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31/07/2012

Décryptage vidéo de l'interview d'Alassane Ouattara sur TV5

Le petit exercice est de retour... 


Kouamouo prend Ouattara en flagrant délire - 30... par legrigriinternational

28/07/2012

"La victoire aux mains nues" de Sidiki Bakaba, disponible sur YouTube

Une fois de plus, mes larmes ont coulé en regardant ce documentaire de l'irremplaçable Sidiki, qui a gravé pour l'Histoire la quasi-guerre franco-ivoirienne de novembre 2004, et qui a rendu hommage à la mémoire des jeunes martyrs qui sont tombés sous les balles de l'armée française.

Avec le recul, quelques réflexions me viennent à l'esprit à la vue de ce film :

- L'image est radicalement révélatrice à certains moments. Et celles qui montrent les jeunes Ivoiriens pleurant leurs amis tués par la force Licorne rappellent irrésistiblement celles, entrées dans les mémoires, du massacre de Soweto en 1976.

- Les jeunes qui se sont battus, les mains nues, pour la souveraineté de la Côte d'Ivoire sont des authentiques héros. Ces images ne montrent que cela. Maintenant que le "bruit" éhonté des médias français prétendument progressistes sur les "miliciens" rémunérés a disparu, et qu'il ne reste plus que ces images, impossible de ne pas le voir de manière nette. L'Histoire leur rendra justice, qu'ils soient aujourd'hui morts ou vivants. Il est grand temps qu'un mouvement citoyen se mette en place en France afin que la France reconnaisse son crime d'Etat, indemnise les vivants et les familles des morts. Je pense que l'association Survie est disposée à mener ce combat.

- Le criminel revient toujours sur les lieux du crime. Si on ne se remémore pas novembre 2004, on ne peut comprendre la pluie de missiles qui s'est abattue en avril 2011 sur la Résidence présidentielle d'Abidjan, l'atmosphère de terreur et les violences sans scrupules qui se sont abattues sur les patriotes, dont beaucoup ont été une fois de plus assassinés (les supplétifs FRCI aidant, les Licorniens ne se sont pas trop salir les mains). Il y avait visiblement comme une revanche à prendre, des symboles à humilier profondément... comme pour se convaincre et se convaincre encore que la Françafrique pouvait renaître de ses cendres. Les contre-symboles déployés depuis le 11 avril 2011 par le sarko-ouattarisme, notamment l'indécent "sacre de Yamoussoukro", l'ont été à dessein.

Mais peut-on arrêter le cours de l'Histoire ? Regardons et partageons le docu de Bakaba.

Quand l'AFP reconnaît que les beaux révolutionnaires syriens sont des islamistes

rebelles syriens.jpg

Il y a comme ça des pépites de vérité que l'on trouve, par hasard, dans le fumier de la guerre de l'information. Alors qu'en Occident tous ceux qui émettent des doutes sur le soutien sans équivoque à "l'Armée syrienne libre", aux démocrates armés syriens spécialistes des attentats terroristes, etc... sont considérés comme des infréquentables défenseurs d'une tyrannie, une dépêche de l'AFP vient nous en dire plus sur l'identité de ces beaux combattants de la liberté. Que nous apprend-elle ?

"Tout le quartier est cerné. Les combattants sont des opposants syriens et des étrangers qui affirment appartenir au "Liwa Tawhid al-Moujahidine", la Brigade de l'unification des Moujahidines (combattants islamistes). Il y a des Tchétchènes, des Algériens et même des Suédois et des Français de confession musulmane. 

Une vidéo diffusée par des militants sur internet montre des rebelles montés sur une fourgonnette rouge -- sur laquelle est écrit en blanc le nom de la "Brigade de l'unification des Moujahidines" -- qui tirent à la mitrailleuse en direction des hélicoptères de l'armée, des salves saluées par les cris d'autres rebelles postés dans les rues.

Dans une autre vidéo, un immeuble est en flammes tandis que retentissent des tirs nourris et des sourates du Coran récitées par le muezzin d'une mosquée."

Fort intéressant tout cela.

Les "Français de confession musulmane" qui se trouvent là-bas, jumeux idéologiques de l'ennemi public numéro un d'il y a quelques mois, Mohammed Merah, sont-ils en contact avec les forces spéciales françaises qui soutiennent la rébellion syrienne ? Dans la mesure où ils nourrissent le même grand dessein que leur pays et ont strictement les mêmes alliés, seront-ils en cas de victoire décorés voire intégrés dans les Forces spéciales ? Vont-ils a contrario être jetés en prison ou mis sur la liste noire des "terroristes" à surveiller de très près ?

