topblog Ivoire blogs Envoyer ce blog à un ami

30/10/2009

Blaise Compaoré, toujours fournisseur d'armes des rebelles ivoiriens ?

L'Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD), parti d'opposition burkinabé, met les pieds dans le plat et demande à Blaise Compaoré, président du Faso, de s'expliquer sur les allégations du dernier rapport des Nations unies faisant état de ce que le pays des hommes intègres continuerait à fournir des armes aux Forces nouvelles. Pour ma part, je pense effectivement que le "beau blaise" doit s'expliquer. Médiateur et fournisseur d'armes, ce serait un cocktail détonnant. Cela dit, faut-il croire les rapports de l'ONU comme s'ils étaient vérité d'évangile ?


Compaore Gbag murmures.jpg

"La visite officielle effectuée par le président du Faso Blaise Compaoré en Côte d’Ivoire a été saluée par l’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD) comme un gage de plus donné aux retrouvailles irréversibles entre le pays d’Houphouët Boigny et celui de Maurice Yaméogo. Le plus naturellement du monde, le parti a invité ses militants en Côte d’Ivoire à réserver à la délégation burkinabè, un accueil patriotique.

Comme un bon signe ne vient jamais seul, cette visite a permis aux deux (2) chefs d’Etat, dans la tradition de leurs défunts devanciers, de se positionner par des propositions et des actions concrètes comme les locomotives d’une intégration solidaire, de proximité, une intégration moins incantatoire et plus agissante. Cet engagement de Laurent Gbagbo et de Blaise Compaoré, qui entre dans une vision macro-politique exigée par les nécessités actuelles, impose d’évoluer vers une gestion de plus en plus supranationale de nos Etats. C’est une option réaliste qui doit être soutenue comme la seule voie pouvant nous aider à affronter nos défis transnationaux multiples et complexes.

Les Burkinabè, qu’ils soient au pays ou en Côte d’Ivoire, ont majoritairement et à juste titre, salué les nouveaux déterminants de la coopération entre nos deux pays. L’ouest du pays et singulièrement la capitale économique, qui ont été destinataires en première ligne des impacts les plus forts de la guerre en Côte d’Ivoire et du coup de froid entre nos deux gouvernements (on le comprendra), ne peuvent qu’être les plus satisfaits des promesses de cette visite qui sont autant de lueur pour une paix consolidée et pour une reprise économique dans la région.

Il faut comprendre dans ces conditions que les résultats de l’enquête publiée par les Nations-Unies sur la Côte d’Ivoire, et dont plusieurs médias se font l’écho, véhiculant des constatations relatives à des ventes d’armes du Burkina Faso à la rébellion ivoirienne dans la perspective d’une reprise des hostilités, ne peut qu’inspirer les plus vives inquiétudes. Inquiétudes mais surtout désillusion et même effroi de devoir faire face à un retour des vieux démons. Rien ne plombe autant les ardeurs d’un peuple que le doute, les incertitudes, la hantise de la guerre. Surtout après avoir été servi par une telle espérance de paix et de relance économique.

L’UNDD, soucieuse d’anticipation et désireuse de contribuer à dissiper tout malentendu pour garder intacte cette dynamique de paix et de réconciliation (qui ne peut se maintenir et prospérer que nourrie par une confiance continue), interpelle le Gouvernement et surtout Blaise Compaoré, Facilitateur de la crise ivoirienne, à s’inscrire en faux contre ces allégations et en faire la démonstration éclatante aux yeux de tous. Il s’agit là, à la fois d’un devoir et d’un droit d’information à l’endroit du peuple burkinabè de la part du président du Faso et à l’endroit du peuple ivoirien. Il en va au surplus de l’image du pays car ce rapport est du plus mauvais effet dans les circonstances actuelles pour nous."


27/10/2009

A linguistic "Berlin Wall" divides African web

This post was inspired by discussions with friends bloggers living in the United States, in France and Africa. It seems like the small world of Afro-techies (bloggers, developers, entreprenaute) reaches a certain maturity. We can observe beautiful initiatives here and there. But a vague impression remains: something like "linguistic Berlin Wall" is separating us, including Francophones and Anglophones, who seem to operate in parallel universes.
I would not contradict the evidence. It is difficult to keep ourselves informed regularly of what is happening on the other side. It may seem almost impossible to read afro-bloggers who write in a language we do not know - although a friend pointed out to me that Google Translate is not for dogs ;)
It seems nonetheless that we must not resign ourselves to our linguistic ghettos that neither history nor geography justifies. We must be more curious and we should manage to know us better and to have better exchanges.

