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10/04/2011

Adjamé, Angré, Riviera : pillages généralisés des FRCI (confirmés par France 24)

Les témoignages sont clairs et concordants. Dans de nombreux quartiers d'Abidjan, les combattants pro-Ouattara se livrent à des pillages massifs, inédits dans l'histoire de la Côte d'Ivoire. A Adjamé 220 Logements, ils ont passé au peigne fin de nombreux immeubles, où ils ont dépouillé quasiment tout le monde. "Quand ils arrivent dans les maisons, ils nous disent qu'ils n'ont pas affaire à nous, mais qu'ils veulent nos téléphones mobiles, nos ordinateurs portables et notre argent. Ils procèdent de la même manière dans tous les appartements", explique un témoin qui les a reconnus à leur accoutrement bien particulier (mélange de treillis et de costume de dozos).

Dans un domicile d'Angré dont le propriétaire n'était pas présent, sa famille a été menacée de mort parce qu'elle refusait de dire si la maison appartenait à un "refondateur" (dignitaire du régime Gbagbo). Finalement, les FRCI ont montré leur "compassion". Ils ont fait venir des voitures "bâchées" qui sont venues vider totalement la maison. A la Riviera Golf, à cinq minutes en voiture de l'hôtel du Golf, quartier général de Ouattara, de nombreuses voitures ont été arrachées à leurs propriétaires.

Les médias français ont, dans un premier temps, attribué la campagne de pillages à Abidjan aux "miliciens de Gbagbo". Mais face à certaines vidéos trop explicites, l'axe de communication a changé. Désormais,  Issiaka Ouattara, alias "Wattao", leur chef, admet très clairement la réalité de ces pillages, dans un reportage (à forte odeur de plan de communication) diffusé par France 24. Si le journaliste fait dans la litote, affirmant que les FRCI ont "visité" les "villas alentour" de leur camp "pour s'approvisionner" parce qu'elles seraient "depuis une semaine sans ravitaillement". L'argument est fallacieux car les FRCI ne volent pas des vivres mais des voitures, des appareils électroniques, de l'argent, etc.

L'aveu de Wattao est clair : "Parmi vous (...), il y en a ici, dès qu'on dit de sécuriser le coin, ils en profitent pour casser la maison. Si on attrape un militaire ici en train de piller une maison, les gars, vous savez comment on règle nos problèmes entre nous."

 

Après cette mise en garde, les pillages n'ont pas cessé... Coïncidence, le reportage de France 24 a été diffusé le même jour que des mémos diplomatiques français, dévoilés par le site Innercitypress, et qui mettent (entre autres choses) en lumière les rackets de grande ampleur dudit Wattao. "A l'insu de l'autorité centrale des FN, des prélèvements spontanés sont souvent ajoutés aux taxes déjà en place sur diverses denrées comme le carburant, le sucre ou l'huile (...) Issiaka Ouattara alias Wattao, chef d'état-major adjoint des FN, aurait fait de même sur du cacao transitant en direction du Burkina Faso. Au mois de novembre 2005, Guillaume Soro a pris connaissance des initiatives de Wattao auxquelles il aurait mis fin".

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