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29/02/2012

Le nouveau code de déontologie du journalisme ivoirien est honteux : voici l'éditorial qui explique pourquoi

Cet article est d'Assalé Tiémoko, le directeur de publication du nouvel hebdomadaire satirique L'Eléphant déchaîné, qui a le vent en poupe. Il explique en quoi les doyens du journalisme ivoirien donnent aux procureurs zélés le bâton pour nous battre tous. Dans l'indifférence de la profession.

Arriver à terme à faire du refus d’un journaliste de dévoiler ses sources, un délit, voilà l’exploit que des journalistes ivoiriens, réunis à la maison de la presse au plateau, ont réalisé, en adoptant par acclamation, un nouveau code de déontologie, à l’élaboration duquel ils n’ont pas activement participé. En effet, le jeudi 23 février dernier, un nouveau code de déontologie de la presse ivoirienne a été adopté, sous réserve de la réécriture d’un article. Comportant 22 articles (sous la rubrique « les devoirs du journaliste ») et 10 articles regroupés sous la rubrique (les droits du journaliste), il est censé et nous nous inclinons à moitié devant cette acception, apporter un souffle nouveau au métier, comparativement à celui de 1992. S’il n’y avait pas un article à polémique dans ce nouveau code, les confrères l’auraient sans doute adopté les yeux fermés et au- raient ainsi profondément contenté ceux qu’on voit venir et qui entendent dans les mois à venir, introduire un projet de loi pour amender la loi de 2004 sur la presse afin de s’offrir désormais le droit de perquisitionner l’esprit des journalistes.

Ainsi donc, pour on ne sait quelles rai-sons, les rédacteurs du nouveau code y avaient glissé cet article : «La possibilité de s’affranchir de son obligation de protéger sa source, en portant son identité à la connaissance du public et/ou d’ester en justice contre elle, , si la volonté de cette source de la manipuler , porte atteinte à sa réputation, à son honorabilité, à sa dignité et de le pousser à une faute professionnelle». A la lecture de cet article, on ne peut s’empêcher de s’interroger sur les raisons profondes qui ont poussé ses inspirateurs à le glisser dans le nouveau code. Si ce n’est la volonté de tuer le métier en livrant désormais les informateurs en pâture au motif qu’ils cherchent à manipuler le journaliste. Heureusement, quelques journalistes présents à la Maison de la presse ont vite décelé la malice cachée dans cet article et l’ont dénoncée avant de demander qu’il soit purement et simplement retiré du nouveau code.

Chose à laquelle, Alfred Dan Moussa, direc- teur de l’ISTC, s’est opposé en ar- guant:«Cet article ne vise que les manipulateurs qui prennent le manteau de source avec juste le souci d’induire les rédactions en erreur». Mais cette explication n’a pas convaincu les contestataires. Toutefois, l’article, au lieu d’être purement et simplement retiré, a été réécrit pour devenir «la possibilité de dénoncer une source malveillante et d’informer le public des manipulations dont il a pu être victime». C’est-à-dire, la possibilité pour le journaliste d’informer le public qu’il n’est pas un journaliste professionnel. Et pourquoi pas conduire la source directement en prison ? A partir de quoi un journaliste découvre-t-il que sa source est mal- veillante ? N’est-ce que ce sera après qu’il a pris le temps de recouper, de vérifier les informations qui lui sont données auprès de plusieurs autres sources ? Comment appelle-t-on un journaliste qui balance une information sans prendre la précaution mini- male de la vérifier avant de dé- couvrir plus tard qu’il s’est fait manipuler ? Alors pourquoi les rédacteurs de ce nouveau code ont-ils jugé nécessaire de, non seulement glisser cet article dans ce code, mais en plus, de se battre pour son maintien en l’état ? Même en Corée du Nord où il n’y a aucune liberté de la presse, une telle disposition n’existe pas. Quelle prouesse donc ! Désormais, le procureur de la République, sous instruction des pouvoirs, ne se gênera plus pour décréter qu’une information livrée est le fruit d’une manipulation à partir du moment où le journaliste refuse de livrer sa source. Et on pourra donc le conduire en prison pour double violation d’une loi correctionnelle et d’un article du code de déonto- logie de son métier, code dont on nous dit qu’il a valeur de «loi». Demain donc, le refus de livrer sa source sera considéré comme un délit. Et voilà comment l’on donne les armes au pouvoir d’as- sassiner ce qui fait l’essence même de ce métier, la source d’information. A bas donc ce nouveau code de déontologie, qui donne le «droit» au journaliste de refuser d’assumer son manque de professionnalisme en livrant son informateur. Pour se dédouaner.

Assalé Tiémoko

Commentaires

Pitoyable !

Écrit par : Claudus Kouadio | 29/02/2012

Franchement pitoyable . La République moutonnière s'installe à pas de géant. Et mon petit doigt voit aussi venir à l'horizon une islamisation complète de ce pays pourtant dit laique .

Écrit par : Bah-monké | 04/03/2012

dites à Zio Moussa et Dan moussa, des moussa carré, de guérir l'OLPED, car ils sont les vrais fossoyeurs, avec leur amis Samba Koné. Au lieu de courrir après des gomboos, en rédigeant des code bablés, qu'il se souviennent que c'est l'OLPED qui a fait d'eux de petits rois; aux pieds nickelés. Cela fait des années que l'OLPED est mort; cela ne leur dit absolument rien. Le code sans OLPED, quel est son utilité?
Vivement que les choses changent dans le bons. Quant à Zio, Samba et Dan, ils sont bons pour le garrage. Oui! mais de grâce qu'ils ne détruisent pas ce que nous avons construit, ensemble depuis Yamoussoukro.

Écrit par : Honoré D | 27/03/2012

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