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31/10/2012

Quand les FRCI coupaient l'oreille d'un de leurs prisonniers (source agence dépendant de l'ONU)

Les témoignages ci-dessous sont extraits d'une dépêche d'IRIN, une agence de nouvelles dépendant du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (OCHA).

"Le 15 septembre, j’ai été enlevé par une unité des FRCI basée au camp 2, à Yopougon-Niangon. Ils nous ont accusés, d’autres jeunes et moi, de planifier une action contre la stabilité et nous ont demandé de leur révéler où nous cachions nos armes », a dit Thibaut Guéï, un enseignant résidant à Yopougon, à l’ouest d’Abidjan. Cette commune était un bastion pro-Gbagbo lors des violences post-électorales de 2010-2011. 

«Chaque fois que nous contestions ces accusations, nous étions sévèrement battus et ils versaient de l’urine sur nous », a dit M. Guéï, en montrant à IRIN son oreille gauche, qui a été coupée par l’un des soldats. « Je les ai suppliés de ne pas le faire, mais ils l’ont fait. » 

« Quand j’ai perdu connaissance, ils ont appelé mes parents et exigé 150 000 francs CFA (300 dollars) pour me libérer et m’emmener à l’hôpital. »  (...)

Boniface Ackah, 28 ans, a dit qu’il avait été arrêté le 16 août à Dabou, à l’ouest d’Abidjan, après un attentat contre un poste de police de la commune. Il a ensuite été transféré dans la capitale. 

« Nous avons été incarcérés pendant dix jours. Ils ne nous ont jamais rien expliqué. Ils nous ont battus avec des matraques et des bâtons », a dit M. Ackah, dont le corps garde les traces des hématomes causés par ces passages à tabac. Il a dit que lui et d’autres détenus avaient contacté leur famille [et, qu’en conséquence,] les soldats avaient demandé 50 000 francs CFA (100 dollars) à certaines [familles] et un million de francs CFA (2 000 dollars) à d’autres. 

« Les soldats déterminaient qui avait un père riche ou pas. Nos parents sont pauvres, mais ils disaient ‘ce parent a de l’argent et peut envoyer une certaine somme’. Et la personne qui vient te chercher doit payer avant de quitter le camp de détention », a dit M. Ackah à IRIN." 

L'article dans son intégralité ici.

Deux officiers supérieurs transférés de la Maca à Man et à Séguéla : leur avocat révèle et s'indigne (communiqué)

1.Les faits

Le mardi 30 octobre 2012, nous avons été informé de ce que des personnes détenues à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (M.A.CA), dans le cadre des poursuites pénales engagées relativement à la crise post électorale Ivoirienne de 2010, auraient été extrait de leurs cellules vers 04 heures du matin puis embarquées dans des camions fourgons blindés et transférés à une destination inconnue. L’Amiral VAGBA Gagbei Faussignaux et le Commandant TOLI Ogou Marcellin, à la défense desquelles nous sommes constitués, font partie de ces personnes. Selon les dires des responsables de la MACA que nous avons rencontré le mardi 30 octobre aux environs de 11heures 30 minutes, ces personnes feraient l’objet d’une mesure de transfèrement dans les maisons d’arrêt de Man et de Séguéla. Par ailleurs, il nous est revenu ce mercredi 31 octobre, que nos clients se trouveraient à Man et à Séguéla.

2.Notre analyse et notre position

Les conditions et les modalités d’incarcération de personnes poursuivies pénalement, font l’objet d’une règlementation stricte aussi bien en droit Ivoirien qu’en droit international des droits de l’homme. En effet, l’article 10.1 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques stipule que : « toute personne privée de sa liberté est traitée avec humanité et avec le respect de la dignité inhérente à la personne humaine ».

En outre, l’article 9 du décret n°69-189 portant règlementation des établissements pénitentiaires en côte d’Ivoire, dispose que : «  les prévenus sont maintenus en détention au siège de la juridiction saisie de la procédure pénale dont ils sont l’objet ». Ce texte qui est d’ordre public, ne prévoit aucune exception pour ce qui concerne les prévenus, c’est à dire des personnes non condamnés, qui font seulement l’objet d’une détention préventive.

