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23/06/2011

Assaut français contre la résidence de Gbagbo : Sidiki Bakaba témoigne (article paru dans Le Nouveau Courrier du 21 juin 2011)

Il a failli mourir, ciblé par un hélicoptère de Licorne puis battu à coups de crosse par les soldats d’Alassane Ouattara. Mais il a été jusqu’au bout de sa destinée de témoin des chocs de l’Histoire nationale. Il ne regrette rien. De son lieu de rééducation en France, il se souvient…

 

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«On dit que ce qui échappe à la conscience nous revient sous forme de destin». Dans le «refuge» où il s’est retiré, au coeur de la France profonde, pour panser ses plaies,  Sidiki Bakaba, présent à la Résidence présidentielle de Cocody au moment du kidnapping de  Laurent Gbagbo et de sa suite, soigne son âme à coups d’introspection philosophique.

Il en est persuadé : son destin et sa vocation d’artiste engagé l’ont toujours amené à  être le témoin privilégié d’événements importants pour son pays et son continent. Une  fois de plus, il a donc été jeté au coeur de la fournaise ardente. Comme dans d’autres pays africains, au Burkina Faso durant la période «révolutionnaire», ou en Guinée lors de  la première purge du règne de Lansana Conté, en 1985. Comme en novembre 2004, lors du  premier«épisode» de la guerre de la France contre la Côte d’Ivoire. Une page tragique de l’histoire de la Côte d’Ivoire qu’il a «offerte» aux générations futures sous la forme d’un documentaire au nom évocateur : «La Victoire aux Mains Nues».

Témoin d'une résistance héroïque

«Je n'avais pas forcément l'intention de faire un film sur la crise postélectorale. Contrairement à ce qu'une légende bien orientée prétend, je ne suis pas allé sur le front  avec l'intention de me battre arme au poing. C'est le front qui estvenu vers moi! Ma maison se trouve dans le pourtour présidentiel, à quelques minutes à pied de la Résidence présidentielle.

Progressivement,les bruits de guerre se sont rapprochés. Un jour, je me réveille, et je vois devant mon domicile quelques centaines de jeunes combattants loyalistes. Ils m’expliquent qu’Abidjan est divisée, et que seuls les combattants sont dans la rue. Ils se reconnaissent par des noms de code bien spéciaux. Les uns, c’est «ami ami», les autres c’est «miaou miaou».

Bref, ils m’expliquent que je ne peux pas sortir seul même pour acheter du pain. Et ils me proposent de m’escorter, de me protéger d’une certaine manière. J’écoute ces jeunes soldats, qui sont mes compagnons par la force des choses. Et il me semble que je retrouve dans leur bouche les mêmes mots que ceux des jeunes qui, les mains nues, ont affronté les chars français en novembre 2004. Sauf que là, ils sont armés. Ils disent qu’ils sont prêts à mourir... Ils répètent :«Nous voulons libérer la Côte d’Ivoire, nous voulons libérer l’Afrique. L’indépendance que vous, nos oncles, avez eue, elle n’est pas réelle. Nous avons la mémoire de 2004. Cette fois, cela ne se pas sera pas comme ça, ils ne nous trouveront pas les mains nues». La phrase «il faut libérer l’Afrique » crée une résonance en moi. Nous l’avions prononcée il y a longtemps, quand j’étais jeune, quand nous commencions à remettre en cause les indépendances dans nos pays. Je suis donc allé voir, sentir, et pourquoi pas témoigner de ce qui apparaissait déjà comme un remake de novembre 2004».

Sidiki Bakaba ne pense pas forcément à un documentaire. Mais dans sa tête trotte l’idée d’un film de fiction  reconstituant l’histoire de la Côte d’Ivoire. Il se dit : «Dans ce cas, il me faut du matériau». Et ajoute : «Je ne voulais pas travailler à partir de ce qui a été écrit ou raconté par d’autres, mais vivre cette histoire-là, à l’endroit où je me trouvais». Du côté où il se trouvait aussi, peut-on ajouter. Comme les équipes de la chaîne de télévision franco-allemande Arte ont filmé la descente sanglante des FRCI à Abidjan, lui, il filmait ce qui est très vite apparue comme une résistance «héroïque».

