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29/05/2010

Un demi-siècle de turpitudes (3)

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Une fois que seront éteints les lampions de la grande fête du cinquantenaire, qui s’étalera sur toute l’année 2010, une question se posera avec acuité : à quoi ressembleront les cinquante prochaines années ?

Une chose est sûre : cela fait très longtemps que l’Afrique n’a pas été dans une position stratégique aussi favorable. Prise en otage pendant la guerre froide, puis délaissée par un Ouest trop pressé de venir au secours de l’Est, elle a repris de la  «valeur» notamment avec le réveil de la Chine et sa ruée sur les matières premières du continent.

L’Afrique est redevenue intéressante, et les livres «autorisés» écrits sur elle en témoignent. En 2003, le journaliste Stephen Smith, à l’époque plus célèbre spécialiste de l’Afrique dans la presse française, publiait un livre devenu célèbre, Négrologie – Pourquoi l’Afrique meurt, auréolé du prix France Télévisions du meilleur essai. Il décrivait le continent comme un «Ubuland, sans frontières, terre de massacres et de famines, mouroir de tous les espoirs». «L’Afrique agonise, quoi qu’en disent, une fois l’an, au creux de l’actualité, les optimistes forcenés des dossiers spéciaux sur ‘l’Afrique qui bouge», assénait-il.

Le 18 mars 2010, Le Temps de l’Afrique, un livre rédigé par Jean-Michel Severino, ancien directeur général de l’Agence française de développement (AFD), défend une thèse radicalement différente.

Dans son résumé, on peut lire : «Le XXIe siècle sera celui de l’Afrique. On la croyait vide, rurale, animiste, pauvre, oubliée du monde. Or, cinquante ans après les indépendances, la voici pleine à craquer, urbaine, monothéiste. Si la misère et la violence y sévissent encore, la croissance économique y a repris ; les classes moyennes s’y développent à grande vitesse. Elle est désormais au centre de nouveaux grands enjeux mondiaux. Bref, elle était «mal partie» ; la voilà de retour – à grande vitesse.»

Ne nous y trompons pas. La belle promesse de prospérité qui s’offre à l’Afrique ne sera qu’une occasion gâchée de plus si son élite se contente d’accumuler les nouvelles rentes minières et agricoles, de s’endetter et de consommer de manière frénétique. Nous devons croire, au-delà des pétitions de principe énoncées trop souvent de manière mécanique, qu’une belle histoire collective peut s’écrire après ce que l’historien Achille Mbembe a appelé «le temps du malheur». Sans la foi qui soulève les montagnes, comment trouver l’énergie nécessaire pour relever les défis colossaux de la formation là où, cinquante années après l’indépendance, ceux qui sont allés à l’école «des Blancs» sont trois fois plus nombreux à grossir le nombre des chômeurs – dans le cas spécifique de la Côte d’Ivoire – que les analphabètes ? Comment prendre le risque d’ouvrir radicalement des systèmes fermés au profit de l’oligarchie, comment innover, étonner ?

«Les ennemis de l’Afrique, ce sont les Africains», chantait, il y a plus de dix ans, Alpha Blondy. Avait-il raison ? Difficile de trancher de manière radicale, mais il est clair que, dans notre manière de vivre, nos renoncements, notre cynisme ordinaire, nous montrons que nous sommes habités par un afro-pessimisme justifiant toutes les dérives par le principe du «sauve-qui-peut».

Si nous voulons fêter un beau centenaire, c’est contre ce syndrome caché mais puissant de la démission, voire de l’autodestruction, que nous devons nous battre. Un syndrome très finement diagnostiqué par Célestin Monga, intellectuel de haut niveau et décrit avec talent dans son livre Un Bantou à Washington, où il évoque dans un passage le Cameroun de sa jeunesse, qui reste le même aujourd’hui. «Autour de moi, les familles étaient souvent déshumanisées par l'intériorisation de la conscience de la misère matérielle, ou hantées jusqu'à l'obsession par le syndrome du dénuement. Fort logiquement, la fin justifiait les moyens. (...) Rechignant à faire l'inventaire du nationalisme et de ses obsessions idéologiques, beaucoup de chercheurs restaient prisonniers d'une dichotomie stérile : soit ils concentraient leurs efforts à hurler leur dépit superficiel aux anciens colons français notamment, soit ils ambitionnaient simplement de séduire et de mimer l'action de leurs anciens oppresseurs. (...) Le Cameroun m'apparaissait comme le miroir brisé de mes ambitions naïves, comme le résumé d'une Afrique paralysée par un face-à-face tragique : d'un côté, l'hédonisme et le cynisme de la petite élite ayant réussi à tirer son épingle du jeu ; de l'autre, l'autopessimisme et le nihilisme des personnes pauvres. (...) Les deux camps étaient cependant d'accord sur quelques urgences : la libération des désirs et la course effrénée aux plaisirs immédiats, à l'enrichissement facile et à la prédation.»

