Grâce à l'ami Etum, je viens de découvrir le portail Presse du Mali, et je trouve qu'il correspond, dans sa conception, à ce que les journaux papier d'Afrique francophone devraient faire pour véritablement créer du trafic sur Internet (et s'attirer de nouvelles sources de revenus à travers la publicité et le micro-paiement).

Pour mieux me faire comprendre, je pose le décor.

- Internet a "surpris" les journaux africains. Relevant d'abord essentiellement de la diaspora (en raison d'une faible connectivité dans nos pays), la consultation gratuite des articles de presse en ligne n'a pas affecté, au départ, les ventes de nos titres. Au contraire, ils donnaient aux journaux du continent une visibilité internationale. Mal informée sur les enjeux du web, peu formée aux TIC, la presse ivoirienne - que je connais très bien - a donné libre champ à des portails pillant ses contenus sans vergogne.

- Pour réagir (un peu), nombre de nos journaux ont eux-mêmes créé leurs sites, qui jusqu'à présent sont peu visités, donc peu intéressants pour le marché publicitaire. Pourquoi aller à tour de rôle sur les sites - souvent pas très soignés, au point de vue graphique - des dizaines de journaux qui existent quand on peut tout voir sur un seul site mieux "foutu" ?

- Aujourd'hui, le fait est qu'un seul site de quotidien ivoirien (fratmat.info) figure dans le classement Alexa des 100 sites les plus visités de Côte d'Ivoire. Et encore... Chaque jour, il y a près de dix fois plus de lecteurs pour le journal papier que pour le journal en ligne, alors que c'est l'inverse qui est la règle (dix fois plus de lecteurs en ligne que sur format papier). Tout le monde pense avoir le droit de diffuser sans autorisation le contenu des journaux - y compris des entreprises qui ont pignon sur rue, et qui veulent attirer du trafic sur leur portail. La quasi-totalité de la publicité en ligne en Côte d'Ivoire est monopolisée par un seul portail Internet. Et les ventes de la presse papier baissent, notamment en raison du basculement des lecteurs sur le web.

- Résultat des courses, les producteurs de contenu meurent, ou sont obligés de faire du bas de gamme, parce qu'ils n'ont plus les moyens de produire du bon contenu. C'est un cercle vicieux, une logique dangereuse.

L'Association des Editeurs de la Presse Privée du Mali montre, à mon avis, le chemin à suivre face à ce type de défi. En partenariat avec une entreprise spécialisée, elle a créé un portail où l'on retrouve les contenus des différents journaux privés maliens. Elle est mieux placée pour créer un vrai trafic, qu'elle a déjà commencé à capitaliser au point de vue publicitaire (avec des partenaires comme Orange Mali). Dans un tel contexte, il est aisé de partager les "gains" d'une campagne entre les différents titres, en fonction du trafic sur leurs différentes pages.

La presse de Côte d'Ivoire et des autres pays d'Afrique doit absolument mettre en place une stratégie de présence en ligne qui rapporte, à travers une plateforme qu'elle contrôle. Elle doit rester sourde à ceux qui parlent aujourd'hui de partage de revenus ou qui proposent aux journaux de vendre leurs PDF en ligne, en ponctionnant au passage une confortable commission. Elle doit exiger le retrait de ses contenus pillés des sites où ils se trouvent pour mieux valoriser ses archives. Elle doit avoir une vraie stratégie de présence et de monétisation en ligne.

Cela doit passer, pour un début, par une stratégie à la malienne. Qu'en pensez-vous ?

 

 

 

13/07/2009

Obama/Sarko : qui a le mieux parlé à l'Afrique

A lire sur mon blog de Rue89.

02/07/2009

Biens mal acquis : Bédié aussi !

 

 

Bedie-arrete-micros (1).jpg

Un lecteur régulier de ce blog nous signale que le dernier rapport du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD), très commenté parce que le président camerounais y fait son entrée, évoque aussi l’ancien président ivoirien Henri Konan Bédié – lancé dans une campagne électorale dont il espère qu’elle se soldera par sa victoire à la prochaine présidentielle. Voici les extraits qui le concernent.

 

"Le successeur d’Houphouët-Boigny, Henri Konan Bédié, dont la fortune était estimée par le Quid, en 1992, à 2,5 milliards de francs français (380 millions d’euros) alors qu’il n’était encore que Directeur des douanes sous Houphouët-Boigny, a connu plus d’ennuis. Non pas en France, où il entretenait des relations avec les hommes politiques qui lui offrirent d’ailleurs l’exil quand il fut renversé par le général Gueï en décembre 1999, mais en Suisse, où ses comptes furent gelés le 8 mars 2000 par l’Office fédéral de justice. Ce dernier avait en effet reçu une demande d’entraide judiciaire de la justice ivoirienne pour bloquer les comptes de l’ancien président, qui aurait notamment détourné 24,8 millions $ d’aide européenne à la santé. Seulement 5 à 7 millions de francs suisses furent bloqués

dans neuf banques. Depuis, l’entraide judiciaire accordée à la Côte d’Ivoire n’a pas été poursuivie par la Suisse, qui met en cause le manque de volonté politique des autorités ivoiriennes dirigées par le général Gueï, qui n’auraient fourni aucune preuve. Elles avaient pourtant délivré à l’époque un mandat d’arrêt international contre H. K. Bédié, qui résidait alors en France. Il ne fut jamais inquiété par la justice de son pays."