How many times have I heard complaints about the Web 2.0 players in Anglophone Africa, who make “no effort” and do not instinctively associate other Afro-oriented “techies” to their events and meetings? How to explain this kind of autism, if it exists ?
Beyond what can be considered like interpersonal communication problems, it seems that the linguistic challenge is also a technological and economic challenge for us. For example, large platforms like Facebook and Google are safe to translate their interfaces in as many languages as possible, simply because they want to expand their user base and their financial value, simply.

Should we not do the same? How many Kenyan or South African start-ups are interested by developments in Côte d'Ivoire and Gabon? How many Cameroonian startups would benefit to cross the border and conquer Nigeria? I think that investor’s interest would increase if we could develop online brands which go beyond language barriers. In this regard, the blogging platform Maneno shows the path.
How to start it ? The debate is open.

(With Google Translate)

Un "mur de Berlin" linguistique divise le web africain

Ce post m'a été inspiré par des discussions avec des amis blogueurs vivant aux Etats-Unis, en France et en Afrique. Si l'on sent que le petit monde des "techies" passionnés par les problématiques africaines (blogueurs, développeurs, entreprenautes) arrive d'une certaine manière à maturité et si l'on voit de belles initiatives poindre ici et là, une impression confuse demeure : celle d'une sorte de "mur de Berlin linguistique", qui sépare notamment les Francophones et les Anglophones, qui semblent évoluer dans des univers parallèles.

Je ne voudrais pas contrarier les évidences. Il est difficile de se tenir informés de manière régulière de ce qui se passe de l'autre côté. Il peut sembler presque impossible de lire les blogueurs afros qui écrivent dans une langue que nous ne connaissons pas - même si un ami m'a fait remarquer que Google Translate, ce n'est pas pour les chiens ;)

Il me semble tout de même que nous ne devons pas nous résigner à nos ghettos linguistiques, que ni l'histoire ni la géographie ne justifient. Il nous faut être plus curieux et nous débrouiller pour mieux nous connaître et mieux échangr. Combien de fois ai-je entendu des récriminations à propos des acteurs du web 2.0 africain anglophone, qui ne font aucun effort, fonctionnent "entre eux" et n'ont pas le réflexe d'associer les autres aux événements et rencontres qu'ils initient ? Comment expliquer cet "autisme présumé" ?

Au-delà de ce qui peut s'apparenter à des problèmes de communication interpersonnelle, il me semble que le défi linguistique est également un défi technologique et économique pour nous. Par exemple, les grosses plateformes comme Facebook et Google se font fort de traduire leurs interfaces dans le maximum de langues possibles, tout simplement parce qu'elles veulent élargir leur base d'utilisateurs et leur valeur, tout simplement. Pourquoi ne pas faire pareil ? Combien de start-ups kenyanes ou sud-africaines sont développées par des développements en Côte d'Ivoire ou au Gabon ? Combien de start-ups camerounaises gagneraient à traverser la frontière et à conquérir le Nigeria ? Il me semble que l'intérêt des investisseurs s'accroîtrait si nous arrivions à développer des marques en ligne qui iraient plus loin que les barrières linguistiques. A cet égard, la plateforme de blogs Maneno montre le chemin.

Comment faire ? Par où commencer ? Le débat est ouvert !

 

23/10/2009

Sur le site de Libé, le journalisme à valeur... retranchée !

lg_libe.gifHier, j'ai lu, sur le site de Libération, quotidien français, un de ces articles qui justifient tout le mal que l'on peut penser de l'info en ligne, souvent dénoncée comme bas de gamme, y compris sous des marques de presse considérées (à tort ou à raison) comme fortes. Son titre ? "Laurent Gbagbo candidat à sa propre succession en Côte d'Ivoire".

