topblog Ivoire blogs Envoyer ce blog à un ami

29/05/2013

International Crisis Group, une vraie ONG ou un "jouet" des gouvernements occidentaux ?

Capture icg.JPG

Dans un post précédent, nous rappelions le financement de l'ONG Reporters sans frontières, qui la rend totalement dépendante de l'Union européenne et du gouvernement français, qu'elle ne peut pas critiquer radicalement sans risquer de disparaître ou du moins de devoir licencier une partie de son personnel. Alors que l'ONG International Crisis Group, qui se pique d'indépendance, annonce un "partenariat officiel" avec le gouvernement français, sur la question du Sahel - dont ledit gouvernement est un acteur principal -, il est également important de noter la vérité qui suit. ICG est financée à 49% par des gouvernements, tous Occidentaux, à 31% par des entreprises privées occidentales (dont les pétrolières BP, Chevron et ENI), et à 20% par des fondations (dont la fameuse Open Society de l'omniprésent George Soros). Sérieusement, quelles sont les garanties d'indépendance de cette ONG très gouvernementale ? Pour en savoir plus, cliquez ici.

Démon-cratie : le slam radical de Komandant Simi Ol

Le texte

Bon maintenant on va se dire les gbês ! y en a marre !
A chaque fois qu’on parle de l’Afrique, même le plus intelligent d’entre vous là ; est prêt à s’aligner  avec n’importe quel conard de l’Élysée. C’est quand même hallucinant hein !...
En fait quand il s’agit de l’Afrique, vous arrivez toujours à vous accorder à croire et à faire croire à certains crétins d’Africains, qu’il n’existe, qu’il n’a jamais existé et qu’il n’existera jamais un seul homme politique intelligent, clean et bienséant… Malgré notre culture millénaire de sagesse Africaine sur tout le continent.

Comme par hasard, c’est à vous les occidentaux qui êtes en défaillance d’humanisme, de venir nous apporter des solutions de prospérité… Faut arrêter vos conneries là hein !... 
Depuis quand il est dit qu’il revient aux malades de soigner des personnes bien portantes ?!...
Soit vous êtes cons à nous prendre indéfiniment pour des cons, soit c’est nous qui sommes cons à ne pas comprendre que vous êtes vraiment cons à nous prendre indéfiniment pour des cons. Sinon pourquoi êtes-vous dans cet effort permanent à nous convaincre d’un fatalisme fantasmatique hein ?!...

On a compris votre jeu pervers là !... A chaque fois qu’on trouve un homme bien pour faire avancer l’Afrique, faut que vous ouvriez vos gueules puantes là, pour le diaboliser. Et que vos chiens enragés là, de l’Élysée viennent le déloger à coups de bombes et de traîtrises de certains crétins d’africains : au prix du sang de nos familles, pour installer un trou d’uc qui serve vos intérêts… Espèce d’imbéciles !
Pendant que vous savourez notre café et notre cacao, en vous loftant sur vos belles terrasses, c’est nos familles qui saignent… Et au final vous insinuez qu’on a qu’à se contenter du trou d’uc… Je veux dire le tyran que vous avez installé, qui pour de vrai massacre la population, sans qu’aucun de vous ne daigne jouer les alarmistes. Comme par hasard !... Parce que l’autre ne valait pas mieux soi-disant. Ni l’un ni l’autre !... Voilà ! c’est çà le discours fataliste et hypocrite des faux culs qui se font passer pour des libertaires. Comme si on vous avait supplié de vous mêler de nos problèmes. En fait à la base il n’y a pas de problème, tant que vous nous lâcheriez la grappe.  

Occupez-vous déjà de vos problèmes sociaux de pédophilie et compagnies là… Avant de penser à régler ceux des autres Ok ?!.. Bâ biê !!!
Nous n’avons aucune leçon de démocratie à prendre de vous. Je vous laisse avec votre illusion de démocratie qui ne m’inspire rien d’autre que de la pitié. Parce que vous êtes assujettis à votre propre tyrannie financière, dégénérative et déshumanisante.