Il filme quelques centaines de combattants qui font face aux assauts répétés d’adversaires soutenus logistiquement par l’armée française et par l’ONUCI. Mais qui, systématiquement, battent en retraite, perdent des hommes en masse, s’enfuient en laissant des liasses de faux billets offerts par leurs commanditaires politiques – un mensonge fondamental qui explique sans doute aujourd’hui les actes de sabotage économique et de pillage forcené des FRCI.

Sidiki Bakaba, qui ne peut plus dormir chez lui dans ce contexte explosif, filme également le petit monde qui s’est aggloméré autour de Laurent Gbagbo à la Résidence, préparé à partager une destinée tragique. Il voit arriver là les généraux Philippe Mangou (chef d’état-major des Armées) et Edouard Tiapé Kassaraté (patron de la gendarmerie). Des généraux que la rumeur accuse déjà de trahison. Très vite, Laurent Gbagbo les éconduit, 
le cameraman de la RTI et lui. «Nous avons à nous dire des choses qui ne se disent pas devant les caméras», explique le chef de l’Etat. Bakaba pressent une atmosphère houleuse...

Le bureau de Gbagbo mitraillé alors qu’il s’y trouve. Progressivement, la pression des coalisés se renforce. Un autre témoin présent à la Résidence, dont nous taisons le nom pour des raisons de sécurité évidentes, raconte. «A partir du 7 avril, les attaques des hélicos se sont intensifiées. On était obligés de se réfugier au sous-sol. Le 9 avril, la dégradation s’est accélérée. La bibliothèque de la Résidence a pris feu, contaminée en quelque sorte par des voitures qui se trouvaient dans la cour et qui, bombardées, avaient explosé littéralement». Ce témoin là fait une révélation troublante. «Le vendredi, le bureau du président a été mitraillé au moment où il venait d’y entrer pour travailler un peu, comme si ses ennemis maîtrisaient ses mouvements.» Miraculeusement, Gbagbo s’en sort, et retourne au sous-sol. L’atmosphère est apocalyptique dans ce que les médias occidentaux appellent«le bunker».

Les veillées de prière se succèdent. «On n’espérait qu’en Dieu seul», se souvient ce témoin. Le dimanche 10 avril, en milieu d’après-midi, l’amiral Vagba Faussignaux annonce que les forces internationales vont venir chercher l’ambassadeur d’Israël, et demande aux soldats de ne pas tirer sur leurs hélicos. Il est 16h40. Très rapidement, une intense campagne de bombardements – la plus terrible! – est engagée. Et Sidiki Bakaba, qui se trouve dans la cour, au niveau de la guérite, à l’entrée de la Résidence, est pris pour  cible, contrairement à un canon bitube, qui ne se trouve pas trop loin. Et est provisoirement épargné. Une caméra accusatrice est sans doute une arme lourde bien plus menaçante...

«Je sens quelque chose d’animal. Je me dis: «Cet hélico va me tirer dessus». Je rentre dans le poste de contrôle. Je me couche par terre, et le mur s’effondre. Je suis comme projeté en l’air. Je retombe par terre. Je psalmodie. «Il n’y a de Dieu que Dieu». Trois fois. Je me lève : une de mes jambes ne répond plus. Je sautille. Je me traîne jusqu’à l’infirmerie. Mon sang gicle de partout. Ils essaient de me soigner. Mais mon instinct de survie me pousse à ramper jusqu’au bâtiment principal.

