topblog Ivoire blogs Envoyer ce blog à un ami

22/06/2012

L'homosexualité rend-elle les Camerounais fous ?

J'ai suivi avec effarement ce débat ultra violent entre Me Alice Nkom (surnommée "l'avocate des homosexuels") et Sismondi Bidjocka, responsable d'une association de jeunesse au Cameroun. Dérapages infinis entre l'un qui menace de "décapiter" l'autre et Madame qui promet à Monsieur que son fils de cinq ans sera homosexuel. 

L'homosexualité rend-elle les Camerounais fous ? Et pourquoi tant de passion dans un pays qui n'est ni particulièrement puritain (il suffit de regarder les clips musicaux à la télévision et de noter le côté paillard de nombre d'entre eux), ni particulièrement "moral" ? Quelque chose se joue dans ce débat, et j'ai du mal à voir quoi exactement... Défense d'une "identité africaine" contre une "mondialisation corruptrice" ? Jeux de réseaux au sein du pays et à l'international ?

Pour ma part, je suis hostile au harcèlement des homosexuels, très clairement, sans pour autant être favorable à un activisme à l'occidentale qui attise plus les passions qu'il ne sert la cause de la tolérance. J'exècre bien entendu les menaces débiles du Premier ministre britannique David Cameron hurlant qu'il coupera l'aide aux pays africains ne garantissant pas les droits des homosexuels. Pourquoi ne menace-t-il pas les nouveaux amis arabes de l'Occident qui ne respectent même pas les droits des femmes (Qatar, Arabie Saoudite) ? De tels coups de menton participent à l'hystérie généralisée.

En tant que chrétien, je sais bien que la Bible présente l'homosexualité comme un péché grave. Et parce que je crois que la Bible est vraie, je ne remets pas en cause cette Parole-là. L'homosexualité est un péché. Comme l'adultère, le vol (détournement de fonds) et le parjure. Un péché est un péché. Mais je me dis : qu'aurait fait Jésus à ma place ?

Et je ne pense pas qu'il aurait déversé tant d'outrances à la face des homosexuels. Ce n'était pas sa "technique". Il avait en lui - et il y a toujours - une puissance allant plus loin que des condamnations légalistes. Je renvoie les extrémistes à l'évangile de Jean.

1  Jésus se rendit à la montagne des oliviers.

2  Mais, dès le matin, il alla de nouveau dans le temple, et tout le peuple vint à lui. S'étant assis, il les enseignait.

3  Alors les scribes et les pharisiens amenèrent une femme surprise en adultère; (8:4) et, la plaçant au milieu du peuple,

4  ils dirent à Jésus: Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère.

5  Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes: toi donc, que dis-tu?

6  Ils disaient cela pour l'éprouver, afin de pouvoir l'accuser. Mais Jésus, s'étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre.

7  Comme ils continuaient à l'interroger, il se releva et leur dit: Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle.

8  Et s'étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre.

9  Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu'aux derniers; et Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu.

10  Alors s'étant relevé, et ne voyant plus que la femme, Jésus lui dit: Femme, où sont ceux qui t'accusaient? Personne ne t'a-t-il condamnée?

11  Elle répondit: Non, Seigneur. Et Jésus lui dit: Je ne te condamne pas non plus: va, et ne pèche plus.

Tant que la Lumière ne se distingue pas des ténèbres par la pureté de son éclat, elle est sans force. Non à l'ordre moral. Oui au témoignage chrétien.

21/06/2012

"J'accuse Ouattara", la découverte du bébé filmée par Grégory Protche


J'accuse Ouattara, de Théophile Kouamouo... par legrigriinternational

15/06/2012

"J'accuse Ouattara" est sorti...

photo (1).JPG

Emu.

Les exemplaires de ceux qui l'ont précommandé sont partis (avec du retard) par La Poste ce vendredi. Avec bien sûr, le gouassou : un exemplaire du spécial "Gri Gri" sur le 11 avril 2011.

Exercice de signature ce lundi 18 juin à La Haye.

Bien entendu, je suis dispo pour des dédicaces dans vos villes en Europe, en Amérique, en Afrique, en Asie et partout où vous voulez.

Achetez "J'accuse Ouattara" en ligne en cliquant ici.

14/06/2012

Paul Madys : un album qui va faire vibrer toute l'Afrique

paul madys.jpg

Percutant. Engagé. A la fois chronique amère, message d'espoir et cri révolutionnaire. L'album à venir de Paul Madys, qui se présente lui-même comme un "rescapé de l'enfer" (il a fait 10 jours à la Résidence présidentielle de Cocody en avril 2011, et a échappé à la mort plusieurs fois, s'offrant même le luxe de sauver son "kôrô" Sidiki Bakaba) ne laissera pas indifférent.

Je l'ai écouté. J'ai aimé. Le son est bon, et des artistes ivoiriens, ghanéen et américains se sont mis ensemble pour arriver à un résultat très pro. Les textes sont soignés, toujours interpellants. Certains chants sont drôles malgré le sérieux de leur thème (comme "Nostalgie") et d'autres sonnent le tocsin de la révolte africaine (comme "ô honte" et "J'accuse").

