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30/09/2011

L'interview intégrale de Koné Katinan au Courrier d'Abidjan

Dans la mesure où le CNP d'Eugène Dié Kacou mène une guerre économique contre la presse libre ivoirienne et tente de l'affaiblir par des interdictions répétées, Le Nouveau Courrier s'est sagement "autocensuré" dans la publication de l'interview que Koné Katinan lui a donnée. La lire en intégralité ici bas, pour bien comprendre l'état d'esprit de celui dont il est le représentant et le porte-parole. Laurent Gbagbo.

 

Dialogue avec Alassane Ouattara

Koné Katinan : « Voici les instructions de Gbagbo »

Le porte-parole du fondateur du FPI évoque, dans cet entretien, l’initiative tardive de dialogue d’Alassane Ouattara, la centralité du rôle de Gbagbo dans la réconciliation, ainsi que l’offensive judiciaire tous azimuts déployée en ce moment.

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L’actualité de ces derniers jours est marquée par la manifestation de la volonté d’Alassane Ouattara d’engager des discussions avec le FPI autour des élections législatives. Que pensez-vous de ce revirement ?

 

Je pense que les personnes les mieux indiquées pour répondre à cette question, ce sont les membres de la direction du FPI. Mais en tant que cadre, j’observe que ce revirement s’est fait à la suite d’un voyage que M. Ouattara a entrepris en Occident. Et comme la Côte d’Ivoire est dirigée depuis la France et l’Europe, on peut en conclure que ce sont des instructions qu’il a reçues. Je constate que cela fait plus de trois ou quatre mois que la direction du FPI a déposée – sans suite – une requête auprès de M. Ouattara. Je suppose que tout simplement ceux qui dirigent vraiment la Côte d’Ivoire lui demandent de le faire. Et il s’est exécuté.

Dans le fond, comment le FPI doit-il aborder cette question du dialogue avec Ouattara ? Quel est le regard du porte-parole et représentant du président Gbagbo ?

Comme je l’ai expliqué, ce sont des souhaits, des directives que je vais donner. Le FPI est un parti politique qui  a des organes compétents qui décident. Les instructions du président Gbagbo sont en tout cas claires sur la question. Il y a un premier contentieux électoral qui n’a jamais été vidé. Ce n’est pas parce que l’armée française est intervenue sur instrumentalisation de Nicolas Sarkozy pour installer son ami au pouvoir que le contentieux sur la présidentielle est terminé en Côte d’Ivoire. Ce contentieux est pendant. C’est parce qu’il est pendant que le président de la République élu est en prison. Il faut que cette question-là soit posée et réellement discutée. On n’a pas fini ce contentieux électoral et on nous invite à aller à de nouvelles élections. Et dans les mêmes conditions ! Hier, l’armée particulière de M. Ouattara occupait le Nord du pays et n’avait pas désarmé. Aujourd’hui, elle occupe tout le pays. J’ai du mal à voir comment dans ce contexte on peut aller à des élections sans que les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Selon vous, la clé d’une discussion sérieuse, c’est un dialogue entre Gbagbo et Ouattara…

M. Ouattara est dans une logique absurde. Il sait qu’il n’a pas gagné les élections présidentielles. Il a besoin de la légitimité du FPI pour gouverner. Et il veut que le FPI lui donne cette légitimité en faisant fi du candidat que le FPI a présenté, et qui a été élu par les Ivoiriens. Et qui se trouve être en prison. On se bat pour l’écarter par tous les moyens du débat politique en instrumentalisant le parti qu’il a créé contre lui-même. Evidemment, c’est peine perdue. Entre Gbagbo et le FPI, il y a une telle synergie qu’on ne voit pas comment Ouattara pourrait bien procéder. Pour nous, la question préalable à toute négociation, c’est la libération du président Gbagbo et l’ouverture d’un débat politique franc autour de la question : qui a gagné les élections en Côte d’Ivoire ? On ne peut pas faire l’économie de ce débat entre Ouattara et le président Gbagbo.

Le président Gbagbo a justement lancé un certain nombre d’offensives judiciaires et politiques. Plainte contre l’armée française pour «tentative d’assassinat», demande d’une Commission d’enquête onusienne, plainte contre la candidate à la candidature socialiste Martine Aubry. Quelle est la logique qui en découle ?

Les choses sont simples. Les armes n’ont jamais conféré la légitimité, la clameur publique de la communauté internationale non plus. Quand les clameurs se sont tues, la vérité est têtue, il faut bien qu’elle sorte. L’armée française, manipulée par Nicolas Sarkozy, s’est invitée dans un conflit qui n’était pas le sien. Pendant dix jours, ele largue des bombes et des missiles sur sa Résidence officielle où se trouve sa famille y compris un enfant de deux ans. En français, cela s’appelle au moins une tentative d’assassinat. Par ailleurs, il y a eu des assassinats. Dans les alentours de la Résidence, il y a eu des personnes qui sont mortes suite au lancer de bombes et de missiles par l’armée française. Je suis ferme là-dessus. Nous présenterons les preuves au tribunal. Nous avons d’ailleurs l’intention de déposer une autre plainte contre Nicolas Sarkozy pour crimes de guerre.