La faiblesse de cet article est justement qu'il ne se contente pas d'être une réécriture d'une dépêche d'agence, mais qu'il est une réécriture  pompeuse et qui a des prétentions éditorialisantes qui dépassent les connaissances de son "auteur". Du coup, le journaliste anonyme qui l'a pondu enchaîne les erreurs grossières qui discréditent totalement et son papier et la marque de presse qui le publie.

L'article dit  tout de go et de manière très affirmative que le père d'Alassane Ouattara était "burkinabais", se trompant sur la désignation des habitants du Burkina Faso (Burkinabé ou Burkinabè), et tranchant sans élément nouveau une controverse qui reste entière (ADO ayant toujours affirmé qu'il est Ivoirien de père et de mère tandis que ses contradicteurs mettent en doute la nationalité de son père et l'identité de sa mère). Les commentaires servant tout de même à quelque chose, l'orthographe du mot "burkinabé" a été changé par la suite, tandis que la nationalité du père d'ADO est désormais mis au conditionnel... Entretemps, Notre Voie, journal du FPI, s'est bien marré, affirmant que les Français qui soutiennent Ouattara connaissent bien leur ami...

Libé écrit : "Lors des élections prévues le 29 novembre, sur la tenue desquelles pèsent encore de lourdes interrogations, il devrait être opposé à l'ex-chef de l'Etat Henri Konan Bédié et à l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara. Ce dernier, proche de Nicolas Sarkozy, avait été exclu du précédent scrutin de 2000 (...) Cette grossière manoeuvre de Gbagbo pour écarter son principal rival avait été l'une des premières causes de la rébellion au nord du pays." Le "journaliste professionnel" qui a commis cet article ignore absolument que lors du scrutin de 2000, c'est le général Robert Gueï qui était aux affaires, et que Gbagbo l'a battu et imposé sa victoire dans la rue... Où est donc la valeur ajoutée de notre profession face à un journalisme citoyen où on peut trouver le pire et le meilleur, mais qui a le bon goût de ne pas se poser pas en référence et d'interagir avec les lecteurs ? Au fait, avez-vous déjà vu un journaliste d'un "média classique" qui réagit aux commentaires des internautes, y compris pour reconnaître ses erreurs ?

Par la suite, Libé s'enfonce : "Dès ses premières déclarations de campagne, le président-candidat a d'emblée retrouvé son thème favori : l'ivoirité. «Le combat est engagé contre ceux qui n'aiment pas la Côte d'Ivoire (...) Il y a des hommes et des femmes dont l'existence politique ne repose que sur les liens qu'ils ont avec l'étranger. Moi, mon lien c'est avec la mère nourricière, c'est à dire la Côte d'Ivoire» a-t-il ainsi lancé, visant explicitement ses deux adversaires, régulièrement accusés par les siens d'être soutenus par l'ancienne puissance coloniale française." On en oublierait que l'ivoirité est un concept qui a été promu par Henri Konan Bédié (posé en victime de l'ivoirité dans cet article), et qu'il n'a rien à voir avec le rapport à la puissance coloniale qu'évoque Gbagbo, quelle que soit l'interprétation qu'on en fait.

Qu'on me comprenne : le parti pris anti-Gbagbo de ce texte n'est pas le problème. Le problème, c'est cette manière de faire réécrire à des journalistes sans connaissance particulière des dépêches purement informatives pour en faire des pamphlets mal informés.

Il me semble qu'il aurait fallu retranscrire la dépêche dans toute sa froideur sur le net, et peut-être de faire analyser, pour les clients qui paient - en ligne ou sur papier - l'actualité ainsi relatée par un journaliste ou un universitaire qui connait bien le sujet, et qui pourrait taper sur Gbagbo de manière plus précise et plus crédible...

Ah ! le journalisme à l'ère d'Internet, des clics et de la gratuité ! Pourrait-il aller plus loin que des synthèses ressemblant trop à des longues traînes ramassant sur leur passage un cortège de clichés ?

 

19/10/2009

Nicolas Sarkozy, chef d'Etat "africain" ?

Jean-Baptiste Ketchateng, du quotidien Mutations, se marre...

"Le président français va-t-il perpétuer à l'Elysée les pratiques népotiques souvent décriées sur le continent noir ?

