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23/02/2010

Côte d'Ivoire : à propos de la dissolution de la CEI et du gouvernement, par Guy Labertit

Ami de notre communauté, Guy Labertit, Conseiller du Président Afrique de la Fondation Jean-Jaurès et proche du président Laurent Gbagbo, nous livre un certain nombre de faits et d'éléments d'analyse expliquant la logique qui a poussé le chef de l'Etat ivoirien à dissoudre à la fois le gouvernement et la CEI. En lisant son texte long - mais il faut bien entrer dans la complexité des arguments de part et d'autre pour comprendre un fait d'actualité, au-delà des jugements hâtifs -, une expression me vient, personnellement, à l'esprit : technologie électorale.


COTE D’IVOIRE : A PROPOS DE LA DISSOLUTION DE LA CEI

ET DU GOUVERNEMENT

guy.jpgAlors que l’élection présidentielle était programmée pour le mois de mars 2010, la liste électorale définitive devant être publiée en janvier, la Côte d’Ivoire a connu une nouvelle et grave crise politique qu’elle est en passe de surmonter. Cette crise est née de la mise à jour de manipulations frauduleuses des listes électorales à l’initiative de Robert Mambé Beugré, président de la Commission électorale indépendante contrôlée en Côte d’Ivoire, par l’opposition, en application des accords de Marcoussis et de Pretoria. A cet égard, les fréquentes dérives des commissions électorales mettent en cause leur crédibilité dans nombre de pays du continent africain.

L’annonce, dans son adresse à la Nation du vendredi 12 février, de la dissolution du Gouvernement et de la Commission électorale indépendante (CEI) par le chef de l’Etat ivoirien Laurent Gbagbo, qui s’est appuyé sur l’article 48 de la Constitution, a suscité nombre de commentaires sur les conséquences de ces mesures. Assez curieusement, la raison même de cette décision n’a pas vraiment été explicitée par la plupart des observateurs et analystes de la situation qui prévaut en Côte d’Ivoire.

mambé.jpgAlors que l’élection présidentielle était attendue pour le mois de mars 2010, le fonctionnement de la CEI était bloqué depuis le mois de janvier. Son président, Robert Mambé Beugré, membre du PDCI (opposition), avec l’accord du vice président Jean-Baptiste Gomis, membre du RDR (opposition), avait conçu avec la complicité de collaborateurs et du comité d’experts (informaticiens), un système de fraude politique avérée, éventé par un communiqué du porte-parole de la Présidence de la République en date du 9 janvier.

Rappel des faits avant l’ouverture de la période de contentieux

Au terme des opérations d’identification et d’enrôlement engagées le 15 septembre 2008 et achevées le 30 juin 2009, après croisement avec nombre de fichiers administratifs exitants, effectué avec l’accord de toutes les parties par l’opérateur extérieur SAGEM et l’Institut national de la statistique (INS), deux listes de noms accompagnés de photos, soumises à une forme de croisement populaire, ont fini d’être affichées dans tous les centres de vote du pays le 23 novembre. L’une comptait un peu plus de 5 300 000 noms figurant sur la liste électorale de 2000, ou ayant été croisés dans les fichiers retenus de façon consensuelle, l’autre recensait 1 033 000 noms de personnes qui devaient se présenter au contentieux administratif et, si nécessaire, judiciaire.

Il faut préciser que les premiers croisements en direct et par ascendance, achevés le 30 septembre 2009, avaient laissé 2 752 181 dossiers en contentieux, que deux extensions sur le croisement par ascendance, respectivement achevées le 14 octobre et le 3 novembre, avaient ramené à 1 991 230 le nombre de dossiers en contentieux. Le 1 er novembre, avait été décidées trois extensions complémentaires qui ont permis d’aboutir à ce nombre de 1 033 000 dossiers soumis à un contentieux administratif et éventuellement judiciaire. Conformément à la loi, c’est la SAGEM, en collaboration avec l ’INS, et non la CEI qui n’en avait pas le droit, qui procédaient à ces croisements

C’est sur cette base qu’a été ouverte, le 24 novembre, la période de contentieux administratif auprès des commissions électorales locales, initialement fixée à un mois, au terme de laquelle les tribunaux avaient huit jours pour statuer sur les cas non réglés au niveau de ces commissions.