En ce qui concerne Abobo, Sarkozy est parti d’un fait. Des femmes auraient été tuées à Abobo, dans un endroit contrôlé au moment des faits par deux factions rivales de la rébellion, celles d’IB et de Soro. L’armée ivoirienne était dans une position de retrait. L’armée ivoirienne ne pouvait se trouver sur le théâtre d’opérations. L’ONU a établi qu’il y a eu tueries mais n’a pas pu déterminer qui a tué. Sur la base de la clameur qui accusait le président Gbagbo, l’ONU a donné mandat à l’ONUCI et à la Force Licorne de détruire les armes lourdes dirigées contre les civils. C’est pour cela qu’il est important de savoir qui a tué ces femmes d’Abobo. Il faut situer les responsabilités ! Parce que c’est cette tuerie qui a ouvert la voie à la résolution 1975. Parce que c’est cette résolution, faussement interprétée d’ailleurs, que l’armée française est intervenue. Et a tué des Ivoiriens en 2011, après en avoir tué en 2004. Cela ne peut rester sans suites !

Pour ce qui est de Martine Aubry, il nous semble que certaines personnes éprouvent du plaisir à parler du président Gbagbo en termes désobligeants et calomnieux. Les avocats du président Gbagbo considèrent que ces propos ne peuvent pas passer inaperçus. Et ont porté plainte contre elle. Tout cela exprime quelque chose : nous exigeons le respect pour le président Gbagbo.

 

29/09/2011

Une interview intéressante de Laurent Akoun, numéro deux du FPI

28/09/2011

La vraie histoire du troisième pont d'Abidjan, par Ahoua Don Mello

 

 

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Le Pont Henri KONAN BEDIE dont la première pierre a été posée à Abidjan le mercredi 7 septembre 2011, à grand renfort de publicité, est un projet initialement connu sous le nom de Pont Riviera-Marcory, dans le cadre « des 12 travaux de l’Eléphant d’Afrique » du régime du Président Bédié déjà en 1996.

 

En 1996 donc, pour cet important projet, la maîtrise d’œuvre est confiée au Bureau National d’Etudes Techniques et de Développement (BNETD) dirigé à l'époque par THIAM Tidiane. Monsieur THIAM désigne alors son ingénieur, le plus expérimenté de ce secteur, pour la conduite technique du projet.

Compte tenu des difficultés financières que rencontrait l'État de Côte d'Ivoire, une équipe technique entièrement ivoirienne, composée de juristes, d’économistes, d’ingénieurs, d’environnementalistes, de sociologues et de spécialistes de marché, proposa un BOT (Built, Operate and Transfert ; le BOT consiste à attribuer un projet par le biais d'appel d'offres à un opérateur privé qui le finance. Ce dernier se rembourse à travers une concession pour une période déterminée). Le projet est alors confié à un opérateur privé en charge de mobiliser le financement nécessaire à la réalisation du projet, et le remboursement devait par conséquent être assuré par un péage imposé aux automobilistes.

Un appel d’offres est lancé à cet effet et le Groupe BOUYGUES est choisi comme l’opérateur technique et financier du projet. Une convention de concession est signée après plus de deux ans d’études et de négociation. Le coût du projet est négocié à 91.8 milliards de FCFA avec une concession de 30 ans intégrant les frais financiers, les assurances et les différentes marges bénéficiaires.

Pour la réalisation du projet, le Groupe Bouygues crée une société privée de droit ivoirien (SOCOPRIM) conformément à la convention de concession. Le capital de SOCOPRIM est fixé à 28 milliards de FCFA, détenus par le groupe Bouygues (16 milliards de FCFA), l’Etat de Côte d’Ivoire (4.9 milliards de FCFA), la CAA (1.2 milliards de FCFA), le groupe TOTAL (1.25 milliards de FCFA), et le groupe DEG (4.65 milliards de FCFA). Des bailleurs de fonds sont contactés pour mobiliser le reste du financement nécessaire pour couvrir le coût du projet dont la SFI (21 milliards de FCFA), la BAD (18 milliards de FCFA), la CAA (2.8 milliards de FCFA), la BOAD (6 milliards de FCFA), le groupe PROPARCO (10 milliards de FCFA).

 

Le BNETD propose en outre un échangeur sur le boulevard Giscard d'Estaing pour éviter tout engorgement sur le pont Riviera-Marcory et faciliter ainsi, l’accès au dit boulevard. Coût de l’échangeur : 10 milliards de FCFA financés par l’AFD (4 milliards de FCFA) et la BOAD (6 milliards de FCFA).

