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14/09/2011

Financement de la campagne de Chirac par la Côte d’Ivoire sous Gbagbo : une affaire de racket !

 

Alors qu’à Paris comme à Abidjan, les camps Ouattara et Sarkozy essaient de tirer la couverture de leur côté dans le flot de révélations sur la «République des mallettes» et la Françafrique, rappel d’un certain nombre de vérités fondamentales sur l’histoire récente des relations entre Paris et Abidjan.

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L’hypocrisie à l’ivoirienne a visiblement de beaux jours devant elle. Alors que la Françafrique se déshabille en public à quelques mois d’une élection présidentielle française qui s’annonce particulièrement violente, et que sortent des secrets de Polichinelle sur la participation de la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo au financement de la campagne de Jacques Chirac en 2002, le camp Ouattara et ses alliés internationaux tentent une fois de plus de travestir grossièrement l’histoire récente de la Côte d’Ivoire. Le fait que le fondateur du FPI ait payé une fois son obole à une mafia internationale qui ne lui a jamais laissé le moindre répit fait de lui, si l’on en croit les idéologues du sarko-ouattarisme, un symbole de la Françafrique, au même titre qu’Omar Bongo ou Denis Sassou N’Guesso. Gbagbo a donc trompé les Ivoiriens, en les embarquant dans un prétendu combat anticolonial ! Pour peu, ceux qui ont toujours applaudi la brutalité coloniale française en Côte d’Ivoire, qui ont notamment salué les massacres de l’armée française en novembre 2004, se transformeraient pour quelques jours en sankaristes sourcilleux, pour mieux s’adonner à leur œuvre de «dégbagboïsation» forcenée.

 

Il faut être clair. Le débat sur la validité de la stratégie de Laurent Gbagbo, nationaliste africain qui a pendant longtemps essayé de ménager les susceptibilités d’une ex-puissance dominatrice qui ne l’a jamais porté dans son cœur, est tout à fait légitime. Mais il doit être mené par les Africains opposés au néocolonialisme et à l’idéologie impériale des Occidentaux. Que des personnes qui doivent tout au système françafricain, dont ils ne se dissocient même pas par une petite nuance, jouent les vierges effarouchées est une imposture qu’il faut dénoncer. Une imposture dont le cynisme peut être résumé ainsi : «Imposons à nos ennemis notre danse indansable. S’ils tentent de composer, on dira aux leurs qu’ils n’étaient pas aussi purs qu’ils le disaient. S’ils restent inflexibles, on leur reprochera d’avoir livré leur peuple au chaos à cause de leur radicalisme !» Ceux qui instruisent le procès de Gbagbo parce qu’il a cédé une fois aux pratiques de la Françafrique sont ceux qui en septembre 2002 l’accusaient d’avoir voulu rompre trop vite avec la tradition et d’avoir conduit la Côte d’Ivoire à l’aventure. Car les mallettes remises aux émissaires des chefs d’Etat français est un héritage national que Gbagbo a assumé. Robert Bourgi n’a-t-il pas raconté qu’Houphouët-Boigny est allé jusqu’à financer la campagne de Jean-Marie Le Pen (extrême droite) en 1988 ? Il faut pourtant poser les bonnes questions et rappeler des vérités indiscutables face aux éternels contradicteurs des évidences.

Chirac, policier racketteur, Gbagbo automobiliste racketté

Robert Bourgi, qui met en scène ses révélations intéressées de la manière qui le compromet le moins, oublie de raconter dans quelles circonstances Laurent Gbagbo a accepté de se soumettre à la politique des mallettes. En effet, qui a sollicité l’acte de corruption ? C’est Mamadou Koulibaly qui répond à cette question en racontant comment Robert Bourgi, missi dominici officiel de Jacques Chirac, président français, a explicitement demandé à Gbagbo de contribuer à la campagne de son parrain. En faisant une menace voilée. Si on veut avoir de l’avenir en politique, il faut savoir être généreux, a-t-il dit en substance. La situation s’apparente très clairement à celle que nous vivons tous les jours dans nos rues d’Afrique. Un policier, qui a son arme en main et est capable d’immobiliser les automobilistes pendant des heures voire de les conduire au poste, demande à un chauffeur de taxi de lui donner de l’argent. Certes, il a la possibilité de refuser, et de commencer un bras de fer qui peut le broyer ou lui permettre de gagner le respect après beaucoup de difficultés. Mais il peut aussi craquer et payer. Parce qu’il doit payer les études de ses enfants et son loyer. Dans tous les cas, il y a un bourreau, le policier racketteur, et une victime, le chauffeur de taxi racketté. Et il est inconcevable que les chauffeurs de taxi qui servent d’indicateurs aux policiers véreux reprochent au racketté d’avoir cédé à celui qui avait de toute façon le pouvoir sur lui. Il est inadmissible que les forces qui se sont mis corps et âme au service de la Françafrique au point de livrer leur pays aux hordes criminelles de Charles Taylor et de Blaise Compaoré en septembre 2002 tentent de tirer profit des contradictions de ceux qui ployaient sous le poids de leur violence multiforme.

