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10/03/2011

La Côte d'Ivoire à travers le prisme occidental, par Guy Labertit (partie 1)

Avant la réunion au sommet de l’Union africaine qui doit définir, le 10 mars, les mesures contraignantes qui seront mises en œuvre pour une sortie politique de la crise post électorale en Côte d’Ivoire, quelques rappels s’imposent pour mieux comprendre pourquoi une simple élection présidentielle dans un Etat d’Afrique suscite l’engagement déterminé de la France, des Etats-Unis et du monde occidental en faveur d’un candidat Alassane Ouattara, son adversaire Laurent Gbagbo étant diabolisé par les mêmes. Ce dernier peut compter sur les Etats africains les plus puissants de l’espace non francophone, à l’image de l’Afrique du Sud et de l’Angola, mais à la notoire exception du Nigéria dans l’orbite de Washington. La Russie et dans une moindre mesure la Chine traînent le plus souvent des pieds à l’ONU.


Avant la réunion au sommet de l’Union africaine qui doit définir, le 10 mars, les mesures contraignantes qui seront mises en œuvre pour une sortie politique de la crise post électorale en Côte d’Ivoire, quelques rappels s’imposent pour mieux comprendre pourquoi une simple élection présidentielle dans un Etat d’Afrique suscite l’engagement déterminé de la France, des Etats-Unis et du monde occidental en faveur d’un candidat Alassane Ouattara, son adversaire Laurent Gbagbo étant diabolisé par les mêmes. Ce dernier peut compter sur les Etats africains les plus puissants de l’espace non francophone, à l’image de l’Afrique du Sud et de l’Angola, mais à la notoire exception du Nigéria dans l’orbite de Washington. La Russie et dans une moindre mesure la Chine traînent le plus souvent des pieds à l’ONU.

 

Mise en perspective de la crise actuelle

 

A la fin des années 80, le premier président de la Côte d’Ivoire indépendante, Félix Houphouët Boigny, très attaché à la France et au libéralisme économique, refusait, alors qu’il était sur le déclin, de vendre le cacao dont son pays était et demeure le premier producteur mondial, et de payer les échéances d’une très lourde dette extérieure. Haut cadre des institutions financières internationales, puis gouverneur de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest BCEAO), Alassane Ouattara a été imposé en 1990, dans ce contexte historique, à Houphouët Boigny, pour gérer la situation d’un pays dans lequel Laurent Gbagbo avait engagé, dès la fin des années soixante, une action résolue contre le système du parti unique. Son parti, le Front populaire ivoirien (FPI), parvenait à ses fins avec la légalisation du multipartisme le 30 avril de cette année 1990.

 

A cette époque, les chocolatiers américains voyaient en M. Ouattara le successeur espéré à Houphouët-Boigny, même s’il devait s’accommoder d’une parenthèse à la tête de l’Etat ivoirien en la personne de M. Bédié, l’héritier constitutionnel. La France, pour sa part, attachée aux dignitaires de l’ancien parti unique, redoutait avant tout l’émergence de Laurent Gbagbo. C’est finalement lui qui a été élu en 2000, alors que MM. Ouattara et Bédié avaient été écartés de la course à la magistrature suprême par le général Guéi qui avait endossé la responsabilité du coup d’Etat militaire de la Noël 1999. A peine élu, L. Gbagbo a dû faire face à des tentatives de déstabilisation et de coups d’Etat dont les auteurs étaient suspects de liens avec Alassane Ouattara. L’échec du coup d’Etat de septembre 2002 a entrainé la partition du pays et la permanence d’une rébellion empêchant toute action gouvernementale cohérente. Depuis 2003, à l’initiative de la France de Jacques Chirac, l’ONU et les organisations panafricaines ont imposé à Laurent Gbagbo un étrange partage du pouvoir avec ceux qui avaient voulu le renverser. Celui-ci, en 2005, a remis dans le jeu politique Alassane Ouattara en se fondant sur l’article 48 de la Constitutions et a engagé un dialogue direct avec le chef de la rébellion Guillaume Soro, acceptant d’en faire son Premier ministre, en avril 2007, dans le cadre de l’accord de Ouagadougou, signé un mois plus tôt au Burkina Faso

