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19/11/2009

Une nouvelle thématique pour ce blog

Depuis environ trois ans, je donne des cours de journalisme à l'Institut des sciences et techniques de la communication (ISTC) d'Abidjan. C'est une école professionnelle publique - elle dépend du ministère de la Communication - dans laquelle cohabitent des filières qui vont du journalisme et de la production audiovisuelle aux télécommunications en passant par le marketing et le graphisme.

Signe du temps qui passe ? De l'âge qui vient ? Je sens en moi un désir de plus en plus grand de m'impliquer dans l'enseignement, de donner aux jeunes ivoiriens un peu de ce que j'ai appris durant mes études de journalisme et mes dix années de pratique du métier - oui, oui, je suis vieux !

J'ai toujours aimé enseigner. En dehors de mes cours à l'ISTC - que je n'avais pas toujours le temps de faire, alors que je dirigeais de manière très active une rédaction -, j'avais créé une petite "école privée et gratuite" au sein du journal ; et j'y enseignais avec beaucoup de bonheur des étudiants que j'avais sélectionnés au regard de leur potentiel... parmi lesquels des blogueurs comme Yoro et Roger Kassé.

Je suis heureux que l'ISTC ait accédé à une vieille demande. Dès cette année, je donnerai des cours aux étudiants de première année, sortant tout juste du lycée. J'espère pouvoir les influencer positivement. Et leur transmettre un certain nombre de choses.

Premièrement, je voudrais qu'ils apprennent à exercer leur REGARD. Savoir regarder est une aptitude qui se cultive. C'est parce qu'on a développé un regard particulier, attentif et critique, sur la société dans laquelle on vit qu'on peut décrire la vie comme elle va ou comme elle ne va pas. Tout simplement.

Deuxièmement, je voudrais qu'ils s'éduquent à lire, qu'ils finissent par aimer lire. Je suis toujours frappé par la faible connaissance des plumes et des professionnels déjà en fonction qui se dévoile lorsqu'on interroge les étudiants qui aspirent à devenir journalistes. C'est en forgeant qu'on devient forgeron, c'est en lisant de belles plumes qu'on apprend à écrire. C'est en admirant des aînés qu'on se dépasse. Au-delà de la culture audiovisuelle dominante et quelque peu facile, les futurs journalistes d'aujourd'hui et de demain doivent aimer lire, c'est-à-dire se concentrer pendant un certain temps sur un sujet unique, approfondir, creuser.

Troisièmement, je voudrais qu'ils sachent dès qu'ils entrent à l'école que notre métier est en train de changer radicalement, ce que leurs aînés ignorent totalement, coincés dans leurs certitudes. Internet, le mobile, le numérique... ne sont pas des défis de la presse occidentale uniquement. Au contraire, nous avons dans les pays d'Afrique subsaharienne une culture de l'achat de journaux et de l'abonnement tellement faible que la fidélité au format papier payant est forcément moins ancrée. Dès lors qu'on a les journaux en ligne au bureau ou à la maison, pourquoi en acheter, d'autant plus que les articles sont souvent légers et... rapides à lire ? La presse ivoirienne devra s'adapter aux TIC avec intelligence ou périr.

Bien entendu, j'aurai besoin du soutien de tous dans mon travail de prof. Je suis à la recherche de manuels de journalisme, même un peu "âgés". J'aimerais faire lire à mes étudiants des romans et des livres de reportage ou des essais écrits par des journalistes. Et je compte sur toutes les âmes charitables qui pourraient se signaler.

 

 

17/11/2009

AbidjanBlogCamp : the next step !

logoretenu-copie3.pngSatisfait ! Le BlogCamp spécial "blogueurs" s'est bien déroulé à la Fondation Les Amis de l'Excellence dans une bonne ambiance - les images ici.

Il nous semblait important au départ de sensibiliser les journalistes, relais d'opinion et d'influence, qui ont en plus l'habitude d'écrire, à la pratique du blog. Nous avons par la suite créé le cadre de formation réciproque de ceux qui bloguent déjà - et qui continueront à se retrouver et à apprendre les uns des autres dans le cadre des BlogCamps.

Maintenant, il s'agit pour nous d'aller vers des groupes moins naturellement bien disposés mais qui gagneraient à bloguer. Nous voulons commencer par les artistes, écrivains et musiciens. Peut-être en une session unique, peut-être en deux, en fonction des inscriptions.

Nous attendons des blogueurs, des lecteurs des blogs et des membres de ces groupes qu'ils nous aident à avoir les contacts d'écrivains, de musiciens ou d'agents et de managers. Cela nous aidera à leur partager notre projet et à organiser le prochain BlogCamp en début décembre.

Vous pouvez nous envoyer un mail si vous avez les contacts d'écrivains ou de musiciens qui pourraient être intéressés à cette adresse : kouamouo [aro] yahoo.com.

