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05/05/2011

Pourquoi il ne faut pas brûler Paul Yao N'Dré

 

ado ndré.jpgCe jeudi 5 mai 2011, le président du Conseil constitutionnel ivoirien, Paul Yao N'Dré, a déclaré officiellement Alassane Ouattara président de la République de Côte d'Ivoire. Cinq mois après avoir investi son rival Laurent Gbagbo. A peine l'information annoncée, le célèbre professeur de droit public fait l'objet d'un certain nombre de commentaires. Quasiment tous désobligeants. Les pro-Ouattara considèrent que Yao N'Dré a enfin accepté d'entériner "la vérité des urnes" après des milliers de morts, tandis que les pro-Gbagbo tancent un "Judas", qui s'est dédit.

Mon analyse est que Paul Yao N'Dré ne s'est pas dédit, qu'il a produit un arrêt "politique" (comme cela arrive souvent aux juridictions suprêmes quand la réalité offre des situations institutionnelles inédites), et qu'il a tenté d'opérer une remise en selle de son institution.

Yao N'Dré n'a pas remis en cause son arbitrage du 3 décembre dernier, qui donnait Laurent Gbagbo vainqueur de la présidentielle après prise en compte de ses réclamations, concernant des irrégularités observées dans le nord contrôlée par la rébellion  pro-Ouattara. Yao N'Dré ne dit pas que Ouattara a gagné, mais qu'il doit être investi au nom de ce qu'il faut bien appeler un diktat international. L'Histoire le retiendra. Extraits d'une dépêche de l'AFP.

"Le Conseil constitutionnel a proclamé M. Ouattara président après avoir "fait siennes" les décisions "contraignantes" prises par l`Union africaine (UA) qui avait reconnu M. Ouattara comme nouveau président et pressait M. Gbagbo de partir, a déclaré M. Yao N`Dré, en lisant la décision du Conseil.

Dans sa décision, le Conseil précise également que la Côte d`Ivoire étant membre de l`UA, "les normes et dispositions internationales acceptées par les organes nationaux compétents ont une autorité supérieure à celles des lois et décisions juridictionnelles internes".

Yao N'Dré produit un arrêt politique, donc. Si l'on regarde la Constitution de près, cet arrêt devrait être validé par l'Assemblée nationale, qui doit le transformer en loi. Extraits de la Constitution ivoirienne.

"Article 85

Les Traités de paix, les Traités ou Accords relatifs à l'organisation internationale, ceux qui modifient les lois internes de l'État ne peuvent être ratifiés qu'à la suite d'une loi.


Article 86

Si le Conseil constitutionnel, saisi par le Président de la République, ou par le Président de l'Assemblée nationale ou par un quart au moins des députés, a déclaré qu'un engagement international comporte une clause contraire à la Constitution, l'autorisation de le ratifier ne peut intervenir qu'après la révision de la Constitution


Article 87

Les Traités ou Accords régulièrement ratifiés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve, pour chaque Traité ou Accord, de son application par l'autre partie."

A priori, si le Conseil constitutionnel va jusqu'au bout de sa logique, l'Assemblée nationale devrait endosser ce "traité international". CeLaurent-Gbagbo-serment.jpgquipermettra de la remettre en selle, elle aussi. Et surtout d'empêcher la mise en place d'une transition, d'un Etat d'exception permettant à Ouattara de poser les bases d'un Etat RDR, d'un simili parti unique comme ceux que l'on retrouve dans tous les pays phares de ce que l'on appelle, aujourd'hui encore, la Françafrique. Ce projet contre-révolutionnaire est partagé à la fois par Ouattara et par la France officielle, qui n'a pas chassé le nationalisme ivoirien par la porte (l'éviction brutale de Gbagbo) pour qu'il revienne par la fenêtre (les futures élections législatives, par exemple). Cette stratégie sera-t-elle efficace ? Possible, mais il est permis d'en douter ; tant la force brute des milices de Soro et le soutien inconditionnel de "la communauté internationale" donnent libre cours à "la volonté de puissance" de Ouattara.

La décision du Conseil constitutionnel appelle quelques questions. Si Ouattara devient officiellement président maintenant, que valent les décisions et actions qu'il a prises jusque là ? Et surtout, qui était président jusque là ? La réponse à cette question est forcément "Laurent Gbagbo", ce qui implique que les procédures judiciaires qui le touchent en ce moment sont nulles. Extraits de la Constitution, qui indiquent également que les ministres du gouvernement Gbagbo ne sauraient être poursuivis par des juridictions ordinaires.