 

Les difficultés pour dresser une liste électorale, sans doute émaillée de fraudeurs en tout genre, le non désarmement de la rébellion, tout cela semblait effacé par la bonne tenue de la campagne électorale de 2010 et le débat télévisé entre les deux candidats du second tour, L. Gbagbo et A. Ouattara, unanimement salué par une communauté internationale au chevet de la Côte d’Ivoire. Nul doute que cette veille internationale a été maléfique pour la Côte d’Ivoire et le peuple ivoirien car le vieux projet rappelé plus haut d’imposer A. Ouattara à la tête de l’Etat ivoirien et d’en écarter L. Gbagbo est d’une brûlante actualité en ce mois de mars 2011.

 

En effet, depuis plus de trois mois, la Côte d’Ivoire ne parvient pas à sortir de l’impasse politique dans laquelle l’ont engagée les résultats contestés du second tour de l’élection présidentielle tenu le 28 novembre 2010. Il opposait Laurent Gbagbo, candidat de la majorité présidentielle (LMP) à Alassane Ouattara, candidat du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie (RHDP).

 

Les origines de la crise post-électorale

 

Cette crise de légitimité à la tête de l’Etat est née du non respect dans la proclamation des résultats des règles légales et des institutions républicaines de la Côte d’Ivoire par les partisans d’Alassane Ouattara et ses appuis extérieurs.

 

En effet, le 2 décembre les résultats provisoires, favorables à Alassane Ouattara (54,1 %), ont été annoncés hors délais, par le seul Président de la Commission électorale indépendante (CEI), que n’accompagnait aucun des commissaires, à l’Hôtel du Golf devenu le siège du concurrent de M. Gbagbo, et non au siège de la CEI. Le lendemain, 3 décembre, conformément à la loi électorale, le Conseil constitutionnel, seule juridiction habilitée à le faire, a proclamé les résultats définitifs, accordant la victoire au Président sortant Laurent Gbagbo, avec 51,45 % des suffrages.

 

M. Choi, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU dans ce pays, à peine annoncés les résultats du Conseil constitutionnel, a décidé de valider les résultats de la CEI, se prévalant de son rôle de certificateur qui en aucune façon ne le plaçait au-dessus des institutions ivoiriennes.

 

Pourtant, les résultats provisoires choisis par M. Choi avalisent une fraude caractérisée. En effet, sur les 20 073 procès-verbaux de bureaux de vote, 1001 comportaient un nombre de votants supérieur au nombre d’inscrits, 807 comportaient plus de suffrages exprimés que d’inscrits, 1231 étaient dépourvus du sticker certifiant la validité du procès-verbal. Ces 3039 bureaux représentent 1 337 572 inscrits et 583 334 votants. Faut-il ajouter que dans 1533 bureaux représentant 582 248 inscrits et 223 162 votants, le Président sortant Laurent Gbagbo a obtenu 3 ou moins de 3 voix.

 

Les procès-verbaux douteux provenaient pour l’essentiel, des cinq régions du Nord du pays où le Conseil constitutionnel a annulé les résultats de 7 départements dans trois régions du Nord (Vallée du Bandama, Les Savanes et Worodougou) où des recours, portant sur 600 000 voix environ, avaient été déposés par la majorité présidentielle. A signaler que, faute de recours, le Conseil constitutionnel a validé les surprenants résultats de la région du Denguélé où A. Ouattara l’emporte avec 97,85 % des suffrages, soit 70 357 voix, contre 2,15 % à L. Gbagbo, soit 1151 voix.

 

Le scrutin a été entièrement faussé dans les cinq régions du Nord représentant 17 % de l’électorat national, en raison de la sortie des Forces armées des Forces nouvelles, l’ancienne rébellion qui n’avait pas désarmé comme l’imposait pourtant l’Accord de Ouagadougou. Cette pression militaire, écartant les représentants de la LMP des bureaux de vote afin d’y organiser une fraude massive et pourchassant les éventuels électeurs favorables à L. Gbagbo, enlève toute crédibilité au scrutin dans cette partie du pays. A noter que dans les quatorze régions du reste du pays, représentant 83 % des inscrits, le candidat Ouattara n’a déposé aucun recours. L. Gbagbo y obtient 2 031 294 voix (53,86 %) contre 1739 945 (46,13 %) pour son adversaire.