Il faut changer de paradigme.

28/05/2010

Un demi-siècle de turpitudes (2)

L'édito du Nouveau Courrier du jeudi 27 mai 2010.

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Quel regard les Africains ont-ils porté il y a cinquante ans sur l’accession de leurs Etats à l’indépendance ? Quelle représentation avons-nous des concepts d’Etat, de nation et de souveraineté ? Les réponses à ces questions éclairent forcément le bilan du Jubilé, cette année, de dix-sept pays africains (dont 13 anciennes colonies françaises).

Devenus indépendants quasiment au même moment, les pays « amis et frères » d’Afrique, faibles numériquement et économiquement, n’avaient pas le choix s’ils voulaient exercer de manière large la souveraineté à laquelle ils accédaient. Ils devaient s’unir dans les domaines très délicats de la défense, de la monnaie, des politiques agricoles et industrielles. Sans doute ont-ils une circonstance atténuante : les anciens maîtres, jamais vraiment partis, ne l’auraient pas toléré. Mais l’excès de zèle que certains d’entre eux ont mis à la réfutation active du respect du principe de souveraineté des Etats des autres est injustifiable, même rétrospectivement. Il a alimenté une « guerre civile permanente », créé une culture de la suspicion et du nationalisme étroit qui continue d’entraver les initiatives d’intégration régionale non « parrainées » par les pays riches ou les ex-puissances coloniales.

A l’intérieur de chacun de nos pays, l’idée de Nation, d’abord imposée au moyen du parti unique, a failli exploser presque partout dès le retour au multipartisme il y a vingt ans. A cet égard, le génocide au Rwanda est apparu comme un moment paroxystique. Apprentis-sorciers de la « démocratie tribale », de nombreux hommes politiques ont travaillé à saper les fondements du « pacte social », histoire de se créer des « tribus captives », bonnes à leur servir de « bétail électoral » ou de « chair à canon » dans le cadre conflits et rébellions dont les multinationales occidentales ont été – sont – les principales bénéficiaires. La compétition politique a aggravé le clientélisme. Dans plusieurs pays qui fêtent cette année leur Cinquantenaire, les droits des citoyens sont assujettis soit directement à leur tribu, selon sa proximité avec celle du chef, soit à leur capacité à tisser des liens dans l’entrelacs des réseaux qui ont privatisé l’Etat leur profit. La manière dont on entre, sous nos cieux, dans l’administration, la police, la justice ou certaines grandes écoles, est un symptôme inquiétant. Si l’Etat ne songe même plus à être impartial, alors la rébellion se justifie. Les révoltes de populations vivant au-dessus de richesses énormes, mais totalement oubliées dans le partage des rentes pétrolière ou minière, sur le modèle du « delta du Niger », sont un signe de plus de l’échec patent de l’Etat africain postcolonial, mauvais négociateur, piètre redistributeur.

Sans administration, pas d’Etat véritable. Mais à quoi ressemblent les administrations qui fêtent leur demi-siècle au même moment que les Nations africaines ? En pages 8 et 9, Le Nouveau Courrier du jour évoque, entre autres, les failles de l’état-civil ivoirien. Le débat va s’animer parce que l’enjeu est politique. Mais dans ce domaine, depuis les indépendances, une fonction publique dénuée de tout sens du bien public a désorganisé en profondeur ce que le colon avait laissé. Une fonction publique à ce point gangrenée par la corruption, y compris à ses niveaux les plus élevés, qu’elle perd toute vigilance sur les enjeux centraux qui déterminent l’avenir. Les différentes mafias publiques et privées règnent en l’absence de moralité publique.