L’organisation de la manipulation informatique

La période du contentieux à peine ouverte, le président de la CEI, Robert Mambé Beugré, après avoir sollicité en vain l’autorisation du Bureau de cette structure, a fait procéder par les informaticiens de la CEI à un croisement interne à la liste des 1 033 000 pétitionnaires en contentieux. Les résultats de ce croisement, auquel n’avaient pas été associés l’INS et la SAGEM, ce qui était parfaitement contraire au mode opératoire légal, ont été présentés le 14 décembre à la Commission centrale de la CEI, selon le rappel des faits du communiqué officiel de la CEI du 20 janvier dernier. Le chef de l’Etat, à qui s’était adressé, le 25 décembre, le président de la CEI, lui a signifié qu’un tel croisement ne ressortait pas du mode opératoire consensuel défini par l’ensemble des parties ivoiriennes.

Pourtant, le 28 décembre, le directeur de cabinet de Robert Mambé Beugré, Antoine Adou, a réuni le comité des experts de la CEI, à savoir les 70 informaticiens, et leur a fait part de la volonté du président de la CEI de mettre à la disposition des commissions électorales locales, également contrôlées par l’opposition, la liste des 429 030 pétitionnaires issus du croisement interne effectué sur la liste des 1 033 000 qui devaient se présenter au contentieux. Cette transmission a été faite par les informaticiens qui ont traité avec les seuls présidents des commissions électorales indépendantes départementales.

Cette liste était intitulée « liste des pétitionnaires retrouvés par la CEI sur le résiduel de la SAGEM ». La manœuvre devait permettre de reverser les 429 030 pétitionnaires recensés dans la liste définitive par simple manipulation informatique sans que les pétitionnaires aient à se présenter devant les commissions locales départementales pour régler le contentieux administratif.

C’est au cours de la réunion du 7 janvier, à la Primature, en présence des représentants du secrétaire général des Nations Unies, Young Jin Choi, et du facilitateur, Boureima Badini, que le Premier ministre Guillaume Soro a fait état des faits relatifs à ce croisement interne dont les résultats ont été transmis aux commissions électorales locales. Ces faits ont alors été reconnus par le président de la CEI, ce qui explique la publication, le 9 janvier, du communiqué du porte-parole de la Présidence de la République à propos des manipulations frauduleuses des listes électorales par la CEI. Le représentant des Nations Unies, Young Jin Choi, qui doit certifier la liste électorale définitive, a implicitement reconnu que ces faits étaient établis et ne pouvaient ressortir d’une commission internationale d’enquête.

Du 5 au 14 janvier, les 70 informaticiens, munis des 70 CD, ont eu pour mission, dont les ordres étaient signés par le secrétaire général de la CEI, Monsieur Yapi Jacques, de transmettre aux commissions électorales locales les fichiers comportant les 429 030 pétitionnaires, en marge de leur mission officielle de formation des commissaires départementaux. La commission centrale de la CEI avait autorisé ces missions lors de sa réunion du 31décembre.

Alors que la période de contentieux administratif initiée le 24 novembre pour un mois avait été prolongée jusqu’au 9 janvier, malgré les fortes réticences du président de la CEI, le Premier ministre Guillaume Soro a présidé, le 12 janvier, une réunion demandant le retrait du fichier des 429 030 pétitionnaires établi par la CEI. Il a fixé, en accord avec l’ensemble des partenaires et des structures techniques, un nouveau mode opératoire avec l’installation de 70 comités de suivi dans les centres de coordination. Ces comités de suivi devaient être les seuls habilités à transmettre à la SAGEM et à l’INS la liste des pétitionnaires devant être intégrés à la liste définitive.

La mise à jour de ce fichier irrecevable pour établir la liste définitive a précipité des commentaires particulièrement éloquents de la part des dirigeants de l’opposition : « le RHDP[1] félicite le président Robert Mambé Beugré, président de la CEI, pour l’excellent travail abattu et apporte son soutien total à l’ensemble de l’institution qu’il dirige » (11 janvier) ; « une accusation sans preuve » selon Alassane Dramane Ouattara (11 janvier).

Face à la presse, le 15 janvier, le président de la CEI a fourni des explications confuses reconnaissant toutefois que « par inadvertance » une partie des données avait été transmise aux commissions électorales locales.