 

Ces données, dont les treize experts et le panel des cinq chefs d’Etat mandatés par l’Union africaine ont pris connaissance lors de leur passage à Abidjan, ont sans doute suscité des divisions au sein du panel réuni auparavant à Nouakcott, le 20 février 2011, et le départ précipité pour Ouagadougou de l’ancien médiateur, le président burkinabé Blaise Compaoré, qui a choisi de ne pas se rendre en Côte d’Ivoire le 21 février, a révélé de réels désaccords. Le président sud-africain Jacob Zuma et sa ministre des Affaires étrangères Maité Nkoana-Mashabane ont publiquement pris leurs distances par rapport aux positions rabâchées par le camp occidental depuis le 3 décembre 2010..

 

Ingérences internationales et pressions extérieures

 

En effet, quelques heures à peine après la décision arbitraire de M. Choi bafouant le Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire, le président des Etats-Unis, Barack Obama, et celui de la France, Nicolas Sarkozy, ont reconnu Alassane Ouattara comme président élu, avalisant précipitamment des résultats frauduleux. Dans son discours aux Africains prononcé au Ghana le 12 juillet 2009, le président américain avait pourtant affirmé que « l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais de fortes institutions » Mais quand les Etats-Unis et la France veulent imposer un homme, en l’occurrence A. Ouattara, que pèsent les institutions d’un Etat souverain et l’article 2 de la Charte de l’ONU reconnaissant le principe de la souveraineté de ses membres ?

 

Bars de fer avec l’ONU

 

Par leur prise de position immédiate, dès les 3 et 4 décembre, pratique bien inhabituelle par rapport à un scrutin organisé dans un pays d’Afrique, les Etats-Unis et la France, entrainant l’Union européenne, ont pesé de tout leur poids sur la diplomatie africaine. C’est en fait la France qui a orchestré la partition européenne et celle de l’ONU, comme elle l’a fait depuis janvier 2003 avec la Conférence internationale sur la Côte d’Ivoire tenu à Paris, les 25 et 26 janvier 2003, au Centre de conférences international de l’avenue Kléber.

 

Un véritable bras de fer s’est engagé entre l’ONU et le Président Gbagbo. Dès la décision arbitraire prise le 3 décembre par le représentant du secrétaire général de l’ONU, Young-jin Choi, intervenant en visioconférence devant le Conseil de sécurité de l’ONU, la France a préparé tous les communiqués ou déclaration à la presse du Conseil. C’était le cas, le 8 décembre, et en particulier le 16, jour des manifestations à hauts risques appelées par Guillaume Soro et les partisans d’A. Ouattara pour investir la Radio télévision ivoirienne (RTI) et le Palais présidentiel. Au regard du comportement des forces de l’ONUCI, ce jour-là, ouvertement alliés aux éléments armés des Forces nouvelles stationnés à l’Hôtel du Golf avec A. Ouattara, et au regard de l’ultimatum du Président Sarkozy, le 17, lui enjoignant de quitter le pouvoir dans les 48 heures, le Président Gbagbo a demandé le départ de la mission onusienne ainsi que celui de la Force française Licorne le 18 décembre. Le 20 décembre, après audition du secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, le Français Alain Le Roy, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 1962 prorogeant de six mois le mandat de l’ONUCI. Dès le 21 décembre, malgré les réticences de la Russie, l’ONU a reconnu l’ambassadeur Youssouf Bamba nommé par A. Ouattara, Alcide Djédjé qui occupait ce poste étant ministre des Affaires étrangères dans le nouveau gouvernement ivoirien.