Article 108

La Haute Cour de Justice est composée de députés que l'Assemblée nationale élit en son sein, dès la première session de la législature. Elle est présidée par le Président de la Cour de Cassation.


Une loi organique détermine le nombre de ses membres, ses attributions et les règles de son fonctionnement ainsi que la procédure suivie devant elle.


Article 109

Le Président de la République n'est responsable des actes accomplis dans l'exercice de ses fonctions et traduit devant la Haute Cour de Justice qu'en cas de haute trahison.


Article 110

La Haute Cour de Justice est compétente pour juger les membres du Gouvernement à raison des faits qualifiés crimes ou délits commis dans l'exercice de leurs fonctions.


Article 111

La mise en accusation du Président de la République et des membres du Gouvernement est votée au scrutin secret, par l'Assemblée nationale à la majorité des 2/3 pour le Président de la République, et à la majorité absolue pour les membres du Gouvernement.


Article 112

La Haute Cour de Justice est liée par la définition des crimes et délits et par la détermination peines résultant des lois pénales en vigueur à l'époque des faits compris dans les poursuites.

Si l'on reste dans un cadre constitutionnel, Simone Gbagbo ne devrait pas non plus être mise aux arrêts, en raison de son immunité parlementaire. Extraits de la Constitution.

"Article 67

Aucun député ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé à l'occasion des opinions ou des votes émis par lui dans l'exercice de ses fonctions.


Article 68

Aucun député ne peut, pendant la durée des sessions, être poursuivi ou arrêté en matière criminelle ou correctionnelle qu'avec l'autorisation de l'Assemblée nationale, sauf le cas de flagrant délit.


Aucun député ne peut, hors session, être arrêté qu'avec l'autorisation du Bureau de l'Assemblée nationale, sauf les cas de flagrant délit, de poursuites autorisées ou de condamnations définitives."

Au-delà de toutes ces considérations immédiates, l'arrêt de Yao N'Dré se pliant à une décision de l'Union africaine, après une défaite militaire de l'Etat de Côte d'Ivoire face à la France et à l'ONU, doit nous pousser à nous interroger sur la valeur de l'indépendance de ce pays, cinquante ans après les indépendances. Car il est évident que l'Union européenne ne peut imposer, ou aider à imposer, un président à un de ses Etats membres. Comment, à cause de qui, en raison de quelles faiblesses structurelles, la Côte d'Ivoire a-t-elle été progressivement dépouillée de tout ce qui faisait sa souveraineté ? Et comment peut-elle la retrouver ? Le débat est ouvert.

 

 

Commentaires

Brillante analyse, comme toujours avec Kouamouo. Toutefois, il sera difficle de faire accepter la remise en cause de l'autorité de la chose jugée. La cour constitutionnelle a-telle le droit de se déjuger, de glisser et de soumettre le droit à la pression militaire et politique ? En principe non, sauf dans des circonstances exceptionnelles... Par ailleurs, Yao Ndré, comme Mamadou Koulibaly semblent avoir choisi de se mettre à l'abri sous le parapluie du colon français et de sa force armée. Cette forfaiture, cette haute trahison s'est opérée moyennant quels arrangements personnels ? Ces deux autorités qui complotent pour légaliser un coup d'état , n'étaient elles pas à l'abri au Ghana, contrairement à ceux qui ont risqué leur vie sur le terrain? Quelle pression peut justifier leur forfaiture ? Constatant que le coup d'etat militaire qui a abouti au Kidnapping du président Gbagbo est un cas manifeste d'empêchement, la cour constitutionnelle aurait du dire le droit, à savoir, confier l'exercice du pouvoir au président de l'assemblée nationale. Telle était la voie...sur cette voie, notre vrai problème vient du fait que Mamadou Koulibaly a choisi de dévoyer le combat et de brader nos institutions. Koulibaly et Yao Ndre ont trahi la nation. Un opprobre éternel les accompagnera jusque dans leur tombe. Qu'on ne nous parle donc pas d'arrêt politique. Ouattara et la France et l'Onu et l'UA ont piétiné nos institutions avec l'accord de nos plus hauts représentants. Honte à eux

Écrit par : KADENGUE | 06/05/2011

théo, toutes ces contorsions juridiques et politiques nous feraient rire sil ne s'agissait pas de la vie de notre pays.ke se serait til passé si yao ndré avait désigné ado vainqueur depuis décembre? y aurait il eu tous ces morts ? il avait bien la possibilité de le dire depuis.Choi et youssouf bakayoko n'avaient til pas désigné ado gagnant ? yao ndré doit etre "brulé" car il porte une très lourde responsabilité dans ces tueries,massacres, viols, vols, destructions.non théo,toutes ces " saccageries" pour rien en fin de compte? yao ndré a ridiculisé et décredibilisé les institutions ivoiriennes. yao ndré aurait du démissionner tout simplement.