L’étude d’impact environnemental et le plan de déplacement et de réinstallation de la population occupant l'emprise du projet (l'emprise est l'emplacement du pont, des voies de raccordement et de l'échangeur) sont évalués à 6 milliards de FCFA entièrement à la charge de l’État de Côte d’Ivoire.

Le projet final comprend donc un pont de 2 fois 3 voies avec un trottoir, une digue, une voie de raccordement au boulevard Giscard d'Estaing, une voie de raccordement au boulevard MITTERAND. Le délai de réalisation est estimé à 24 mois, le début des travaux est fixé à fin décembre 1999.

La mobilisation du financement du projet « Pont Riviera-Marcory » étant bouclée, la mise en œuvre du projet pouvait alors démarrer et démarre justement par le plan de déplacement et de réinstallation des occupants de l’emprise du projet. Ce volet prend fin avant le 24 décembre 1999.

Cette opération de déplacement et de réinstallation qui touche le secteur informel, permet de réinstaller de petits commerçants, de petits artisans et des propriétaires de maquis qui deviennent par une juste compensation des pertes, des petites et moyennes entreprises prospères. Ce qui est différent, aujourd'hui, des destructions massives sans contrepartie du pouvoir actuel qui accroît la pauvreté.

C’est dans l’attente du démarrage effectif des travaux que le coup d’État du 24 décembre 1999, des "jeunes gens" dirigés par le regretté Robert GUEI, a eu lieu.

A la suite de ce coup d’État qui chassa le Président Bédié du pouvoir, les bailleurs de fonds suspendent bien évidemment leur financement. Le projet est ajourné pendant la période de transition.

Après l'élection du Président Laurent GBAGBO, en Novembre 2000, notre modeste personne est nommée à la tête du BNETD. Nous choisissons de reconduire l’équipe projet pour son expérience inestimable et les compétences avérées de ces membres.

Le projet est aussitôt relancé. L’équipe-projet le réévalue en tenant compte de l’inflation. Cette réévaluation a mis en évidence un surcoût de 10 milliards de FCFA qui risquait d’avoir un impact sur le prix du péage et le délai de concession. Pour absorber le surcoût l’équipe projet propose une solution alternative : la construction d’un pont semi-métallique.

La proposition technique validée, elle est aussitôt présentée au Président Laurent GBAGBO qui émet, somme toute, des réserves sur un pont à péage au cœur d’Abidjan ! Il demande néanmoins de reprendre les négociations avec l’opérateur technique et financier BOUYGUES et d’étudier parallèlement une solution sans péage.

Les bailleurs de fonds demandent que les relations entre la Côte d’Ivoire et le FMI soient rétablies avant de donner leur feu vert. Le Ministère de l’Economie et des Finances conduit avec succès le programme intérimaire arrêté avec le FMI. Un programme triennal est conclu en mars 2002. Sa bonne exécution devait conduire à la conclusion du PPTE à la fin du programme. Une mission est prévue pour le 20 septembre 2002 à Washington pour poursuivre les échanges avec le FMI.

C’est alors q’un autre coup d’État en Septembre 2002 est tenté avec comme objectif des conspirateurs d'emmener Alassane Dramane OUATTARA au pouvoir. Le coup d’État manqué se transforme alors en rébellion et suspend une fois de plus le démarrage du Pont Riviera-Marcory. Les bailleurs de fonds suspendent encore évidemment, leur collaboration avec la Côte d’Ivoire.

Après toutes ces péripéties, le Président Laurent GBAGBO demande qu’une solution interne de financement soit trouvée et que le péage soit définitivement écarté.

Le BNETD s’en remet au Ministère de l’Economie et des Finances qui a en charge la recherche de financement. Le Ministère propose donc un compte séquestre à la BNI alimenté par un prélèvement sur le pétrole et un appel public à l’épargne garanti par le compte séquestre.

Un opérateur chinois propose au BNETD une solution technique à 60 milliards de FCFA.

Le BNETD se propose, sur cette base, de négocier avec l’opérateur BOUYGUES soit la transformation du contrat de concession en marché public soit la rupture du contrat et l’évaluation des dommages et intérêts.

Au vu, de la proposition chinoise, la rupture du contrat est avantageuse pour l’État ivoirien. D’une pierre la Côte d’Ivoire peut réaliser deux coups : 1/réaliser un projet moins cher sur fonds propres 2/ éviter le péage en plein cœur d’Abidjan dans un contexte de pauvreté accentuée.

À la faveur du point de décision du processus PPTE avec les bailleurs de fonds obtenu en 2009, le Ministère de l’Economie et des Finances marque son accord pour la mobilisation interne du financement. Cela suppose la réévaluation du projet pour définir le montant à mobiliser, la constitution d’un dossier de consultation des entreprises et la rupture du contrat de concession.

