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01/11/2012

Après un article de Libération où il était cité - Le frère de Simone Gbagbo enlevé par la DST

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L'information a été confirmée par la famille proche. Simon Pierre Ehivet, frère de Simone Ehivet Gbagbo, a été enlevé à son domicile hier par des hommes en civil, et se trouve actuellement à la Direction de la surveillance du territoire (DST) à Abidjan. D'ores et déjà, le prétexte est trouvé : les récentes attaques d'hommes armés à Bonoua, qui datent tout de même de plusieurs semaines.

Il faut noter que l'arrestation de Simon Pierre Ehivet est survenue au lendemain de la publication, par le quotidien Libération - sous la plume de Maria Malagardis, en photo - d'un article [Côte d'Ivoire : dans le fief de Simone Gbagbo] où il est nommément cité. La journaliste y écrit :

"On pourrait croire qu’elle a sombré dans l’oubli. Mais à Moossou, le souvenir de la «première dame» hante encore les esprits. «Elle reste populaire. Pourtant, on ne peut pas le dire publiquement. Nous vivons des temps incertains», confie un homme de haute stature dans le petit bar de la bourgade. Il est accompagné de sa femme qui gardera longtemps le visage fermé. Elle était la gouvernante de Simone Gbagbo. L’homme qu’elle a épousé frappe d’emblée par une ressemblance physique troublante. Même silhouette, même visage : c’est Simon-Pierre, le frère cadet de Simone Gbagbo. Autour d’eux, les autres inconnus finissent par s’identifier à leur tour : il y a Paul, un autre frère de Simone, et aussi une sœur, et encore un ou deux neveux."

La journaliste a-t-elle exposé son interlocuteur en divulguant son nom dans un article publié au sujet d'un pays qu'elle sait être un pays où la torture et les arrestations arbitraires sont légion ? En tout cas, il faut noter qu'elle a pris le soin de masquer l'identité d'un autre de ses interlocuteurs, qu'elle a caché sous le prénom de "Gaspard".

Libération écrira-t-il un article pour dénoncer l'incarcération d'un de ses interlocuteurs et en général le climat de terreur qui règne sur la Côte d'Ivoire ? On peut toujours rêver.

Commentaires

Je suis tout aussi consternée que vous mais arrêtez de rejeter la faute sur le messager plutôt que sur ceux qui ont arrêté Simon-pierre !Je ne l'ai pas pris en traître, il savait très bien que j'étais là pour faire un reportage, il m'a encouragé à prendre des photos et j'ai voulu plutôt donner, enfin, son point de vue que de le stigmatiser. Maintenant, son arrestation, si elle est liée au papier, est totalement injustifiée, et j'aimerai que vous m'aidiez plutôt à dénoncer cette situation et lui permettre de retrouver la liberté au plus vite, plutôt que de chercher des ennemis imaginaires (merci pour la photo). Ce n'est pas moi le problème, c'est peut-être plutôt la liberté de parole en Côte d'ivoire aujourd'hui qui pose problème. Ne vous trompez pas d'adversaire !