Écrit par : stephane | 06/05/2011

Je ne partage pas l'avis de Kouamoua, qui du reste, demeure brillant et pointu

Écrit par : Soro Ismael | 06/05/2011

Ya Théo!!! Tu es fort. Je te respecte.

Écrit par : Alino | 06/05/2011

Très bonne analyse et une approche très pertinente des péripéties qui nous attendent pour l'avenir. Tout en exprimant ma tristesse et ma peine, je comprends parfaitement qu'il soit difficile pour Paul Yao N'Dré de dire le droit de tout son coeur avec un pistolet sur la tempe. Mais même avec cette reconnaissance de sa victoire par cet arrêt-bis du Conseil Constitutionnel, Ouattara continuera toujours de traîner ce nouveau boulet: Président par la volonté de la "communauté internatinale" et des institutions internationales et installé par la France et l'ONU par le raccourci d'un coup d'Etat.

A cela, il faudra ajouter ce sempiternel problème de légitimité du peuple ivoirien qui sait qu'il ne l'a pas élu. On s'imagine donc, sur cette base, que le plus dur commence réellement pour lui maintenant et l'homme en est conscient. Alors que peut-il et que va-t-il faire dans ce cas? Soit il réinstaure la démocracie, la liberté de la presse et les libertés civiles acquises de hautes luttes il y a plus de 20 ans mais qu'il a déjà baîllonées en moins d'un mois; soit il met en place l'une des plus dures dictatures dans l'histoire de l'Afrique et du monde moderne. Connaissant cet homme violent de nature, nous sommes en droit d'être inquiets et surtout de reconnaître que notre pays avance vers des lendemains incertains et douloureux dont on peut déjà déviner aisement les contours: Ouattara fera couler du sang, beaucoup de sang sur les bords de la lagune Ebrié.................. sauf si le temps nous vient en aide.

Pauvre Afrique! Pauvre Côte d'Ivoire!

Écrit par : N'Gouandi Anoh Gérard | 06/05/2011

FACEBOOK THE YAMOUSSOUKRO TIME
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NOUS EXIGEONS LA LIBÉRATION INCONDITIONNELLE DE LAURENT GBAGBO
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Écrit par : FACEBOOK THE YAMOUSSOUKRO TIME | 06/05/2011

Très bon résumé et de grande facture! Bravo Mr Kouamouo! La résistance civile doit s'organiser, maintenant la question est de savoir comment enrayer l'extreme violence des milices barbares de soro guillaume. Parce que le vote legislatif pourrait ne pas être démocratique s'il est "encadré" par les rebelles. A voir!

Écrit par : Ato | 06/05/2011

Merci Théophile. Bien que ne partageant pas entièrement toute votre analyse, je vous suis reconnaissant de poser les germes d'une analyse dépassionnée des situations, certes graves, que nous traversons.

Écrit par : Alexandre Guebo | 06/05/2011

En gros, maintenant, les présidents de chaque pays vont être élus élus par les représentants des pays de l'ONU et non plus par les habitants... Ouaip, pourquoi pas, mais faudra l'appliquer à tous les pays (jurisprudence), la France y compris.

Écrit par : fe | 06/05/2011

Monsieur Kouomouo, je ne comprends pas pourquoi vous continuez dans votre logique qui est celle de trouver raison à tout. Il vous faut faire un recul, car, me semble-t-il, vous ne pouvez pas tout justifier au nom de la souveraineté de la Côte d'Ivoire.

De quelle souveraineté parlez-vous au juste? Il faut que vous nous disiez ce que vous entendez par le terme ''souveraineté'' dans ces conditions troubles que connait la Côte d'Ivoire.

J'ai l'impresssion que vous jouez avec les termes comme vous voulez. Si je comprends bien "votre souveraineté", c'est l'exclusion, la déchirure, la zenophobie, le racisme, la stigmatisation, la malhonnêteté, le règne de mensonge, la logique de la partition du pays. Prenez la peine de me répondre!