Merci pour l'aide.

Pasqua accuse Villepin d’avoir tenté de renverser Gbagbo

Il n’y a pas qu’en Côte d’Ivoire que les « petits meurtres entre amis » sont furieusement tendance. Au sein de la droite française, on se déchire, on hurle… Menacé par les développements judiciaires de l’Angolagate, Charles Pasqua commence à parler en ne disant presque rien, en mode « arrêtez cette procédure judiciaire ou je mets en lumière notre misérable tas de secrets ». Extrait d’un article de François Soudan dans la dernière livraison de Jeune Afrique :

« Dans Le Journal du dimanche du 8 novembre dernier, le sénateur des Hauts-de-Seine accuse Dominique de Villepin d’avoir « planifié le renversement de deux chefs d’Etat africains », ajoutant que ce dernier, alors secrétaire général de l’Elysée, avait chargé le très sulfureux Jean-Charles Marchiani de s’en occuper.

Prié, quatre jours plus tard, de citer les noms des deux « cibles » de Villepin, Pasqua répond : « Je ne sais pas », tout en ajoutant : « J’imagine mal que le président de la République [Jacques Chirac] n’ait pas été mis au courant. » Quoi d’autre ? Rien. Il faut confesser, off the record, l’un de ses avocats, pour en savoir plus sur cette grave accusation que son auteur, apparemment, hésite à assumer : « L’un des deux, c’est Laurent Gbagbo ;l’autre, je l’ignore », confie ce proche sous le couvert de l’anonymat. »

Intéressant… Tout cela va bien finir par se savoir…

16/11/2009

En ce moment, j'écoute...

La première web-émission ivoirienne, présentée par Israël Yoroba sur avenue225. Ici.

15/11/2009

Pour ceux qui ont raté la dernière section d'AbidjanBlogCamp

La couverture en temps réel, la vidéo de l'intervention à distance d'Israël Yoroba et bientôt les photos et un compte-rendu sur Babiwatch.

11/11/2009

Ce qui fait courir Dossongui pour Gbagbo (Le Patriote)

L'article par lequel le scandale est arrivé en entier.

Lire la suite

En Côte d'Ivoire, petits meurtres entre amis

20091110_lepatriote_3021.jpgLa bataille pour la conquête du Nord de la Côte d’Ivoire est engagée, dans une atmosphère de précampagne électorale électrique. Le président Laurent Gbagbo, après de longues années de tentative de pénétration, semble avoir créé une brèche pour rallier à son projet de réélection un certain nombre de barons du Nord. Après s’être concilié Guillaume Soro.

Du coup, le RDR semble s’énerver. Bille en tête, Le Patriote, journal quasi-officiel du parti d’Alassane Ouattara, s’en prend à Koné Dossongui, patron de la Banque Atlantique, ministre sous le régime PDCI, dans un article furieux. Il est accusé d’être l’arme du président sortant contre le RDR. Le Patriote écrit :

 

« Koné Dossongui, pour peu qu’on fasse une incursion dans son parcours, tant professionnel que politique – et qu’on s’arroge même le droit de visiter d’autres aspects de sa vie – n’est pas (et ne peut pas être) digne d’admiration. On en sortirait même (de cette incursion) avec un sentiment de répugnance, tant l’homme, pour qui la fin justifie les moyens, est un concentré d’arrivisme, de rapacité, de félonie. Mais le sentiment dominant qu’éprouvent ceux qui l’ont côtoyé – et bien souvent aidé à construire la carrière qui est la sienne aujourd’hui –, c’est bien celui de l’ingratitude.
Depuis quelques semaines, l’ancien ministre de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle dans le gouvernement de Bédié, avec un certain nombre de cadres du Nord de notre pays, ont décidé de répondre favorablement à l’appel du candidat Laurent Gbagbo. Ce qui peut paraître comme un droit pour certains de ces candidats à la soupe présidentielle – on pourrait comprendre que des enjeux, parfois existentiels ne leur offre pas d’autres choix – ne l’est pas forcément pour d’autres.
Au premier rang de ceux-ci, Koné Dossongui. Il est d’abord l’homme par qui Laurent Gbagbo est passé – et continue de passer – pour faire la pêche aux nordistes. C’est lui qui a démarché et obtenu le ralliement de Coulibaly Doulaye, Directeur de la DECO et de Traoré Dohia, nommé récemment comme Haute autorité des Savanes. C’est encore lui qui se démène comme un beau diable pour réaliser ce qui devrait être considéré, s’il parvient à ses fins, comme un véritable pavé dans la mare du RDR : la démission au profit de Gbagbo, d’un cadre de premier plan du parti des Républicains à Odienné. »

Le Patriote s’étend sur « les casseroles de Dossongui » et ses déboires dans ses différentes entreprises, notamment celles qui font partie du groupe Moov. C’est sa situation de « naufragé » qui le pousserait à soutenir Gbagbo contre un ADO qui a beaucoup fait pour lui « financièrement, professionnellement et même politiquement ». C’est au nom de Ouattara, apprend-on, « que des personnes comme Hamed Bakayoko et Adama Bictogo ont joué de leur relations – notamment l’amitié du dernier cité avec le ministre Désiré Tagro – pour que cet homme obtienne le contrôle de SN Air Ivoire ».