Pourtant la Commission centrale de la CEI a ainsi conclu son communiqué officiel du 20 janvier : « Tirant les conséquences de ce dysfonctionnement, la Commission centrale de la CEI présente tous ses regrets pour les désagréments causés à la Nation ; s’engage à prendre, dans les meilleurs délais, toutes les mesures correctives conséquentes ; appelle la population au calme et à la sérénité ».

Dans le cadre de l’enquête diligentée par le Parquet d’Abidjan à la demande, le 15 janvier, du ministre de l’Intérieur, il a été avéré que les fichiers intitulés « liste des pétitionnaires retrouvés par la CEI sur le résiduel de la SAGEM » avaient été installés dans les ordinateurs des commissions départementales. Lors de la réunion du 12 janvier présidée par Guillaume Soro, onze superviseurs de commissions départementales avaient reconnu ces faits. Ils ont effectivement été constatés par les deux équipes d’enquêteurs envoyées, du 30 janvier au 2 février, à Abengourou, Dimbokro, Duékoué et Toulepleu,.

Les résultats de cette enquête judiciaire ont été rendus publics le vendredi 5 février par le porte-parole du Procureur de la République Mamadou Diakité. Ils confirment la volonté de procéder à des manipulations frauduleuses sur la liste électorale et compaoré.jpgmettent directement en cause le président de la CEI, Robert Mambé Beugré, et un de ses vice-présidents, Jean-Baptiste Gomis.

Une manipulation de nature politique.

La volonté d’intégrer 429 030 pétitionnaires dans la liste électorale définitive sans qu’ils passent par le contentieux administratif est une manipulation d’ampleur puisque ce fichier représente environ 8 % de l’électorat total.

Dans la composition de ce fichier, on peut relever que dans les régio,ns plutôt favorables à la majorité présidentielle, plus de 250 000 devaient être automatiquement intégrés, soit un pourcentage de 43 % des pétitionnaires en contentieux. Dans les régions difficiles pour la majorité présidentielle, les pétitionnaires concernés sont environ 175 000 (régions moins peuplées du pays),.le pourcentage moyen de réintégrés atteignant 54 %, avec 51 % à Bouaké (capitale de la rébellion), 57 % à Korogho, 60 % à Daoukro (fief de Henri Konan Bédié). 68 % à Dimbokro, 73 % à Didiévi. Les plus forts pourcentages (plus de 60 %) se retrouvent dans les régions du Nord-Est (le Bafing avec Touba, le Worodougou avec Séguéla, le Denguélé avec Odienné) et du Centre (région des Lacs avec Yamoussoukro).

Il est troublant de constater que 90 % des patronymes de pétitionnaires à réintégrer à Soubré, par exemple, ne sont pas bétés alors que l’on se trouve au cœur du pays bété. Par contre, dans les régions du Nord et du Centre du pays, les patronymes des pétitionnaires sélectionnés par le croisement interne reflètent les régions d’origine.

Au vue de ces données, la nature politique de la manipulation apparaît clairement. Les deux responsables de la CEI mis en cause, le président Mambé Beugré et le vice-président Jean-Baptiste Gomis, ont eu le souci de recenser pour les repêcher automatiquement, sans passer par le contentieux, l’électorat de leur parti respectif, le PDCI et le RDR, La manipulation portant sur 8 % de l’électorat total aurait mis en difficulté le candidat Laurent Gbagbo, Président sortant, qu’une vague de sondages (de mai à octobre 2009) de l’institut TNS Sofres plaçait largement en tête.

Malgré l’évidence des faits, le président Mambé Beugré, invité à démissionner, s’est accroché à son poste, soutenu par une opposition majoritaire au sein de la CEI. Comme il avait été élu président par ses pairs de la Commission et que sa crédibilité était, pour le moins, mise en cause, la seule façon de l’écarter était de dissoudre la CEI.

C’est ce que le chef de l’Etat a décidé de faire, le 12 février, après que le facilitateur, le président burkinabé Blaise Compaoré, a reçu les parties ivoiriennes, RHDP et majorité présidentielle, à Ouagadougou, le 11 février, sans parvenir à faire bouger les lignes.