Mamane, l'humoriste qui depuis quelques mois réveille dans la bonne humeur les auditeurs de Radio France Internationale a mis les rieurs de son côté en parlant de cette polémique. La France, avec la probable élection du fils du président Sarkozy - un étudiant de 23 ans- à la présidence de l'Etablissement public d'aménagement de la défense (Epad), a-t-il dit dans une de ses récentes chroniques, est devenue un pays producteur de bananes. L'image est saisissante en effet, celle qui compare l'attitude politique de Nicolas Sarkozy, aux chefs des nombreuses républiques bananières africaines. La banane, bien entendu, n'est plus un savoureux fruit. Il s'agit plutôt des bizarreries de tel dirigeant africain qui recruterait autour de la table familiale les candidats à la gestion d'importants portefeuilles ministériels."

Lire la suite ici.

15/10/2009

Les "vieux" Africains, témoins du changement climatique

En ce jour de "Blog Action Day" destiné à nous sensibiliser tous sur les changements climatiques, je voudrais vous parler d'une conversation privée que j'ai eue avec un homme politique ivoirien âgé de 70 ans et qui m'a édifié.

Originaire du nord de la Côte d'Ivoire, il me racontait son enfance et me confiait que devant ses yeux, deux cours d'eau se sont asséchés dans son village. Devant ses yeux, la profondeur des puits a augmenté, la probabilité de trouver de l'eau en creusant a diminué. Les responsables de ce que les paysans considèrent comme un désastre, voire comme une malédiction ? L'avancée du désert, le changement climatique, mais également des politiques agro-industrielles nécessitant des travaux d'irrigation assez périlleux sur le long terme.

Cet homme politique parlait avec conviction, voire avec crainte pour l'avenir, parce qu'il avait vu de ses yeux le danger.

Je crois qu'il serait très efficace, pour éveiller la conscience écologique africaine, de compiler ce type de témoignages et de les diffuser en vidéos, en suivant nos vieux sur les traces de leur enfance, dans leur village, et en leur demandant de nous montrer où il y avait de l'eau, des arbres et de la verdure, et où il n'y en a plus.

L'Afrique est un des endroits du monde les plus menacés par les changements climatiques. Le Sahel pourrait se dépeupler et la côte se surpeupler, avec toutes les conséquences sociologiques et environnementales que cela comporte...

Attention... danger !

07/10/2009

Acacia 09 : mon petit journal (2)

Ce mardi 6 octobre, j’ai été fasciné par la discussion menée par deux chercheurs, Richard Jefferson et Mammo Muchie, sur l’innovation dans la sphère des TIC pour le développement.

Les deux hommes sont partis d’un constat qui, a priori, déprimerait de nombreux Africains. La tendance mondiale est que la recherche et l’innovation sont aujourd’hui contrôlées par les grandes entreprises, qui souvent privatisent à leur profit des processus d’innovation partis d’institutions contrôlées par les Etats, notamment certaines universités. Les Etats africains, souvent défaillants, ont d’autres priorités que la recherche pour l’innovation. Or sans accumulation d’expériences innovantes, il n’y a pas de développement.

Que faire pour sortir de l’impasse ? Evoquant la thématique de la biologie moléculaire qu’il connait bien, et les OGM, qui gagnent du terrain, Richard Jefferson s’est interrogé : « Faut-il se battre contre Monsanto ou développer une technologie différente ? »

Et ce sont justement les perspectives innovantes que les deux hommes ont tracées qui m’ont inspiré et rempli d’espoir. Décentraliser la recherche sur l’innovation, impliquer les communautés à la base, voire les Petites et Moyennes Entreprises dans les processus d’innovation voire d’équipement, c’est possible. Il est scientifiquement possible, par exemple de produire de l’hydrogène (donc de l’électricité) de manière décentralisée, au sein de petites communautés, et de régler un certain nombre de problèmes qui nécessitent souvent des investissements colossaux, parfois peu efficaces. En effet, il faut enrichir le système de connaissances mais se focaliser en priorité sur des innovations qui correspondent à des besoins vraiment et légitimement exprimés.