Trop occupée à jouir financièrement de sa capacité à tordre le cou à la loi, pas assez consciente des contraintes et servitudes de l’Etat moderne, la bourgeoisie administrative née avec la décolonisation a cru avec naïveté que l’indépendance signifiait venir s’asseoir à la place du « Blanc », et « manger » comme lui. Plus que lui. Y compris en sciant la branche sur laquelle elle était assise. Sans révolution mentale radicale, le premier siècle africain pourrait autrement plus morose que le demi-siècle que nous commémorons. Ce qui serait un incommensurable gâchis. Parce que, aujourd’hui plus que jamais, le continent a des armes pour compter et peser sur le cours de sa destinée, voire de l’Histoire des hommes.

27/05/2010

Un demi-siècle de turpitudes

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Faut-il célébrer le Cinquantenaire de l’indépendance ou pas ? Autour de cette question, s’organise en Côte d’Ivoire une polémique rageuse. Les contradicteurs brodent entre autres autour des dépenses qu’occasionneraient des cérémonies festives à une période de crise aiguë, de la nécessité de marquer d’une pierre blanche l’année du Jubilé, des éventuelles récupérations politiques d’un moment dont le caractère historique n’échappe à personne…

Au final, on pourrait en oublier l’enjeu mémoriel. Se rappeler, évaluer le chemin parcouru, interroger les échecs. Peut-être faudrait-il au passage que nous changions notre regard sur l’Histoire, que nous aimons à mobiliser pour régler des comptes toujours très contemporains. Alors que nous avons tout intérêt à la regarder froidement et à nous éclairer de sa lumière crue.

Dix-sept pays africains fêtent leur demi-siècle cette année. Parmi eux, treize anciens pays colonisés ou placés sous tutelle française. De manière générale, on peut résumer leur parcours en quelques étapes. L’enthousiasme délirant des indépendances « cha cha », le temps de la déstabilisation et/ou des tentatives de déstabilisation des « pères de la Nation », les années de croissance et des « pères bâtisseurs », les années de crise et de surendettement, la période des ajustements structurels violents, des revendications démocratiques et des déstabilisations armées… Quand on fait la balance, les turpitudes et les échecs pèsent souvent plus lourd que les succès et les progrès. A qui la faute ?

Pour répondre à cette question, il faut regarder en détail le « butin » qui remplissait la calebasse des indépendances. Tout bien considéré, il était si léger que l’on peut se demander, sans verser dans la provocation inutile, si la décolonisation n’est pas arrivée trop tôt. Les pays à qui l’indépendance était octroyée en 1960 n’avaient pour la plupart aucun pouvoir de négociation (les Anglo-Saxons parlent de « bargaining power » ). Il s’agissait de micro-Etats, à la population faible et faiblement alphabétisée, aux structures de production rudimentaires dépendant de manière absolue des conglomérats coloniaux. De plus, le contexte international caractérisé par la guerre froide ne laissait guère le choix aux « pères de la Nation ». Ils étaient sommés de choisir entre deux marionnettistes : l’Occident (souvent représenté par l’ancien maître, utilisé par le bloc capitaliste comme contremaître) et l’Empire rouge. L’un et l’autre jouaient aux échecs sur des pays dont on disait qu’ils étaient redevenus maîtres de leur destin.

Après la chute du rideau de fer, alors que les « Blancs qui avaient gagné » finançaient la remise à niveau de l’économie des « Blancs qui avaient perdu », les pays africains étaient sommés de se « débrouiller » pour réparer les excès commis par les chefs locaux et leurs anciens marionnettistes, très souvent au nom de la lutte contre le communisme : éléphants blancs, endettement non soutenable, etc…  C’est aussi en Afrique que toutes les armes légères fabriquées durant la guerre froide étaient réexpédiées et mises au service de guerres de prédation habilement camouflées sous des oripeaux de querelles tribales inexpugnables.

Commémorer les indépendances ne va pas sans déterminer le sens qu’elles revêtaient pour les différentes parties prenantes. Avec le recul, on se rend compte que la « libération » qui a été proclamée il y a cinquante ans ne signifiait rien pour les anciens maîtres. Elle n’a été, tout au plus, qu’une modalité de gestion du changement de rapport de force intervenu après la Deuxième guerre mondiale avec l’affaiblissement de nations coloniales européennes épuisées par leurs rivalités et la montée en puissance d’acteurs comme les Etats-Unis et l’Union soviétique.