La réévaluation du projet est achevée en 2010. Le gouvernement ivoirien décide de maintenir l’opérateur BOUYGUES sur la construction de l’échangeur du boulevard Giscard d'Estaing et de négocier la rupture du contrat de concession sur le pont. Une avance de démarrage est payée par l’État ivoirien pour la construction de l’échangeur.

Le démarrage des travaux est plusieurs fois reporté avec à chaque fois différents prétextes jusqu’au coup d’État de la France du 11 avril 2011.

Pour écarter l’expertise ivoirienne, ADO fait revenir, SEREY EIFFEL, le dernier Directeur Général français du BNETD (1990-1994) comme conseiller spécial à la Présidence de la République pour les affaires économiques après son passage au GABON où il a dirigé la société écran d’Alassane OUATTARA : l’Institut International pour l’Afrique (IIA). Le projet du Pont Riviera-Marcory est relancé en écartant la solution sans péage du Président Laurent GBAGBO. Alassane OUATTARA reconduit le projet initial réévalué à 125 milliards de FCFA avec à la clé un péage de 700 FCFA par véhicule et par passage, dans un contexte de pauvreté généralisée. La mise à l’écart des solutions du BNETD signe certainement le retour de l’expertise française en Côte d’Ivoire avec pour corollaire le renchérissement des coûts de tous les projets en portefeuille pour lesquels les études ont été déjà bouclées par le BNETD durant les années de crise, sur ressources propres issues du déploiement du BNETD en Afrique. Ces dossiers « prêts à porter » constituent une «  banque » de près de 200 projets et ont permis de gagner du temps lors de la mise en œuvre du pont de Jacqueville, de l’autoroute du nord, de la route Boundiali-Tingrela, du transfert de la capitale, de la réhabilitation de l’Hôtel Ivoire et du programme d’urgence dans le cadre du rétablissement des relations avec les bailleurs de fonds en 2009.

Dépouiller le peuple ivoirien pour garantir les intérêts de la France-Afrique, lutter contre la concurrence des pays émergents, le Pont Henri KONAN BEDIE est l’expression de cette nouvelle alliance entre la France et la Côte d’Ivoire et à terme, entre l’Occident et l’Afrique et le retour en force des conseillers occultes français car on n’est mieux servi que par soi-même, dit l’adage. Le mode opératoire de ce pont marque le point de départ de la Solution ADO dans le secteur des Grands Travaux en Côte d’Ivoire et le futur visage français de l’économie ivoirienne avec le financement françafricain occulte de l’Elysée. Nous sommes en plein dans la devise de la France-Afrique : "Ce qui est bon pour la France est obligatoirement bon pour l'Afrique".

Au moment où les Ivoiriens souffrent d'une pauvreté accentuée par l'incapacité du régime de Monsieur Alassane Dramane OUATTARA à payer les salaires, d’une extermination des micro-entreprises, d'un affaiblissement du portefeuille des petites et moyennes entreprises qui accroît chaque jour le nombre de chômeurs et ne parlons pas de l'insécurité chronique. Au moment où les ivoiriens sont soignés gratuitement mais sans médicaments. C'est ce moment que Monsieur Alassane Dramane OUATTARA et le Groupe BOUYGUES choisissent pour construire un pont à péage à 700 F CFA le passage et par voiture, là où le Président GBAGBO propose un projet deux fois moins cher et sans péage. Pour faire avaler la pilule au PDCI, ils ont donné le nom du Président Bédié au pont. Comme par hasard, le déblocage de fonds qui a suivi pour lancer les travaux et toute cette effervescence autour du pont coïncident avec l'approche des élections en France, cela rappelle étrangement toutes ces affaires de France-Afrique avec leurs rétro-commissions.

Les divergences d’approche du développement de la Côte d’Ivoire et la prise en compte stricte des intérêts des Ivoiriens par le Président Laurent GBAGBO sont la cause fondamentale de l’emprisonnement du Président légal et légitime de la République de Côte d’Ivoire par la Françafrique.

 

Par Ahoua DON MELLO, Docteur-Ingénieur des Ponts et Chaussées de Paris, ex DG du BNETD 2000-2010, Ministre de l’équipement et d’assainissement du gouvernement Gilbert AKE NGBO.

 

 

27/09/2011

Gbagbo porte plainte contre Martine Aubry pour diffamation

Voici le communiqué produit par ses avocats...

"Lucie BOURTHOUMIEUX, Roland DUMAS, Jaques VERGES et Marcel DECCALDI, conseils du Président Laurent GBAGBO, portent plainte contre Madame Martine AUBRY à la suite des propos outrageants, à l’encontre du Président Laurent GBAGBO, tenus lors de l’émission dimanche+ sur la chaine de télévision Canal+ le 25 septembre 2011.

Les conseils du Président Laurent GBAGBO jugent particuliérement indécentes les déclarations de Madame AUBRY à l’égard du peuple ivoirien qui depuis septembre 2002 est victime de crimes et violences du fait de l’ingérence des puissances etrangères en CÔTE D’IVOIRE."