Votre démocratie nous on en veut pas ! Vous pouvez vous la mettre dans le uc.
De même votre écologie, on en veut pas !  Gardez la pour vous seuls !...
Pour nous le respect de l’homme et de la nature tient du sacré, sur la base de nos croyances animistes liées à la philosophie. L’amour de la sagesse enseigné par nos ancêtres Kémites, pour préserver l’ordre social et par conséquent l’ordre cosmique. Voilà !... T’as compris ?!...
Donc arrêtez de nous saouler avec votre démocratie, démocratie là ! Comme si c’était la révélation du millénaire. En fait vous avez oublié la “N“ après le “O“ pour faire “Démon-cratie“. La crasse des démons ! Vous foutez le bordel partout et vous venez nous parler de démocratie… Vraiment apprenez à respecter les gens sur la base du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ! Ok ?! Kassaramarak !!

Signé Komandant Simi Ol ! Chef du maquis musical ARRR Force One… Etat Major de la Balistique Sonore. Pour les frères de sang, Simi OL de Treich. Voilà !
Celui qui n’est pas content là… Il n’a qu’à venir ici on va lui donner leçon de fachément. C’est cadeau ! Ok ?!...

16:44 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)

28/05/2013

Risques d'attaques terroristes en Côte d'Ivoire : le communiqué du Quai d'Orsay qui fait peur

fabius.jpg

Au regard de l’activisme de groupes terroristes opérant dans la bande sahélienne, il importe que les Français résidant ou de passage en Côte d’Ivoire fassent preuve d’une vigilance accrue, notamment à l’égard de tout comportement suspect, lors de leurs déplacements et dans les endroits qu’ils fréquentent de façon habituelle ou occasionnelle.

Il convient de demeurer attentif à l’évolution de la situation au Mali mais aussi aux recommandations éventuelles qui pourraient être diffusées par le Consulat général de France en Côte d’Ivoire.

Source http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/c...

21/05/2013

"La Révolution ne passera pas à la télé..." de Komandant Simi Ol

00:17 Publié dans Musique, Vidéo | Lien permanent | Commentaires (0)

13/05/2013

"Maquis hebdo" du 12 mai 2013 sur Telesud : j'étais un des invités...

On y a parlé de la question des relations Grande-Bretagne/Kenya [réparation des crimes coloniaux], de l'an I de François Hollande et de la commémoration de l'abolition de l'esclavage.


02:14 Publié dans Vidéo | Lien permanent | Commentaires (0)

10/05/2013

Antoine Massé et Sylvain Gagnétaud, les journalistes tués dont RSF se moquait...

rsf.jpg

Les ONG internationales, qui se posent en incarnation de la conscience universelle, s'irritent profondément quand elles sont présentées comme des instruments visant à imposer une vision du monde occidentale dans le monde entier. Pourtant, beaucoup d'entre elles ont un prisme eurocentriste que l'on peut percer à force de perspicacité.

Prenons le cas de Reporters sans frontières, basée à Paris, en France, et longtemps incarnée par la figure médiatique de Robert Ménard. Elle a beaucoup parlé de la Côte d'Ivoire ces dernières années. A raison, elle a évoqué le trépas de Jean Hélène, ancien correspondant de RFI, tué par un policier à Abidjan. Reporters sans frontières s'est fortement mobilisée à l'occasion de la disparition de Guy-André Kieffer, ancien spécialiste "matières premières" du quotidien français La Tribune devenu consultant à Abidjan - et collaborateur de journaux locaux sous pseudo, ainsi que de La Lettre du Continent.

Mais il est tout à fait frappant de comparer le traitement des cas ci-dessus avec celui de journalistes ivoiriens assassinés en Côte d'Ivoire. Je pense d'abord à Antoine Massé, correspondant à Duékoué du quotidien Le Courrier d'Abidjan, assassiné par l'armée française d'une balle dans la tête en novembre 2004 ; et ensuite à Sylvain Gagnétaud, de Radio Yopougon (ancien du Temps), assassiné par l'armée d'Alassane Ouattara en mai 2011.