Le dire n’est pas dédouaner les Africains de leurs responsabilités. Certes, la calebasse des indépendances était presque vide. Mais ont-ils eu le souci de la remplir ? Il aurait fallu pour cela qu’ils aient la conscience claire de l’enjeu, qu’ils donnent du contenu à ce qui n’en avait pas. Qu’ils prennent au sérieux des concepts lancés de manière opportuniste par les anciens dominateurs. Malheureusement, ils ont raté le coche.

PS : Vous êtes à l'étranger et vous voulez recevoir le PDF du Nouveau Courrier ? Pendant deux semaines, nous vous l'envoyons gratuitement dans votre boîte électronique (avec un peu de retard). Conditions ? Envoyer à lenouveaucourrier@yahoo.fr vos nom, prénom, localisation dans le monde.

25/05/2010

De vous à moi, par Théophile Kouamouo

Le premier éditorial du Nouveau Courrier, quotidien ivoirien né le 25 mai 2010.

 

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Pour les éditeurs, le lancement d’un titre est toujours un moment de grande émotion, une sorte d’accouchement douloureux, plein d’espoir et d’appréhensions. La grande et exigeante communauté des lecteurs de presse écrite adoptera-t-elle le petit dernier ? Serons-nous à la hauteur ? Nos erreurs de départ seront-elles regardées avec bienveillance ou sévèrement jugées ?

 

 

Pour les amateurs de journaux – voire pour les confrères déjà « installés » dans d’autres titres –, la naissance d’un quotidien est forcément un moment de délectation curieuse. Alors, qui est dans l’équipe ? Qu’est-ce qu’ils apportent de nouveau ? A quoi ressemblent leur maquette et leurs rubriques ? Cela vaut-il la peine d’ajouter 200 FCFA à mon budget « presse » quotidien, ou dois-je tout simplement passer mon chemin ?

Dans le cas particulier du premier numéro que vous avez en main, la curiosité se portera forcément sur le nom du journal – qui en rappelle un autre, qui a tiré sa révérence en 2007. D’autant plus que certaines des signatures d’hier sont de retour. Alors, nouvelle naissance ou tout simplement nouveau départ ?

Les deux, mon capitaine ! « Ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre », sommes-nous tentés de répondre. Nous n’avons pas changé, mais le contexte a évolué. Le souffle qui portait le grand-frère aujourd’hui disparu nous anime toujours. Nous sommes toujours persuadés de la nécessité de l’existence en Côte d’Ivoire d’un quotidien indépendant mais engagé, qui choisit ses combats sans peur mais sans pour autant déifier des leaders politiques, quels qu’ils soient. Nous croyons que le premier devoir du journaliste est d’avoir souci de ceux qui choisissent d’acheter son titre, de leur information quotidienne et de leur plaisir de lecture. Nous croyons à un journalisme d’investigation, mais aussi d’analyse, d’éclairage et de décryptage. Nous voulons respecter, chaque jour, l’intelligence du lecteur. Nous défendrons nos points de vue, car nous ne croyons pas en un journalisme « neutre », désincarné, sans odeur et sans saveur. Cela dit, nous ferons un effort d’objectivation, sans lequel le débat citoyen dégénère en invectives sans fin, répétées machinalement et qui, après un certain temps, sont trop prévisibles pour intéresser quiconque. Nous croyons en la possibilité d’un espace public de qualité en Côte d’Ivoire.

Le Nouveau Courrier a bien l’intention d’innover, pour s’imposer dans un univers caractérisé par une concurrence féroce. Le sondage exclusif sur l’image du gouvernement ivoirien au sein de sa propre opinion, dont nous publions les résultats aujourd’hui et demain, est pour nous une promesse d’audace. Nous tenterons de donner corps à notre vision d’un journalisme de presse écrite qui se renouvelle et s’améliore au contact d’Internet,  souvent considéré par notre profession comme un monstre à abattre. C’est dans cet ordre d’idées que nous avons créé notre rubrique « revue du web », qui sélectionnera des contenus pertinents en ligne que vous n’avez pas peut-être eu le temps de consulter dans vos moments de navigation. Dans les jours qui viennent, nous essaierons également de vous convaincre par des rubriques témoignant d’un souci de spécialisation et de pertinence, et que nous dévoilerons progressivement.