Ce qui me semble le plus intéressant dans cette diatribe, c’est que, pour la première fois, l’omerta du financement de la rébellion ivoirienne est levé par un journal proche du RDR, dont les Forces nouvelles découlent.
Le Patriote écrit :

« Prochainement, nous publierons d’autres articles qui donneront des informations crédibles donnant les détails sur le financement de la rébellion contre Gbagbo par Dossongui, particulièrement par l’achat de téléphones satellitaires Thuraya. Enfin, les Ivoiriens sauront la vérité sur le rôle du député de Kouto dans le blanchiment de l’argent issu de la casse de la BCEAO à Bouaké. Ses intermédiaires et ses connexions. »

La boîte de Pandore est ouverte. Ça va saigner ! Ces petites phrases sont également un avertissement à l’endroit d’un autre « traître », Guillaume Soro. Ce dernier mouillera-t-il à son tour d’ex-amis qui n’aimeraient pas que certaines informations sur leur implication dans la « société anonyme des Forces nouvelles » soient révélées ?

On attend avec gourmandise la suite du feuilleton…


09/11/2009

Programme du BlogCamp de ce samedi 14 novembre

Le prochain AbidjanBlogCamp aura bel et bien lieu ce samedi 14 novembre à 10h à la Fondation Les Amis de l'Excellence, à la Riviera Palmeraie (lieu de ralliement BNI Riviera Palmeraie).

Le programme s'annonce intéressant, même si nous considérons tout participant comme un expert qui peut éclairer la communauté.

Il y aura quatre intervenants :

- Nadine Kouamouo de Babiwatch, qui parlera du liveblogging, notamment avec Twitter et Coveritlive.

- Israël Yoroba du blog de Yoro et de Avenue225, qui parlera du référencement et de l'entretien d'un blog sur la durée.

- Manassé Dehe (cartunelo) qui nous montrera comment monter des podcasts sonores et des vidéos.

- Théophile Kouamouo (moi même). Je parlerai du blogging dans le cadre professionnel.

Inscrivez-vous en cliquant sur ce lien : http://abidjanblogcamp.eventbrite.com.

C'est GRATUIT et à la fin IL Y AURA UN BON COCKTAIL ;)

A samedi !

07/11/2009

Des Etats maçonniques en Afrique

 

Peut-on dire qu’il y a en Afrique des « Etats maçonniques » comme il y a au Moyen-Orient, voire sur le continent noir (la Mauritanie), des Etats islamiques ?

 

ali-bongo tete.jpg

 

Je suis tenté de répondre par l’affirmative après lecture d’une enquête publiée par Le Nouvel Observateur sur le Gabon, et qui évoque l’intronisation d’Ali Ben Bongo, après la mort de son père et son accession controversée à la magistrature suprême, à la tête de la Grande Loge du Gabon. Christophe Boltanski, envoyé spécial à Libreville, écrit :

 

« Ali Bongo est le président du Gabon, mais il n’en est pas encore vraiment le maître. Après un scrutin très contesté, il a succédé à son père, Omar. Il a ravi le sceptre. Mais il lui manque encore le maillet. Dans quelques jours, ce sera chose faite. Le 31 octobre, il revêtira son tablier brodé et se présentera devant ses «frères» pour une élection au résultat tout aussi attendu que la première, à la tête de la Grande Loge du Gabon (GLB). Cette fois aussi, Ali s’installera dans le fauteuil d’Omar, indéboulonnable grand maître de la franc-maçonnerie gabonaise jusqu’à sa mort en juin dernier. Et sans doute dirigera-t-il, comme son père, les deux principales obédiences du pays.