Au regard du décret susvisé, nos clients qui font l’objet d’une information judiciaire ouverte par des juges d’instruction près le Tribunal de Première Instance d’Abidjan et qui sont placés en détention préventive, devraient être détenus dans une maison d’arrêt du ressort territorial de ce tribunal, à savoir la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (M.A.C.A), et non ailleurs. Ainsi, leur transfèrement, dans des conditions inhumaines et dégradantes, dans des prisons à l’ouest et au nord de la Côte d’Ivoire à plus 500 kilomètres du siège de la juridiction qui les poursuit, est une mesure illégale et violatrice des droits de l’Homme et des droits de la défense.

Pour nous, il s’agit purement et simplement d’une déportation dans des camps de concentration. Aussi, en notre qualité de conseil des personnes concernées, nous dénonçons et condamnons vigoureusement ces pratiques inacceptables et intolérables dans un Etat civilisé dit de droit. C’est pourquoi, tout en nous réservant le droit de saisir les juridictions nationales compétentes ainsi que les juridictions internationales des droits de l’Homme, nous demandons au Ministre de la justice de rapporter cette décision manifestement illégale.

Fait à Abidjan, le 31 octobre 2012

 

                                                                   Maître Hervé GOUAMENE

                                                                      Avocat au Barreau de Côte d’Ivoire

                                                                      Conseils des détenus

 

 

Les employés de l'Hôtel des députés racontent les conditions de la mort du père de DJ Arafat, les médecins parlent de crise cardiaque

Pierre Won, père du chanteur ivoirien Ange Didier Won, dit Dj Arafat, a été retrouvé mort mercredi matin dans une chambre d’hôtel de Yamoussoukro (centre ivoirien), où la caravane de la réconciliation à laquelle il participait a fait escale, selon des sources concordantes.  Pierre Won est décédé dans une chambre de l’Hôtel des Députés à Yamoussoukro, capitale politique et administrative ivoirienne située à 266 km au nord d’Abidjan, des suites d’une maladie, dont il souffrait depuis le début de la caravane de la réconciliation, a indiqué à ALERTE INFO un employé du complexe hôtelier.

 Jusqu’à 10H00GMT (heure locale), le corps était encore à l’hôtel, a indiqué le correspondant de ALERTE INFO. La caravane de la réconciliation, qui a déjà parcouru plusieurs villes, dont San Pedro le 20 octobre, Gagnoa le 23 (localités de l’ouest) et Korhogo (nord) le 29, a fait escale à Yamoussoukro, avant de mettre le cap sur la ville d’Abengourou (est).

 "Vers 05H00GMT, on l’a appelé pour le départ et il avait répondu qu’il s’apprêtait. Mais au moment où le car allait prendre le départ, il ne s’y trouvait pas. Arrivé dans sa chambre d’hôtel, le médecin qui les accompagnait a fait le constat de son décès", ont expliqué des employés de l’Hôtel des Députés au correspondant de ALERTE INFO. Il serait décédé d’une crise cardiaque selon le médecin, a-t-il ajouté. Won Pierre, dit Wompy (environ 60 ans), est arrangeur et manager de son fils Dj Arafat et ex-mari de la chanteuse ivoirienne Tina Glamour.

La vidéo qui suit montre Won Pierre lors d'une conférence de presse en juin 2012.

Alerte Info

16:04 Publié dans Vite dit ! | Lien permanent | Commentaires (8)

30/10/2012

La Haye : après l'audience publique, l'audience à huis clos

Après trente minutes de pause, l'audience de rééxamen de la détention du président Laurent Gbagbo a recommencé. Cette fois-ci à huis clos. Pourquoi ? Parce que les questions qui vont être évoquées sont tenues sous le sceau du secret. Elles sont liées à l'état de santé de l'accusé, mais aussi aux détails des garanties de représentativité offertes par le pays qui lui a accordé son hospitalité dans le cadre d'une éventuelle mise en liberté provisoire sous conditions.

A priori, le jugement de la juge de la Chambre préliminaire I sera mis en délibéré. Il y a très peu de chances que le verdict soit connu aujourd'hui.

Gbagbo et Bensouda étaient absents, clash entre Altit et l'accusation

L'audience publique sur le réexamen de la situation de détention du président Laurent Gbagbo vient de s'achever en ce milieu d'après-midi à la Cour pénale internationale. L'accusé, pour lequel des centaines de manifestants étaient venus, était absent - comme certaines informations de couloir l'avaient affirmé précédemment. L'on peut retenir, globalement, que cette audience publique a vu le bureau du procureur, représenté par un adjoint de Fatou Bensouda, absente, réitérer son argumentaire et demander le maintien en détention du président Gbagbo. De concert avec la représentante des victimes supposées, qui s'exprimait surtout comme la représentante du pouvoir Ouattara, et n'a eu de cesse de demander à avoir accès à des documents confidentiels sur la santé de Laurent Gbagbo et sur l'Etat qui a accepté de le recevoir dans le cadre de sa mise en liberté provisoire.