Gbagbo est une victime de la Françafrique

Dans une interview dont la complaisance est très expressive sur les «réseaux» qui le soutiennent, publiée hier par Le Figaro, Alassane Ouattara essaie d’instrumentaliser l’affaire des mallettes contre Gbagbo tout en trahissant sa gêne dans la mesure où ceux qui l’ont porté à bout de bras pendant de longues années – Blaise Compaoré et Jacques Chirac – sont cités. «J'étais dans l'opposition. Ceci étant, je suis surpris, parce que Laurent Gbagbo disait être un nationaliste soucieux de l'utilisation des deniers publics dans l'intérêt des Ivoiriens. Je note cependant que les chefs d'État cités ont tous démenti et que le président Chirac et M. de Villepin vont porter plainte. C'est une affaire qui ne nous concerne pas», dit-il, elliptique.

Pendant ce temps, les thuriféraires de la Sarkozie en France, servis par la dénonciation sélective de Robert Bourgi, qui affirme pince-sans-rire que tout le monde a «bouffé» sauf l’actuel président français, tentent de faire de leur soutien à Ouattara, ami de vingt ans du numéro un français, un exemple de leur soutien à la démocratie contre la Françafrique. Ils peuvent le faire parce que leurs compatriotes ne s’intéressent pas en profondeur aux dossiers africains, et que les socialistes français sont tout aussi «adolâtres» que leurs rivaux de droite. En effet, la guerre de la France menée par Sarkozy contre Gbagbo ne relève pas de la rupture mais de la pure continuité chiraquienne. Aucun chef d’Etat dans l’histoire de l’Afrique n’a été autant persécuté par la France que Laurent Gbagbo. Même Sékou Touré ! Gbagbo est le seul chef d’Etat africain qui a subi des attaques militaires aériennes violentes de la France. Il en a subi deux : sous Jacques Chirac et sous Nicolas Sarkozy. C’est le seul chef d’Etat africain à avoir vu ses partisans tués par centaines et en deux épisodes, par les mercenaires de la Légion étrangère française. C’est le seul opposant ayant dans son programme politique la fermeture des bases aériennes françaises qui est arrivé au pouvoir. C’est l’un des premiers historiens africains à avoir déconstruit les mythes fondateurs de la Françafrique gaulliste dans sa thèse, exhumée par Le Monde après sa chute. Gbagbo est une victime de la Françafrique. Une victime qui a cru pouvoir s’en sortir par quelques compromis qu’on peut juger bancals mais une victime quand même.

Ouattara agent de la Françafrique

Ouattara, de son côté, est un agent de la Françafrique. Ses premiers actes de gouvernance le montrent. On se plaignait de la concession du port d’Abidjan, octroyée par Gbagbo à Bolloré ? Ouattara a déjà «offert» Air Ivoire, l’hôtel Ivoire et la quasi-totalité des marchés de reconstruction aux entreprises françaises. Ses ministres se plaignent de son «vice-président» omniprésent, le Français Philippe Serey-Eiffel. Nicolas Sarkozy affecte à la présidence ivoirienne des fonctionnaires français s’occupant de la Défense, de la Justice et de l’administration générale… ce qui ne se fait plus dans la plupart des pays africains. En cent jours de pouvoir, Ouattara a fait trois séjours en France, où il possède deux somptueuses résidences. Quand il était opposant, il bénéficiait, de l’avion à sa maison de Mougins, de la protection rapprochée de gendarmes français, payés par le contribuable français.

Jamais un autre opposant africain en dehors d’Alassane Ouattara n’a jamais été autant soutenu par la France depuis les indépendances. Ses parrains politiques en Afrique ont été Houphouët-Boigny, puis Omar Bongo et Blaise Compaoré. C’est ce dernier et Charles Taylor, autre porte-flingues de la Françafrique, qui ont monté la rébellion grâce à laquelle il est au pouvoir. Selon des révélations du quotidien Le Monde daté du 21 mai 2011, son épouse Dominique gère «le patrimoine contesté de dirigeants africains, à Cannes et aussi à Libreville (Gabon), où feu le président Omar Bongo avait demandé à Mme Ouattara d’ouvrir une succursale». En un mot comme en cent, s’il y a une personne qui devrait être interrogée comme témoin dans l’affaire des «biens mal acquis» qui piétine en France, c’est bien Madame Ouattara.

Philippe Brou

 

Commentaires

Sarkozy veut Sa françafrique avec ses propres réseaux essentiellement francmaçons.Et plus gourmand pour lui et ses amis de la "haute finance" il voit plus "grand"!
Avec Ouattara, Alpha Condé et Yssoufou, ce n'est plus une affaire de mallettes mais des pans entiers de l'économie et d'immenses ressources naturelles qui sont dans le viseur.
Ouattara a déjà montré son zèle en 1991/1993 et dès le début de son mandat - imposture

Écrit par : De Débora | 18/09/2011

Alassane Ouattara le bourkinabé ne sera jamais le president des Ivoiriens dans leurs esprits et dans leurs coeurs.Depuis que la France l'a installé,il ne parle pas de recomptage des voix parce qu'il n'a pas gagné les élections dans le pays donc il n'ai pas originaire.Cet homme est venu avec le système de la mendicité internationale,pourquoi il n'arrive pas a redresser la situation economique de soi-disant son pays.C'est un caissier de super marché.Sachez que la France,l'union européenne et les Etats-unis d'Amerique sont des ravisseurs et des racketteurs en Afrique et en Cote d'Ivoire.

Écrit par : ouattara | 26/09/2011

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