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02/04/2011

Epuration ethnique anti Wê à Duékoué, le témoignage d'un humanitaire de la région

Ce témoignage est celui d'un habitant de Duékoué exerçant dans l'humanitaire, qui pour des raisons évidentes, préfère garder l'anonymat. Mais qui s'engage sur l'honneur et se dit prêt à témoigner devant n'importe quelle juridiction à l'avenir. Une liste des morts et des disparus de Duékoué est déjà en train d'être constituée pour ce qui apparaît comme le massacre de plus forte ampleur dans l'histoire de la guerre en Côte d'Ivoire.


La prise de Duékoué par les FRCI (ainsi se sont baptisées les troupes de Ouattara) a eu lieu le lundi 28 mars 2011. Les journaux qui leur sont proches confirment bien cette date, dans leurs parutions de lundi et mardi. De même que l'intervention d'Alain Lobognon, porte parole de Soro. Une depêche de l'AFP est disponible à ce sujet.
Après la prise de la ville, les FDS ont replié sur Guiglo, laissant les populations aux mains des rebelles. A Guitrozon et Petit-Duékoué, toutes les populations se sont refugiées en brousse, fuyant d'éventuelles exactions. Il en est de même des populations des villages WE de DAHOUA, BAHE, PINHOU et GLAOU.
Jusqu'à mercredi, la ville de Guiglo, coincée entre Blolequin (occupée par les FRCI) et Duékoué (occupée aussi), et sans défense aucune (les FDS ont décroché vers le SUD en passant par TAÏ) n'était pas prise par les FRCI, à la grande surprise des populations. On le comprendra dans ce qui suit.
Les FRCI tenaient à massacrer les populations du quartier CARREFOUR, soupçonné d'abriter un groupe d'autodéfense. Les tueries ont eu lieu dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 mars 2011, dans le quartier "Diaye Bernard" communément connu sous le nom de "CARREFOUR". En regardant une carte GOOGLE EARTH, on peut localiser ce quartier qui a accueilli près de 9 000 réfugiés, suite aux conflits de janvier 2011 à DUEKOUE.
Il est situé à l'entrée de la ville de DUEKOUE, le long de l'axe ISSIA-DUEKOUE-MAN. Il est limité à l'EST (axe Duékoué-Issia) par une zone marécageuse qui donne sur la scierie NSD-THANRY et le camp de l'ONUCI. A l'OUEST, le quartier est bordé par les marécages du GUEMON. Ce sont ces marécages qui isolent ce quartier du centre ville. Le NORD du quartier est traversé par la route non bitumée Duékoué-Bagohouo-Kouibly. Le Nord est donc en zone rebelle, puisque le poste FDS est implanté dans le quartier. Le sud du quartier est la voie bitumée ISSIA-DUEKOUE-MAN.
Une fois la ville conquise le lundi 28 mars, les pillages ont commencé dans la nuit du lundi et se sont poursuivis toute la journée du mardi 29. Les populations étaient toutes terrées chez elles, les rebelles tirant pour couvrir leurs forfaits. Ainsi ont été pillés les hôtels Ermitage, Matchaix et Monhessea. L'hôtel en construction du politicien Séa Honoré, pourtant proche de Ouattara, a été pillé à partir du jeudi. Il en fut de même pour tous les domiciles des FDS (qui ont quitté la ville) et de tous les cadres proches de Gbagbo. Au cours des combats, des véhicules appartenant au riche commerçant DEMBA, d'origine malienne ont été brûlés. Au moins 7 gros camions, communément appélés remorques et servant au transport de cacao. Dans des circonstances non encore élucidés, l'imam Konaté, connu pour ses efforts de paix et de rassemblement et proche des cadres LMP de la région et du ministre Issa Coulibaly Malick, ex-DNC de Gbagbo, a été tué à son domicile.
Dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 mars 2011, les rebelles ont bouclé le carré du quartier CARREFOUR. Il a suffit pour cela de se positionner tout le long de l'axe DUEKOUE-ISSIA (Au Sud) et d'occuper de la même façon le Nord du Quartier. les zones EST et Ouest étant marécageuses, donc peu propices à la fuite, quelques rebelles suffisaient à empêcher toute sortie du quartier. Le reste de la troupe pouvait donc investir le quartier et se livrer à l'exécution de tout mâle ne parlant pas malinké. Les We, autochones de DUEKOUE ont donc été systématiquement massacrés, au seul motif de leur appartenance ethnique. Le CICR parle de 867 morts. Mais les disparus, les tués en brousse portent ce nombre à au moins 1200 personnes. L'objectif est de modifier le rapport démographique et électoral en faveur du RDR, dans cette région stratégique et riche, mais où les conflits fonciers sont un grand souci pour les autorités politiques.