Je veux aller y mourir dignement. Là-bas, les médecins commencent à m’inciser avec des rasoirs, sans anesthésie. Ils sortent des éclats d’obus tout noirs de mon corps. C’est atroce. J’ai des moments de perte de connaissance. Et des fois je reprends connaissance. Je dis des choses, je les chante. Je répète que cette indépendance réelle, dont ces jeunes qui sacrifient leurs vies rêvent, deviendra réalité un jour. A titre personnel, je suis persuadé que je vais mourir. Des rideaux brûlent. Les personnes les plus religieuses parmi nous semblent partagées entre transe et peur. Je sens que c’est fini, avec la force des explosions. J’accepte le principe de ma mort. Je me dis que j’ai atteint plus de 60 ans, sur un continent où l’espérance de vie est de moins de 50 ans. Je n’ai ni le  sentiment d’être un héros ni celui d’être un lâche, mais un homme qui meurt dignement».

Des incendies provoqués délibérément

Les incendies, méticuleusement provoqués par les frappes françaises pour faire sortir les «rats» de leur tanière, se multiplient dans le sous-sol. Héroïquement, les ultimes compagnons de Laurent Gbagbo luttent pour éteindre le feu qui menace de les dévorer. Prient. Et se remettent à l’ouvrage. Bakaba est hors jeu. Sa caméra n’a pas survécu. Lors de ses moments de conscience, il sent l’affection forte d’un homme qu’il ne connait pas vraiment, mais dont les paroles affectueuses tentent de le maintenir en vie : il s’agit  de Désiré Tagro (photo), qui ne sait pas qu’il vit lui-même ses dernières heures.

Notre témoin raconte. «Le lundi 11, les bombardements ont repris avec une force inédite. Trente chars français et six hélicos. Ce sont les chars qui détruisent le portail d’entrée à la résidence. Les hélicos crachent leur déluge de flammes... et le sous-sol prend feu à nouveau. On veut remonter par la buanderie. Mais un commandant de l’armée nous dit que si
on le fait, ils vont nous canarder. Nous sommes coincés dans un tunnel. Avec le chef de l’Etat, son épouse, les ministres. Il n’y a pas d’issue de secours. Le portail de secours est bloqué. Celui qui en avait les clés a disparu.

Avec les clés. Notre seul choix : mourir canardés ou asphyxiés. Pendant près de trente minutes, le commandant mitraille ce portail. Il réussit à le défoncer.Nous cachons le chef de l’Etat dans un endroit pas loin de la bibliothèque. C’est à ce moment-là que Désiré Tagro appelle les Français pour demander l’arrêt des tirs. On lui 
remet un drapeau blanc pour qu’il sorte négocier. Quand il sort, on lui tire dessus. Il revient pour dire au chef de l’Etat :
«ils vont nous tuer». Cinq minutes après, des rebelles pénètrent dans la Résidence.»

Le carnaval de violence commence, malgré le fait qu’Hervé Touré dit «Vétcho», s’oppose à l’assassinat des civils. Des personnes ont été tuées au rez-de-chaussée. Des coups de kalach, des coups de couteau, des balles dans les fesses… Les nouveaux «prisonniers», y compris les religieux, mis entièrement nus,sans le moindre cache-sexe, doivent chanter, sous la menace des armes, «on va installer ADO». Certaines personnes sont mitraillées dans la cour. Et tombent. Mortes ? Très probablement. Les autres n’ont pas le temps de voir s’ils sont récupérables. Un homme filme sans relâche ce spectacle macabre. C’est un militaire français, un Blanc, le seul qui est franchement visible aux côtés des FRCI, qui est descendu des chars avec eux. Ce sont ses images à lui qui seront présentées par le ministre de la Défense français, Gérard Longuet, comme ayant été prises par la troupe 
d’Alassane Ouattara.