La stratégie de la tension de l’opposition

manifestationdebouake11.jpgLe croisement populaire, engagé après la publication des deux listes à la fin du mois de novembre, concernait tant la liste des 1 033 000 pétitionnaires, objet des manipulations informatiques décrites, que la liste des 5 300 000 dont certains éléments pouvaient être radiés si des fraudes à l’état-civil étaient avérées. Les tribunaux devaient se prononcer sur la base de réclamations dûment enregistrées par les commissions électorales locales.

C’est dans le cadre de cette dernière opération que des controverses se sont multipliées sur le terrain et ont abouti à des affrontements politiques parfois violents. D’une part, les commissions électorales locales, contrôlées par l’opposition, ont souvent refusé d’enregistrer les réclamations ; d’autre part, certains magistrats ont déclaré recevables des demandes de radiation qui n’avaient pas été enregistrées par les commissions électorales.

C’est ainsi que des Palais de justice où des magistrats devaient statuer sur quelques centaines de cas de radiation ont été attaqués et partiellement détruits par des militants d’opposition, notamment à Divo dans le Sud-Ouest, le 3 février, à Man dans l’Ouest, le 5 février, ou à Katiola au Nord La sous-préfecture de Vavoua a été incendiée. le 9 février.

Après la décision du Président de dissoudre la CEI et de demander au Premier ministre Guillaume Soro, signataire de l’Accord de Ouagadougou, de former un nouveau gouvernement, l’opposition, regroupée au sein du RHDP, par la voix du président de son directoire Alphonse Djédjé Mady, a déclaré ne plus reconnaître le chef de l’Etat, la nouvelle CEI, ni le nouveau gouvernement en formation. Dans sa déclaration officielle du 13 février, le RHDP demandait à ses militants et à ses sympathisants de se conformer à ces décisions.

Suite à cette déclaration, les manifestations non encadrés, suscitées par le RHDP, se sont multipliées à l’intérieur du pays, visant les biens publics, les symboles de l’Etat, commissariats, sous-préfectures et préfectures, les sièges locaux du Front populaire ivoirien (FPI), les domiciles respectifs de Issa Malick Coulibaly, du directeur de campagne de Laurent Gbagbo, et de Gervais Coulibaly, porte-parole du chef de l’Etat, étant incendiés à Korogho et Katiola dans le Nord du pays. Ces manifestations, bien contenues à Abidjan, ont connu des fins tragiques à Gagnoa (5 morts, le 19 février) et Daloa (2 morts, le 22 février).

C’est dans ce contexte de forte tension que le facilitateur, Blaise Compaoré, s’est rendu à Abidjan, le 22 février, après avoir reçu, la veille, à Ouagadougou, les deux principaux dirigeants de l’opposition, Henri Konan Bédié et Alassane Dramane Ouattara. Une journée d’audiences, avec les principaux acteurs de la scène politique ivoirienne, a permis de dégager un premier consensus sur la recomposition de la CEI dont le Président Mambé Beugré et les quatre vice-présidents ont été écartés, la formation d’un nouveau gouvernement étant annoncée pour le 23 février.

Paris, 23 février 2010

Guy LABERTIT

Conseiller Afrique du Président de la Fondation Jean-Jaurès



[1] Le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) regroupe quatre partis dont les deux principaux sont le PDCI de Henri Konan Bédié et le RDR de Alassane Dramane Ouattara

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 


Commentaires

Interessant et assez clair. Certainement il y a beaucoup des questions pour Mambe.

Mais au meme temps, je me pose la question - est-ce que Monsieur Labertit est capable de critiquer son ami Gbagbo? Si la reponse est non, est-ce que je pense qu'il peut fournir un analyse objective de la situation en Cote d'Ivoire?

Écrit par : John | 23/02/2010

@John,

Ici, ce n'est pas une analyse neutre mais une explication qui peut permettre à chacun de se faire son opinion. Les politiques font des tribunes et des billets justement pour ça, non ?
En plus, des fois, les journalistes sont moins mesurés et plus partisans que les politiques, sauf qu'ils font passer leurs opinions pour des faits !

