topblog Ivoire blogs Envoyer ce blog à un ami

26/06/2013

Culte de la personnalité : scène d'un autre âge au Cameroun de Paul Biya

18/06/2013

Un député du parti de Ouattara accuse les juges de la CPI d'avoir pris "l'argent de Gbagbo", promet à ses "militants" un voyage à La Haye

Vêtues de tee-shirt sur lesquels on pouvait lire “procès de Gbagbo=paix durable”, des "victimes" de la crise postélectorale de 2010 en Côte d'Ivoire, se sont rassemblées lundi devant le principal tribunal d'Abidjan pour s'opposer à une éventuelle remise en liberté de l'ancien président Laurent Gbagbo, actuellement incarcré à la Cour pénale internationale (CPI).

 

 

Si les plus jeunes ont choisi de scander “Gbagbo assassin” en langue malinké, les vieilles personnes ont, quant à elles, opté pour des pancartes sur lesquelles on pouvait lire “les juges de la CPI sont-ils influencés par l’UA ?”, lors de cette journée de manifestation initiée par le député Alphonse Soro, président de l’Alliance pour le changement (APC), proche du pouvoir.

 

“Gbagbo a tué mon frère, ma sœur, tous mes parents à Abobo (quartier populaire au nord d’Abidjan). Aujourd’hui je suis seule, il doit payer pour ça”, a lancé une jeune fille, demandant à la CPI de rendre justice.

La CPI accusée de corruption

 

Des partisans du parti présidentiel, qui s'étaient réjoui du mandat d’arrêt lancé contre M. Gbagbo, pour quatre chefs d’accusations, dont des crimes contre l’humanité, accusent la CPI de corruption.

“Deux petits juges de la CPI ont pris l’argent de Gbagbo et veulent le libérer”, a lancé M. Soro, demandant aux manifestants de se tenir prêt car “à compter d’aujourd’hui (lundi), des mots d’ordres vont tomber” pour organiser des manifestations publics à la Haye.

Parmi ces manifestants, une vieille femme, la quarantaine environ, se déplaçant à l’aide d’une canne et tenant une pancarte, contestait la décision de la CPI d’ajourner le verdict de l’audience de confirmation des charges pesant contre M. Gbagbo.

Des meetings seront organisés à la Haye

Devant un parterre de "victimes" de la crise postélectorale, le président de l’APC rassurant que “Gbagbo sera jugé et condamné”, a demandé une grande mobilisation car, selon lui, leur mouvement se tiendra sur deux à trois mois et s’étendra partout en Côte d’Ivoire.

“Nous allons faire le voyage sur la CPI”. Telle est la promesse faite par M. Soro, sous les applaudissements de ces quelques "victimes", venues pour la plupart d’Abobo et Anyama (nord d’Abidjan).

Pour rappel, la CPI a ajourné le 3 juin le verdict de l’audience de confirmation des charges pesant sur l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, demandant à son procureur Fatou Bensouda, de procéder à une enquête plus approfondie pour apporter des preuves supplémentaires.

Avec Alerte Info

 

05/06/2013

Stratégie de com' française sur l'utilisation d'armes chimiques par le régime Assad - une pâle copie de la stratégie russe ?

On parle beaucoup, en France, des "échantillons" supposés de gaz sarin ramenés de Syrie par deux envoyés spéciaux du Monde, le journaliste Jean-Philippe Rémy et le photographe Laurent Van der Stockt. Des "échantillons" qui ont permis à Laurent Fabius de lancer une énième charge contre le régime de Bachar El Assad, suite aux résultats d'analyse fournis par un laboratoire français, et aussitôt transmis à l'ONU.

Mais les médias majoritaires parlent peu de la journaliste russe Anastasia Popova et de sa démarche, qui a précédé celle des envoyés spéciaux du Monde. On peut même penser que leur campagne est une sorte de contre-feu à celle que leur consoeur a lancée. Fin avril, elle a envoyé au secrétariat général de l'ONU des "preuves" de l'utilisation d'armes chimiques par les rebelles syriens. Des éléments recueillis lors d'un reportage sur le terrain. Les Nations unies ont refusé, après un certain nombre d'atermoiements, de prendre en compte les éléments... en prenant prétexte de problèmes techniques supposés, comme l'on peut le voir dans cette vidéo du site d'investigation spécialisé dans la couverture de la Maison de Verre Inner City Press.

C'est à la suite de ce feuilleton Popova que les journalistes du Monde ont surgi sur la scène diplomatique internationale. Il est en tout cas assez frappant de s'apercevoir que, désormais, c'est la presse qui est chargée d'administrer la preuve de l'utilisation d'armes non conventionnelles face à un ennemi que l'on tente de poser en adversaire de la paix et de la sécurité internationales pour mieux l'abattre. Il est vrai qu'après l'énorme manipulation de Colin Powell, qui avait brandi à la face du monde un "échantillon" (ah ! les échantillons !) de ce qui était censé être de l'anthrax utilisé par Saddam Hussein comme arme de guerre, plus personne ne croit les boniments de la propagande officielle. Mais en quoi des proclamations de journalistes, de toute façon "attestées" par des laboratoires dépendant de l'Etat, et dont se sert la diplomatie de leur pays dans le cadre d'une chorégraphie médiatique quasi-parfaite, diffèrent-elles fondamentalement de déclarations faites directement par des officiels ?

Une chose est sûre : s'il est normal, pour un journaliste, de se montrer circonspect voire carrément sceptique face à des informations provenant d'officiels, il est difficile de chipoter plus que de raison sur des "révélations exclusives" d'autres journalistes, sans courir le risque de l'accusation d'anti-confraternité.