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31/08/2012

Quand "Le Monde diplomatique" démasque le régime Ouattara (extraits)

Le titre se passe de commentaires. «Un territoire hors de contrôle – Guerre pour le cacao dans l’ouest ivoirien». Le périodique français Le Monde Diplomatique donne à lire, dans son édition de septembre, un article de terrain accablant pour le régime Ouattara et les FRCI. C’est un article qui tranche avec la langue de bois et l’incroyable complaisance qui caractérise les médias hexagonaux depuis la prise de pouvoir de l’actuel chef de l’Etat. Et qui ne tarde pas à désigner décrire ce qui se passe dans l’Ouest par son nom : un mouvement de «colonisation». «A Abidjan, les exactions contre les partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo se sont multipliées cet été. Si M. Ouattara a finalement pris le pouvoir, en mars 2011, après la crise postélectorale est encore loin. Dans l’ouest du pays, l’Etat ne contrôle plus rien ; des mafias ont mis la main sur l’économie du cacao», résume le journal. Extraits de l'article de Fanny Pigeaud, consacrés à Amadé Ouérémi, le chef de la milice burkinabé et aux contrebandes juteuses des hommes de guerres de Ouattara. Les intertitres suivis d'une astérisque (*) sont de moi.

Amadé Ouérémi et la milice burkinabé de l'Ouest*

Après la signature de l’accord de paix (4), le 26 janvier 2003, d’ex-combattants rebelles profitent de l’accalmie pour s’emparer des portions de territoire : M. Amadé Ouérémi, un Burkinabè ayant grandi en Côte d’Ivoire, s’installe ainsi avec plusieurs dizaines – voire plusieurs centaines – d’hommes armés dans le parc national du mont Péko, à 35 km au nord de Duékoué. Ils y cultivent notamment du cacao. Impossible de les déloger : en 2010, ils chassent même des agents de l’Office ivoirien des parcs et réserves et incendient leur véhicule. Un autre phénomène déstabilisateur apparait en 2007 : l’arrivée par cars entiers de Burkinabè. En toute illégalité, beaucoup s’établissent dans la forêt de Goin-Dédé où ils développent des plantations de cacao. Dans le même temps, de nombreux déplacés de la guerre ne parviennent pas à récupérer leurs champs. 

(...)

Les villages ont perdu tous leurs habitants autochtones

A cela s’ajoute l’immigration burkinabé d’une ampleur sans précédent. Huit cars transportant chacun environ 200 personnes arrivent désormais chaque semaine à Zagné, à 50 km au nord de Taî. Une partie de ces voyageurs s’entassent aussitôt dans des camions de chantiers qui prennent la direction du Sud Ouest. Leur installation se trouve facilitée par l’absence d’une grande partie de la population autochtone – au moins 70.000 personnes  réfugiés au Liberia. Les treize villages implantés au sud de Taï ont ainsi perdu tous leurs habitants autochtones. Sauf : fin juin, à Tiélé Oula, il restait 9 Oubi sur les quelque 200 qui y vivaient avant 2011, pour 3000 Burkinabè. 

La culture du cannabis a commencé...

Si certains Burkinabé investissent les champs des absents, beaucoup gagnent les forêts de Goin-Débé et de Cavally désormais totalement ravagées. Dormant sous tente, ils y plantent des cacaoyers, des hévéas mais aussi du cannabis. A Yamoussoukro et à Abidjan, la situation est connue. Fin mai, le gouvernement a ordonné l’évacuation des forêts avant le 30 juin. Sans résultat. ‘L’Etat doit contrôler les frontières, assène le maire adjoint de Tai, M. Téré Téhé. Et il ne faut pas attendre que ces gens aient fini de planter pour les chasser’’.

Problème : les nouveaux occupants sont armés. Observant un jeune paysan burkinabè partir au champ un fusil en bandoulière, le chef autochtone du village de Tiélé Oula, M. Jean Gnonsoa ne cache pas son désarroi : ‘’Ici les étrangers peuvent avoir des armes mais pas les autochtones’’ – sous peine de représailles. ‘’Comment régler sereinement un litige foncier  face à quelqu’un qui est armé ?’’, s’interroge M. Téhé. ‘’Les Burkinabè nous disent que le président qui est venu (M. Ouattara) est leur homme. Et qu’ils ont donc le droit de tout faire’’, déplorent des villageois. De fait, certains s’emparent de plantations déjà occupées. (...)