Plus que jamais, la stratégie des conseils du président ivoirien renversé se présente comme offensive. Feuilleton à suivre.

Election présidentielle camerounaise : ma sélection web

La messe semble dite, mais suivons donc la campagne en vue de la présidentielle camerounaise grâce à ma page Storify. Je profite de l'occasion pour "tester" cette plateforme... Cliquer ici.

 

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26/09/2011

Une question de légitimité morale (paru dans Le Nouveau Courrier du 26 septembre)

Un sujet d’actualité a captivé l’opinion publique mondiale durant la semaine qui vient de s’écouler : celui de la démarche de la Palestine visant à demander à l’ONU de l’admettre comme Etat-membre au même titre qu’Israël, la Bosnie, le Sud-Soudan… On a eu l’occasion d’observer une fascinante chorégraphie diplomatique. Bien que conscient de ce que, de toute façon, les Etats-Unis, membre permanent du Conseil de sécurité, poseraient leur veto, le numéro un palestinien Mahmoud Abbas a tout de même «déposé son dossier». Il a ainsi montré qu’il était prêt à accroître la pression exercée sur la communauté internationale pour faire avancer une cause qui marque le pas. Surtout, sa manœuvre vise à délégitimer les Américains, considérés comme les «propriétaires» du dossier Proche-Orient. En effet, ils apparaissent désormais comme des alliés inconditionnels d’une des deux parties qu’ils sont censés réconcilier. Et du coup, ils perdent leur légitimité morale, du moins dans le rôle d’arbitre qu’ils veulent se donner. Et ce n’est pas un hasard si, à la tribune de l’ONU, Nicolas Sarkozy a insisté sur le nécessaire élargissement du cercle des négociateurs…

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Sans légitimité morale, impossible de faire accepter durablement et efficacement son autorité, en dehors de la contrainte, qui n’est qu’un des visages de la lâcheté. Nous devons tous méditer cette maxime dont la pertinence se vérifie régulièrement. Ces derniers jours, la France a continué d’être secouée par des révélations mettant à jour l’incroyable culture du gangstérisme international de ses élites politiques, qui mettent la diplomatie et l’image de leur pays au service d’intérêts personnels et inavouables. Au grand déballage sur les mallettes d’argent se promenant entre les palais africains et les palais français, et expliquant de nombreuses connivences, a succédé le feuilleton judiciaire sur les rétro-commissions récupérées à l’occasion des grands contrats d’armement, planquées dans des comptes en Suisse et progressivement ramenées en espèces en France par des intermédiaires au-dessus de tout soupçon. Les éditorialistes français ont commenté ces scandales et ces révélations sous tous les angles, sauf un, en forme de questionnement. Un pays dont les chefs ont un rapport profondément affairiste avec les grands enjeux diplomatiques, qui propose des avions de guerre et vend des technologies d’espionnage à une «dictature» à travers des hommes sulfureux un jour pour le renverser au nom de la «démocratie» le lendemain peut-il être considéré comme sérieux ? Comment les citoyens français peuvent-ils être sûrs que derrière le bruit et la fureur répandus sur Benghazi et sur Syrte, ne se cachent pas des gratifications que telle ou telle compagnie pétrolière donnera à tel chef d’Etat qui a peu de chances d’être élu, et qui n’a cessé de dire depuis longtemps qu’il sera «riche», selon ses propres termes, quand il quittera le pouvoir ? La France d’aujourd’hui, qui «importe» de l’argent sale par le biais de ses hommes politiques, a-t-elle la légitimité morale pour exporter la démocratie, les droits de l’homme et autres bons concepts qui cachent souvent de bien mesquins intérêts ? Cette question-là, il faudrait qu’on se la pose dans les médias parisiens, où l’on admet avec enthousiasme la fable selon laquelle la France défend, l’arme à la main, le beau et le bien en Libye et en Côte d’Ivoire…

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Devinette… Quelle est la personnalité ivoirienne la plus controversée de la semaine ? Bien entendu, la réponse va de soi ! Eugène Dié Kacou ! Le patron du Conseil national de la presse (CNP) s’est illustré par un zèle répressif inédit dans l’histoire des médias ivoiriens. En un seul jour, il a interdit trois publications : Notre Voie, Aujourd’hui et Prestige. Toutes les trois appartenant à des groupes de presse «bleus». Son dernier coup de théâtre est dans la droite ligne de son action depuis sa réinstallation par le régime Ouattara : déstabiliser économiquement la presse d’opposition par des interdictions qui leur font perdre, à chaque coup, beaucoup d’argent.