L’environnement de la presse est difficile, voire périlleux. Les marges sont faibles, et les dépenses gigantesques. Créer un quotidien en 2010 en Côte d’Ivoire relève du défi, voire de la folie. Mais si nous nous engageons dans cette voie, c’est parce que nous avons parié sur vous, sur votre capacité à nous adopter et à nous renforcer tous les jours, par vos achats et par vos recommandations. Au-delà d’un quotidien, nous envisageons Le Nouveau Courrier comme une communauté. Nous espérons que vous voudrez bien en faire partie.

20/05/2010

Côte d'Ivoire : Facebook mobile bientôt gratuit avec MTN

"Le réseau social Facebook a annoncé le lancement d’un site optimisé pour les téléphones portables, intitulé "0.facebook.com". Ce dernier fait la part belle à la vitesse et la gratuité de consultation. C’est un site entièrement en mode texte et tant que l’utilisateur ne consulte que les pages en texte, la consultation du site est gratuite. En effet Facebook a travaillé avec les opérateurs mobiles à travers le monde pour le rendre gratuit pendant au moins 12 mois, pas besoin de forfait données. En revanche, la consultation de photos ou de vidéos entraînera des frais de consultation internet. Le but de Facebook est de permettre une consultation simple de son site sur la variété de téléphones mobiles disponibles notamment sur le marché africain. Ce nouveau site a été lancé dans 47 pays."

Lire en intégralité chez Etum.

17/05/2010

Jacques Chirac : l'aveu

" On oublie seulement une chose. C’est qu’une grande partie de l’argent qui est dans notre porte-monnaie vient précisément de l’exploitation, depuis des siècles, de l’Afrique, pas uniquement, mais beaucoup vient de l’exploitation de l’Afrique. Alors, il faut avoir un petit bon de bon sens, je ne dis pas de générosité, de bon sens, de justice, pour rendre aux Africains ce qu’on leur a pris… "

Le blogueur Nino n'est pas convaincu par l'argumentaire de l'ancien président français.

"Voilà le type, qui quand il était président, n'a évidemment pas pu faire tout ce qu'il propose dans cette interview (vidéo ci-dessous). Maintenant qu'il n'a plus de pouvoir, il lui vient subitement des envies de combats pour un monde plus juste. Il se souvient que quand il était président, il a participé à piller l'Afrique (après tout, c'était son travail de président français, j'en conviens). Mais, sa pseudo-repentance de merde, qu'il se la carre où je pense (et c'est un euphémisme)." Pour lire son post en intégralité, cliquez ici.

16/05/2010

Le Nouveau Courrier : une interview à Avenue 225

"Si nous avons finalement choisi d’oser ce nouveau pari, c’est parce que nous croyons profondément que nous pouvons faire quelque chose de différent. Nous voulons faire un journal qui sera centré sur ses lecteurs, qui traquera la dernière information dans le secteur du news, et qui se distinguera dans son traitement pertinent de l’actualité sportive, culturelle, conso… Je prends un exemple : le monde entier parle aujourd’hui de Paul Sika, photographe d’art ivoirien vivant en Côte d’Ivoire et qui a un talent fou. Mais la presse ivoirienne n’en parle pas, prise au piège de l’événementiel.

 

Ces trois dernières années, j’ai beaucoup travaillé sur Internet et la presse magazine, notamment économique. Je pense que cette expérience cumulée, mais également celle de mon rédacteur-en-chef, Saint-Claver Oula, qui travaille avec des radios internationales, et de toute l’équipe de permanents et de pigistes spécialisés, peut apporter un vent frais au secteur de la presse quotidienne."

Pour lire l'interview en intégralité, cliquez ici.

13/05/2010

Silence, on accouche !