Écrit par : Etienne Mersia | 06/05/2011

je partage entièrement l'analyse que viens de faire Kouamouo.cependant je voudrais y ajouter quelques commentaires!D'abord il est bon d'affirmer que nous sommes dans une situation d'après guerre et que le vainqueur dicte sa loi au vaincu!Ici le vainqueur c'est bien la France et ce serait faire preuve de cécité intellectuelle que de voir un autre vainqueur.Par conséquent tout ce qui se passe actuellement se fait sous la dictée de l'hexagone.Ensuite concernant les gymnastiques juridiques de Paul N'dré je pense simplement que nous sommes en plein dans la politique et Paul N'dré joue sa partition qui est loin d'être une trahison.Il n'a pas donné de résultat d'élection,il n'a fait que entériner une décision de l'union Africaine qui ne respecte ni en la forme ni au fond les règles de l'art juridique.je pense plutôt que c'est parce ces monsieur ont une haute idée de l'État qu'ils ne veulent pas "rendre ce pays ingouvernable".Il faut savoir toujours rester élégant en politique.Gbagbo à perdu la guerre et il en tire les conséquences.c'est aussi simple que cela.Il n'a pas perdu les élections et il ne perdra pas son procès.wait and see!!merci theo pour ce espace qui l'un des rares qui reste.

Écrit par : honoré kouassi | 06/05/2011

Il est clair que la proclamation de Yao NDré a quelque chose d'extremement troubant et même choquant. Mais une fois le choc accusé, que reste t il de cette proclamation? Elle ne vaudra que par les conséquences qu'elle fera induire. Et Théo le mentionne dans son analyse. Qui était ouattara avant cette proclamation? Le président ou l'usurpateur? Il est évident que l'arrêt de Yao NDré est tout à fait politique mais devrait permettre d'encadrer les actes de ces gens sans foi ni loi, qui du reste ont avec eux l'argument de la violence vu la parfaite synergie entre eux, l'onu et la france, ces derniers restant totalement cois devant les exactions de toutes sortes commises par les premiers. Pour moi, il s'agit de creer un environnement legal pour favoriser un retour possible à l'exercice des droits et notamment de la politique. Gbagbo a souhaité que nous revenons à la phase civile de cette crise. Car réalité ouattara n'a pas un mandat à gerer mais plutot une crise profonde qui à mon avis l'emportera. Et la Côte d'Ivoire demeurera!

Écrit par : Bouna | 06/05/2011

La cote d'ivoire est une disposition de colonisation mercantile et de transit économique. That's! Gbagbo a tenté une alternance à cette disposition. La France a réagi et a réussi à anéantir les mécanismes reformateurs. La lutte continue. Paul Ndre et autre cadre de l'administration parasitaire ne represente rien. Pour nous autres, issus de la dissidence intellectuelle, estimons qu'il est plus que nécessaire pour nous de lutter pour transformer la disposition de colonisation en une disposition autonome où nous pourrons battre notre monnaie et transformer nos matiéres premières enfin de créer des emplois. La lutte continue pour que notre jeunesse trouve du travail et créé des emplois.

Écrit par : oconnor | 06/05/2011

rien a dire sur l analyse je suis entièrement d accord.si lui le juriste est un judas et le militaire de mangou qui a jurer fidélité a laurent jusqu a la mort?
arrêter de lapider et mettez vous a leur place.j ai vécu 3 mois a Abidjan et j ai vu des choses alors ce attitude de monsieur yao n dre n est rien a cote des certaines personnes qui tuaient leurs frères d arme dans le dos a abobo.

Écrit par : guehoun | 06/05/2011

Tout ce que je souhaite à la côte d'ivoire et aux ivoiriens, que le temps vous vienne en aide, parce que les heures sombres s'abattent sur les institutions de la république.Et le pire est à venir parce que rien ne serait plus comme avant. parce qu'il y a des rancœurs, des amertumes, des injustices... regardez L'Afrique du sud après l'apartheid il y a du chemin à faire, considérant le Congo Brazzaville 15 ans après la guerre civile il y a toujours les rancœurs, des injustices, des amertumes...Mes frères ivoiriens c'est en ami que je vous parle : rien ne sera plus comme avant, qui sème le vent récolte la tempête. tout est faux maintenant.

Écrit par : Henry Touré | 06/05/2011

L'investiture de Ouattara montre une chose, la malhonnêteté de la communauté internationale qui l'a proclamé président avant l'heure. Alors quid de toutes les graves décisions qu'il a prise à partir de cette imposture? A quel titre avait-il déclaré l'embargo contre son propre peuple? Sur quel base a t-il demandé l'intervention des forces étrangères pour mater ses propres populations? Il est clair que ces questions semblent secondaires voire tertiaire vue l'ampleur du chaos qu'il y a en Côte d'Ivoire. Il faut reconstruire le pays, ses institutions et surtout la confiance entre ivoiriens car ce sont eux les principales victimes et les plus grands oubliés. Rien ne pourra se faire sans un retour à la paix. Pour cela faut-il faire confiance aux nouveaux arrivants? Je pense qu'il n'y a pas de choix. Il faut juste faire pression sur les vraies vainqueurs de ce conflit "la communauté internationale" pour que celui qu'ils ont installé à la tête de ce pays se montre ouvert et démocratique. Avec la démocratie, ce sera possible pour tous les ivoiriens de s'exprimer pacifiquement et de lutter pour la vraie indépendance.

