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24/12/2010

A propos des amis français de Gbagbo : réponse à Pierre Haski

 

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Avant toute chose, je voudrais commencer ce post par une mise au point : je connais, j’aime beaucoup et j’admire Pierre Haski, pour la subtilité de sa vision de la France et du monde et pour le talent intuitif qu’il met à construire Rue89, un média que j’aime et auquel je contribue.

Mais je suis tout de même un peu dérangé par son dernier papier sur la Côte d’Ivoire, sur « ces conseillers blancs qui soutiennent Gbagbo ». Ces « curieux appuis » se trouvent « à droite, très à droite », ce qui serait étonnant pour une cause qui se réclame du panafricanisme et est très hostile à la Françafrique.

Pourquoi l’angle de ce papier me dérange-t-il ? Déjà parce que j’estime que l’analyse n’est pas poussée très loin. Lue rapidement, elle peut laisser croire qu’il n’y a plus guère que les vieux chevaux de retour de la droite et de l’extrême droite qui ont des sympathies (forcément embarrassantes) pour le fondateur du Front populaire ivoirien (FPI). Il est vrai que Pierre Haski a fait un papier, il y a déjà plusieurs jours, sur les amis qui restent encore à Gbagbo au Parti socialiste… Il est difficile d’écrire sur ceux qui, à gauche, se taisent par peur de représailles médiatiques et de procès en sorcellerie de la part des gardiens du fameux « cercle de la raison ». Mais il me semble que les prises de position de la classe politique française sur la Côte d’Ivoire traduisent en partie une nouvelle fracture politique hexagonale et peut-être européenne, qui pourrait devenir centrale et remettre en cause le clivage gauche/droite : elle sépare les « nationalistes » et les « internationalistes tendance Grand Soir » des « mondialistes », si l’on peut dire.

Jean-Marie Le Pen et Henri Emmanuelli ont deux points communs : ils se démarquent de l’hallali anti-Gbagbo de la classe politique française ET ils ont fait campagne contre le traité constitutionnel européen. La question ivoirienne, au-delà des bons et mauvais points, peut s’analyser autour de la thématique de la « gouvernance mondiale » et de ses adeptes, qui se recrutent à gauche et à droite – et devraient logiquement finir par fonder un seul parti si les batailles idéologiques revenaient au centre du jeu politique français. Dans quelle mesure la « communauté internationale » peut-elle intervenir dans les affaires intérieures d’un Etat ? Quelle est la légitimité de la Cour pénale internationale (CPI), qui s’arrête brusquement, en général, devant la porte des puissances riches – dont les Etats-Unis, qui ont refusé de ratifier le traité qui la fonde ? La « gouvernance mondiale » n’est-elle pas un nouvel ordre technocratique qui, fatalement, va entrer en conflit avec les souverainetés, mais aussi la démocratie ? Ces questions se posent en Côte d’Ivoire, et en France.

Par ailleurs, j’ai été frappé par le raccourci que Rue89 a fait en ramenant un slogan lu lors d’une manif pro-Gbagbo à Paris – « La France aux Français, la Côte d’Ivoire aux Ivoiriens » – au « La France aux Français » du Front national. On ne peut pas ramener les revendications politiques des Africains et leur manière de les exprimer au corpus symbolique hexagonal et au politiquement correct à la française. Il faut se poser une question : comment un habitant d’Abidjan ou de Bouaké comprendrait-il la phrase mise à l’index ? Sans doute tout simplement comme une revendication d’égalité entre l’ancien colonisateur et l’ancien colonisé.

 

Commentaires

Excusez-moi, mais lorsqu'on lit les articles du "temps", on est en droit de se poser des questions sur votre dernière assertion...

Dramane le Mossi, Sarkozy le Hongrois...

http://news.abidjan.net/h/384521.html


Le FPI, autrefois parti honorable, glisse doucement vers un certain type de national-socialisme...

Écrit par : Vincent | 24/12/2010

Vous mêmes Kouamouo vous êtes un vendu. Vous nous éloigner de la question centrale. Soit, Gbagbo est un independantiste, il aime les ivoiriens, sans lui le pays va chavirer, etc.
Soit ADO est un vendu, un rebelle, un assassin, un mossi, un burkinabè, etc.

Mais il y a eu des élections

Il est clair et net que des résulats proviosires devaient être produits par une CEI, qu'ils devaient être validés ou totalement invalidés (pas partiellement) par le CC et certifiés en dernier ressort par l'ONUCI

Le debat sur la souveraineté et le respect du CC quelle que soit la manière desinvoltante avec laquelle il dit le droit est un debat factice car depuis 2005 la RCI n'était plus souveraine. Les parties ont librement choisi de confier l'organisation du scrutin et sa certification par la communauté internationale que vous pourfendez.

