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10/05/2011

Le journal de Guillaume Soro se réjouit du musellement de la presse d'opposition

NordSud_1760.jpgC'est une preuve de plus que le régime d'Alassane Ouattara est bien décidé à installer la Côte d'Ivoire dans la pensée unique la plus stérile et refuse de toutes ses forces le pluralisme médiatique. Nord-Sud, le quotidien contrôlé par Guillaume Soro, Premier ministre, ministre de la Défense et chef quasi opérationnel des FRCI, forces armées pro-Ouattara, dans son édition de ce 10 mai 2011, lance une campagne virulente contre César Etou, directeur de publication du quotidien Notre Voie, contrôlé par le FPI, parti de Laurent Gbagbo. Pourquoi ? César Etou a commis le "crime" d'écrire une lettre à des organisations de défense des droits de l'Homme pour les alerter sur des allégations de mauvais traitements sur Simone Gbagbo, épouse de Laurent Gbagbo. Des allégations a priori crédibles quand on sait que le 11 avril dernier, elle a vu ses vêtements déchirés et ses cheveux arrachés avant d'être contrainte de poser dans des positions humiliantes avec des combattants FRCI aux mines patibulaires. Des allégations entretenues par le fait que Simone Gbagbo n'a eu aucun contact physique ou téléphonique avec l'un de ses proches depuis le 11 avril dernier, jour de son arrestation.

Nord-Sud "incendie" Etou, dont la photo est placée à la "Une" du journal.

"Les dignitaires et autres cadres du Front populaire ivoirien (Fpi) sont-ils vraiment prêts à aller à la paix avec les Ivoiriens ? Pas si sûr pourrait-on dire si on en juge le fait qu’ils rament à contre-courant de leur profession de foi dans laquelle, ils clament leur disposition d’esprit à tourner la page des jours sombres que le pays vient de connaître par leur fait. Au nombre des frontistes encore loin de s’être repentis, figure César Etou, journaliste au quotidien ‘’Notre Voie’’, le porte-voix officiel du Fpi.
Dans un courrier adressé à plusieurs organisations de défense des droits de l’Homme, il a choisi d’attiser le feu grâce à un tissu de mensonges
tricoté autour de l’assignation à résidence surveillée de Simone Gbagbo. « Selon des informations précises, les rebelles de Ouattara
font payer 200 F Cfa aux femmes pour aller regarder la première dame, Simone Gbagbo, par les fenêtres de sa résidence de détention.

Le spectacle ressemble à ceux qu’on offre au public enflammé pour observer une bête de foire », soutient César Etou qui ne se fait pas prier pour accuser les soldats de l’Onuci, de complicité et de ‘’mauvais traitement’’ sur la personne de l’épouse de Laurent Gbagbo."

"Balivernes et mensonges !", hurle Nord-Sud, qui n'a pas enquêté sur place. Avant de menacer de manière très claire et de se réjouir des entraves à la liberté de la presse en Côte d'Ivoire:

"D’où le pyromane de César Etou tient-il donc ces informations, lui qui n’a jamais eu le courage de dépasser le périmètre de son domicile, de peur de répondre de ses écrits incendiaires devant ses concitoyens. Surtout qu’il se permet d’écrire qu’il tient son scoop de sources précises. Tout le monde peut comprendre que c’est ce type de journalisme que lui (de surcroît directeur de publication) et ses journalistes ont pratiqué depuis octobre 2000 et qui a conduit le pays dans le gouffre. Et, c’est au moment où le pays leur offre l’occasion de se racheter, qu’il se livre à cette dérive, à tragédie morale. Fort heureusement que les journaux ‘’bleus’’ sont dans l’impossibilité de paraître. Sinon…"

Rappelons-le : Nord-Sud est le journal contrôlé par le Premier ministre Guillaume Soro, dont on a vu les méthodes expéditives face à son rival Ibrahim Coulibaly dit "IB". Ses prises de position sont à rapprocher de celles d'Hamed Bakayoko, ministre de l'Intérieur, ministre de la Communication par intérim, qui contrôle Le Patriote, quotidien qui n'a pas toujours fait dans la dentelle. Des positions critiquées par Reporters sans frontières dans un communiqué, qui s'indigne du fait que la rédaction de Notre Voie soit "depuis quelques temps occupée par des soldats des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) qui interdisent l’accès des lieux aux journalistes"... Extraits.

"Dans un discours prononcé au Conseil national de la presse, le 3 mai 2011, à l’occasion de la vingtième Journée internationale de la liberté de la presse, le ministre de l’Intérieur et de la Communication, Hamed Bakayoko, a eu des mots peu rassurants vis-à-vis des médias. Sa déclaration s’apparentait plutôt à une mise en garde. "La liberté oui, mais elle a ses limites. La liberté a une certaine frontière. On ne parle plus de liberté quand elle transcende certaines valeurs. Des gens avaient pensé que l’impunité était sans limite. Il faut qu’ils réalisent que ce n’est plus possible. On ne peut pas déstabiliser le tissu social simplement parce qu’on est journaliste. Nous n’allons pas accepter que la presse enfonce la Côte d’Ivoire. La presse porte une responsabilité importante dans cette crise. Les journaux et les journalistes ont voulu être aux avant-postes des politiques, ils ont voulu aller plus loin que les politiques", a-t-il déclaré."

Un autre exemple de ces messages très clairs envoyés par les médias pro-Ouattara et de ce double langage (l'un à destination de l'international, l'autre à vocation interne) est donné par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) dans une lettre ouverte à Alassane Ouattara.

"Nous sommes troublés par les propos de Jean Soro, animateur à la Radio Côte d'Ivoire, contrôlée par votre administration, au cours d'une émission interactive le 17 avril. Après qu'un auditeur a souligné que Le Nouveau Courrier était un exemple de  journal pro-Gbagbo qui aurait prétendument incité à la haine, Jean Soro a déclaré à l'antenne que le compte de tous ceux qui sympathisaient avec Gbagbo serait réglé, selon des journalistes locaux. De tels propos contredisent vos propres déclarations publiques incitant vos partisans à ne pas chercher à se venger."

Quel type de démocratie l'Occident est-il donc venu installer "au bazooka" en Côte d'Ivoire ?

 

Commentaires

vous constatez avec moi, la face ideuse des gens que nous devrons supporter pendant 5 ans. tout ce qui'ils ont fait à mme et m Gbagbo met à nu leur autocracie et leur imoralité. on ne saurait accorder un credit à ces gens. dire d'eux qu'ils sont des bandits à cole blanc serait une vision noble ce sont de simplement des bandits dans la laideur du terme.vu tout ce qu'ils servent depuis 10ans à ce pays. on est aujourd'hui dans une situation de non retour l'avenir de ce pays en depend...

Écrit par : claude fernando ayewa | 11/05/2011

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