Écrit par : massamba | 06/05/2011

Les ivoiriens ont gouté à la liberté d'expression et ont exprimé cette liberté pendant 10 ans, les mécanismes de répression de toute nature fortifieraient leur position et pousseraient les autorités à gouverner par la force brutale, comme c'est le cas au Congo Brazzaville. Tout ne serait plus comme avant et tout ira dans le faux

Écrit par : Henry Touré | 06/05/2011

Tout ce montage est trop ridicule et au-delà de la Côte-d'Ivoire, c'est toute l'Afrique et les peuples noirs qui se trouvent ainsi infantilisés. Tout cela contribue à renforcer l'image de l'Africain barbare et incapable de s'adapter à la civilisation. C'est très grave qu'au 21è siècle, malgré tout ce qu'un pays comme la CI compte comme juristes, l'on se livre encore à de telles acrobaties. Pourquoi Dieu! Ouattara et Soro s'embarrassent-ils de toutes ces considérations juridiques? Ils ont pris le pouvoir par la force que Soro prône depuis le 28 novembre 2010. Eh bien, qu'ils l'exercent. Tout ce maquillage ne changera rien au caractère putchiste du régime qui est depuis longtemps gravé dans les esprits.

Écrit par : Babissakana Roger | 06/05/2011

C'EST LA FIN DÉFINITIVE POUR LES PAYS AFRICAINS DE LA FAÇON DE FONCTIONNER COMME LES BLANCS (DANS LEURS LOIS,LEURS DÉCRETS,LE FONCTIONNEMENT DE LA VIE POLITIQUE ...)
MA CONCLUSION VIVE LE SAINT ROYAUME AFRICAIN BASE SUR L’ÉTERNEL DES ARMÉES ET SUR NOS PARENTS AU VILLAGE
https://www.facebook.com/notes/the-yamoussoukro-time/arr%C3%AAt%C3%A9-sur-lequel-se-fonde-le-camp-ado-pour-le-proclamer-pr%C3%A9sident-ma-conclusion/208282689195063

Écrit par : FACEBOOK THE YAMOUSSOUKRO TIME | 06/05/2011

Moi j'ai tres mal... J'ai du mal a accepter l'inacceptable. Je veux bien etre d'accord avec vous Theo, mais c'est trop! Je sais que nous sommes dans l'apres-guerre,... mais Yao N'Dre ne pouvait-il pas rester au Ghana? Pourquoi revenir nous faire aussi mal! Notre pays ne vaut-il pas mieux que ca? Notre constitution est-elle un torchon pour le derriere et qu'on arrange quand ca nous plait? Moi... je suis perdue! A travers tout ca... je ne sais plus comment continuer le combat. La CI est aujourd'hui un departement de France! Et moi qui avait cru que je pouvais leguer quelque chose a mes enfants! Qu'est-ce-qu'on fait mes amis? Comment continue-t-on la bataille? Comment continuer a battre le feu? Est-ce-que l'homme noir, et l'Afrique seront un jour independant? Alors que devons-nous faire pour cela? J'aimerais avoir des reponses...
Je vous remercie encore Theo pour votre travail...!

Écrit par : Dee | 06/05/2011

mr kouamouo pour une fois je ne suis pas daccord avec votre analyse la decision donnant ouatarra vainqueur est une decision nulle et non avenue en ce que meme la cour constitutionnelle ne peut statuer une seconde fois pour la meme electionquelque soit la variance des formules non seulement il y a autorité de la chose jugée mais d avantage il s agit dune honte qu on ne peut voir en Afrique les normes ou les traités dont vous avez parlées plus haut doivent avoir été ratifiés par la cote d ivoire or la décision de l ua ne peut pas être assimilée a une norme ou un traité et même si on lui reconnaissait cette qualification le représentant du président constitutionnellement élu n a pas ratifié" cela et ne saurait être appliquée a la cote d ivoire le reste n est que la volonté des grandes puissances de faire régner un ordre mondial ou les souverainetés des pays africains n existeraient plus