Que nous apprennent les moteurs de recherche ? Selon Google, le site de RSF a évoqué 84 fois l'affaire Guy-André Kieffer, et a parlé deux fois d'Antoine Massé. Selon le moteur de recherche intégré dans le site de RSF, le nom de Sylvain Gagnétaud a été cité dans trois articles. 

Une étude plus "qualitative" montre que JAMAIS, au-delà de l'émotion immédiate, RSF n'a interpellé les autorités françaises sur les suites du dossier "Massé". Comme il n'y a eu aucune interpellation dans le genre de celles qui ont eu cours, sous Gbagbo et sous Ouattara, concernant Kieffer, pour ce qui est de Gagnétaud.

RSF liens.JPG

Selon que vous serez blanc ou noir, les campagnes de RSF vous rendront omniprésent ou invisible ? Ce n'est pas si simple que cela, bien sûr. RSF s'est mobilisée de manière exemplaire quand la famille Compaoré a fait assassiner le journaliste d'investigation Norbert Zongo. Mais les morts de Massé et de Gagnétaud, contrairement à celle de Zongo, interpellent directement la politique étrangère de la France. C'est l'armée française elle-même qui a tué Massé. C'est une force armée soutenue activement et concrètement sur le terrain par l'armée française et ses hélicoptères de guerre qui a tué Gagnétaud. Du coup, il y a gêne ! Il ne s'agit pas d'obtenir le scalp d'un roi nègre. Il s'agit de mettre en cause... une des sources de financement de RSF.

Eh oui. Alors que la tendance est d'obliger les ONG, qui se posent en avocates de la transparence, à être elles-mêmes transparentes, RSF publie ses comptes sur son site Internet. Et du coup, nous sommes édifiés au sujet de ses bailleurs de fonds. Ainsi en 2011, les financements publics provenant de l'Union européenne, de l'Agence française de développement, de l'Organisation internationale de la Francophonie et des ministères français contribuaient à hauteur de 18,4% aux "recettes" de RSF.

l'on voit qu'il est périlleux pour cette organisation de s'attaquer, au nom de la liberté de la presse, à la politique de puissance d'un certain Etat.

Du coup, on comprend mieux pourquoi RSF parle plus aisément de Kieffer que de Massé. C'est une question de business model !

09/05/2013

Quand le procureur de la CPI camouflait les crimes de l'Etat français en Côte d'Ivoire

luis-moreno-ocampo.jpg

La lecture attentive des rapports souvent longs et arides des institutions comme la CPI et des ONG internationales de défense des droits de l'Homme qui lui servent d'inspiration permet de suivre la trace d'un certain nombre de prismes idéologiques. Et trahit aussi des complalisances.

Ainsi du document transmis par Louis Moreno-Ocampo, alors procureur auprès de la CPI, à la chambre préliminaire III de l'institution. Et qui était censé apporter de plus amples informations sur les crimes relevant potentiellement de la CPI commis entre 2002 et 2010. Le procureur cite des crimes allégués attribués soit aux rebelles d'alors soit aux loyalistes. Il essaie de "balancer" le tout pour donner une impression d'équilibre - tout cela ne mange pas de pain, car l'évocation de ces exactions supposées ne l'oblige pas à enquêter...

Toutefois, mon regard s'est arrêté sur sa description des événements de novembre 2004 où, à Abidjan et dans la zone gouvernementale, plusieurs dizaines d'Ivoiriens ont été tués, très souvent par balles, par l'armée française - notamment devant l'hôtel Ivoire. Ce qui est frappant, ahurissant, renversant, c'est qu'Ocampo refuse d'évoquer les morts ivoiriens dans son rapport. Ce n'est même pas qu'il les relativise, ou qu'il les minore. Il n'en parle pas. Ces morts n'existent pas. Ils ne heurtent manifestement pas la "conscience internationale", que la CPI est censée représenter. De toute façon, Ocampo ne parle pas de ces événements au titre des "tueries" ou des "massacres" mais au titre des "attaques illégales" (l'attaque illégale étant l'opération de reconquête du Nord du pays aux mains des rebelles par l'armée nationale).

