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05/06/2013

Stratégie de com' française sur l'utilisation d'armes chimiques par le régime Assad - une pâle copie de la stratégie russe ?

On parle beaucoup, en France, des "échantillons" supposés de gaz sarin ramenés de Syrie par deux envoyés spéciaux du Monde, le journaliste Jean-Philippe Rémy et le photographe Laurent Van der Stockt. Des "échantillons" qui ont permis à Laurent Fabius de lancer une énième charge contre le régime de Bachar El Assad, suite aux résultats d'analyse fournis par un laboratoire français, et aussitôt transmis à l'ONU.

Mais les médias majoritaires parlent peu de la journaliste russe Anastasia Popova et de sa démarche, qui a précédé celle des envoyés spéciaux du Monde. On peut même penser que leur campagne est une sorte de contre-feu à celle que leur consoeur a lancée. Fin avril, elle a envoyé au secrétariat général de l'ONU des "preuves" de l'utilisation d'armes chimiques par les rebelles syriens. Des éléments recueillis lors d'un reportage sur le terrain. Les Nations unies ont refusé, après un certain nombre d'atermoiements, de prendre en compte les éléments... en prenant prétexte de problèmes techniques supposés, comme l'on peut le voir dans cette vidéo du site d'investigation spécialisé dans la couverture de la Maison de Verre Inner City Press.

C'est à la suite de ce feuilleton Popova que les journalistes du Monde ont surgi sur la scène diplomatique internationale. Il est en tout cas assez frappant de s'apercevoir que, désormais, c'est la presse qui est chargée d'administrer la preuve de l'utilisation d'armes non conventionnelles face à un ennemi que l'on tente de poser en adversaire de la paix et de la sécurité internationales pour mieux l'abattre. Il est vrai qu'après l'énorme manipulation de Colin Powell, qui avait brandi à la face du monde un "échantillon" (ah ! les échantillons !) de ce qui était censé être de l'anthrax utilisé par Saddam Hussein comme arme de guerre, plus personne ne croit les boniments de la propagande officielle. Mais en quoi des proclamations de journalistes, de toute façon "attestées" par des laboratoires dépendant de l'Etat, et dont se sert la diplomatie de leur pays dans le cadre d'une chorégraphie médiatique quasi-parfaite, diffèrent-elles fondamentalement de déclarations faites directement par des officiels ?

Une chose est sûre : s'il est normal, pour un journaliste, de se montrer circonspect voire carrément sceptique face à des informations provenant d'officiels, il est difficile de chipoter plus que de raison sur des "révélations exclusives" d'autres journalistes, sans courir le risque de l'accusation d'anti-confraternité.

 

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