Écrit par : Théo | 23/02/2010

je constate qu'il y a beaucoup de faits qui ont été occultés je pense involontairement. L'objectif des croisements , c'est de retrouver le maximum d'ivoiriens sur le listing électoral.pourquoi n'a t on pas demandé aux autres structures qui ont le droit de faire des croisements ( sagem,ins et oni)de se rapprocher des informaticiens de la CEI pour apprécier leur croisement?
Sagem a été retenue, c'est à cause de la fiabilité de leur système informatique.Est il possible que par "un clic" l'on puisse ajouter des noms ou en retirer du fichier Sagem?
Quel est le mode opératoire qui a été retenu pour le contentieux? Tous ceux qui sont sur la liste blanche sont des ivoiriens sur la base des pièces fournies par l'impétrant et des croisements.Il revient à ceux qui leurs contestent leurs états d'apporter la preuve.Sans preuves ils sont ivoiriens comme Kouamouo qui a sollicité la nationalité ivoirienne et qu'il a obtenu.Ceux qui ne le savent pas, peuvent lui contester sa nationalité. Mais il revient à ces derniers d'apporter les preuves de leurs allégations.
Sur quelle résolution le rhdp s'est il appuyé pour décider ne plus reconnaître laurent gbagbo comme chef de l'état?( 1633)que dit cette resolution? Avait il le droit dans ce contexte et conformément à l'accord de prétoria2, d'utiliser l'article 48 comme il a fait? Que dit l' accord de pretoria 2 relativement à l'utilisation de l'art 48?

Écrit par : kanigan | 24/02/2010

M.Labertit a vraisemblablement prostitué le déroulement des faits; Il y'a tellement de zones d'ombres dans son explication, surtout lorsque je compare avec l'explication plus détaillée et plus crédible du concerné Mambé lui-même: http://news.abidjan.net/article/?n=355950

Merci à Kanigan pour ces quelques interrogations et arguments qui déshabille le biais, voire le "mercantile" de certaines explications des plus ... tronquées dans ce billet !!!

On pourrait même faire part du premier communiqué lu par le porte-parole du RHDP suite à la double dissolution unilatérale de Gbagbo, communiqué donnant de manière précise les fondements explicatifs de la prise de position du RHDP.

Écrit par : Krathos | 25/02/2010

Excellentes question Kanigan.

B. Mambé dit ne pas avoir donné d'ordre pour faire une liste discrétionnaire et unilatérale, mais quand on regarde les fait INS et SAGEM n'ont pas participé a la creation de la liste qui donnera les 429 003. Qui a donné l'ordre au informaticiens de la CEI d'agir? Si B. Mambé n'est pas au courant alors on a raison de s'inquiète.

Raisonnons par l'absurde : La justice ivoirienne, a travers le procureur de la république, ment. La liste des 429 003 vient de la decision des informaticiens de la CEI de faire un croisement de leur propre chef et ce processus est parfaitement normal.

Alors d'ou vient le fait que la CEI fait son communiqué et dit qu'effectivement y a un dysfonctionnement dans le système et présente ses regrets et fera des enquêtes nécessaire pour voir si la liste des nom a été utilisé.

la justice ment sur toi et tu présentes tes excuses. C'est quand même absurde, ou bien?

le fait d'avoir fait cette liste sans la participation de l'INS et la SAGEM est déjà une faute. Si on oublie tout le reste, Mambé devait au moins démissionner.

Concernant Pretoria II : "S’il s’avérait nécessaire d’avoir de nouveau recours aux dispositions de l’Article 48 de la Constitution, il faudrait en discuter avec la Médiation et les autres signataires."

C'est ce qui a été fait, je crois, on connait la suite.

"Les dirigeants ont réaffirmé que la CEI est la seule institution responsable du processus électoral et que l’Institut national des statistiques doit lui rendre compte sur tout ce qui concerne les élections."

On a eu l'impression que c'était plutôt l'inverse entre la CEI et l'INS.

Écrit par : metu | 25/02/2010

"Raisonnons par l'absurde" dixit ..., tellement facile de se ridiculiser !!! Quand on connait pas l'apagogie ou raisonnement par l'absurde, il serait mieux d'arreter de voler la vedette aux héros des cirques !!!

Pour précision, l'ordre que Mambé n'a pas donné aux informaticiens est d'installer le fichier pdf des 429 000 pétitionnaires croisés en interne( voir CEI) sur les ordinateurs des CEI Locales. Ils sont partis installés un logiciel( " applicatif") pour recuperer ceux parmi les pétitionnaires récalés dont le contentieux électoral serait positif; rappelons qu'avec avec un fichier pdf on peut EFFECTIVEMENT inscrire sur les listes électorales dans le royaume des singes !!!