Alors que le chef de la diplomatie française Laurent Fabius appelle au déploiement de forces africaines "capables" et "organisées" pour chasser du Nord-Mali les "islamistes armés" qui y sont installés, on aimerait lui poser une question : quelle est la différence entre les "islamistes armés" qui sont au Mali et les "révolutionnaires" salafistes qui sont en Syrie ? Ils sont de la même obédience idéologique et jouissent des largesses des mêmes financiers, notamment l'émir du Qatar, qui leur envoie sans doute des Western Union entre deux Conseils d'administration du PSG.

Au fait, de qui se moque-t-on ?

27/07/2012

En Côte d'Ivoire, on peut être admis à un concours sans avoir été admissible

Pour en savoir plus, regardez cette vidéo...

Et suivez le lien... Ici.

24/07/2012

Un documentaire qui en dit long sur les coups tordus et les faux-semblants franco-ivoiriens

Il raconte l'épopée ratée de Ibrahim Coulibaly dit "IB" (l'homme qui a été tué par le duo Ouattara-Soro sous fond de complicités franco-onusiennes parce qu'il en savait trop) et d'une équipée de barbouzes françaises, qui avaient pour projet de faire un coup d'Etat fin 2007 à Abidjan contre le président Gbagbo. Une des nombreuses tentatives de coup d'Etat ratées contre le seul chef d'Etat de l'histoire de l'Afrique indépendante dont la Résidence a été mitraillée par deux fois par des hélicoptères français (2004 et 2011). Et qui a désormais été conduit à la Cour pénale internationale par la France officielle et son allié local Alassane Ouattara.

Manipulations sous haute tension (partie 1/2) from JeanMarc Froissart on Vimeo.

Manipulations sous haute tension (partie 2/2) from JeanMarc Froissart on Vimeo.

23/07/2012

Massacre du camp de réfugiés de Nahibly (Duékoué) : la LIDHO se réveille enfin !

Des militaires ivoiriens et des chasseurs traditionnels "dozos", servant de supplétifs aux forces armées, ont appuyé l`attaque meurtrière contre un camp de déplacés de l`Ouest ivoirien, affirme une importante ONG ivoirienne dans un communiqué.
Le camp de Nahibly, voisin de la ville de Duékoué, qui accueille des déplacés de la crise postélectorale de 2010-2011, "en majorité de l`ethnie guéré", a été attaqué vendredi par "des assaillants composés de jeunes Malinké, avec le soutien des chasseurs traditionnels appelés +dozos+ et d`éléments identifiés comme membres des Forces républicaines de Côte d`Ivoire", indique la Ligue ivoirienne des droits de l`Homme (Lidho).
La Lidho "est profondément indignée par la passivité coupable tant des soldats onusiens que des forces de sécurité ivoiriennes qui ont abandonné des populations civiles entre les mains des assaillants", écrit son président, René Legré Hokou.
Après cette "barbarie", l`ONG "interpelle" le président Alassane Ouattara et le chef de l`Opération des Nations unies en Côte d`Ivoire (Onuci) Bert Koenders, sur "leur responsabilité de protection et de secours humanitaires".
Selon la Lidho, l`attaque contre le camp s`est soldée par "au moins une dizaine de morts dont un homme brûlé vif, des dizaines de blessés, des personnes enlevées et plusieurs personnes réfugiées dans les forêts".


22/07/2012

Monseigneur Tonye Bakot et le faux problème Bamiléké du Cameroun

tonye_bakot.jpg

Avez-vous entendu parler de la dernière sombre affaire qui hystérise le Cameroun ? Je vous la résume. C’est l’histoire d’un prélat, l’archevêque de Yaoundé, Mgr Tonye Bakot, par ailleurs grand chancelier de l’Université catholique d’Afrique centrale (UCAC), qui écrit au Père Martin Birba, doyen de la Faculté de sciences sociales et de gestion de l’Université en question. L’objet du courrier, «Statistiques», n’a rien à voir à un quelconque cours relevant de cette discipline. Mgr Tonye Bakot évoque plutôt de sinistres considérations relevant de la comptabilité ethnique. En gros, que dit la lettre?

