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28/08/2010

Guinée-Côte d'Ivoire : incertitudes voisines

Paru dans Le Nouveau Courrier du 28 août 2010.

Il faut croire que les afro-optimistes ont trop vite parlé. Et les donneurs de leçons qui ont expliqué il y a quelques mois aux Ivoiriens que la Guinée Conakry réussissait en six mois ce qu’ils avaient été incapables de réaliser en cinq ans aussi.

Le pays de Sékou Touré est au milieu du gué depuis de longs mois, et ne semble pas avoir le courage de sortir de son « entre-deux-tours » pour désigner un chef d’Etat élu. Et avancer. C’est que le premier tour a été finalement assez traumatisant à plusieurs égards. Premièrement, il a montré la force du vote ethnique. Au-delà des programmes, des charismes, de l’histoire personnelle de chacun des candidats, du désir de tourner la page d’une certaine forme de « dictature » sous Sékou puis sous Conté, chacun a voté pour son frère. Dans ce cas de figure, on se dit que l’élu qui en sortira récompensera ses électeurs. Donc son ethnie. L’idéal démocratique est dévoyé.

Pour ne rien arranger, le candidat Alpha Condé et ses soutiens, parmi lesquels Lansana Kouyaté, ne font plus confiance à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), qu’ils estiment incompétente au point de vue technique et inféodée à son rival. Ils demandent que l’administration territoriale, tant honnie il y a peu par tous les opposants d’Afrique, s’implique dans le processus.

La Côte d’Ivoire est-elle à l’abri du schéma guinéen, où on va au premier tour la fleur sur l’urne et puis où on se braque et où on conteste avec le couteau entre les dents ? Notre Commission électorale indépendante (CEI) est encore plus facile à discréditer que la Ceni guinéenne. Elle est un repaire de politiciens, et un parti d’opposition – le RDR en l’occurrence – y semble surreprésenté. Elle a déjà perdu un procès à Yopougon face au FPI justement parce qu’elle jouait, selon les juges, un jeu pas tout à fait républicain.

Là où les percées guinéennes venaient fouetter l’orgueil ivoirien, les incertitudes de Conakry vont sans doute renforcer les craintes voire la paranoïa sur les rives de la lagune Ebrié.

 

Commentaires

Je ne suis pas du tout d'accord avec votre raisonnement sur le vote ethnique.

Contrairement à ce que vous dites, on ne vote pas seulement un programme, un charisme, une histoire personnelle, etc...
on vote un complexe mélange de tout ça, et on vote surtout le candidat en qui on a CONFIANCE.

Parce qu'une fois élu, si les propositions de son adversaire étaient pertinentes, il peut les appliquer lui-même. Il peut même ne plus/pas faire ce qu'il a promis.

En Afrique, on le vit tellement que je n'aurais aucune difficulté à ne pas voter le candidat le plus populiste (genre, celui qui promet des routes et des écoles partout....on sait ce que ça donne au final). Je vote celui qui m'inspire.
Et dans un pays meurtri par une dictature d'une grande longévité, rien de surprenant qu'on fasse confiance à son "frère".

Des pays comme le Bénin ou le Ghana sont sortis de ces fonctionnements. Mais, pas à la première élection.

De plus, aucune loi, ni constitution ne pose les raisons pour lesquelles on vote. Ceci est d'ailleurs protégé par le secret du vote. Les électeurs ont le droit de voter pour les raisons de leur choix.

Il appartient aux candidats de se démarquer. Le vote ethnique ne fait que traduire le faiblesse des candidats, et du peu de crédit que les électeurs accordent à leurs arguments.
Le vote ethnique, au lieu d'être simplement haï, doit être compris. La classe politique n'a tellement aucun crédit que les électeurs ne jugent pas bons de les distinguer. On choisit son frère et basta.

Et je comprends les guinéens, on leur demande de choisir entre des candidats du "sérail", qui ont peu ou prou flirté avec le régime dictatorial, chacun à son niveau. Alors, tant qu'à continuer à creuser, autant creuser profond.

Il appartiendra au prochain président, d'être suffisamment rassembleur, et de se démarquer de toute gestion ethnique pour que le pays prenne le cap du vote logique, et non ethnique.