Une contrebande qui profite bien aux FRCI*

Une chose est certaine : les FRCI se sont arrogé le droit de percevoir les taxes qui devraient normalement revenir à l’Etat. Selon un rapport de l’Onu, elles prélèvent aussi ‘’de 4 à 60 dollars beaucoup plus’’, sur les déplacements de personnes et de véhicules (5). Et elles rackettent les paysans : dans un village près de Taï, une femme se plaint de devoir leur payer 20 000 FCFA (30 euros) par mois pour accéder à sa plantation. 

Après la mort des Casques bleus, plusieurs centaines d’éléments Frci ont été déployés autour de Taï pour une opération de ‘’sécurisation’’ dirigée par le commandant Losséni  Fofana alias Loss. Ancien chef de guerre des Forces nouvelles, ce dernier commandait déjà les troupes qui ont attaqué Duékoué en 2011. Ces soldats auraient joué un rôle important dans le massacre des Guérés .  Pour l’actuelle opération de ‘’sécurisation’’, il a fait installer de nombreux points de contrôle. Les mauvaises langues assurent qu’un seul sac de cacao n’échappe au racket des Frci. Et peut-être aussi à la contrebande vers le Ghana. 

(...)

Le massacre de Nahibly orchestré pour tuer des témoins gênants ?*

Fin juillet, des centaines d’individus parmi lesquels des dozos et des Frci ont attaqué et détruit le camp de déplacés du Haut commissariat des nations unies pour les réfugiés (HCR), près de Duékoué. En toute impunité. Des sources humanitaires parlent de 137 cadavres retrouvés dans les jours qui ont suivi ; des dozos ont également cherché à faire disparaitre de nombreux corps. Plusieurs indices laissent penser que cette attaque avait été planifiée de longue date. Sous couvert d’anonymat, un spécialiste de la région nous confie : ‘’Le camp était gênant car les témoins du massacre de mars 2011 s’y trouvaient. Aujourd’hui, ils sont morts ou disparus. C’est ce que voulaient ceux qui ont organisé l’opération’’.

Pour lire tout le papier et conserver le journal, allez dans votre kiosque à journaux (en France mais aussi en Côte d'Ivoire) ou acheter l'édition électronique.

 

30/08/2012

Un des avocats de Gbagbo : "J'ai vu le dossier d'accusation... ce qu'on lui reproche, c'est beaucoup de vent"

10:39 Publié dans Vidéo | Lien permanent | Commentaires (1)

27/08/2012

L'éditorial de l'hebdomadaire Le Point sur "J'accuse Ouattara" lu par Grégory Protche


Kouamouo accuse, par Patrick Besson (lu par... par legrigriinternational

22/08/2012

Un documentaire radio très instructif - et très long - sur Nelson Mandela

nelsonwinnie.jpg

Il s'appelle "Nelson Mandela, le rêve d'une nation" et a été réalisé par Fabrice d'Almeida. Il a été diffusé par France Culture et est disponible sous un format podcast, en cinq parties. Il raconte un long itinéraire politique, au-delà de l'angélisation un peu idiote d'un Mandela sorti de tout contexte historique, de toute l'histoire des luttes des peuples africains... et transformé en icône laïque, apolitique et finalement vidé de sa substance. Le documentaire raconte la naissance à la politique, le choix de la lutte armée, le rôle ingrat de Winnie, "la face cachée de Nelson", le passage du statut de "terroriste" à celui de héros international, etc...

Nous sommes à l'heure d'Internet, de la rapidité... mais ces longs documentaires, qui se révèlent comme de vrais cours de sciences politiques, méritent quelques nuits blanches d'écoute, dans le silence et la méditation. Pour écouter, cliquez ici.

15/08/2012

Dernier meeting de soutien à Gbagbo à La Haye le 13 août : un reportage vidéo complet

Réalisé par SAFTV.

14/08/2012

CivRoute, un site Internet innovant pour aider les automobilistes ivoiriens

civroute.jpg

Loin de se substituer à la Brigade de régulation routière, « Civroute » se veut être la première plateforme collaborative d’informations routières en Côte d’Ivoire.  Elle a pour objectif principal de donner des informations sur ce qui se fait sur la route. Sur l’état de nos voies.