-Que 48% des enseignants associés viennent de la seule province de l’Ouest-Cameroun.

-Que 31,5% des enseignants permanents viennent de la seule province de l’Ouest-Cameroun.

-Que plus de 60% des étudiants de la Faculté viennent de la seule province de l’Ouest-Cameroun.

Pour Mgr Tonye Bakot, ces statistiques révèlent un «problème». Qu’il faut corriger par une forme de discrimination (positive ou négative, selon les intérêts ou les opinions de chacun). «A valeur égale sur le plan intellectuel», il faut privilégier les enseignants des autres régions, nous apprend l’Eminence. «Outre les corrections anonymisées» qui existent visiblement déjà, ce qui pousse le vieux curé indigne à relayer des rumeurs non prouvées de signaux secrets inscrits par les étudiants de l’Ouest à l’usage des enseignants de l’Ouest à l’occasion des concours, il faut diversifier le plus possible les profils ethniques des correcteurs. 

Ce billet n’a pas pour objectif premier de démontrer que la démarche de Mgr Tonye est ethniciste, tribaliste, etc… Mais il a pour ambition de prouver qu’elle est intellectuellement mal construite, malhonnête voire profondément stupide, et qu’elle est caractéristique de ces raisonnements erronés qui conduisent le Cameroun – et l’Afrique – à poser des faux problèmes auxquels il sera forcément apporté de fausses solutions. Relevons au passage que la logique totalement ahurissante du prélat conforte à la fois les tribalistes anti-Bamilékés et les tribalistes Bamiléké. Parce que, si l’on ne rejette que les soupçons de fraude aux concours évoqués, l’on finit par admettre que les ressortissants de l’Ouest-Cameroun sont «forts», plus «forts» que les autres. Ce qui est grotesque.

Je n’ai jamais fait le moindre certificat de statistiques, mais comme tout honnête homme je connais un des concepts-clés de cette discipline scientifique : l’échantillon. 60% des étudiants de la Faculté sont originaires de la seule province de l’Ouest-Cameroun. Quel était leur pourcentage parmi les candidats au concours ? Quel était leur pourcentage parmi les bacheliers de leur promotion ? Mgr Tonye Bakot ne le dit pas. Le sait-il seulement ? S’en soucie-t-il ?

Quel est le pourcentage des «ressortissants de l’Ouest» au Cameroun ? Le recensement général de la population de 2005, dont les résultats ont mis cinq années à être rendus disponibles, ne le dit pas. A quoi peut donc ressembler un «équilibre ethnique» pertinent au Cameroun ? Si nous avons, au hasard 35% de la population générale qui «vient» d’une province A, 20% d’une province B, et 8% d’une région C…, l’équilibre veut-il que, parce qu’il y a 10 provinces, chaque province apporte au pot commun 10% des fonctionnaires, des étudiants des établissements publics et privés, des joueurs de l’équipe nationale, des Miss Cameroun et de leurs dauphines ? Si la réponse à cette question est oui, l’on créera forcément  un déséquilibre structurel qui ne pourra être résolu que par une épuration – génocide, émigration forcée, etc… Est-ce vraiment cela que les Camerounais veulent ?