Sauvé par Paul Madys et un militaire français

Quand Sidiki Bakaba reprend conscience  -avant de s’évanouir à nouveau quelques temps après –, il est face à trois personnes, habillées en treillis. Chacune est coiffée d’un bonnet et d’une plume sur la tête. L’un d’entre eux dit, comme dans une scène de western : «Ah ! Sidiki Bakaba, toujours fidèle !  Fidèle jusqu’au bout ! Moi, j’aime les gens fidèles !» Il a un drôle de sourire aux lèvres. Il informe une personne, par téléphone et par talkie walkie, de la présence du premier directeur général du Palais de la Culture d’Abidjan. «Au moins, il me connaît», se dit Bakaba. Le plus jeune des trois hommes en treillis dévisage le «kôrô» mal en point, incapable de se défendre, à l’article de la mort.

«Il m'insulte en malinké, soulève la crosse de sa kalach, me donne un coup violent sur la tête,puis en plein dans l'arcade sourcilière, me promettant de me bousiller un œil. Malgré mon état, je sens une agression terrible. Il me prend ma montre et un talisman en argent. Il ne me reste que le chapelet de ma mère», raconte Bakaba. Qui retombe dans les pommes. Après avoir entendu dire : «On l’a attrapé, on le tient maintenant, Gbagbo».
Quand l’artiste se réveille, il est dans une brousse qu’il ne parvient pas à distinguer. En réalité, il se trouve à proximité de la brigade de gendarmerie en contrebas de la Résidence de Madame Thérèse Houphouët-Boigny avec d’autres blessés considérés comme trop amochés pour arriver à l’hôtel du Golf, où les caméras des journalistes de la presse internationale sont déjà allumées.

Il est donc question, pour l’armée de Ouattara, de les achever là. Mais les FRCI se heurtent au refus des soldats français. «Derrière nous, il y a plusieurs soldats des FRCI avec des kalachs qui nous promettent une mort certaine. En face de moi, je vois trois silhouettes de militaires français, qui semblent s’opposer. A ma 
gauche, le chanteur Paul Madys. Avec toute son énergie, il est en train de plaider pour nous auprès des soldats français. Il dit : «On vous demande pardon, ne nous laissez pas. Ceux qui sont derrière-là, vont nous tuer».
En désespoir de cause, il offre sa vie pour la mienne. Il me regarde et dit aux soldats français : «Celui-là, vous ne pouvez pas le laisser. Prenez-le et laissez-moi, je vais mourir à sa place». A ces mots, Bakaba, entre la vie et la mort, ressent une sorte de «bouffée», un «élan de foi en l’homme»«C’était le contraire de l’inhumanité, de la 
violence que m’avait infligée le «blakoro» des FRCI à la Résidence présidentielle. Dans cette Côte d’Ivoire, à ce moment-là, un homme, un frère, qui n’avait rien de mandingue, qui avait au moins vingt ans de moins que moi, donnait sa vie pour moi…»

Alors que ses collègues veulent s’en aller, promettant aux blessés agglutinés là que l’ONUCI viendra les chercher, un militaire français fait le tour de son visage de son doigt, regarde Paul Madys dans les yeux et lui fait le serment de ne pas les abandonner, quand bien même ses collègues le feraient. Il se débrouille pour trouver un char pour conduire les blessés au CHU de Cocody. L’armée française qui, par les airs, a failli ôter la vie à l’acteur 
principal de Bako, l’autre rive, lui sauve la vie à travers l’initiative personnelle d’un jeune homme juste.«Pour la première fois depuis longtemps, je ressens de la fraîcheur, je me sens bien, je perds connaissance».