« Les Africains doivent être les moteurs de l’innovation en Afrique », a martelé Richard Jefferson. Dès lors que l’on se rend compte qu’il y a un salut possible en dehors d’Etats très souvent défaillants et de multinationales voulant tout breveter, on se dit qu’il y a peut-être là une voie d’avenir.

06/10/2009

Acacia Forum '09 : mon petit journal (1)

Je participe au très passionnant Forum Acacia pour l'Apprentissage et la Recherche (FAAR) organisé à Dakar (Hôtel Méridien Président) par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI). Chaque jour, je ferai pour vous un petit résumé contenant mes observations personnelles. En effet, la politique et les enjeux des TICs en Afrique nous concernent, engagent notre avenir de citoyens et nous devrions nous y intéresser de plus près.

acacia 2.jpg

Des barrières et des escaliers. S'il fallait résumer cette première journée du FAAR en une métaphore architecturale, j'utiliserais ces deux images. On a beaucoup parlé, aujourd'hui, des obstacles qui empêchent le développement, en Afrique, de "sociétés connectées"; mais aussi des "bonnes  pratiques" publiques, privées ou communautaires qui pourraient transformer nos impasses actuelles en boulevards.

Nous avons évoqué des barrières institutionnelles créées par les gouvernements qui peuvent ne pas se rendre compte de la nature des enjeux dans un contexte où les choses bougent beaucoup ; qui peuvent vouloir tout contrôler par peur du changement ; qui peuvent rechigner à faire les investissements nécessaires ou mal organiser le secteur pour diverses raisons.

J'ai été impressionné par le cas du Rwanda, qui a priori cumule les avantages. C'est un tout petit pays qui sortait d'une guerre civile et d'un génocide au moment où Internet explosait. Mais la volonté politique au sommet, et l'implication personnelle du président Paul Kagame a fait des miracles. Aujourd'hui, le Rwanda, qui s'est connecté à la fibre optique en se raccordant à ses voisins de la côte, songe à la revendre à des régions encore plus enclavées, comme l'est de la République démocratique du Congo et le Burundi, à travers la création d'un "backbone" national.

J'ai retenu que pour venir à bout des barrières institutionnelles, il ne faut pas laisser le débat sur le développement des TIC au seul gouvernement. Les sociétés civiles, les universités doivent s'impliquer, pousser, éveiller la population en lui montrant ce qui se fait de bien ailleurs et qui pourrait être transposé localement. Un intervenant est même allé jusqu'à dire qu'il fallait trouver un mécanisme pour que les instances de régulation ne soient plus "prises en otage" par les gouvernements, mais gérées aussi par la société civile et le secteur privé. Osé, non ? Certes. Mais aujourd'hui, les citoyens de Côte d'Ivoire, par exemple, font-ils entendre leur voix pour orienter la politique de l'Etat et les pratiques des régulateurs ? Nous devons mieux comprendre et mieux transmettre des enjeux qui engagent notre avenir.

acacia.jpgNous avons également parlé des obstacles financiers et technologiques. La bande passante coûte cher à l'Afrique, de manière globale. Et elle est revendue cher par les opérateurs, ce qui limite la connectivité. Les propositions allant dans le sens de l'utilisation d'Internet à travers le téléphone mobile m'ont particulièrement marqué. C'est vers cette direction que l'Asie du Sud-Est s'achemine. Et un intervenant a évoqué la probable fusion MTN-Bharti comme une opportunité de "transfert de technologies" dans ce domaine. Il a aussi été question de rationaliser le partage du "spectre" entre les différents fournisseurs d'accès, mais également entre les civils et les militaires - qui disposent souvent de "jus" non exploité.

Les obstacles linguistiques et l'analphabétisme ont également été évoqués. Mais des initiatives audacieuses existent - personnellement, j'ai pensé à Maneno, outil de publication de blogs traduit dans plusieurs langues africaines... Par ailleurs, des initiatives d'alphabétisation fonctionnelle à travers le mobile existent et ne demandent qu'à être dupliquées.

Bref, les usages sont au centre de tout. Il faut créer les outils technologiques qui permettent à tous (et surtout aux plus pauvres) de mieux vivre, mieux se soigner, gagner de l'argent, et les faire émerger progressivement.