Eugène Dié Kacou parviendra-t-il à convaincre l’opinion ivoirienne de sa volonté d’assainir une presse «culturellement» agressive et de bannir la «haine» ? Non, très clairement. Parce qu’il n’a pas, lui non plus, la légitimité morale nécessaire pour mener à bien ce chantier. En un mot comme en cent, il n’est pas crédible. Il n’est pas crédible parce qu’hier, à ce même poste sous un autre pouvoir, il n’a pas manifesté la «rigueur» dont il se veut le chantre aujourd’hui. Il est d’autant plus illégitime que son interprétation de la «haine» à laquelle inciterait la presse est très politiquement orientée. Qui peut vraiment croire que la presse d’opposition est plus virulente, plus «haineuse», que la presse proche du pouvoir ? Le travail de monitoring de l’association Reporters sans frontières lors de la dernière présidentielle a démontré que les pratiques de la presse ivoirienne se «répondent» de manière symétrique.

Eugène Dié Kacou est d’autant plus contestable que cela fait longtemps qu’il n’est plus un authentique défenseur de la liberté de la presse, de la loi sur la presse et du Code de déontologie du journaliste ivoirien. Hier , alors que nous étions embastillés à la Police Criminelle par un procureur qui nous faisait un chantage éhonté pour que nous dévoilions nos sources, Eugène Dié Kacou, président du CNP, à rebours de toutes les organisations professionnelles qui demandaient notre libération inconditionnelle, se transformait – à notre grande surprise – en auxiliaire de justice, en nous demandant de violer le Code de déontologie et de «livrer» nos sources. Depuis deux mois, notre confrère Hermann Aboa est incarcéré pour un prétendu délit qu’il aurait commis dans le cadre de son travail de journaliste. Reporters sans frontières (RSF), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), le Comité ivoirien pour la protection des journalistes (CIPJ), se sont mobilisés pour le respect de la loi ivoirienne et la libération d’Hermann. Où se trouve notre «doyen» Eugène ? Disparu. Ceux qui ont toujours dit qu’il était fort avec les faibles et faible avec les forts s’en trouvent confortés. Dans ces conditions, l’issue de l’action de celui qui, à son âge, se soucie sans doute de la trace qu’il laisse dans l’Histoire, est malheureusement connue d’avance. Il échouera, et l’on s’en souviendra comme d’un juge partisan. Comme tant d’autres…

23/09/2011

Liberté de la presse en Côte d'Ivoire : le communiqué inquiétant du CNP

Quand l'instance de régulation de la presse en Côte d'Ivoire, au lieu de faire respecter le droit de la presse par un pouvoir qui le bafoue en mettant en prison des journalistes, s'amuse à vouloir imposer une "histoire officielle", à rebours de toutes les traditions démocratiques connues. Mieux vaut lire ça qu'être analphabète...

 

Depuis la fin de la crise postélectorale, des journalistes s’évertuent, dans leurs écrits, à faire admettre à l’opinion que les autorités politiques en place seraient issues d’un coup d’Etat opéré contre leurs prédécesseurs.

 

A cet effet, les concepteurs de ces idées présentent le Chef de l’Etat Ivoirien comme un « président installé par coup d’Etat » et son « régime installé par la France», tandis que l’ancien chef de l’Etat est vu comme « renversé par l’Armée française » voire « prisonnier du chef de l’Etat français ».

 

Ce procédé utilisé à foison dans certains journaux traduit, loin du souci d’informer les lecteurs, une tendance inacceptable à la manipulation des faits et de la réalité.

 

Le Président de la République de Côte d’Ivoire exerce son mandat actuel des suites d’élections démocratiques reconnues par la communauté nationale et internationale et, pour lequel, il a été officiellement investi dans ses charges.

 

Ces faits étant établis et de notoriété, le CNP prévient qu’à compter de la publication du présent communiqué, il sera intraitable sur les écrits à caractère subversif et insultant non seulement pour les autorités en place mais également pour le peuple ivoirien qui a, dans la transparence, élu son président.

 

Le CNP met donc en garde les auteurs de tous écrits de presse qui travestissent les faits et leur rappelle que pareilles dérives les exposent, eux et leurs organes de presse, à la rigueur de la Loi.

 

 

Fait à Abidjan, le 21 septembre 2011

 

Pour le CNP

Le Président

Le livre La Recolonisation de l'Afrique

 

21/09/2011

La réédition de "La Recolonisation de l'Afrique - le cas de la Côte d'Ivoire" désormais disponible à l'achat sur Internet

Présenté pour la première fois au Canada, dans une forme imparfaite (pardon aux premiers acheteurs !) qui a beaucoup évolué aujourd'hui, la première réédition de mon livre "La Recolonisation de l'Afrique - le cas de la Côte d'Ivoire" paru en 2007 et dont le titre s'est avéré prémonitoire, est désormais disponible pour qui veut l'acheter, en format papier, ou en format PDF. Merci à tous ceux qui ont sollicité cette réédition, qui y ont travaillé et qui m'ont soutenu dans ce projet. Le livre est à vous.

Acheter La Recolonisation de l'Afrique

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17:55 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (4)

Africa Web Summit : voici le texte de base de ma présentation

Le thème c'était "médias en ligne en Afrique : le défi des contenus en l'absence de modèle économique viable".