Dans sa lettre, Mgr Tonye Bakot note que 50% des enseignants permanents de la faculté qu’il dissèque sont originaires du Centre et du Littoral tandis que 31,5% sont originaires de l’Ouest. Pourquoi agglomère-t-il le Centre et le Littoral ? Pourquoi agglomère-t-il, dans son «recensement» des enseignants non permanents, le Centre, le Sud et le Littoral ? Pourquoi ne donne-t-il pas le pourcentage du seul Centre, c’est-à-dire 37,9% ? Quand on regarde froidement ses données, l’on se rend compte que seules quatre des dix régions du Cameroun sont représentées dans le corps enseignant... S’il ne cachait pas certaines données, l’on se rendrait compte que l’Ouest n’est pas la seule région «sur-représentée» dans le corps enseignant, même si l’on se plie à son prisme déformant. En réalité, le raisonnement de Tonye Bakot part d’un étrange prérequis selon lequel il y a un problème «de l’Ouest», et que c’est ce seul problème que les politiques d’équilibrage doivent régler. Il trahit la sujétion de Tonye Bakot à une vision coloniale du Cameroun, traduite dans la fameuse phrase du colonel Jean Lamberton, qui a été un des officiers français qui a réprimé violemment le mouvement indépendantiste camerounais : «Le Cameroun s’engage sur le chemin de l’indépendance avec, dans sa chaussure, un caillou bien gênant. Ce caillou c’est la présence d’une minorité ethnique : les Bamiléké, en proie à des convulsions dont l’origine ni les causes ne sont claires pour personne. (…) Sans doute le Cameroun est-il désormais libre de suivre une politique à sa guise et les problèmes bamiléké sont du ressort de son gouvernement. Mais la France ne saurait s’en désintéresser : ne s’est-elle pas engagée à guider les premiers pas du jeune Etat, et ces problèmes, ne les lui a-t-elle pas légués non résolus ? (…) En fait, les Bamiléké forment un peuple. Il suffit pour s’en convaincre de considérer leur nombre, leur histoire, leur structure sociale et leur dynamisme. Qu’un groupe homogène de populations nègres réunisse tant de facteurs de puissance et de cohésion n’est pas si banal en Afrique Centrale ; au Cameroun, du moins, le phénomène bamiléké est sans équivalent (…) L’histoire obscure des Bamiléké n’aurait d’autre intérêt qu’anecdotique si elle ne révélait à quel point ce peuple est étranger au Cameroun.» On ne peut comprendre les dérapages de Mgr Tonye Bakot que si l’on prend en compte le fait que le logiciel colonial continue de coloniser son cerveau, comme celui de tous ceux qui prétendent qu’il y a un problème bamiléké au Cameroun – les Bamilékés qui se vantent de leurs qualités supposées, et les tribalistes anti-Bamilékés qui s’en inquiètent. Mgr Tonye Bakot n’est donc pas un patriote camerounais. Il s’oppose à la construction nationale. En effet, peut-on parler de nation camerounaise si les droits de chaque citoyen sont subordonnés à l’endroit où son grand-père, voire son arrière-grand-père paternel est né ?

Au-delà du défi national, les intégrismes ethniques camerounais escamotent une des questions les plus importantes du pays. Au lieu de traquer les origines ethniques de ses étudiants, le grand chancelier de l’Université catholique serait bien inspiré d’enquêter sur les origines sociales de «ses» étudiants, et d’élargir son étude – qu’il pourrait faire réaliser par ses étudiants en sciences sociales, toutes ethnies confondues – sur les chances qu’un fils de pauvre a de s’en sortir autrement que par le banditisme dans un pays gangrené par la corruption et le refus de la méritocratie. Combien y a-t-il de fils d’ouvriers, de modestes paysans, de sans-emploi, dans son établissement où la scolarité représente près de trois années de SMIC au Cameroun ? Au fond, qu’est-ce que cela peut bien faire à un fils de paysan de l’Adamaoua qu’il y ait plus de fils de ministres vivant à Santa Barbara dont les grands-parents viennent de l’Ouest que de fils de ministres vivant à Santa Barbara dont les grands-parents viennent de l’Adamaoua… dans une université où il a très peu de chances d’étudier ? Et si l’échauffement ethnique était le consensus minimal des différentes coteries bourgeoises du Cameroun, qui, avant d’aller à l’assaut du pouvoir, prennent chacune en otage une armée de nécessiteux aveuglés par les illusions identitaires ? 

 

 

14/07/2012

Quand un diplomate du Quai d'Orsay se lâche sur le Mali

Le propos est dur, cynique, mais mérite d'être entendu. Sur le caractère totalement artificiel de la démocratie malienne, il est objectivement sur la même ligne qu'Aminata Traoré. Sur l'inutilité de l'aide au développement, on croirait entendre Dambisa Moyo. Sa citation d'Achille Mbembe est surprenante - les journalistes et les diplomates français en général ne lisent pas les auteurs africains. Quand il remet en cause les schémas imposés par la communauté internationale et plaqués sur les pays qui doivent se les "approprier", on voudrait applaudir. Notamment parce que c'est cette diplomatie de la cravache que la CEDEAO, Ouattara en tête, pratique.

Mais on se souvient que ses points de vue personnels, souvent entendus dans la bouche de certains "cadors" français au profil technocratique qui commencent à émerger dans les chancelleries, sont en opposition avec la pratique de son pays qui, jusqu'à nouvel ordre, aime bien jouer les nounous des chefs d'Etat locaux "sous contrôle", et déteste l'autonomie de pensée... On ne peut pas à la fois couvrir d'or, d'argent et de louanges les leaders africains serviles et s'étonner par la suite qu'ils n'aient aucune sorte d'imagination pour se sortir de leurs problèmes...