Raison pour laquelle dans un communiqué de la CEI, la commission centrale par la voix de son président a reconnu un dysfonctionement relatif aux faits que CERTAINS informaticiens aient installé le fichier sur les ordinateurs des CEI locales; dysfonctionnement qui, rappelons le , dans le royaume des pores-mendiants politiques est synonyme de fraude électorale surtout qu'un fichier permet d'inscrire sur la liste électorale dans le royaume ...

Est-ce que ce Monsieur qui se nomme Labertit s'est déja demandé comment on fait pour inscrire des gens sur la liste électorale IVOIRIENNE avec un fichier pdf, sans qu'il n'y ait eu d'approbation réglémentaire par les commissions locales des CEI( où des membres du clan présidentiel sont représentés) après validation des pièces justificatives du contentieux ???

Seconde question, est-ce que SAGEM et INS(dont le directeur est militant du parti de Gbagbo) peuvent restés "moutons" ou idiots lorsqu'on va rajouter 429 000 personnes sur une première liste de 5 000 000 de pétitionnaires sans que ces gens n'aient subi le processus du contentieux( rappelons pour les devins assis à 5000 km du pays que ces 429 000 appartiennent de facto à la liste des 1 millions croisés négativement, d'où la necessité de passer par le contentieux pour esperer arriver dans les ordinateurs de la Sagem et de l'INS).

"Soubré au coeur du pays Bhété", voila des gens qui ne doivent pas se limiter aux salons douillets des palais présidentiels quand ils viennent vendre leurs services en Afrique. Apprendre à connaitre le pays profond ne serait pas un crime pour ces gens-là. Quand je vois Kouamouo traiter Philippe Hugon de tous les noms d'oiseaux ici, je me demande bien avec quels adjectifs il faudrait caractériser certaines personnes.

Pauvre ventre à remplir !!!

Écrit par : Krathos | 25/02/2010

Tu sais comment on appelle les gens a qui on montre la lune et qui regardent le doigt qui la montre ?

Quelqu'un a bien donnée l'ordre de faire cette liste, ça vient de qui? arrête de regarder le doigt.... réponds a la question?

Pour faire plus simple : Quand Roger demande qui a volé son cerveau, fatou répond, je sais que ce n'est pas amédé!!!

On ne demande pas qui ne l'a pas volé mais plutôt qui l'a volé...je l'aurais bien fait en anglais mais je suis fatigué...

Écrit par : metu | 25/02/2010

Je crois qu'il vaut mieux pour moi de ne pas trop m'intéresser aux arguties. Au lieu de diffuser à chaque fois des contre-vérités, il faudrait lire l'explication détaillée de l'accusé, du principal concerné qu'est Mambé Robert avant de se répandre en jugements hâtifs.

Les informaticiens de la CEI avaient une mission précise qui était l'installation d'un logiciel("applicatif") pour récupérer les noms des pétitionnaires recalés qui seraient validés positivement lors du contentieux. C'est par erreur( d'où la notion de DYSFONCTIONNEMENT) que le fichier des 429 000 croisés( ceux appartiennent au million concerné par le contentieux) s'est trouvé sur l'ordinateur de certaines CEI locales.

Et, Mambé, a expliqué que bien que ce fichier( utilisé en interne par les CEI et dont les conditions d'exploitation étaient liées à la volonté des politiques) soit sur les ordinateurs, en aucun cas on ne pouvait prendre un nom dans le fichier PDF pour l'inscrire sur une liste électorale qui n'existe même pas encore, que ce soit à la CEI "centrale" ou dans les CEI locales. Il y'a toute une procédure qui ne peut pas échapper à chacune des parties impliquées dans le processus électoral( représentation des partis politiques dans les CEI locales, primature et présidence ayant été informées de la réalisation de ce croisement interne de la CEI)

Pour la suite, il faudrait lire autant les accusations des proches de Gbagbo que l'explication de Mambé lui-même. Même mon grand père au village avant de trancher dans de tels cas, écoute et analyse toujours les 2 versions contradictoires pour exercer son discernement.

Est-ce quelqu'un ici peut donner un résumé de l'explication de Mambé avant de l'accuser ???

Peut-être que la prochaine lettre de notre Sieur Labertit nous situera...

ps: voir explication de Mambé: http://news.abidjan.net/article/?n=355950

Écrit par : Krathos | 25/02/2010

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