cpi ocampo bullshit.JPG

"Entre le 4 et le 9 novembre 2004, l'aviation gouvernementale ivoirienne a lancé des attaques sur les villes de Bouaké, Korhogo et d'autres bastions rebells dans le Nord de la Côte d'Ivoire. L'offensive a causé la mort de 55 civils. Comme neuf soldats français ont aussi été tués durant le raid meurtrier sur Bouaké, la France a pris la décision de détruire l'aviation ivoirienne. Ce qui a entraîné des émeutes anti-françaises, encouragées par le leader des Jeunes Patriotes Charles Blé Goudé. Le gouvernement ivoirien a par la suite accusé les forces françaises d'avoir tiré sur des manifestants qui allaient en direction du 43ème BIMA à côté de l'aéroport d'Abidjan. Selon les officiels français, certains de ces manifestants étaient armés."

Dans ce récit d'un cynisme renversant, l'hôtel Ivoire, le pont Charles-De-Gaulle, où des militaires français ont tiré sur des manifestants ivoiriens désarmés, disparaissent. Les 64 morts ivoiriens, tués de sang-froid (et sur ordre) par des soldats français, disparaissent. Et pourtant, ce massacre est le plus documenté de tous ceux dont Ocampo parle dans son document. Canal + a ainsi publié un documentaire édifiant, qui taille en pièces la piteuse défense de la France officielle. Le voici.

Le réalisateur ivoirien Sidiki Bakaba a lui aussi produit un documentaire plus engagé mais tout aussi édifiant : La Victoire aux Mains Nues.

De toutes ces preuves, Ocampo se contrefiche ! La CPI, instrument de légitimation d'un certain ORDRE POLITIQUE, ne peut pas raisonnablement accuser l'armée française de massacres, comme elle le ferait de vulgaires Nègres, qu'ils soient loyalistes ou rebelles.

L'ex procureur de la CPI s'est majoritairement appuyé sur des rapports d'organisations de défense des droits de l'Homme pour écrire son rapport. Et il est assez édifiant de voir que celle qui structure son raisonnement, Human Rights Watch, a également passé par pertes et profits les massacres français de novembre 2004 en Côte d'Ivoire. Dans son rapport de mai 2005, le premier après ce massacre, l'ONG criminalise beaucoup les jeunes patriotes, disqualifie le mouvement de colère contre une armée française qui était pourtant entrée en guerre sans le déclarer contre la Côte d'Ivoire et... évoque en quelques phrases ambigues le massacre de l'Ivoire.

"Blé Goudé a insisté sur le fait que les manifestants et ses Jeunes Patriotes n’étaient pas armés. Cependant, des officiels français disent qu’ils ont vu des patriotes armés sur le pont Général de Gaulle dès le milieu de l’après-midi. Ils avancent comme preuve le fait que plusieurs soldats français ont été blessés par balles pendant les manifestations. Le gouvernement ivoirien a accusé les forces françaises d’avoir tiré sur les manifestants à Abidjan avec de véritables munitions et a estimé le bilan des violences de novembre 2004 à 64 morts et environ 1500 blessés. Plusieurs manifestants interviewés par Human Rights Watch ont déclaré qu’ils avaient vu les forces françaises tirer à balles sur la foule des manifestants depuis des immeubles et d’un hélicoptère. Certaines des victimes et des blessés de l’Hôtel Ivoire ont été piétinés en s’enfuyant pour échapper aux tirs, d’après des sources de l’hôpital."

On remarquera qu'HRW défend l'armée française au maximum (alors que les vidéos accablantes la mettant en cause sont déjà sorties). Contrairement à sa méthodologie, elle ne diffuse pas les témoignages des blessés graves et des Ivoiriens que l'armée française a rendu invalides. Elle ne donne pas la parole aux parents des personnes décédées. Elle ne fournit au lecteur aucun élément clair permettant d'approcher la vérité, au-delà des déclarations des uns et des autres.