12/07/2012

Pius Njawé, deux ans qu'il nous manque !

Cela fait aujourd'hui deux ans.

Deux ans que Pius Njawé, fondateur du quotidien de combat camerounais Le Messager s'est éteint lors d'un dramatique accident de voiture loin de son pays. Aux Etats-Unis.

Deux ans qu'il nous manque !

Désormais il est entré dans le Panthéon de l'Afrique digne, de l'Afrique qui préfère son espérance têtue aux sombres promesses du manger/boire/jouir. Nous qui avons la chance de l'avoir connu, savions qu'au-delà des péripéties de son itinéraire de patron de presse - donc de patron... -, il avait une véritable âme de Don Quichotte.

J'ai passé quasiment une journée entière avec lui à Abidjan en 2007 ou en 2008, je crois. Nous avons sillonné la ville en voiture en refaisant le monde. C'est ce jour-là que j'ai su qu'il avait une passion folle : les fleurs, dont il recherchait avec fièvre les différentes espèces. Les petits vendeurs de Port-Bouët Route de l'Aéroport s'en souviennent. C'est également ce jour-là que j'ai su, lors d'une virée à la librairie Mediastore de Cap-Sud, que nous avions en commun la foi chrétienne. Il a acheté un maximum de livres d'édification en même temps que des innombrables essais politiques.

Pius Njawé était un véritable "Citizen Kane" africain, un personnage romanesque. Je me souviens d'avoir jeté de rage sur le mur de ma chambre d'étudiant un numéro de Jeune Afrique (en 1997 je crois) dans lequel un éditorial tentait, à forte litotes et allusions, de relativiser une de ses mille incarcérations dont il avait, parenthèse sorti un livre mordant d'ironie, "Bloc-notes du bagnard". Je me souviens également de ce que ma politisation précoce (à 13-14 ans) doit au Messager, à ses éditos, à ses combats.

Pius Njawé est, avec Mongo Beti, l'une de ces figures camerounaises de l'insoumission qui nous servent aujourd'hui de boussoles et de guides dans les dédales de nos aventures intellectuelles. Sans Pius Njawé, sans Mongo Beti, trouver la force de s'accrocher à une vérité contrariante pour beaucoup, notamment pour le cartel des puissants, aurait été bien plus difficile.

Je ne résiste pas au plaisir de réécouter cette riche interview de cet honorable devancier dont la mort a rencontré mon destin de manière assez étrange. Le Nouveau Courrier a six semaines environ, et alors que je "checke" mes mails après le bouclage avant de rentrer chez moi (il est bien plus de minuit !), je tombe sur un courrier m'apprenant l'insupportable nouvelle. Je retourne en larmes à la maison, réveillant ma femme avec mon trop-plein d'émotion. Quand elle me quitte le matin pour aller travailler alors que je dors encore, elle ne se doute pas qu'elle ne dormira avec moi une nouvelle fois que quinze jours plus tard. En effet, je suis réveillé par un de mes collaborateurs qui m'explique que le procureur Tchimou nous convoque à son bureau parce que nous avons eu copie d'un document judiciaire confidentiel que nous avons abondamment cité. Sur le scandale du café-cacao. Quand je vais au Tribunal du Plateau, je ne me doute pas que je suis sur la route de la résidence secondaire "préférée" de Pius Njawé, qui vient tout juste de s'éteindre. La prison.

Pius Njawé dans l'Atelier des médias from Philippe Couve on Vimeo.

07/07/2012

Un blog consacré à la louange et à l'adoration sur Ivoire-Blog

Le blog AdoronsLe (adoronsle.ivoire-blog.com) met en ligne pour l'instant des moments de louange et d'adoration enregistrés par l'ONG Chantres Unis International, qui revisite "à l'africaine le registre classique. Vous pouvez le mettre dans vos favoris, ou le suivre sur Twitter (@adoronsle), sur Facebook (Adoronsle DieuVivant) ou sur Soundclound (http://www.soundcloud.com/adoronsle). Quelques liens issus de ce blog...

Dieu aime Ses enfants.

Il n'y en a point comme Toi.

Allons aux eaux.

Venez l'adorer.