A son réveil, Sidiki Bakaba est dans un tout autre décor. « J’ouvre les yeux, je suis dans un hôpital. Les gens qui s’occupent de moi représentent l’espoir. Le médecin est akan, il y a là un gars de l’ouest, là une femme du Nord. Des fois, ils vont jusqu’à me prodiguer quatre heures de soin. Comme pour symboliser une Côte d’Ivoire unie par-dessus tout. Si j’étais mort dans cet hôpital, je serais parti avec cette image-là de mon pays, tout en me souvenant que celui qui a failli m’achever de ses coups de crosse sur le crâne était du nord ». Au CHU, l’inquiétude règne. Et pour cause : les FRCI viennent enlever les malades pour les achever. Ceux qui le peuvent s’enfuient, avec la force qui leur reste. Bakaba ne peut pas bouger. Une rumeur opportune, sans doute suscitée par ses protecteurs hospitaliers, le tient pour mort.

Mais il vit. Dans le secret, son épouse Ayala, qui se trouve en France, engage des démarches auprès du HCR à Paris, qui contacte la cellule africaine de l’Elysée, qui ne peut plus dire qu’elle ne savait pas. Les polices d’assurance du couple permettent une évacuation sanitaire. Mais madame Bakaba doit rédiger, au travers de l’ambassadeur Ali Coulibaly à Paris, une lettre affirmant que son époux sort du pays en tant que Français et non en tant qu’Ivoirien.

Arrivé à l’aéroport dans une ambulance, Sidiki Bakaba se déplace en fauteuil roulant. A sa vue, la petite foule des voyageurs et du personnel en service fond en larmes. «Mon Dieu ! On nous a dit que vous étiez morts !», crient certains. Bakaba s’engouffre dans l’avion, rempli à 70% de militaires français rentrant au pays, leur «mission» accomplie. «Marqué par la haine» selon son expression, il se prépare à de longs mois de soins et de rééducation.

Pourquoi Bakaba ne renie pas Gbagbo

laurent-gbagbo-sur-LCI-300x206.jpgLes Ivoiriens le savent. Sidiki Bakaba entretenait des rapports passionnels et compliqués avec le président Laurent Gbagbo, avec qui il n’a pas toujours été sur la même longueur d’ondes. En conflit avec des ministres qui, estime-t-il, lui ont savonné la planche, il a souvent attendu de nombreux – et douloureux – mois une audience présidentielle. Mais il est hors de question pour lui, hier, aujourd’hui ou demain, de renier le chef de l’Etat renversé. Et il l’explique, avec passion.

«Je retiens qu’aux derniers moments avant son arrestation,il m’aura vu. L’ami est l’ami, dans ma culture. Aujourd’hui qu’il est dans une situation difficile, je ne crache pas sur Gbagbo. Il a certes des défauts, mais il n’est pas le monstre qu’on dépeint.

Je n’aurais pas composé avec un monstre. Il y a une sagesse qui dit chez nous «le fou de quelqu’un ici est le sage de quelqu’un ailleurs». L’homme que je connais est un homme qui m’a respecté, qui a respecté mes créations même s’il n’en a pas toujours fait une promotion à la mesure de ce que j’attendais. Je retiens qu’il m’a respecté, qu’il a respecté mon travail en se refusant à interférer, et c’est très important pour un homme de culture soninkée. Je pense que ces derniers jours là, il a dû penser aux petites anecdotes que je lui rappelais quand on avait l’occasion d’avoir des moments d’intimité.

Comme celle du rapport entre Samory, le dernier empereur résistant face à la pénétration coloniale, avec son ami et aîné Morifindian Diabaté, griot, mémoire vivante du pays et capitaine. Quand Samory a été arrêté à Guélémou en Côte d’Ivoire, Diabaté a proposé d’aller avec lui en prison. Les Français ont dit «non», et sont allés avec Samory au Gabon. Plusieurs mois plus tard, Morifindian est arrivé au  Gabon par ses propres moyens. Ils se sont parlé, se sont rappelé les moments de gloire et les moments tristes. Quand Samory est mort, Diabaté l’a enterré. Les Français lui ont  proposé de le ramener en Côte d’Ivoire. Il a refusé. Il a creusé sa propre tombe à côté de celle de Samory. Et il leur a dit : «Quand je mourrai, vous m’enterrerez ici». Et ses dernières volontés ont été respectées. Ce n’est qu’à la fin de son règne que Sékou Touré a ramené leurs cendres dans leur terroir ancestral mandingue, en Guinée.