Connaissez-vous beaucoup de blogs culinaires tenus par des Africains vivant en Afrique ? Avez-vous souvent surfé sur des plateformes qui centralisent toute l’information administrative disponible sur le Congo, la Côte d’Ivoire ou le Cameroun ? La presse régionale de votre pays profite-t-elle de l’espace illimité qu’est Internet pour toucher un public au sein de la diaspora souvent si attaché à son terroir ? Plus grave : combien de sites de quotidiens nationaux en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Cameroun, réussissent-ils vraiment à avoir sur Internet une audience comparable à leur audience offline ? Très peu, en réalité.

Le web d’Afrique francophone que je connais bien est pauvre, très pauvre en contenus. Je l’assimile à une salle de bains où il y a peu d’eau mais beaucoup de récipients. Un peu paradoxal, n’est-ce pas ? Les seuls sites médias qui ont réussi à s’en sortir assez rapidement sur les marchés qui nous intéressent sont les agrégateurs nationaux d’information. Comme abidjan.net, cameroon-info.net, seneweb.com, etc… Ils ont souvent été créés par des étudiants finissant leur formation en Amérique du Nord ou en Europe, qui ont très vite été déniaisés en ce qui concerne les technologies de publication en ligne – CMS, Google Adsense, etc… Ces portails se caractérisent jusqu’à présent par le fait qu’ils ne produisent pas de contenu, mais agrègent ceux des médias existants, sans rediriger vers leur site (comme le fait par exemple Yahoo Actualités), sans de vrais reversements publicitaires… et très souvent sans autorisation pendant longtemps. On a donc créé une sorte de chaîne de la valeur où les producteurs de contenus amateurs et professionnels les produisaient juste pour une visibilité qu’ils ne parvenaient pas à monétiser. C’est, à mon avis, la principale source du déséquilibre et du manque de diversité des contenus afro-orientés en français sur la Toile.

A quoi bon investir dans le contenu si des gens qui ne dévissent pas de leur ordinateur vous le volent impunément ? J’ai plusieurs fois piqué des colères un peu démesurées à la lecture d’articles du quotidien que j’ai fondé à Abidjan, Le Nouveau Courrier, mis en ligne avant que nous l’ayons décidé (les «metteurs en ligne» s’étaient procurés le journal papier ou le PDF). Des articles souvent rédigés après avoir fait des centaines de kilomètres dans le cadre de reportages ou après avoir consacré plusieurs jours et des ressources financières à des enquêtes. Et Google n’est pas toujours très juste. Les fraudeurs sont souvent mieux référencés que les honnêtes gens… (rires).

Bien entendu, la question de l’absence de modèle économique ne saurait se résumer au non-respect du droit d’auteur et de la nétiquette dans notre sphère d’action. Si ce n’était que ça, ce serait simple, finalement. C’est tout un écosystème cohérent économiquement qu’il faut créer. Il faut le créer parce que l’Afrique subsaharienne se distingue encore radicalement du reste du monde dans sa manière de consommer. Or, c’est bien parce que des internautes finissent pas payer quelque chose sur Internet ou grâce à Internet que la web economy se développe dans le monde. En dehors de la performance, point de salut. Sur le web, les sites qui vendent paient ceux qui jouissent d’un fort trafic dans l’espoir d’améliorer leur visibilité donc leurs ventes.

Or nous sommes en face de gros obstacles. L’Afrique n’achète pas sur Internet. Peut-être est-ce pour cette raison que Google, Facebook et les autres mastodontes ne s’intéressent pas encore sérieusement au continent. Pendant de nombreuses années, Google a même « retenu » les gains des webmasters africains sur sa plateforme Adsense, malgré une campagne en ligne virulente… Paypal a blacklisté un certain nombre de pays africains, dont le Cameroun et la Côte d’Ivoire. MTN, Orange et les autres opérateurs de téléphonie mobile ayant créé des produits de « mobile money » ne sont pas pressés d’ouvrir leurs plateformes en fournissant leurs API. Le taux de bancarisation est de moins de 10% en Afrique, du coup on ne peut pas encore concrétiser un achat sur Internet.

La planète est incomplète… Le SIXIEME JOUR du web en Afrique est toujours attendu. Nous sommes le dimanche, jour du Seigneur, et je parle du sixième jour en référence à Dieu qui, selon la Bible, a fait le monde en six jours. Et c’est le sixième jour que l’acte le plus important de la Création a été posé. Le sixième jour a donc été LE jour, le départ des choses sérieuses, d’un mouvement, d’une grande aventure. En tout cas, vu d’un œil humain – ce n’est sans doute pas l’avis des baleines que nous massacrons… ;)

Une question se pose alors : à quand le SIXIEME JOUR du web africain ? Faut-il attendre que l’Afrique se normalise dans ses modes de consommation, que Google et Facebook s’intéressent à elle et structurent son marché web pour avoir de vrais modèles économiques pour les médias en ligne ?

