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04/01/2012

Photo de presse et médias numériques en Côte d'Ivoire : au-delà du "Carlalie-Gate"

Faut-il se méfier de la blogosphère ivoirienne ? En tout cas, elle s'est lancée dans une opération de "représailles" violentes contre un certain nombre de titres de la presse traditionnelle et le plus gros portail d'infos du pays. La raison ? Ils sont accusés d'avoir "volé" les images de la jeune photographe très prometteuse Carlalie Okou sur son profil Facebook. Pour en savoir plus, lire le post d'Edith Yah Brou, ici.

Au-delà de la polémique, une question de fond. Pourquoi, sous nos cieux, le net est-il considéré comme une sorte de non-droit et de "destruction de la valeur", où tout ce qui est diffusé est considéré comme "tombé dans le domaine public" ? Je me plains régulièrement des sites qui pillent le contenu produit par le quotidien Le Nouveau Courrier, sans la moindre autorisation. Ce n'est pas normal. Mais il faudrait que nous soyions pratiques.

L'affaire Carlalie Okou nous dévoile un problème, un vide et une opportunité. Le problème, il est évoqué plus haut dans cet article. Le vide ? Dans un grand nombre de pays, des agences de presse photo fournissent aux médias des images d'actualité et d'illustration pour leurs articles. Cela n'existe pas en Côte d'Ivoire. Du coup, on bricole pour avoir la photo du politicien en vedette, de l'artiste en tournée ou du dernier feu d'artifice. L'opportunité est la suivante. S'il existe une plateforme sur laquelle nos photographes peuvent "déposer" leurs photos pour que les médias abonnés à ladite plateforme puissent venir se servir, les journaux règleraient leur problème de manque crucial d'illustrations, et les photographes pourraient avoir la reconnaissance (signature en bonne et due forme) et "un petit quelque chose" à la mesure des moyens de la presse ivoirienne, qui fait plus pitié qu'envie soit dit en passant :(

La communauté des "techies" et des producteurs de contenu pourrait également créer une structure légère d'alerte aux manquements à la netiquette (l'éthique sur Internet) à l'image de l'Observatoire de la liberté de la presse, de l'éthique et de la déontologie (OLPED), initiative d'auto-régulation de la presse ivoirienne, mise en place dans les années 1990.

Est-ce que j'ai bien parlé ? En tout cas, le débat est ouvert.

Commentaires

Tu as bien parlé! J'aime la proposition de plate-forme où les photographes pourront déposer leurs photos dans un partenariat gagnant-gagnant avec les journalistes !

Bonne idée !

Écrit par : yehni | 04/01/2012

Pas bete le chef !

Écrit par : Ayyahh | 04/01/2012

Chapeau bas! tu as très bien parlé car tes propositions tournent et retournent dans ma tête. Cette observatoire et cette plateforme verront le jour pour 2012. J'en suis sûre et très certaine. thx theo pour cette analyse qui débouche sur des propositions efficaces pour l'écosytème de la création numérique.

Écrit par : edith brou | 04/01/2012

excellent theo! analyse pertinente et courte qui débouche sur des propositions efficaces. Pour 2012, je m'y engage.

Écrit par : edith brou | 04/01/2012

Bonne idée !

Écrit par : Blanko | 04/01/2012

Des projets relatifs sont en voie d'être dévoilés, je crois que ça devrait résoudre le problème...

Écrit par : Macmady | 04/01/2012

En fait la difficulté n'est pas nouvelle ou encore n'est pas née avec l'expansion d'Internet en Côte d'Ivoire, l'utilisation accrue des réseaux sociaux, la naissance de jeunes et talentueux bloggeurs ivoiriens ou la baisse des prix des appareils photo numériques ou la conjugaison de tout cela. Outre l'épisode du correspondant local AIP qui utilise les images prises (à mes frais) à l'occasion d'un de mes Festivals Culturels du Trépoint pour illustrer une campagne du Conseil Général de Grand Bérébi que j'évoquais sur le Blog d'Edith Brou Page Officielle, je me souviens aussi d'un 27 septembre (Journée mondiale du Tourisme). J'étais de passage à Abidjan. J'achète tous les quotidiens du jour à la recherche d'un papier célébrant la date. J'en trouve un et commence à lire : 1er paragraphe cela me dit quelque chose, 2ème, 3ème, etc. Là je n'ai plus de doute. Il s'agit d'un copier-coller d'une interview que j'avais donnée à TourMag au début de l'année 2003. J'appelle le signataire du papier (que j'ai ensuite appris à connaître et apprécier) qui me répond "Oui quand je ne connais rien à un sujet, je cherche sur Internet. J'ai trouvé le papier bien écrit. J'ai fait un copier-coller" C'est donc une question d'éthique globale, d'ignorance innocente souvent, délibérée parfois, des règles (au minimum de courtoisie) qui est en cause aussi.

Écrit par : Béatrice Grandcolas | 04/01/2012

au delà j'aime beaucoup l'idée d'une plateforme de dépôt des photos et encore davantage celle de transformer une difficulté en opportunité. Je vous souhaite une mise en oeuvre rapide.

Écrit par : Béatrice Grandcolas | 04/01/2012

Ben en tout cas, quand on dépose quelque chose sur Facebook, c'est bien dans les conditions d'utilisation : ça devient public et n'importe qui peut le prendre.
C'est ce que je me tue à expliquer à mes étudiants : avoir conscience que leurs photos deviennent du domaine public.
Même si c'est sur leur "mur"...

Donc première chose : avoir bien conscience de cela, et considérer que ce qu'on met sur Fb, cela peut se retrouver LEGALEMENT n'importe où.

Il en est tout autrement des copier coller d'article, publiés sans citation de surcroit ! Là, c'est complètment illégal.

Écrit par : Pétarel | 07/01/2012

Les commentaires sont fermés.