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21/09/2011

Africa Web Summit : ce que je retiens de deux journées-marathon

Je reviens tout juste de Brazzaville, où j'ai participé, avec plusieurs "figures" du web africain et francophone, à l'Africa Web Summit, organisé par l'entrepreneur congolais Vérone Mankou. En quelques phrases, ce que j'ai retenu des riches échanges de ces deux journées.

render_3.jpgPremièrement, bien entendu, j'ai touché la tablette de Vérone, la "VMK Tablet", autour de laquelle de grandes joutes oratoires s'organisent. Alors, est-elle une tablette africaine ou une tablette chinoise ? Le débat est un peu biaisé. Toutes les grandes marques fabriquent leurs terminaux en Asie, y compris les plus prestigieuses des "majors" américaines. Ce sont les applications et services que Vérone proposera qui diront si, oui ou non, sa tablette est centrée sur son pays et sur l'Afrique. En tout cas, la page "index" que j'ai déjà vue semble indiquer que l'entrepreneur valorisera les contenus locaux, notamment tout ce qui est "outils de guidage" (bars, administrations, etc...). Et je pense que des terminaux pensés d'abord pour les marchés africains accoucheront forcément de démarches plus ciblées et plus riches. Quant aux applications conçues pour un public dont la qualité de connexion n'est toujours pas évidente, on ne peut que diriger nos regards vers les "Labs" et les développeurs du continent.

Deuxièmement, j'ai tendu l'oreille quand le Nigérian Loy Okezie a parlé d'un smartphone Android (Ideos) qui est en train d'arriver sur le marché africain et qui coûtera 100 dollars (c'est-à-dire 50 000 FCFA). Il me semble que c'est une grande nouvelle annonciatrice de l'aube d'une démocratisation du data et de l'Internet mobile sur le continent. Votre grand-tante institutrice à Agboville ou à Bangangté aura bientôt un smartphone. Quels services lui proposerez-vous ?

Troisièmement, je me suis lourdement interrogé sur l'absence de vision des gouvernants africains quant à la révolution numérique. Là où ils devraient sentir qu'il ne s'agit pas que d'un nouveau marché mais bel et bien du nouveau monde. J'ai écouté avec passion Joël Nlepe parler de l'ouverture des données publiques et de la valeur ajoutée qu'elle pourrait "libérer" et Isabelle Gross de Balancing Act Africa parler de ce qu'il faudrait faire pour tirer le mieux profit de l'après-fibre optique. Mais qui les entend ? Qui est pressé de traduire en vision globale ces conseils avisés ? Petit exemple : malgré ses ressources pétrolières, le Congo a traîné pour se raccorder à la fibre optique, qui ne sera disponible que mi-2012. D'ici là, ce sont les très coûteux moyens satellitaires qui fournissent un débit de piètre qualité.

Commentaires

Bonjour!
Voilà des questions bien pertinentes...ça enrichi le débat...dommage que nos dirigeants soient aveugles...bien que dans les fait ce soit ainsi partout dans le monde...la technologie dicte sa loi...et les gouvernements péniblement essayent de s'ajuster...le plaidoyer à faire est pour les jeunes afin qu'ils sentent la mine d'opportunité que les TIC regorgent en termes d'emplois...bonne journée

Écrit par : Georges | 21/09/2011

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