En conclusion: de mon point de vue il se peut que tout ce que vous dites (complot international, tentatives de faire main basse sur la RCI, Pillage des richesses, etc.) soit vrai mais RETENEZ QUE VOUS N'AVEZ PAS PU CONVAINCRE LES IVOIRIENS comme l'a montré le scrutin.

Écrit par : Isaac | 26/12/2010

Il est clair que l'Afrique... (ou en partie quelques pays africains) n'est pas prête à acquérir son indépendance tant elle devra toujours tendre la main aux autres pour trouver en son sein les réponses aux clivages qui la minent.
Comment pouvons nous passer un pacte avec le diable et ne pas vouloir en payer le prix? pourquoi inviter les autres à danser sur une musique qu'on aurait composé soit même et se plaindre qu'ils dansent mal? comment peut on refuser d'admettre ce qu'on a au préalable accepté?
une chose est sûre...l'Afrique ayant perdue ses valeurs, il devient difficile de trouver des hommes de valeurs pour la guider.
Comment avoir des institutions qui se discréditent de par leur choix bien qu'ayant à leur tête des "technocrates"?

Je me souviens que lors du refus de la communauté internationale de financer les élections en CI sous la junte militaire, les ivoiriens se sont mobilisés pour organiser leur propre élection... et ce sont eux encore qui ont marché dans les rues pour exiger l'application de leur choix.

Alors pourquoi ne pas prendre nos responsabilités? pourquoi accepter un lavage de cerveau effectué par une télévision loin d'être impartiale et voir bafouée notre volonté.

C'est triste mais une chose est certaine... seule la force va être mise en pratique
Soit les FDS loyales à Laurent Gbagbo réussissent à faire partir la "république du golf"
Soit la CEDEAO et l'ONU de par son Chapitre 7 de sa charte utilisent la force pour faire partir le "fils des élections"

Dans l'un des deux cas de figures, ce sera triste de voir une telle chose se produire depar la faute d'un individu qui a refusé de lire le droit comme il se devait selon l'article 64 du code électoral ivoirien.

Ben bon que le bon Dieu ait pitié de nos âmes de pauvres pécheurs.

50 ans après... l'Afrique n'est que le reflet de tout ce qui est morbide

Écrit par : desolivviers | 26/12/2010

Cette histoire est complexe.
Au-delà du présumé complot international ou bien de l'africanité de Gbagbo, la question qui se pose, c'est qui a gagné les élections ou qui aurait vraiment gagné, une fois les départements qui ont été invalidés auraient voté en bonne et dûe forme.
Si c'est Gbagbo qui aurait gagné avec le vote de ces départements litigieux, qu'il reste.
Si c'est ADO qui aurait gagné, et bien que la volonté du peuple s'applique...

Je reprends une réaction assez juste d'un africain sur le site d'un journal français :

Aucune disposition de notre droit ne donne l'autorisation au Conseil constitutionnel d'annuler les résultats d'aucune région.

[CITATION]

La vérité que vous auriez dû dire à vos ouailles, aux Ivoiriens, et au monde entier, est que notre droit dit précisément ceci à propos du rôle du Conseil constitutionnel: « dans le cas où le Conseil constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d'ensemble, il prononce l'annulation de l'élection et notifie sa décision à la Commission électorale indépendante qui en informe le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et le Représentant spécial du Facilitateur à toutes fins utiles. La date du nouveau scrutin est fixée par décret pris en Conseil des ministres sur proposition de la CEI. Le scrutin a lieu au plus tard 45 jours à compter de la date de la décision du Conseil constitutionnel. » notre droit n'autorise pas le Conseil constitutionnel à annuler les résultats d'une région et à inverser les résultats d'ensemble du scrutin. Si tant est que le Conseil constitutionnel avait le dernier mot comme monsieur Laurent Gbagbo le prétend, il l'avait pour dire le droit, pas pour l'inventer. Le législateur ivoirien n'a pas donné au Conseil constitutionnel le pouvoir d'annuler les voix des électeurs de quelque région que ce soit, et pour quelque motif que ce soit. Le droit de vote est sacré dans toutes les démocraties. Personne, pas même une institution, ne peut se substituer à la volonté du peuple qui s'exprime à travers son vote. C'est pour cela que, s'il y a des fraudes, mais qui ne sont pas de nature à affecter le résultat d'ensemble du scrutin, ce que la Cour constitutionnelle a à faire est de confirmer les résultats donnés par la CEI. Si par contre ces fraudes sont de nature à fausser la volonté du peuple, on annule alors le scrutin et on redonne la parole au peuple. C'est tout simple, et tombe sous le coup du bons sens, me semble-t-il. Aussi je répète ce que l'on sait d'ailleurs déjà, aucune disposition de notre droit ne donne l'autorisation au Conseil constitutionnel d'annuler les résultats d'aucune région.