Il convient de signaler que, devant l'ampleur des massacres et l'émoi créé, l'ONUCI s'est vue obligée de désarmer le samedi 2 avril 2011, à 15H, les rebelles postés au corridor de Guitrozon. "Pourquoi, tuez-vous tant de personnes?" s'est exclamé l'oficier marocain de l'ONUCI. A Petit-Duekoué, le même samedi vers 14H, deux rebelles qui avaient abattu sommairement des villageois ont été abattus, après sommation, par l'ONUCI.

Commentaires

C'est ahurissant à devenir fou, je suis totalement estomaqué par ce que je viens de lire. Je me rappelle bien que depuis le déclenchement de la crise en 2002, cette région de l'ouest a payé un lourd tribu à cette guerre. Aujourd'hui elle vient d'être frappé encore plus durement. Ce crime ne doit pas rester lettre morte. La fameuse communauté internationale, prompt à dénoncer les actes posés par les forces gouvernementales doit cette fois ci faire preuve d'un minimum d'impartialité en conduisant une enquête sérieuse avec des conclusions sérieuses. Des réponses doivent être donnés aux questions suivantes : Oû était les troupes de l'onuci? ils sont plus de 9000 sur le territoire Ivoirien qui plus est, c'est eux qui avaient la charge de faire respecter la ligne de démarcation de l'ouest. L'onuci à part protéger ADO est-elle encore crédible pour assurer la sécurité des civils? Pourquoi, ce sont les ONG qui les premières on fait état de ce massacre avant qu'honteusement l'onuci fasse un communiqué assez ambiguë? Qui sont ces tueurs qui depuis 2002 sèment le malheur à l'ouest? Et il est important de ne pas se faire berner par des discours du genre: Ce sont des affrontements inter-ethnique; ou encore faire un décompte macabre en attribuant une liste de morts à tel ou tel parti. Je crois qu'il faut en finir avec la complaisance médiatique et avoir le courage de dire les vrais choses. Les médias occidentaux nous ont enfermé dans une construction manichéenne de la crise ivoirienne. On se rend bien compte aujourd'hui que le méchant, le diable n'est parfois pas toujours là où on le pense.

Écrit par : Diabagaté Saliou | 02/04/2011

DIEU ECOUTE LES PLEURES DE TES ENFANTS!!!

QUE LA PAIX ET LA CRAINTE DE DIEU NOUS RAMENE SUR LA TABLE DU DIALOGUE, DU PARDON, SURPASSONS LES CALCULS DE SARKO ET OBAMA. AFRIQUE, AFRICAINS, LA VIOLENCE ENGENDRE LA VIOLENCE. LE DIALOGUE EST LA CLE DE LA PAIX.

Écrit par : Afrique vous pleure | 03/04/2011

Toute cette affaire ressemble au massacre de Srbrenitza ou les serbes bosniaques avaient massacré plusieurs milliers de bosniaques musulmans, sans que les troupes de l'ONU ne bougent leur petit doigt. Lorsque le massacre a été connu, les serbes ont pris pretexte de représailles suite aux massacres commis par les musulmans dans des villages serbes.
Il y a cependant plusieurs différences :
- les bosniaques musulmans ont été amené loin de l'ONU pour le massacre,
- l'ONU n'a jamais reconnu ou aidé la république serbe de bosnie
- l'ONU n'a pas cherché à dissimuler le crime de serbrenitza
- les crimes commis par les musulmans ont été passé sous silence par l'ONU car il n'y a jamais de justes représailles
Je constate que l'ONU n'a pas signalé le massacre de Duékoué, ni le MPCI-FN-FRCI alors qu'ils étaient sur place. Il a fallu l'intervention de la croix-rouge et de caritas qui sont connues pour leurs neutralité dans les conflits. Le témoignage invoqué par Kouamouo est précis alors que les informations officielles ne le sont pas. On peut donc penser que ONU-FRCI ont dissimulés le crime jusqu'a vendredi, menti samedi et dimanche et qu'ils continueront à le faire autant qu'ils le pourront. Comme c'est eux qui mènent l'enquête, il faudra au moins 2 ans pour que l'ONU découvre ce que nous apprenons maintenant. Entre temps, ils agiterons des leurres pour "reequilibrer" l'information.