Dans ce bout d’Afrique, celui qui monte sur le «trône» se doit aussi de régner sur les temples. Le nouveau président n’a pas oublié que les conseillers de son prédécesseur, ses ministres, ses directeurs d’administration étaient tous «passés sous le bandeau». Il sait bien que la franc-maçonnerie forme depuis des années l’un des piliers du système Bongo. Il a vu comment son père s’en est servi pour asseoir son pouvoir dans son pays ou à l’étranger. Et il accueillera avec joie la conférence mondiale de la franc-maçonnerie régulière, qui se tiendra le 4 novembre à Libreville. C’est Omar qui avait «décroché» l’événement. Et Ali, qui avait suivi de près tous les préparatifs, en tirera les bénéfices. »

 

La franc-maçonnerie se présente volontiers, pour se valoriser, comme la vigie de la laïcité. Comment comprendre cette nouvelle tradition gabonaise, qui fait naturellement du chef d’Etat le chef des franc-maçons de son pays, comme si l’un n’allait pas sans l’autre ? Peut-on parler de laïcité ou de démocratie dans ces nombreux pays d’Afrique où les promotions dans l’administration dépendent de la soumission à des ordres initiatiques occultes ? Où est l’idéal républicain ? J’irai même plus loin… Où est la liberté de pensée ? Extraits de l’article du Nouvel Obs :

 

« Au Gabon, les loges sont omniprésentes et pourtant tellement taboues. Lors de la présidentielle, le pasteur Ernest Tomo a été le seul candidat à avoir osé en parler. «Forcément! s’emporte-t-il. La plupart de mes adversaires en faisaient partie.» Dans son programme, il n’abordait le sujet qu’à mots couverts :«Je veux changer les habitudes d’antan qui consistaient à choisir un homme pour un travail à cause d’un lien et non pour ses aptitudes», pouvait-on y lire. Un lien ? «Au Gabon, explique le pasteur, vous ne pouvez pas être ministre, cadre administratif, patron ou même évêque si vous n’appartenez pas à une loge.» Ernest Tomo a refusé de «recevoir la lumière». Il ne fréquente pas le bon temple. Le sien s’appelle Jérusalem. C’est une communauté évangélique qu’il a fondée à la périphérie de la ville. Cet ex-manoeuvre, qui fut aussi policier et joueur de foot, y prononce des prêches enflammés sous le nom de «Docteur Zorobabel», pendant que son épouse anime le gospel. Il est persuadé que sa critique des loges lui a valu son faible score à l’élection du 30 août dernier : 308 voix, soit 0,09%.

Un jour, pourtant, comme tant d’autres, il a été approché par les frères. «Ils m’ont fixé le rendez-vous d’initiation. Ils m’ont dit que ça serait un samedi avec un parrain, et moi j’ai dit non. Ca m’a coûté une série d’emmerdements». Quelque temps plus tard, feu Omar Bongo l’a malgré tout nommé ministre d’Etat et directeur adjoint de son cabinet, en charge des questions religieuses. Il faut dire qu’Ernest Tomo, après s’être présenté contre lui à la présidentielle de 2005, venait de se retirer sous le coup d’une «inspiration divine». Mais une fois son rival éliminé, Bongo a bien fait comprendre à Tomo qu’il ne faisait pas partie de la «famille». «Comme je n’étais pas maçon, tonne le pasteur, dont la voix résonne dans le hall d’un hôtel de Libreville, je n’avais rien, ni bureau, ni collaborateur, ni voiture de service.» Le chef de l’Etat gabonais a fini par lui dire publiquement lors d’une cérémonie : «Si tu n’en es pas, on ne te voit pas et on ne te considère pas pour ce que tu es.» »

 

« «C’est le pays d’Afrique noire qui compte le plus grand nombre de maçons par habitant. Es sont près de 500 rien qu’à Libreville», dit Joseph Badila, un frère congolais, auteur d’un des rares ouvrages sur la question (2). Ils détiennent les postes clés au sein de la classe politique et de l’appareil d’Etat. «Neuf directeurs d’administration centrale sur dix en font partie», estime un haut fonctionnaire. Leur tablier est gage de fidélité. En obéissant au maître, ils se soumettent au président. »

Je me souviens avoir lu dans L’Express une révélation inquiétante, et en avoir parlé dans un précédent post :

« Au Gabon, au Congo-Brazza ou au Cameroun, décrocher un maroquin demeure, pour le non-initié, un authentique exploit ».

En Afrique, la franc-maçonnerie serait-elle ennemie de la République ?

 

 

 

04/11/2009

Un widget pas comme les autres

Mes amis de topchretien.com ne manquent pas d'imagination dans leur oeuvre missionnaire sur Internet. Sous la houlette du pasteur Eric Célérier, ils bouillonnent de projets. Ils ont acheté, dans des circonstances où ils n'ont pas manqué de voir la main de Dieu, le nom de domaine jesus.net, et se préparent à lancer le projet moneglise.net, une église en ligne pour les chrétiens qui ne peuvent pas, pour une raison ou une autre, appartenir à une communauté "offline" - et ils sont nombreux.

Ils lancent également un widget d'évangélisation, très bien mis en oeuvre.Malheureusement, il me semble un peu large pour figurer pleinement dans les colonnes latérales de nombreux blogs - dont le mien...

Pour voir ce widget... cliquez ici.