Amnesty International a une approche plus conforme à sa vocation. Comme souvent sur la Côte d'Ivoire. Dans un rapport publié le 19 septembre 2006, l'ONG ne met pas dos à dos deux versions, mais affirme qu'il y a eu des dizaines de morts et de blessés et que l'armée français a tiré sur des personnes qui ne représentaient pas de menace directe :

"Amnesty International n'a pu établir le bilan exact des victimes des affrontements de novembre 2004 à Abidjan qui ont fait des dizaines de morts et de blessés. En effet, les autorités ivoiriennes ayant ouvert une enquête judiciaire sur ces faits, les délégués d'Amnesty International n'ont pu rencontrer, en dépit de demandes officiellement déposées, le médecin légiste ou le procureur ni se rendre dans les morgues d'Abidjan car toutes ces informations étaient protégées par le secret de l'instruction. Amnesty International a cependant pu recueillir un nombre important de témoignages de victimes et de parents de victimes ainsi que les versions des représentants des forces armées ivoiriennes et françaises. Les troupes françaises ont certes dû faire face à des mouvements importants de manifestants, parfois menaçants pour leur vie ou celle de tiers et elles ont dû évacuer dans des conditions difficiles des civils français et des ressortissants d'autres nationalités. Cependant, les informations recueillies par Amnesty International concernant les conditions dans lesquelles les soldats français ont fait usage de leurs armes létales lors des affrontements qui les ont opposés à des manifestants à Abidjan en novembre 2004, montrent que les forces françaises ont, à certaines occasions, fait un usage excessif et disproportionné de la force alors qu'elles se trouvaient face à des manifestants qui ne représentaient pas une menace directe pour leurs vies ou la vie de tiers."

Amnesty International se garde toutefois d'utiliser le mot qui aurait été utilisée si cette manifestation avait été réprimée par une armée africaine : MASSACRE. Or il s'agit bien d'un massacre. Un effroyable massacre. Un massacre qui est recouvert par une impunité qui s'appuie sur les omissions de la CPI, les justifications effrontées d'une groupe de pression mesquin camouflé derrière la défense des droits de l'Homme (HRW) et par la dénonciation "à moitié" d'Amnesty International.

Au fait, qui finance les fameuses ONG de défense des droits de l'Homme ?

L'on sait aujourd'hui qui possède les grands médias mondiaux et beaucoup les lisent en le gardant à l'esprit. TF1 c'est Bouygues. Wall Street Journal c'est Murdoch. L'Express c'est Dassault (un marchand d'armes, donc). Europe 1 et le Journal du Dimanche, c'est Lagardère (un autre marchand d'armes). Mediaset, c'est Berlusconi.

Mais pourquoi ce réflexe de distance critique n'est-il pas de mise quand on évoque des organisations autrement plus influentes sur la scène internationale que les médias, et qui ne vivent souvent pas des cotisations de leurs adhérents, mais des dons de milliardaires OCCIDENTAUX et de gouvernements OCCIDENTAUX ? 

Le débat est ouvert.

 

 

07/05/2013

Les propos incroyables d'un journaliste malien ignorant !

le reporter mali.jpg

La profession de journaliste est occupée, en Afrique, par des personnes sans culture. Et c'est malheureux ! Voici ce que je lis sous la plume de Hamady Tamba, du journal malien Le Reporter. "«Je préfère un report de quelques mois à un conflit post-électoral à l’ivoirienne» ! C’est la crainte exprimée par le président du Cnid-Fyt, Me Mountaga Tall, par apport à la date des prochaines élections au Mali. Il était interrogé par une radio internationale. Après l’écoute de son intervention, on se demande : de quoi Me Tall a-t-il réellement peur ? Il sait pertinemment que la situation du Mali est totalement différente de celle de la Côte d’Ivoire où la prolongation de la transition a causé plus de problèmes. En fait, le problème a été de laisser Laurent Gbagbo être juge et partie : c’est lui qui a organisé les élections, tout en étant candidat à sa propre succession. Et comme beaucoup de tyrans africains, il s’est accroché à la philosophie qu’«en Afrique, il faut être fou pour organiser les élections et les perdre». Le refus du camp Gbagbo de reconnaître sa défaite est la cause fondamentale de la dernière crise post-électorale qui a secoué la Côte d’Ivoire jusqu’au 11 avril 2011. Ce qui est arrivé à la Côte d’Ivoire est le résultat de la phobie (islam) et de l’exclusion (Dioulas) érigées en système politique : l’Ivoirité !"