Ce n’est pas leurs faits de guerre, leur gloire, qui ont alors été célébrés, mais leur serment d’amitié, la valeur du serment d’amitié. Là où il est, peut-être mon grand-frère se dira que je ne suis pas Louis Sépulvéda, romancier et compagnon de route d’Allende jusqu’à sa fin tragique au palais de la Moneda.

Je ne suis pas Morifindian Diabaté, mais je suis Sidiki Bakaba avec mon histoire. Ceux qui racontent que j’ai combattu les armes à la main doivent savoir que je ne suis pas André Malraux qui s’est engagé et s’est battu dans un avion militaire contre le franquisme en Espagne. Il l’a fait par conviction. Il n’a pas été diabolisé pour autant. De Gaulle en a fait son ministre de la Culture. Moi, Sidiki, j’attends mon De Gaulle."


 

Commentaires

merci pour ce témoignage qui m'a laissé lorsque je l'ai lu ce 21 juin sans voix fasse au peur, aux espoir, et toutes ses peines. Que DIEU vous protège tous et accueille tous ceux qui n'ont pas eu la chance de survivre. J'ai froid dans le dos et la chaire de poule. Dites, avez-vous des nouvelles de Paul Madys ?
Bonne guérison au Kôrô, et restons ferme sur nos valeurs (chacun en a plusieurs, mais celles de faire passer les autres avant soi par amour) qui déterminera notre réussite.

Écrit par : Brou dammaud C I | 23/06/2011

Tout simplement emu

Écrit par : armel | 23/06/2011

Yako à vs ts ki avez soutenu notr président de prè dans ces moments difficiles.il est 1 digne fils de la ci et de l'afrique.il es présenté kom 1 demon et pourtan malgré ces defo il plus "saint" ke le fils du pays des hommes dits intègres

Écrit par : baruck | 23/06/2011

en lisant ce témoignage jè les larmes aux yeux les hautes personnalités de ce pays on du subir cette grande humiliation le pr koudou et tt sa grande famille on du se frotter avec ces malfrats mais com on le dit god est riche en bonté et lent en colère tot ou tard il va tous ns juger et cela sera la vrai justice pas comme on veut nous le croire ojourdhui. jose croire ke dieu est entrain de punir le pr koudou mais ce k je sais cè ke la punission de god pour dramane outtara la france et otres sera plus sévère et ca jen suis plus k sur.ke dieu protège kil fortifie LG et son entourage et sache k tu demeure pr ns une sentinelle."LE SOLEIL SE LEVERA UN JOUR SUR LA CI" parole de LG

Écrit par : ines flora | 23/06/2011

Je retiens de ce témoignage la leçon d'une vraie amitié que Sidiki a assumé jusqu'au bout. Etre aux côtés de son ami dans les moments difficiles, l'accepter malgré ses défauts et reconnaître ses valeurs sont des choses essentielles. Ici en Côte d'ivoire, surtout dans le milieu politique, très peu sont les relations d'amitié sincères; tous ou prsque que tous en fait ne se lient en gens que par intérêt. Le face à face entre les deux tours des élections voulait nous faire croire qu'il y avait amitié entre les deux candidats qui au moment des résultats se sont conduit comme les pires ennemis.

Écrit par : Django Kévin | 24/06/2011

C'est un grand

Écrit par : affairage | 26/06/2011

Dieu est un Dieu de Justice et il leur rendra la gloire qu'il leur reserve un jour!