« Civroute » vise également à géolocaliser en temps réel le trafic et les activités qui pourraient s’y tenir.

Aussi, « CivRoute » va servir d’indicateur sur le trafic ivoirien de façon générale mais aussi de plateforme d’alerte pour les forces de l’ordre (Police, Gendarmerie et Pompiers) et pour les citoyens.

Pour en savoir plus, allez sur le blog d'Israël Yoroba, un des "pères" de cette innovation.

12/08/2012

Le documentaire "Un homme une vision" d'Hanny Tchelley sur Laurent Gbagbo est sur Youtube

11/08/2012

Après l'attaque d'Akouédo, les nervis armés du régime Ouattara martyrisent les civils pro-Gbagbo

Ils sont d'abord allés "punir" les villages ébriés de Bingerville, la commune qui jouxte le camp militaire attaqué par des inconnus armés. Pour en lire plus, cliquez ici.

Désormais, c'est le tour de Yopougon, commune estampillée "pro-Gbagbo". Qui est martyrisée par Koné Zakaria, chef de la police militaire de Ouattara (et "boss" de plusieurs camps de torture), pointé du doigt par les défenseurs des droits de l'homme pour des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité supposés pendant la guerre post-électorale. Pour en lire plus, cliquez ici.

Et c'est à Yopougon que le rédacteur en chef adjoint du Nouveau Courrier, a failli se faire embarquer par des FRCI estimant qu'avoir un ordinateur, c'est vraiment trop suspect. Sa mésaventure ici.

09/08/2012

Deuxième partie du décryptage vidéo des dernières sorties de Ouattara à Paris


Kouamouo confond Ouattara par les archives -... par legrigriinternational

08/08/2012

Nouvelle attaque contre les FRCI à Agboville : trois morts selon APA, deux blessés selon l'AFP

Selon une dépêche de l'agence APA (basée à Dakar), il y a eu trois morts et plusieurs blessés.

"Au moins trois éléments des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) auraient été tués dans la nuit de mardi à mercredi, dans des affrontements avec des éléments non identifiés à Agboville (54km d’Abidjan), cité réputée favorable à l’ex-chef de l’Etat Laurent Gbagbo, transféré à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye en novembre 2011.

Les affrontements qui ont eu lieu précisément à Erimakoudjé, village situé à 3 km d’Agboville, se sont déroulés aux environs de 3 heures du matin pour ne prendre fin que vers 5 heures.

« Des personnes habillées en tenue militaire, en provenance d’Abidjan, sont arrivées au corridor d’Erimakoudjé et se sont mis à tirer des rafales sur les militaires en poste », a dit une source militaire à APA.

« Les échanges de tirs ont duré plus de 2h, c’est-à-dire entre 3h du matin et 5h du matin et trois militaires ont trouvés la mort tandis que plusieurs blessés ont été enregistrés dont trois dans un état grave, ont été transférés à Abidjan », a-t-il dit sans autre précision."

Selon une dépêche de l'AFP, qui relaie une source officielle, il y a eu deux blessés.

"Des inconnus armés ont attaqué un poste de contrôle de l`armée à l`entrée de la cité d`Agboville, à quelque 80 km au nord d`Abidjan, dans la nuit de mardi à mercredi, faisant deux blessés, a-t-on
appris de source militaire. "Une dizaine d`assaillants ont attaqué le poste d`observation des Forces
républicaines (FRCI) à Erymakouguié", village voisin d`Agboville, a déclaré une source FRCI jointe par l`AFP sur place.

Lancée vers 01H00 du matin (locale et GMT), "l`attaque a duré deux heures. Le bilan fait état de deux blessés, dont un blessé grave qui a été hospitalisé", a-t-elle indiqué.

"Les assaillants ont ensuite pris la fuite mais nous avons arrêté quelques suspects", a-t-elle ajouté, sans plus de précision. Cette attaque a été confirmée à l`AFP par plusieurs habitants et un
journaliste local."

Que valent les assurances du ministre de l'Intérieur d'Alassane Ouattara, Hamed Bakayoko, qui prétend que la situation est sous contrôle ?

hamed bakayoko.jpg