Encore que pour séduire les latinos dans une grande "démocratie", on envoie un orateur latino, aussi basiquement que ça. Donc, l'herbe n'est pas aussi verte ailleurs qu'on le croit.

Écrit par : oniN | 28/08/2010

je ne souhaite pas que ce message soit publié. Il est destiné juste pour toi ( un ancien collègue de l'Autre Afrique )

j'aime ton blog mon frère. Ton approche de l'actu africaine reste digne avec ce souffle patriotique. Dommage pour le feu L'AUTRE AFRIQUE !
Découvre un peu le travail que nous accomplissons pour faire connaître l'Histoire du continent, et si en tant que journaliste tu penses que cela vaut le coup de faire un papier dessus, c'est les Africains qui en profiteront ( et le reste du monde aussi ). N'attendons pas toujours que c'est les autres qui parlent de nous pour que nous parlions de nous ( si tu vois ce que je veux dire ).

Écrit par : kala | 28/08/2010

le vote ethnique ne mène nulle part
comprendre ce vote est révélateur d'un esprit tribal. Plus, est révélateur d'une appartenance à un ethnie se disant majoritaire. Sinon, je ne vois pas quelqu'un issu d'une minorité ethnique adouber ce type de vote.

Concrètement, en Côte d'Ivoire, quand tu auras fi i de voter ton candidat ethnique, comment tu feras pour avoir les 50% de voix? tu serviras entre deux tour, des arguments de quelle nature?

les guinéens ne sont pas mûrs pour la démocratie ou plutôt, ne sont pas du tout dans le schéma tel que préconisé par les bien penseurs! déjà quand j'ai entendu les rebelles dire qu'en guinée voisine on a pu organiser des élections en peu de temps je me suis méfié, car nos fn...

Écrit par : marianne | 29/08/2010

Kouamouo quelque que soit le débat, le sujet, il fait tout égratigner,vilipender le RDR, trouver le diable forcement chez le RDR, enfin quand on défend le pouvoir FPI on peut tout se permettre même les amalgames les plus .. eh.... illogiques.
Perdre des annees dans les preparatifs Elections ne peut etre justifier par des doutes ou meme la persistance du vote ethnique.

Pour le vote ethnique, c'est toute l'Afrique qui en souffre et cela ne saurait suspendre le suffrage universel et/ou le droit de vote bien que cela soit matière a réflexion pour tout intellectuel.
Le RDR n'est pas responsable s'il est majoritairement représenté au sein de la CEI, cela se faisait par élection et comme dans toute les élections chacun doit savoir se faire des alliés tout simplement pour gagner.

Quand aux agissements des certains tribunaux a rendre apatrides vaille que vaille des citoyens ivoiriens sans preuves et sans argumentaires a par le délit de patronymes, cela devrait scandaliser,faire sauter les lunette de notre défenseur de la liberté-patriote-journaliste. Mais tant que la victime c'est les partisans et supposées partisans du RDR, votre diable désigné, tout va bien sous les tropiques.Il y justice te liberté sous le pouvoir des amis refondateurs. Meme si les mêmes citoyens s'étaient indignés offusques de l'emprisonnement injuste du dit défenseur de la liberté d'un camp- le pouvoir- contre l'autre ,le faible, les opposants.
Ainsi va l'Afrique des intellectuels.

Écrit par : Bouabre B | 30/08/2010

Bouabré, tu te méprends totalement sur le sens de mon propos. Je ne cherche à défendre personne. En revanche, j'essaie d'attirer l'attention sur le fait que les polémiques guinéennes d'aujourd'hui peuvent être les polémiques ivoiriennes de demain. EN QUOI EST-CE MAL ?
Lancer des anathèmes et cataloguer les gens ne fait pas avancer la réflexion. C'est "grâce" à ce type de réflexes qu'on est dans la mouise depuis plus de dix ans. Les pouvoirs (et les oppositions) se succèdent et la manière d'envisager l'affrontement politique ne change pas.

Écrit par : Théo | 30/08/2010

donc je cool.and viendra time.thanks prochaine.

Écrit par : air max tn femme | 07/04/2011

Les commentaires sont fermés.