Bientôt vous le découvrirez comme moi. Tendez l'oreille !

01/06/2012

Mon compte Facebook désactivé... puis réapparu !

Plus de peur que de mal ? Désactivé sans aucune forme de préavis ce matin, mon compte Facebook - au même titre que la page Facebook du quotidien Le Nouveau Courrier - est de nouveau accessible ce soir. Sans aucune explication. Affaire classée ? Bug sans aucun lien avec le contenu de mon activité et de celle du journal sur Facebook ? Attendons de voir.

18:31 Publié dans Vite dit ! | Lien permanent | Commentaires (0)

Michel Gbagbo persécuté d'hier à aujourd'hui : la persistance d'une logique

La vidéo qui suit ce post a une résonance spéciale aujourd’hui. Et elle est particulièrement émouvante. On voit Michel Gbagbo qui raconte ave lors d’un colloque organisé par le FPI les événements du 18 février 1992 – Houphouët-Boigny étant président, Alassane Ouattara Premier ministre – qui ont conduit à sa première arrestation en compagnie de son père et de sa belle-mère Simone Gbagbo. Alors qu’il n’était qu’un étudiant à l’Université de Cocody. Où l’on se rend compte de la persistance d’une certaine logique. Celle du délit de filiation tel que les tenants du parti unique en Côte d’Ivoire – oui, les Occidentaux refusent de le dire, mais Alassane Ouattara en est un, historiquement au moins ! – le conçoivent.

Au-delà du témoignage historique, le témoignage de Michel est intéressant, drôle… Où l’on voit qu’il a hérité du légendaire sens du récit de son père. Est-ce pour cela que ??? Extraits.

«Il a pointé le fusil sur moi : voilà le fils de Gbagbo. On a eu le père, faut qu’on ait le fils aussi et puis on finit avec eux… Et son collègue a dit non. On a déjà eu le père. Il faut laisser un peu. Faut laisser le fils»

«Je suis tombé sur un jeune gendarme zélé (…) Il m’a attrapé même, il allait me présenter à ses chefs : j’ai attrapé le fils de Gbagbo… »

«Ils ont appelé le palais, et ils ont expliqué la situation. Les gens ont dit «bon, il sera rapatrié ce soir par le vol Air France. Présence indésirable sur le territoire ivoirien». Parce que je vous signale que je suis français quand même. Là j’ai dit non, d’ailleurs, je ne suis pas venu avec mes papiers français, je suis venu avec mes papiers ivoiriens, je suis ivoirien. Donc je bouge pas. Parce que je suis quand même un enfant traumatisé. Parce que ma mère avait déjà été traumatisée. Déjà ma mère avait été rapatriée, on va encore me rapatrier ? J’ai dit «non, je ne bouge pas». Et je veux savoir : il est vivant ou il est mort ?» (…) Ils ont rappelé. Ils ont dit «ah, il dit qu’il est Ivoirien». On leur a dit «bon, s’il est Ivoirien, mettez-le avec les Ivoiriens». Et c’est comme ça que je suis entré et que j’ai vu qu’il était vivant.»

 La vidéo : http://www.djibitv.com/video/8522/T%C3%A9moignage+d...

14:19 Publié dans Vidéo | Lien permanent | Commentaires (1)

Mon compte Facebook désactivé : faut-il porter plainte ?

Incroyable mais vrai ! Ce matin, après avoir consulté tranquillement les archives de mes messages privés, je me rends compte à ma grande stupéfaction que mon compte Facebook est désactivé. Du coup, la page Facebook du quotidien Le Nouveau Courrier, sur laquelle nous avons investi énormément de temps et d'énergie, est désactivée aussi.

Bien entendu, cela constitue une entrave à la liberté d'expression. Facebook voudrait-il, en cohérence avec un régime politique autoritaire dont les pratiques sont critiquées par les organisations de défense des journalistes, censurer la presse d'opposition d'un pays-phare en Afrique ?

En tout cas, jamais aucune forme de mise en garde ne nous a été signifiée. Aucune violation des conditions générales d'utilisation non plus. Incroyable. Je pense que cette attaque contre le pluralisme en Côte d'Ivoire ne doit pas être tolérée. Car c'est bien de cela qu'il s'agit.

Que faut-il faire dès à présent ? Porter plainte dans la mesure où des dommages sont tout de même portés à une entreprise par des pratiques indignes qui ne sont que l'extension du domaine des persécutions de la sphère des activistes politiques d'un certain bord aux médias indépendants du régime ivoirien ? Harceler par la mobilisation en ligne Facebook France et lui exiger des explications ? Abandonner tout simplement Facebook de manière collective pour renforcer les réseaux sociaux moins dangereux pour la liberté d'expression ?

Est-ce normal que le compte Facebook d'un quotidien respectable, défendu à maintes occasions par des ONG comme Reporters sans frontières, le Comité pour la protection des journalistes, l'association Global Voices... repris par des parutions comme Courrier international... soit démantelé sans aucune explication ? Cela risque-t-il d'arriver au compte d'un quotidien occidental ? Assez de ce scandale.