Écrit par : maria malagardis | 02/11/2012

Ce qui est consternant dans les médias, c'est qu'au moment chaud de l'information, bien qu'aucun correspondant ne soit sur place, on trouve dans vos colonnes des titres aguicheurs dont la source émane bien souvent de dépêches de l'AFP. Pour ceux qui connaissent le mode de fonctionnement de cette agence de presse, rien d'étonnant à ce que les informations dérangeantes ne soient pas divulguées, où alors, après de bien long délais pour que cette information ne produise plus un effet négatif trop sévère et surtout, après l'avoir bien enrobé de justifications qui atténuent fortement sa portée. Faire des reportages sur les conséquences, c'est bien, il en faut des journalistes comme vous, même si la ligne rédactionnelle de votre journal vous encadre et ne se prive pas de censurer des parties qui ne leur conviendraient pas (surtout à leurs amis annonceurs et financiers). Tant il est vrai que le métier de journaliste est difficile, que produire des informations sur les réalités en expliquant les raisons et non seulement les causes ne sont pas choses aisés, il n'en demeure pas moins que d'autres y arrivent alors que dans les médias occidentaux, on a l'impression que la vérité n'est bonne à dire que 10 à 15 ans après. Le comportement des médias sur le Rwanda, sur l'assassinat de Sankara, sur les coups d'états en Afrique, les témoignages de Bokassa et de bien d'autres sont orientés de manières à ne jamais remettre en cause les tireurs de ficelles qui sont bien de chez nous. Alors, Maria Malagardis, si vous aimez votre métier, ce dont je ne doute pas un instant, dites-nous pourquoi le silence est-il aussi pesant sur les réalités de la Côte d'Ivoire, sur le comportement des institutions internationales comme l'ONU, la CPI, l'UE... Dites-nous pourquoi un Président Français peut tuer impunément sous le couvert d'une pseudo démocratie et que l'on enferme celui qui voulait défendre les intérêts de son peuple? Je sais, vous allez me ressortir le sempiternel refrain sur la dictature de Laurent Gbagbo, ce fameux refrain que vos confrères vous ont rabâché chaque jour et qui justifie sa place aujourd'hui à la CPI. Mais si vous avez l'amour du travail bien fait, alors, allez chercher les informations par vous-même, sur le terrain. Intéressez-vous de savoir pourquoi autant d'Ivoiriens défendent ce fameux "dictateur" au point de faire des settings, manifestations depuis 2002 sans que vous en parliez. A-t-on vu des manifestations pour faire libérer Charles Taylor? Si cela ne vous interpelle pas quelque part, c'est que quelque chose cloche dans la propagation de l'information. Si ce n'est vous, alors, dites-nous ce que c'est, que nous soyons éclairés.

Écrit par : antifrancafrique Christian | 04/11/2012

quelle regrettable affaire ! Ce qui me gêne vraiment c'est que nous avons vraiment la possibilité rare d'être actuellement témoins de la recolonisation de la Côte d'ivoire ,mais certes pas en y allant avec nos cartes de presse .L anonymat le hasard de la vie et des contacts en quartier populaire ou ailleurs , tout nous permet de diagnoistiquer par nous-m^me !certes,on n'est pas payé ,certes,on ne verra pas notre nom au bas d'un papier pour le moment ,certes nous devons nuancer ,protéger les témoins clés ,comme à la résidence en ce terrible 11 avril car certains sont encore en Côte d'ivoire . Au moins, ceux qui sont à la retraite peuvent venir nous aider à dresser le portrait vivant d'une guerre française (je l'affirme au bout de 15 mois ) , qui a fait au moins 50 000 morts à ce jour . J ai lu votre papier ,Maria , et tout ce que je peux dire , c'est que vous n'avez pas mesuré les conséquences , comme moi au début ,incapable de "concevoir" a cruauté de ce régime ! au moins , maintenant vous savez ,et ce qui arrive au frère de Simone Gbagbo est très banal ,quotidien a Abidjan ou ailleurs ! chaque jour dix disparaissent , c'est une moyenne pour moi,soit 300 par mois . jE VOUS INVITE 0 ALLER RENCONTRER AU GHANA OU AILLEURS ,les exilés ,torturés , dont des journalistes , ou leurs familles et à faire votre opinion.Le seul hic de l'affaire c'est qu'il faut vraiment du temps ,un mois minimum et je sais bien que votre rédaction ne vous l'accordera pas .Libération a dû vous utiliser sans que vous ne vous en méfiiez ,car eux saveint exactement ce qi allait arriver a la famille de Simone !Ca ,malheureusement ,je vous l'assure .Claudine Cojan formée au CPJ rue du Louvre .

Écrit par : claudine cojan | 11/11/2012

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