Écrit par : towa | 06/05/2011

mr kouamouo.le droit comme le français est "élastique".l'interpretation subjective des regles de droit,peut nous aider à demontrer telle chose aujourd'hui et son contraire demain.les deux décisions contradictoires de yao n'dré le prouvent.
je n'ai pas assez de temps pour jouer aux avocats comme vous en defendant le president A.ouatara.je reviendrais le faire lorsque je disposerais d'un peu plus de temps mais sans tenir compte de l'élection que ouatara a gagné et du reste,je vous rappelle que sans la reconnaissance internationale d'un etat ou de son président,ces deux là n'existent pas.
je vous rappelle aussi que lorsqu'on accepte d'appartenir à une communauté(ua,onu,cedeao...),on abandonne une partie de sa souveraineté.les pays de l'ue ont accepté par exemple de perdre leur souveraineté sur la monnaie et dans d'autres domaines ou c'est l'ue et la bce qui décident.
en outre lorsqu'on est aussi fragilisé que l'a été la cote d'ivoire(pouvez vous parler de souiveraineté en somalie par exemple?),la souveraineté est encore plus reduite et gbagbo a contribué à reduire cette souveraineté en signant des accords qui ont permis à l'onu d'avoir un role important dans les élections(la certification),en signant des accords ont permis la presence des forces etrangères(licorne et onuci) en cote d'ivoire...

Écrit par : nono | 06/05/2011

Merci theo pr se developpement,mais il faut que tu saches que yao paul n'etait pas obligé de venir en cote d'ivoire,la vrai raison de la trahison de yao paul c'est la prise en otage de sa famille par les forces rebelles de cote d'ivoire(frci) ainsi MR préfère vendre la cote d'ivoire.vous savez theo le droit n'existe pas en afrique,le droit devrait etre retirer de l'enseignement dans les universités africaines

Écrit par : hart | 06/05/2011

jai honte detre ivoirien tout simplement et que dieu nous benisse

Écrit par : jean louis | 06/05/2011

Longue vie à M. Le Président ! Long a été le chemin qui vous a mèné à ce tabouret ! Et que de cadavres vous avez laissez derrière vous !
Que de sang versé pour accèder à ce poste ? Jetez seulement un coup d'oeil en arrière ! Maintenant que vous êtes installé permettez que la Côte d'Ivoire vive et respire car votre but est atteint. Arretez vos tueries ! et laissez les ivoiriens faire leur deuil.

A M. YAO PAUL, les ivoiriens salue votre courage, car nul n'est dupe et tout le monde sait dans quelle condition vous avez accepter de REEFAIRE cette deuxième courement nécessaire pour le poste de présidence. Seule la contrainte et la peur de voir les tiens mourir, sinon aucun texte ne l'explique même pas la constitution ivoirienne que ces mêmes foule au pied ne peut expliquer ton geste. Pour la sauvergarde de ta famille les ivoiriens te pardonnent.

Écrit par : eburneen | 07/05/2011

Votre analyse est a priori pertinente mon cher Theo.
Mais j'aimerais relever quelques points que je pense importants:
1. S'il investit Ouattara, Yao N'dre porterait alors à lui tout seul la responsabilité historique de tout ce qui s'est passe ! Car si Ouattara avait gagné pourquoi avoir prononce Gbagbo vainqueur ? Et cela voudrait dire aussi que Gbagbo savait qu'il a perdu et à entrainer la Cote d'ivoire dans ce bain de sang. Tous ceux qui croyaient en Gbagbo se retourneront contre lui. Mon cher Theo, le grand public n'est pas au courant des subtilités juridiques que vous essayez de soulever dans votre analyse, et les media occidentaux s'arrangeront bien entendu à donner aux actes de M. N'dre la signification qui les arrange.
A mon avis, il ne faut pas développer des théories a posteriori pour justifier des actes de lâcheté et de trahison comme ceux-là. Ce n’est pas parce qu'on a perdu une bataille, fusse-t-elle militaire qu'on va jeter l'éponge. Il faut plutôt resserrer les rangs et continuer sur tous les autres fronts disponibles. Si on reste cohérent dans nos discours et nos actes, on gardera la confiance du peuple et l'histoire nous donnera d'autres occasions de renverser la vapeur. Mais si on se dédit, on perd tout.
2. Si Ouattara a pu entrainer ce pays dans un tel carnage, c'est que rien de bon pour ce pays ne peux provenir d'un tel homme.
3. Si cet homme a tant besoin de cet investiture, cela ne saurait être pour le bien de la Cote d'ivoire. Il en a besoin pour accomplir la suite de son plan. Ouattara est toujours en guerre!
4. En l'investissant, le conseil constitutionnel lui donne alors la légitimité dont il a tant besoin. Apres cela qu'est-ce qui le retiendra? Qu'est-ce qui l'empêchera de nommer en toute légalité un nouveau président du conseil constitutionnel? De lancer des reformes les plus dictatoriales sous le prétextes de ramener l'ordre public?
5. On a vu ce qu'il a fait à IB. Que fera-t-il à Yao N'dre après son investiture?
6. Il faut le laisser assumer son coup d'Etat.
7. Le CC est vivant et le demeurera a jamais si Ouattara se trouve oblige d'en fabriquer une pour les besoins de son investiture.