Certes, mieux vaut lire cela qu'être aveugle ou analphabète mais tout de même ! Cette prose confuse est non seulement bourrée de contrevérités, mais caractéristique du chauvinisme idiot et de l'absence de mise en perspective qui poussent l'Afrique à reproduire les mêmes erreurs - parce que d'un pays à l'autre, on croit à une "exceptionnalité bien dérisoire" !

Commençons, sans nous énerver, à corriger l'affirmation centrale du confrère bien mal inspiré. Ce n'est pas Gbagbo qui a organisé le scrutin de 2010 en Côte d'Ivoire, mais une Commission électorale aux mains de l'opposition politique et de la rébellion armée. Les différentes crises post-électorales qui ont éclaté à l'occasion des élections locales, et les preuves multiples de fraudes qui existent aujourd'hui au sujet des différents scrutins sont là pour édifier les citoyens et les journalistes qui savent qu'il ne suffit pas de se contenter d'écouter RFI pour comprendre les tenants et les aboutissants de l'actualité africaine.

Poursuivons en nous étonnant d'un tel raisonnement venu d'un citoyen du Mali, pays sur lequel il est désormais à la mode de gloser au sujet de l'exclusion, des persécutions et du racisme dont seraient victimes les Touaregs - qui prennent, dans le récit dominant, la place occupée par les "Dioulas" en Côte d'Ivoire. Intellectuellement, il est tout à fait incongru de légitimer la rébellion armée ivoirienne et de s'en prendre au MNLA, comme le fait ce journaliste.

Aveuglé par un micro-nationalisme totalement déconnecté de la réalité, Hamady Tamba écrit : "Même si nous avons frôlé le pire, nous ne pensons pas que notre décadence ait atteint le seuil dépassé par la Côte d’Ivoire à un certain moment récent et critique de son histoire politique. Quoi que l’on dise ou qu’on pense, la haine ethnique n’est pas aussi exacerbée dans notre pays." Sérieusement ! Il suffit de lire les rapports sur le Mali des ONG qui ont "théorisé" la haine ethnique comme problème numéro un de la Côte d'Ivoire pour se persuader du contraire. De plus, la "décadence" malienne a été si fulgurante et les institutions maliennes si peu préparées à ce qui n'a pas fini de leur arriver qu'on aurait pu penser que certaines fausses certitudes auraient disparu. Par dessus le marché, le Mali, qui en est à sa cinquième rébellion touarègue depuis l'indépendance, n'est pas très bien placé pour donner des leçons d'unité nationale à une Côte d'Ivoire qui a attendu son 42ème anniversaire pour avoir sa première insurrection armée !

Tant que les journalistes africains auront un niveau de "concept" aussi bas que celui d'Hamady Tamba, ceux qui dominent le continent pourront dormir tranquilles.

D'une naïveté déconcertante, Hamady Tamba écrit : "La France ne peut pas non plus rester indéfiniment au Mali. Se retirer sans la tenue des élections, c'est exposer le pays à une autre crise politique qui risque de nous ramener à la case départ". 

Qui lui rappellera que si l'opération Epervier est présente "provisoirement" au Tchad depuis février 1986, la France peut rester 30 ans, donc "indéfiniment" au Mali, tant qu'elle estime que c'est dans son intérêt ?

Qui lui expliquera que l'intérêt de l'ex-puissance coloniale n'est pas de rendre aux Maliens un pays sans crise politique, mais de se retirer militairement (éventuellement) quand elle aura imposé, d'une manière ou d'une autre, son "nouvel ordre politique" dans l'ancien Soudan français ?