 

Les réserves de la Russie étant levées, l’ONU, par sa résolution 1967, a autorisé, le 19 janvier 2011, le déploiement de 2000 militaires supplémentaires dans le cadre des forces de l’ONUCI jusqu’au 30 juin 2011, et elle a prolongé le déploiement des trois compagnies d’infanterie et d’une unité aérienne de la MINUL venue du Libéria en fin de période électorale pour renforcer l’ONUCI. La résolution 1968 du 16 février a prorogé de trois mois ce déploiement de la MINUL (trois bataillons et cinq hélicoptères dont trois MI 24 de combat). Une nouvelle déclaration à la presse a été faite le 3 mars, après audition d’Alain Le Roy, stigmatisant l’escalade de la violence sans mentionner parmi les fauteurs de troubles l’ancien chef de la rébellion, Guillaume Soro, bras droit d’Alassane Ouattara qui avait appelé les populations d’Abidjan à la « révolution du 21 février » se référant aux mouvements démocratiques bouleversant le monde arabe !

 

La diplomatie africaine (CEDEAO et Union africaine)

 

Au lendemain de l’investiture du Président Gbagbo, le 4 décembre 2010, par le Conseil constitutionnel, tandis que A. Ouattara prêtait serment par lettre à une juridiction anonyme, l’Union africaine a mandaté l’ancien Président sud-africain Thabo Mbéki pour une médiation à Abidjan les 5 et 6 décembre. Avant même que n’en soient donnés les résultats, un premier sommet extraordinaire des chefs d’Etats de la CEDEAO sur la Côte d’Ivoire s’est réuni à Abuja, le 7 décembre, et a reconnu A. Ouattara comme Président. Pour enfoncer le clou, le vendredi 17 décembre, le président français Nicolas Sarkozy, à l’issue du sommet de l’Union européenne, a lancé, depuis Bruxelles, comme nous l’avons déjà mentionné, un ultimatum au Président Gbagbo lui enjoignant de quitter le pouvoir avant le dimanche soir 19 décembre.

 

Un deuxième sommet de la CEDEAO, toujours réuni à Abuja, le 24 décembre, a accentué la pression. Reconnaissant A. Ouattara Président légitime de la Côte d’Ivoire, il demandait à Laurent Gbagbo de transmettre pacifiquement le pouvoir. Il soutenait les sanctions prises par les institutions régionales et la communauté internationale et décidait d’envoyer une délégation de haut niveau en Côte d’Ivoire comme dernier geste à l’endroit de Laurent Gbagbo pour l’exhorter à une sortie pacifique du pouvoir. En cas de refus de sa part, la CEDEAO prendrait toutes mesures nécessaires, y compris « le recours à la force légitime » pour le contraindre à se retirer. Dans cette perspective, instruction avait été donnée au Président de la Commission de la CEDEAO, le Ghanéen James Victor Gbého, de convoquer une réunion des Chefs d’Etat-major de la CEDEAO pour planifier les actions futures. Cette réunion, organisée le 17 janvier 2011 à Bamako, a traité des affaires courantes, mais n’a pas véritablement abordé la situation ivoirienne, l’option militaire chère au Nigéria, au Burkina Faso et au Sénégal n’ayant visiblement pas l’assentiment des autres membres de l’organisation régionale.

 

Entre temps, composée des Présidents du Cap Vert, Pedro Pires, de la Sierra Leone, Ernest Bai Koroma, et du Bénin, Boni Yahi, la délégation de la CEDEAO s’est rendue à deux reprises à Abidjan, les 28 décembre 2010 et 3 janvier 2011, épaulée, lors de la seconde visite, par le Premier ministre kényan Raila Odinga qui s’était illustré, le 16 décembre, par un appel à « déloger » par la force militaire le Président Gbagbo. Cette médiation de la CEDEAO, traversée par de premières dissensions sur les options politique et militaire proposées, a échoué.

 

L‘Union africaine, à partir de son Conseil de paix et de sécurité, a repris le relais en mandatant, sans plus de succès, Raila Odinga qui s’est rendu à Abidjan, le 17 janvier. Après l’échec de cette tentative, les chefs d’Etat de l’Union africaine, lors de leur sommet du 31 janvier, en présence de Nicolas Sarkozy étrangement invité au titre de Président du G 20, ont décidé d’envoyer des experts chargés de préparer la venue d’une délégation de haut niveau regroupant sous la présidence du Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, cinq chefs d‘Etat issus de l’ensemble du continent, à savoir le Sud africain Jacob Zuma pour l’Afrique australe, le Tanzanien Jakaya Kikwété pour l’Afrique orientale, le Tchadien Idriss Déby pour l’Afrique centrale et le Burkinabé Blaise Compaoré pour l’Afrique de l’Ouest. Les cinq chefs d’Etat avaient un mois pour proposer des mesures contraignantes permettant au pays de sortir de l’impasse.