Écrit par : Erus | 07/05/2011

Je pense qu’il faut avoir pitie de Yao N’dre au lieu de l’accuser. Il a ete contraint de faire tout cela. On a deja saccage la residence qu’il a batie dans son village natal et egorge des membres de sa famille. Qu’auriez vous fait a sa place si on prenait votre famille en otage et qu’on menacait de la tuer si vous ne reconnaissez pas Ouattara comme president? On a vu comment d’autres personnes ont ete maltraitees, torturees et meme tuees ces derniers temps au motif qu’elles etaient pro Gbagbo: Desire Tagro, Dacoury Tabley et j”en passe car la liste est trop longue. N”a-t-on pas le droit d’etre pro-Gbagbo? N”a-t-on pas le droit d”appartenir au bord politique de son choix? Quelle est cette dictature qui est en train de s’installer en Cote d’Ivoire? Ces gens n’ont pas peur de tuer. La vie humaine n’a pas de valeur a leurs yeux. Be…aucoup de gens font allegeance actuellement a Ouattara snon par conviction mais pour sauver leur vie et celles de leurs parents. O Dieu ait pitie de tes enfants ivoiriens, du president Gbagbo qui n”a jamais voulu tuer Alassane Ouattara alors qu”il aurait pu aisement le faire parce que lui il respecte la vie humaine… C’est actuellement la peur et la terreur qui regnent en Cote d’Ivoire, ce qui n’etait pas le cas sous Gbagbo. Yao Ndre a sacriifie sa reputation pour eviter d’autres tueries puisque Ouattara, obsede par son reve de devenir president, continuera a massacrer jusqu.a ce que celui ci se realise. Laissons le donc devenir president, laissons le preter serment, investissons le meme s’il n’a pas gagne les elections puisque la soi disant communaute internationale nous y oblige mais je reste fermement convaincue que l’histoire nest pas terminee, elle ne se terminera pas ainsi. Wait and see! Il y a un Dieu de justice qui existe et quand son heure sonnera, quand son heure sonnera….On ne se moque pas impunement de l’Eternel des Armees!

Écrit par : Rose Madou | 07/05/2011

En vous écoutant,c'est comme si vous voulez que la CI traverse une nouvelle période de GUERRE. Glorifiez le nom de DIEU d'être encore vivant car beaucoup n'ont pas eu cette chance et posez des actes pour éviter que le sang des Ivoiriens ne soit plus versé.

GBAGBO a eu le pourvoir pendant 10ans et n'a pu le conserver. Il a organisé des élections pendant que le pays était divisé en 2 ce qui est contraire à notre constitution donc il devait s'attendre à accepter les résultats.

Avec ALASSANE OUATTARA le pays n'est plus divisé, nous retrouvons une CI unifié avec un seul CHEF.

Écrit par : ZADI | 07/05/2011

Ce que je retiens de cette analyse et des faits qui la précèdent est que la monarchie moderne est belle et bien en place en Afrique.Houphouet a travaillé en vain on n'a pas avancé.Le droit est une illusion qu'on fait miroiter à la populace. Toute cette acrobatie juridique ne fait que ridiculiser et animaliser la CI et ses intellectuels.Consultez le discours de YPN lors de la sortie de la dernière promotion de l'ENA et cette attitude qu'il adopte.La contradiction est abyssale. Cependant tout reste à croire qu'une pression vitale est exercée sur lui.( Sinon pourquoi un si grand juriste et ami de Gbagbo peut se contredire à ce point. Ne pouvait -il pas démissionner pour rester rester dans sa logique?) Si tel est le cas, la CI est un pays sans fondement où toute personne peut venir et faire ce qu'il lui plait.Il suffit de sortir les armes et des liasses pour faire atteindre son objectif.
Tout reste à faire pour bâtir une République digne de cet qualificatif.
On est est parti pour dans les crises à répétitions. Voyez commen t Guéi est venu et coment il est parti, voyez le cas Gbagbo, Ouattara n'échappera pas même s'il est la cause des 2 cas précédents.
SHALOM