L'on retient aussi que cette audience a permis de comprendre le "rôle" du rapport étrange des experts (?) de l'ONU sur les violations de l'embargo, qui s'est évertué à criminaliser en vrac le président Gbagbo et des cadres du FPI nommément cités comme les commanditaires des violences qui déstabilisent le régime Ouattara et comme des alliés du terrorisme international. Le bureau du procureur s'est largement appuyé sur ce rapport pour rallier la Cour à sa thèse selon laquelle il faut maintenir le président Gbagbo dans les fers.

On retiendra aussi que l'atmosphère entre le représentant de Bensouda et l'avocat du président Gbagbo, Maître Emmanuel Altit, qui a brillamment réfuté les arguments du procureur - jusqu'à lui conseiller littéralement d'apprendre à "réfléchir" - était à couper au couteau. A la fin de l'audience publique, ils se sont livrés à une sorte de jeu de ping-pong. Le représentant du procureur a repris la parole après la plaidoirie d'Altit suivant son intervention. Et Altit, ne voulant pas lui laisser le dernier mot, a commenté son commentaire.

Des faits nouveaux ont été soumis par Altit. Notamment les rapports d'experts accrédités auprès de la Cour qui affirment que Gbagbo n'a pas l'intention de fuir et brûle de s'expliquer, et les conditions détaillées qu'apporte l'Etat qui veut accueillir sur son sol le fondateur du FPI pendant la procédure judiciaire.

Nous reviendrons largement sur cette audience dans l'édition du Nouveau Courrier de demain.

A La Haye, atmosphère tendue avant l'audience de ce mardi 30 octobre

Les policiers néerlandais ont dû utiliser la méthode forte. Face à l'afflux d'Ivoiriens et d'Africains venus assister à la première audience publique annoncée plusieurs jours avant - dans le cadre de l'affaire Gbagbo Laurent contre le procureur de la CPI -, il fallait bien choisir qui pouvait entrer dans des travées de la salle d'audience qui ne peuvent accueillir que 70 personnes. Une liste "mystérieuse" de VIP a été privilégiée au détriment du principe selon lequel les premiers arrivés peuvent s'installer. Ce qui a créé un sacré désordre à l'entrée de la salle d'audience. Et une réaction musclée et parfois excessive des "corps habillés". Une question se posait juste avant le début de l'audience : Laurent Gbagbo sera-t-il là ? Personne n'avait de réponse de source autorisée.

29/10/2012

Dans la foulée d'Amnesty International, Jean-Luc Mélenchon dénonce (une fois de plus !) les violations des droits de l'Homme sous Ouattara

C'était ce dimanche 28 octobre lors de l'émission "Tous politiques" sur la chaîne de radio française France Inter. Une émission organisée en partenariat avec l'AFP et Le Monde. L'intégralité de l'émission en vidéo.

27/10/2012

Coup de théâtre - Alphonse Douati ramené à la Maca

Alphonse-Douati.jpg

Le ministre Alphonse Douati, secrétaire général adjoint du FPI, enlevé à la Maison d'arrêt et de Correction d'Abidjan (Maca) jeudi nuit avec plus de 50 détenus politiques pour la Maison d'arrêt militaire d'Abidjan (Mama), vient d'être ramené à son lieu de détention initial (Maca). Cette opération vient d'être menée ce samedi après-midi (13h GMT) par le Commandant Doumbia Daouda (chef de corps du bataillon de commandement et de soutien), le Cdt Chérif Ousmane, commandant adjoint de la GSPR et le commissaire divisionnaire Bouadi de la DST. Les tractations sont en cours avec l'ONUCI pour déterminer la destination que pourraient prendre les autres prisonniers politiques enlevés à la Maca au même moment que le ministre Alphonse Douati. 

Quelle est la raison de ce revirement ? Le régime Ouattara, qui avait craint l'accord d'une liberté provisoire au président Laurent Gbagbo, a-t-il été pris de panique à l'idée d'une situation incontrôlable à Abidjan dans cette hypothèse ? Le Nouveau Courrier y reviendra longuement dans sa prochaine édition.