Demain, de nombreux intervenants évoqueront leurs expériences précises dans les secteurs de la recherche sur les TIC et de l'innovation.

 

05/10/2009

Acacia Forum 09, nous voici !

acacia imag.jpg

Je suis très heureux de participer, d'aujourd'hui à jeudi, au Forum Acacia pour l'apprentissage et la recherche, organisé par le Centre de recherche pour le développement international (CRDI) à l'hôtel Méridien de Dakar.

Ici, nous parlerons des opportunités que les TIC représentent pour le développement, de l'importance de "bonnes" politiques publiques, des avantages des "sociétés connectées" et des expériences de terrain montrant comment les TIC (Internet, téléphone mobile, etc...) aident à lutter contre la pauvreté.

Passionnant, n'est-ce pas ? Pour suivre le Forum comme si vous y étiez, un certain nombre de blogueurs francophones et anglophones produiront tous les jours du contenu (live-blogging, blogs, photos, vidéos, etc...) Ces ressources sont disponibles sur le site officiel du Forum. Un site officiel sur lequel j'ai créé un blog dédié, que je vous encourage à visiter.

PS : Nadine Kouamouo et Edouard Tamba livebloggent le premier talk-show sur le contexte des politiques et de réglementation ici. Posez des questions, faites-nous part de vos remarques et de votre vécu sur le terrain... pour influencer !

Photo Flickr

 

02/10/2009

L'étrange carte d'identité de l'étrange "sergent-chef Gossé"

L'affaire Guy-André Kieffer rebondit à Paris avec la diffusion par France 3, dans le journal télévisé 19/20 du mercredi 30 septembre 2009, du témoignage d'un certain "Alain Gossé", présenté comme un militaire ivoirien et qui mettrait en cause l'appareil sécuritaire de la présidence ivoirienne dans la disparition du journaliste-consultant franco-canadien à Abidjan,  le 16 avril 2004.

Un "sergent-chef" dont plusieurs observateurs, y compris indépendants, doutent de l'identité réelle pour un ensemble de raisons qu'on ne peut pas balayer du revers de la main.

France 3 et d'autres médias français se fondent sur une carte d'identité produite par celui qui est présenté par le juge Patrick Ramaël comme un "témoin-clé" pour attester de son identité et de son appartenance à l'armée.

Pourtant, cette carte d'identité pourrait bien être un faux grossier. Elle se présente comme ce qu'on appelle en Côte d'Ivoire une carte d'identité verte. Le problème ? Sa validité va du 30 mars 2000 au 30 mars 2010. Pourtant, il est de notoriété publique que la production de ces cartes a été interrompue en... décembre 1999, après le coup d'Etat du général Robert Gueï, ainsi que l'atteste le site de l'Office national d'identification de Côte d'Ivoire (ONI), sur une page qu'on peut lire entièrement ici :

"Le Projet Sécurité est crée pour la réalisation d’un système informatique d’identification et de contrôle de la population nationale et étrangère par la production de titres d’identité hautement sécuritaires.
Cette structure débute ses activités en Octobre 1991 par la délivrance des cartes de séjour. En septembre 1993, le Projet Sécurité produit les premières Cartes Nationale d’Identité vertes.

En 1998, la Loi n° 98-448 du 04 août relative à l’identification des personnes et au séjour des étrangers en Côte d’Ivoire est promulguée.
Le décret d’application de cette loi permet la création du Central d’Identification Sécuritaire (C.I.S.). Les types de titres produits sont :
- la Carte Nationale d’Identité (pour les ivoiriens) ;
- la Carte de Résident (pour les étrangers).
En 1999, la Loi n° 99-690 du 14 décembre modifiant la loi  n° 98-448 du 04 août 1998 est promulguée.
La production de ces titres d’identité est interrompue lors du coup d’Etat du 24 décembre 1999.

En février 2000, le Centre National d’Identification Sécuritaire (C.N.I.S.) est crée en remplacement du Central d’Identification Sécuritaire (C.I.S.).
Cette structure ne produisait pas de titre d’identité, mais établissait des attestations administratives d’identité pour les ivoiriens et délivrait des récépissés de carte de résident aux étrangers."