Je crois que non. Au départ, il nous faut des plateformes structurantes ambitieuses aux niveaux national et surtout régional. De telles plateformes nationales, régionales, qui seraient au départ des grosses PME à fort potentiel, pourraient être finalement rachetées par les plus grands groupes, si elles le désirent, au moment où le marché arrivera à maturité.

Où en est-on en ce moment ? D’emblée, je me rends compte qu’il y a peu de vraies régies web vraiment représentées sur le terrain et agressives sur les différents marchés africains. Pourtant, le web est aujourd’hui dans de nombreux pays un média plus puissant que la presse écrite, qui réussit, elle, à vendre des espaces pub. Le web s’adapte à tous les budgets, y compris ceux de la toute petite entreprise (TPE).

Le web africain gagnerait à mieux exploiter, par exemple, une tendance qui se retrouve même en Occident, où le SIXIEME s’est levé depuis belle lurette. C’est le online/offline. La décision d’achat, on la prend en ligne, mais au final on va dans une boutique pour acquérir le bien ou se faire délivrer le service. Aux Etats-Unis, dans le domaine de la publicité à la performance, il y a ce qu’on appelle le coût par appel. L’annonceur paie sa régie en fonction des appels de prospects qu’elle a pu générer.

L’absence d’outils locaux de paiement en ligne n’est donc pas insurmontable. L’existence de vraies régies efficaces et locales, enrichira forcément les contenus. S’il y a 10 000 annonceurs dans un pays comme la Côte d’Ivoire investissant chacun 100 000 F par an sur le web, ça fait un marché d’1 milliard de FCFA par an pour ce segment-là. Pas assez pour intéresser Google, mais assez pour intéresser de grosses PME qui misent sur l’avenir !

Cette manne nouvelle serait un vrai enjeu pour les créateurs de contenu qui se bousculeraient pour la capter en proposant aux internautes des contenus à même d’attirer une audience ciblée et fidèle, qui représenterait une clientèle pour la nuée de petits annonceurs désormais présents sur Internet.

 

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Africa Web Summit : ce que je retiens de deux journées-marathon

Je reviens tout juste de Brazzaville, où j'ai participé, avec plusieurs "figures" du web africain et francophone, à l'Africa Web Summit, organisé par l'entrepreneur congolais Vérone Mankou. En quelques phrases, ce que j'ai retenu des riches échanges de ces deux journées.

render_3.jpgPremièrement, bien entendu, j'ai touché la tablette de Vérone, la "VMK Tablet", autour de laquelle de grandes joutes oratoires s'organisent. Alors, est-elle une tablette africaine ou une tablette chinoise ? Le débat est un peu biaisé. Toutes les grandes marques fabriquent leurs terminaux en Asie, y compris les plus prestigieuses des "majors" américaines. Ce sont les applications et services que Vérone proposera qui diront si, oui ou non, sa tablette est centrée sur son pays et sur l'Afrique. En tout cas, la page "index" que j'ai déjà vue semble indiquer que l'entrepreneur valorisera les contenus locaux, notamment tout ce qui est "outils de guidage" (bars, administrations, etc...). Et je pense que des terminaux pensés d'abord pour les marchés africains accoucheront forcément de démarches plus ciblées et plus riches. Quant aux applications conçues pour un public dont la qualité de connexion n'est toujours pas évidente, on ne peut que diriger nos regards vers les "Labs" et les développeurs du continent.

Deuxièmement, j'ai tendu l'oreille quand le Nigérian Loy Okezie a parlé d'un smartphone Android (Ideos) qui est en train d'arriver sur le marché africain et qui coûtera 100 dollars (c'est-à-dire 50 000 FCFA). Il me semble que c'est une grande nouvelle annonciatrice de l'aube d'une démocratisation du data et de l'Internet mobile sur le continent. Votre grand-tante institutrice à Agboville ou à Bangangté aura bientôt un smartphone. Quels services lui proposerez-vous ?

Troisièmement, je me suis lourdement interrogé sur l'absence de vision des gouvernants africains quant à la révolution numérique. Là où ils devraient sentir qu'il ne s'agit pas que d'un nouveau marché mais bel et bien du nouveau monde. J'ai écouté avec passion Joël Nlepe parler de l'ouverture des données publiques et de la valeur ajoutée qu'elle pourrait "libérer" et Isabelle Gross de Balancing Act Africa parler de ce qu'il faudrait faire pour tirer le mieux profit de l'après-fibre optique. Mais qui les entend ? Qui est pressé de traduire en vision globale ces conseils avisés ? Petit exemple : malgré ses ressources pétrolières, le Congo a traîné pour se raccorder à la fibre optique, qui ne sera disponible que mi-2012. D'ici là, ce sont les très coûteux moyens satellitaires qui fournissent un débit de piètre qualité.