Écrit par : pacokap | 27/06/2011

je dis tout simplement ,que watra sache qu'il n'est pas au bout du tunnel,car ces grandes personalité qu'ils ont humiliés au profile des illétrés ne restera pas impuni.Qu'il compte sur les ivoiriens et surtout ses supporteur les mème baoulé pour le faire partir.car chez nous a l'ouest actuelement ces frère de la sous region occupent nos forèts ,plantation,moi mème ma grande mère est de guiglo en allant a touleupleu(a ouest) elle vient d'arriver a abidjan ,elle nous raconte que ses plantations(ses unique resource) sont occupés ,par les burkinabé,senoufo ,(ses travailleurs)jusqu'aujourdhui.en plus de ce qu'elle a traversé :lorqu'ils sont arrivé dans notre village en avril ,elle etant la presidente des OFPI du cavally ils ont incendié sa maison ainsi ceux des simple villageois ,elle qui entre tant qui avait des refugiés des villages voisin chez elle, tous ce monde a du trouver refuges dans la forèt ,pendant 3 semaine,affamé son petit fils qui est retourné au village avec d'autre jeunes pour chercher a manger ont été tué.mème en venant à abidjan ils ont du payer de l'argent pour se dedouaner comme sils étaient une marchandise.et ceci est pareil pour tous les passagés en plus du prix du transport qui a triplé.j'imagine ce que doit vivre ceux qui n'ont pas de parents à l'etranger,comment font ils pour vivre?je pense que les ivoiriens ne vont pas laisser tout ce qu'ils vivent.
les enfants continue d'etre traumatiser ,la semaine dernière la fille de mon oncle a abidjan l'a appelé en pleurant demandant a son père de venir la chercher car elle qui va a l'ecole a coté de la BAE ,pendant les tires les enseignant ont fui pour les laisser.
c'est malheureux.

Écrit par : esthou | 01/07/2011

il semble que l'artiste qui a fait une dedicace au president GBAGBO sur afrobox.net soit paul Madys.

Écrit par : esthou | 01/07/2011

Merciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!
jamais nous n'abandonnerons la côte d'ivoire aux dirigeants français qui massacrent les ivoiriens depuis 2002 et commettent des génocides en afrique en liaison avec les grands pilleurs(onu, dirigeants français, commission européenn, fmi, rose croix, croix rouge, vatican, françafrique, franc maçonnerie,cpi, tpi, oms, unesco, unicef, etc.) regroupés au sein de la communauté dite internationale.
Vive gbagbo président élu par le peuple ivoirien
L'afrique aux africains
INDEPENDENCE NOW
time is coming, time is coming.

Écrit par : lia | 18/07/2011

seule DIEU le juste juge saura te recompense le jour de la retribution .tu es un digne fils de la cote d'ivoire(l'afrique).longue vie a toi.

Écrit par : mirevolte | 19/07/2011

Prompte retablissement à toi koro et que Dieu le jeste misericorde Dieu combatte pour nous les sans vois, et qu'il se souvienne de mon presi celui des vrais ivoirien.(LORENT GBAGBO).

Écrit par : medio | 01/10/2011

je retiendrai juste une chose,j'attend mon de gaulle...sa veux tout dire et j'espère que se de gaulle là va arrivée car sa sera une grosse perte pour la cote d'ivoire pour un homme de culture de cette taille!!!

Écrit par : ange kablan | 18/01/2012

QUE LE TRES HAUT TE COMBLE DE SES GRÄCES POUR LE SYMBOLE QUE TU REPRESENTE POUR UNE GENERATION DE JOURNALISTE QUE TU AS INITIEE A LA CRITIQUE CINEMATOGRAPHIQUE ET QUE TU AS FORGE A L'ecriture (en affichants les meilleurs articles de tes spectacles), ET POUR LE PERE QUE TU AS ETE POUR MOI EN M'initiant a la chose culturelle.

Écrit par : BEMY | 11/05/2013

je suis tres heureux,et mon coeur est avec vous depuis conakry!votre fiston,bien choses a ma tantie Ayala et a mes cousins.

Écrit par : mane aly de doura | 18/10/2013

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