Écrit par : mickiss | 09/05/2011

Bonjour Theo,
Je voulais juste vous faire part du harcellement dont les pro-Gbagbo font face sur facebook. J'ai ose mettre la video musicale faite par Gadji Celi, Aicha Kone, etc... intitulee "Bisous a Gbagbo", et mon compte a ete 'flagged' pour une semaine: interdiction d'envoyer, ou de contacter qui que ce soit sur facebook. Je voulais juste dire a tout le monde de faire attention et de publier a tous les informations tres importantes afin que nous puissions tous continuer la resistance! De ne pas se lasser de travailler pour le bien de la Cote d'Ivoire. (C'est terrible, pour une video musicale... combien de fois un documentaire... ou va la junta Ouattara?)

Écrit par : Dee | 09/05/2011

M. Kouamouo, l'analyse que vous avez faite pour justifier la forfaiture de Yao N'Dré montre pourquoi Yao N'Dré ne peut s'appuyer sur la décision de l'UA. Tout simplement parce qu'il n'existe jusqu'à présent aucune loi ivoirienne adoptée suite à une révision constitutionnelle qui reconnaît l'UA comme l'organe de recours habilité à trancher en cas de désaccord entre la CEI et le Conseil constitutionnel. La décision du Conseil constitutionnel étant sans appel, Ouattara, qui est entré dans l'histoire à reculons, veut se donner bonne conscience en la faisant modifier sous la menace de représailles de tous ordres et en se faisant investir par celle-ci.
Récemment, aux USA, les détracteurs d'Obama ont réclamé sa démission au motif qu'il ne serait pas éligible du fait qu'il ne soit pas né aux USA. Obama a donc dû présenter publiquement un exemplaire de sa copie d'acte de naissance pour confondre définitivement ses pourfendeurs. Ouattara, qui ne veut reculer devant rien pour présider la Côte d'Ivoire, vient de démontrer sa "démence" en osant prêter serment pour respecter et défendre une constitution qui ne reconnaît pas son éligibilité. Ouattara se moque de la constitution ivoirienne et celui qui l'y a aidé, c'est Gbagbo lui-même. En effet, l'ordonnance signée par Gbagbo pour l'autoriser à prendre part "exceptionnellement" aux élections est une violation flagrante de cette constitution. En droit, aucune ordonnance n'est supérieure à un article de la constitution eu égard à la hiérarchie des textes de loi, qui place les articles de la constitution au-dessus des ordonnances et des décrets. De ce fait, seule une révision constitutionnelle par voie référendaire peut remplacer tout article de la constitution si telle est la volonté du peuple. La Côte d'Ivoire, malheureusement, ne fait que payer le sacrilège commis par Gbagbo, qui, au lieu de demeurer Président de la république, a voulu jouer aux apprentis-sorciers, en violant la constitution ivoirienne, selon lui, à la demande du médiateur Thabo M'Beki. Gbagbo, n'avait pas voulu se résoudre à l'idée que, depuis septembre 2002, la France voulait se débarrasser de lui. Or, les événements de novembre 2004, suivis du passage de la Force Licorne sous tutelle de l'ONU avec commandement autonome et de l'embargo sur les armes imposé à la Côte d'Ivoire, auraient dû amener Gbagbo à se méfier de la France, qui ne comptait pas laisser un nègre lui fait perdre la face et mettre fin à son influence en Afrique de l'Ouest. Il a pensé que les contrats passés avec des entreprises françaises lui permettraient d'obtenir la neutralité de la France. C'était oublier que, pour la France, un Nègre vaut un autre Nègre, mais deux Nègres ne valent pas un Blanc, d'où les milliers de morts occasionnés par l'accession de Ouattara au pouvoir. La France installe un dictateur en Côte d'Ivoire et, dans le même temps, met tout en oeuvre pour se débarrasser d'un dictateur en Libye, que Sarkozy a pourtant reçu en décembre 2007. Hélas! ainsi va le monde. Dommage pour la démocratie en Côte d'Ivoire qui ne s'en remettra pas de sitôt. Chirac avait dit que la démocratie est un luxe pour l"Afrique, la France vient de démontrer qu'elle n'a pas intérêt à voir l'Afrique se démocratiser. Gbagbo était parvenu à faire instaurer la démocratie dans son pays mais il n'a pas su l'y ancrer en commettant certaines erreurs et parfois des fautes.

Écrit par : Jakou | 10/05/2011

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