 

Pour lire le rapport en entier, cliquez ici. Il est très intéressant, notamment quand il évoque l’hypocrisie des Etats occidentaux qui sont les plus gros profiteurs de la cupidité de certains chefs d’Etat du Sud, et les « palabres » autour de la succession d’Houphouët-Boigny."

 

08/06/2009

Omar Bongo : la fin d'un dinosaure

bongo_article.jpg
Un papier intéressant ici. Maintenant que le "patriarche" n'est plus, l'on entre dans l'ère des incertitudes et des questionnements. Le schéma constitutionnel - remise du pouvoir à la présidente du Sénat puis élections - sera-t-il respecté ? Va-t-on vers un schéma de bataille fratricide à la togolaise, mettant aux prises Pascaline (pour le compte de son compagnon Paul Toungui) et Ali Ben Bongo ? L'armée gabonaise, totalement invisible, entrera-t-elle en scène ?

Puis profondément, quel est le bilan d'Omar Bongo Ondimba ? Après sa mort, la Françafrique, dont il était le pilier, s'affaiblira-t-elle ? Pour ma part, je pense que oui - mais peut-être que je m'avance trop. Ce système-là était trop centré sur un certain nombre d'hommes, de petits secrets, de règles de départ qui n'existent plus, pour perdurer éternellement. La France continuera à "monnayer" son statut "d'experte" et "d'avocate" de l'Afrique au FMI, à l'ONU et dans un certain nombre de cercles. Mais elle arrivera de plus en plus difficilement à faire l'Histoire dans son bout d'Afrique.

La Françafrique s'affaiblira, mais la démocratie avancera-t-elle ? L'Afrique se retrouvera bientôt face à son destin et aux contradictions de son Histoire. Personne ne l'aidera à en démêler les noeuds. Mais observons d'abord ce qui se passera dans les prochains jours au Gabon.

23/05/2009

Agonie de Bongo : a-t-on le droit de se réjouir ?

Certains des "villageois" ayant pignon sur rue ici ont exprimé leur consternation après des propos lus ici et là et se réjouissant d'une probable fin soudaine d'Omar Bongo, figure tutélaire de la Françafrique, qui règne sur le Gabon depuis 1967.

C'est un principe transmis par toutes nos traditions morales : on ne doit pas souhaiter ou se satisfaire par avance de la mort de quiconque. Je suis d'accord.

Mais cette position de principe n'est-elle pas un peu hypocrite ? Chef d'Etat, figure controversée soulevant les passions, Bongo peut-il être vu en dehors de la figure politique qu'il représente et des conséquences politiques d'un éventuel décès ? La structuration de la vie politique en Afrique est ainsi vite que dans certains pays, la condition de l'alternance est tout simplement... la mort du monarque régnant. Alors qu'ailleurs on souhaite la défaite électorale d'un chef qu'on n'aime pas, dans ce type de pays, les opposants n'ont plus qu'à souhaiter le trépas du chef. A qui la faute ?

Se réjouir ou maintenir une attitude "digne" n'est donc pas la question. La question qui se pose de manière centrale est la nature profonde de nos régimes postcoloniaux. "J'y suis, j'y reste" et "Après moi, le déluge" semblent être des slogans partagés par tous.

En cas de décès du chef, que deviendrait le Gabon sans un Bongo qui l'a façonné comme s'il était éternel ? On a vu ce qu'est devenu le Zaïre après Mobutu, la Côte d'Ivoire après Houphouët, et dans quelle complexité sulfureuse s'enfonce le Togo de la dynastie Gnassingbé. 

 

09/05/2009

Ainsi donc, Didier Julia travaillait pour Chirac !

Le mensonge d'Etat est décidément le plus effronté des mensonges. Souvenez-vous de cette histoire Julia, de la version officielle du temps du règne de Chirac, et de ce qu'on découvre aujourd'hui ici.

Quand on se rend compte de cette effronterie du mensonge d'Etat à la française, l'on est encore plus en droit d'insister pour connaître le fin mot du "bombardement" de Bouaké en novembre 2004.

05/05/2009

Un site d'info payant qui gagne de l'argent

Il s'agit de arretsurimages de Daniel Schneidermann, spécialisé dans la niche de la critique des médias. 

"200 000 euros de bénéfices pour la première année : le moins qu’on puisse dire, c’est qu’Arrêt sur images a trouvé son public et s’est fait, en un peu plus d’un an, sa petite place au chaud sur la toile. C’est du moins ce qu’annonce Daniel Schneidermann dans un article mis en ligne le 4 mai, avec les comptes en pièces jointes pour ceux qui sont capables d’y comprendre quelque chose (pas moi).

Ces bons résultats (voire très bons, selon des internautes compétents dans la lecture d’exercices comptables) ne doivent rien à la publicité (il n’y en a pas) et tout aux abonnés, qui pour 30 euros par an (le prix d’un gros livre, ou de quatre places de cinéma) ont accès à l’intégralité du site, qu’il s’agisse des articles, des chroniques ou des émissions en plateau."

Source

Qui a dit que les internautes ne paieraient jamais pour de l'info de qualité et qu'en dehors de la pub, il n'y avait point de salut ?