Info Saint-Claver Oula

Attention danger ! - Le "broutage" nous isole numériquement

Une fois de plus, l'image de la Côte d'Ivoire, déjà passablement dégradée, est entachée par un nouveau fait divers. Un jeune Breton (France) s'est suicidé après avoir été piégé par ce qui a tout l'air d'un réseau de brouteurs. C'est une mauvaise nouvelle, c'est irritant et cela doit cesser.

Beaucoup d'entre nous considèrent que les brouteurs, quand ils s'attaquent au portefeuille des Occidentaux, sont des Robins des Bois de la mondialisation, qui remboursent la "dette coloniale". Comme le chante le zouglouman Vieux Gazeur.

Cet argument est séduisant, mais il est absurde. En réalité, les brouteurs et toute cette économie numérique de la flibuste participent à nous maintenir dans les marges de l'économie, dans l'économie coloniale. Parce qu'ils nous isolent numériquement, font de nous des sortes d'étranges êtres du cybermonde, qu'il faut surveiller, craindre et avec qui il ne faut surtout pas songer à commercer. Ce qui profite bien aux "réseaux traditionnels", à ceux qui savent déjà comment se "démerder" dans nos pays caractérisés par l'absence de droit et de clarté.

La révolution numérique pourrait être un moyen de redéfinir, même à la marge, les règles du commerce mondial. Elle rend possible la mise en relation directe entre une coopérative de producteurs de cacao du Djuablin et une usine de chocolat turque. Elle rend possible les apprentissages (notamment de nouvelles langues), les mises à niveau, le télétravail - donc la lutte contre le chômage.

Les brouteurs sont un obstacle à cette révolution.  Ils sont allés du Nigeria au Bénin, du Bénin en Côte d'Ivoire, et on les annonce au Burkina Faso... Ils ont réussi à faire blacklister le Cameroun et la Côte d'Ivoire d'un certain nombre de services extrêmemement utiles comme Paypal. Les cyber-entrepreneurs ivoiriens s'en rendent compte : le fait que leurs mails proviennent d'Abidjan fait que beaucoup de leurs interlocuteurs n'osent même pas leur répondre, alors qu'ils auraient pu être des partenaires.

Les brouteurs ne sont pas des héros des temps postmodernes. Ils sont le symptôme de l'incroyable corruption de la police et du système judiciaire, comme on peut le lire sur ce post du blog de Fernand Agbo Dindé.

Le "broutage" à l'abidjanaise pousse un jeune homme au suicide

Il y a deux semaines, un jeune homme, âgé de18 ans, s'est suicidé à Brest, après avoir été victime d'un chantage organisé sur internet. Ses parents ont décidé de dénoncer le danger invisible qui a provoqué le geste désespéré de leur fils, alors que rien ne laissait présager un tel drame. «C'est injuste mais c'est irréversible». Depuis presque quinze jours, les parents de Gauthier se heurtent sans cesse à cette vérité brutale. Depuis ce10octobre où leur fils d'à peine 18 ans a décidé de mettre fin à ses jours à la suite d'une discussion sur le réseau Facebook. Ce jour-là, une inconnue l'a fait chanter pour une vidéo honteuse pour lui qu'elle aurait capturée par webcam interposée et qu'elle menaçait de rendre publique à tous ses contacts. À tous ses amis, comme on dit. Il ne l'a pas supporté. Dans un SMS d'adieu, limpide, il s'excuse. Et dit que «tout est de ma faute» à l'adresse de ses parents. Mais quelle faute? (...)

Son ordinateur va parler pour combler le silence de l'heure où le drame s'est noué. C'est sur un site de «chat», de discussions entre adolescents, que tout commence. Le principe est simple. En deux clics, les interlocuteurs, qui ne se connaissent pas, entament une conversation «on-line». Si le contact ne convient pas, on le zappe et on passe au suivant. Le principe se nomme«chatroulette». Gauthier est entré en relation avec une fille qui, de fil en aiguille, l'a fait dévier sur Facebook. «J'imagine que c'était pour avoir accès à tous ses amis», devine son père. Par webcam interposée, l'adolescent et la jeune fille se sont livrés à un effeuillage corsé à distance. Puis ces mots violents, en anglais: «J'ai une vidéo porno de toi. Si tu ne me donnes pas 200€, je vais détruire ta vie». Et la menace claire de diffuser les images à ses fameux amis si jamais il venait à refuser. C'était quelques minutes avant 17h. (...) Une plainte a été déposée, contre X. Contre un ordinateur identifié et émettant d'Abidjan (Côte d'Ivoire), avec onnesait qui derrière.

Lire l'article en intégralité sur letelegramme.com.

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