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Je lis et j'entends quelques commentaires d'amis qui s'interrogent sur le peu de "dynamisme" de ce blog ces dernières semaines. Pour ma défense, je dois dire que j'ai des circonstances atténuantes. Mon équipe et moi travaillons d'arrache-pied sur le lancement d'un quotidien dont nous espérons qu'il sera bien accueilli par le lectorat ivoirien. Son nom ? Le Nouveau Courrier. Le premier numéro sortira le 25 mai prochain.

Pourquoi revenir sur un marché de la presse quotidienne encombré en Côte d'Ivoire, dans un contexte de crise mondiale des journaux ?

J'ai longtemps hésité, comme beaucoup d'entre vous le savent. J'ai hésité en raison des coups reçus par le passé, mais ce motif m'a semblé illégitime puisque je n'ai pas reçu un esprit de timidité mais de force ;)

J'ai hésité aussi parce que je me demandais ce que je pouvais apporter de nouveau dans un écosystème aussi saturé. Mais mes incursions dans le blogging, le web, la presse économique et magazine m'ont donné quelques idées. Et je suis persuadé que Le Nouveau Courrier saura se distinguer !

Comment nous aider, dès aujourd'hui ?

- En diffusant l'info dans vos mailing-lists respectives, et en encourageant ceux qui partagent le même esprit à acheter le premier numéro qui sortira le mardi 25 mai, celui qui suivra le lundi de pentecôte. La vente du premier numéro est symbolique : c'est par elle que les "crieurs", premiers vecteurs de diffusion de la presse payante, se décident à valoriser un titre plutôt qu'un autre. Retenons la date du 25 mai.

- En adhérant à notre fan-page sur Facebook (tapez "le nouveau courrier" dans le moteur de recherche interne) et en nous suivant sur Twitter (cliquez ici).

L'aventure commence ! Elle sera passionnante !

Un reportage de Jean-Philippe Rémy (Le Monde) que j'ai aimé lire

"Pendant ce temps... en Côte d'Ivoire" est un beau papier qui ne s'engouffre pas dans les clichés éculés mais permet de voir vivre Abidjan, une ville "fatiguée" où la créativité d'artistes et d'entrepreneurs comme Franck Fanny, Issa Diabaté, Paul Sika est une forme de défi face à la tentation de la morosité et de l'ivoiropessimisme. Lire en cliquant ici.

01/05/2010

CIE/Délestage : l'exemple parfait de la mauvaise communication en ligne

La Côte d'Ivoire vit à l'heure du délestage électrique, une vraie plaie pour la compétitivité des entreprises et des travailleurs indépendants. Vous quittez Yopougon pour venir au bureau aux Deux-Plateaux et paf ! votre journée est complètement gâchée par huit heures de délestage sec qui semblent vous tomber dessus comme une imprévisible fatalité.

Et pourtant ! Les ingénieurs de la CIE ont créé une belle application qui nous informe du plan de délestage arrêté chaque semaine, et ce de manière très intelligence. Cliquez ici pour la voir.

Cela ne change rien au fond de l'affaire, mais il est possible de savoir deux ou trois jours à l'avance quel jour et à quelle heure vous manquerez d'électricité. Cela peut vous permettre de vous "arranger". Décider de faire un tour avant de rentrer à la maison. Choisir de rester chez soi travailler le jour où la fée Electricité désertera votre zone de travail. Quand on est une structure industrielle, renforcer les efforts de production la veille et le lendemain des jours de délestage.

Le problème est que cette application de la CIE est très peu connue. Elle existe, mais combien d'entre nous la consultent au quotidien ? Nous n'avons pas été mis au courant. Aucune campagne de communication digitale digne de ce nom n'a été lancée. Pas de compte Twitter, pas de compte Facebook pour cette application essentielle. Aucune campagne télé. Les radios FM de proximité, très adaptées à un type de communication très ciblée, ne sont pas mises dans le coup. Pas de bannières ou de widgets sur les principaux portails d'information. La Commission électorale indépendante (CEI) a été mieux inspirée quand il a fallu communiquer sur la possibilité pour chaque citoyen de vérifier sa présence sur la liste électorale grâce au web.

Moralité. Il ne suffit pas de créer une application pertinente pour qu'elle serve au grand public, dans la forêt qu'est le web. Il faut le faire savoir, communiquer, s'exprimer, avoir une forte visibilité dans les principaux lieux de trafic (forums, réseaux sociaux, portails d'info, blogs, etc).