[FIN DE CITATION]
150 M€ dépensés pour financer ces élections et voilà le résultat de m...

Écrit par : JoE. | 27/12/2010

A JoE,

Sais-tu que la CEI (contrôlée par le RHDP) avait, dès le premier tour, procédé à des annulations de zones entières, comme la France et Sinfra, au premier tour ? Si aucune disposition du droit ivoirien ne permet ces annulations, pourquoi ne pas avoir protesté à ce moment là ?
L'article 63 du Code électoral ivoirien dit ceci : 'Le résultat définitif de l'élection du président de la République est proclamé,après examen des réclamations éventuelles, par le Conseil constitutionnel et publié selon la procédure d'urgence.'
Cet examen des réclamations, ça veut dire quoi, au fait ?

Écrit par : Théo | 27/12/2010

Mince, Théo, le sujet des élections en CI est vraiment complexe. Non, je ne savais pas qu'il y avait eu de telles annulations.
Mais si ces annulations ne sont pas de nature à modifier le réel choix du peuple ivoirien, cela n'est pas si grave.
La vraie interrogation que l'on devrait avoir, c'est qui a gagné, une dois ces annulations revotées en élections partielles.

Mais ça ne semble pas être la question qui préoccupe le monde. On est parti sur un combat entre un camp reconnu par l'Occident en dépit de la loi ivoirienne et un camp reconnu par le droit ivoirien, nationaliste sûr de son droit...

Tout cela donne les larmes aux yeux pour l'Afrique. Cela ne finira-t-il donc jamais ?

Écrit par : JoE. | 27/12/2010

Ainsi, les annulations à la fois de la CEI et de Conseil Constitutionnel ne sont donc pas problématiques si elles ne sont pas de nature à modifier le réel choix du peuple ivoirien.
La réelle question est là. Qui a gagné ?
Il faudrait, dans le pays des rêves, revoter et on saurait qui a gagné à la régulière...
Sujet complexe et hautement sensible que cette élection...

Écrit par : JoE. | 27/12/2010

ça signifie quoi le "choix réel" ? On vote selon le Code électoral. S'il est violé, les votes sont nuls, malheureusement. Comment comprendre que sur autant de PV (plus de 10% de l'ensemble), quasiment tous localisés dans le Nord, il y ait plus de votants que d'inscrits ? Le Code électoral dit que chaque candidat doit avoir un représentant dans chaque bureau de vote durant tt le scrutin. Les scrutateurs LMP ont fui à midi environ dans le Nord. Ils disent avoir été menacés de mort. Certains ont eu la vie sauve grâce à l'ONUCI. Des photos d'une scrutatrice fouettée et déshabillée à Korhogo ont été distribuées.
A la question "qui a gagné ?", on est obligé de répondre "y a-t-il eu élection au sens démocratique du terme partout" ?
Pourquoi ne pas désarmer les rebelles dans le Nord et faire un nouveau scrutin dans des conditions vraiment démocratiques ?

Écrit par : Théo | 27/12/2010

Pourquoi ne pas désarmer les rebelles dans le Nord et faire un nouveau scrutin dans des conditions vraiment démocratiques ?

Effectivement, Théo, ce serait LA solution. Désarmement et scrutin réellement démocratique sur tout le territoire...

Mais bon, dans nos rêves peut-être, dans la vie réelle malheureusement c autre chose...

Écrit par : JoE. | 27/12/2010

Pierre Haski n'a dit qu'une partie de la vérité.

Bernard Houdin, conseiller environnement de Gbagbo, est un ancien président du GUD (groupuscule néo nazi).

La banderole de soutien à Gbagbo "Un seul peuple, une seule nation, un seul guide" est la traduction de "Ein Volk, Ein Reich, Ein Fuhrer" de sinistre mémoire.

En 2004 o,n se souvient également du slogan des patriotes "Je suis xénophobe et alors ?"

Quant à Marcel Ceccaldi, qui défend Gbagbo à la RTI, il est l'avocat de Jean Marie Le Pen.

Écrit par : Thess | 31/12/2010

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bien compliqué cette situation même s'il est évident que les nombreuses annulations de votes ont complètement faussées les résultats.

Écrit par : T. Hervé | 12/03/2011

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Écrit par : name | 12/04/2011

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