 

Après leur passage, du 7 au 11 février à Abidjan, les experts ont remis leurs propositions au panel des cinq chefs d’Etat qui se sont rendus à Abidjan du 21 au 23 février pour y rencontrer M. Gbagbo au Palais présidentiel, M. Ouattara à l’Hôtel du Golf, M. Youn-jin Choi à la tête de l’ONUCI et le Conseil constitutionnel à l’Hôtel Pullman.

 

Aucune proposition n’a filtré jusqu’à leur réunion en Mauritanie, le 4 mars, à Nouakchott, après la visite officielle du Président sud-africain Jacob Zuma à Paris, les 2 et 3 mars, où la question ivoirienne a été à l’ordre du jour des échanges avec Nicolas Sarkozy qui a tout fait pour infléchir les positions de son hôte. Toutefois, le panel s’est donné un mois supplémentaire pour achever sa mission et le 5 mars, le Gabonais Jean Ping, Président de la Commission de l’UA, a été reçu à Abidjan porteur d’un message adressé au Président Gbagbo et à M. Ouattara. Il a été proposé à ces derniers ainsi qu’au Président du Conseil constitutionnel de se rendre à Addis Abeba pour un sommet du Conseil de Paix et de sécurité de l’UA, le 10 mars. Le Président Gbagbo y a envoyé l’ancien Premier ministre Affi N’Guessan, président du FPI, et son ministre des Affaires étrangères, Alcide Djédjé, pour le représenter. M. Ouattara a, pour la première fois depuis la fin du moi de novembre 2010, quitté l’Hôtel du Golf. Ce 9 mars, le président Gbagbo a interdit le survol de l’espace ivoirien à l’ONUCI et à la Force française Licorne.

Pour lire la deuxième partie, cliquer ici.

Commentaires

Cher ami,
Merci pour le travail que vous faites. Beaucoup de gens ont suggéré que, soit mis en place un compte pour que tous ceux qui en Afrique souhaitent participer au soutien de la CI le fasse. Veuillez encourager votre gouvernement à ouvrir ce compte là ou à indiquer les mécanismes possibles pour faire parvenir les encouragements de ceux qui le souhaitent. Même si nos dirigeants sont comme à l'accoutumé du mauvais côté, nous sommes solidaires du peuple ivoirien et de sa lutte pour son indépendance.

Écrit par : aube | 12/03/2011

Il y a surement des meilleurs historiens que moi qui visitent ce blog. Mais je me demandais si on pouvait dire que la guerre qui se deroule a present en CI est la premiere guerre reellement nationaliste du continent Africain.

Les guerres de la Guerre Froide etaient des guerres "proxy" entre factions aux pretextes ideologiques; ou du moins, c'etaient des guerres dont la justification n'etait jamais de nier la nationalite d'une partie de la population, ou encore de mobiliser la population pour "defendre les institutions de la republique" contre des etrangers. (Notons tout de suite que, des qu'il y a mobilisation populaire autour de themes de ce type, on parle deja de nationalisme, que les menaces aient ete inventees ou non.)

Egalement, les guerres d'apres la Guerre Froide, quand elles n'etaient pas la suite des guerres precedentes, etaient alors des guerres ethniques. Mais, il faut noter que, si dans le cas de la CI il y a eu confusion entre l'ethnie et la nationalite, il me semble que dans les autres pays, il n'y avait tout simplement jamais de question de nationalite.

Si j'ai raison, certains parleront peut-etre d'une ironie du sort: la CI a innove en copiant, peut-etre mieux que tous les autres pays d'Afrique noire, les lecons economiques de l'occident; et, comme ces lecons n'ont pas marche, voila qu'elle innove encore; mais, cette fois-ci, en copiant, et toujours mieux que tous les autres, les erreurs politiques de l'occident.

Écrit par : AK | 14/03/2011

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