Écrit par : wobebli | 03/04/2011

Je suis plus que depasse par ce qui se dit et se constate sous nos tropiques. La France, les USA, la Grande-Bratagne..., en fait toute la clique de la communauté dite internationale peuvent-ils admettre un seul instant que leurs populations soient aussi atrocement tuées sur l'autel de la conquete du pouvoir politique? Que disent les citoyens de ces pays qui sont a 90% alphabetes et donc doués de l'esprit critique? Croient-ils reellement a ce que leurs medias leur racontent sur l'Afrique?
La France, a l'heure ou je reagis a cet article vient de deployer plus 2000 legionnaires et des chars de guerre dans la ville d'Abidjan sous le fallacieux pretexte de protection des ressortissants etrangers alors qu'ils ont ete filmés en largant des soldats sur le front des affrontements. Ils font la guerre a la Cote d'Ivoire. Si en Lybie, ils ont l'aval de l'ONU, cette organisation ne leur encore pas donné satisfaction, alors pourquoi ils nous font ca? Seraient-ils une armée d'accupation car ils peuvent occuper et liberer notre aeroport comme ils le veulent?
Francais, americains, anglais, europeens et citoyens du monde entier, vos pays s'adonnent a des crimes de guerre, crimes contre l'humanité pendant que vous y vivez paisiblement. Acceptez-vous qu'un enfant ivoirien (de 5, 6, 7, 8, 9, 10.....ans) soit traumatisé a jamais du fait de vos dirigeants alors que les votres sont a consommer le chocolat, le carburant... des pays de ces enfants la? Les parrures qui justifie votre reussite sociale sont obtenues dans le sang de pauvres negres.... En voici un exemple palpable! Jugez-en vous memes car je rends responsables des actes de vos dirigeants, vous savez ce qu'ils font puisqu'ils le font pour vous. Mais sachez que la violence et construction sociale alors nulle n'en a le monopole.

Écrit par : peuple ivoirien, esperons! | 03/04/2011

Coïncidence ?

Caritas enquête sur les massacres à Duékoué ;
Un responsable de Caritas est enlevé à Anyama ;
Le MAE français octroie en urgence 130000 euros à Caritas.

Écrit par : Coïncidence ? | 03/04/2011

Grand merci pour la precision des informations que vous venez de nous donner. Les crimes qui ont ete perpetres dans le grand ouest depuis le debut de cette rebellions avaient jusque la ete ignores. Cependant force est de constater que cette region a paye et continu de le faire un lourd tribu dans cette folie qui emmene des gens a s'acharner sur nos parents de l'ouest. On se fera le plaisir de vehiculer le message afin qu'il ait cette fois ci une plus grande resonnance pour que ces crimes cesses enfin!

Écrit par : Cyrille | 03/04/2011

Il nous faut constituer tous les éléments de poursuites judiciaires, ces crimes ne doivent pas rester impunis. Les commanditaires, leur chefs, ivoiriens ou non devront être traduits devant le TPI.

Écrit par : Yao Patrice | 05/04/2011

Je vais traduire ton article en anglais.

Écrit par : affairage | 05/04/2011

Les africains sont bêtes, on leur fourni des armes pour qu'ils s'entretuent. Pendant l'esclavage, les chefs de tribus avec un simple miroir vendaient leurs frères africains. Nous sommes restés nous mêmes, on n'a pas évolué.

Écrit par : DANY | 16/04/2011

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